2012, l'année où le monde peut changer
Des élections présidentielles vont se tenir dans une vingtaine de pays, parmi lesquels les États-Unis, la Russie, l'Inde, la France, le Mexique ou encore l'Espagne, tandis que la Chine va aussi changer de leader.
- Un bureau de vote à Nice pendant les élections cantonales en mars 2011, REUTERS/Eric Gaillard -
L’année 2011 à peine entamée, la France a déjà les yeux rivés sur 2012, année d’élections présidentielle et législative. Si le monde ne va pas finir en 2012 comme certains le prédisent, il pourrait bel et bien changer de visage politique.
En incluant la Chine, qui ne tiendra pas d’élections mais dont les instances dirigeantes choisiront un nouveau leader, ce ne sont pas moins de 20 pays (voir la liste ici) qui vont élire un nouveau président en 2012, sans compter les changements de dirigeants imprévisibles comme le monde en a connu récemment. A première vue, cela représente une toute petite minorité parmi les plus de 200 pays de la planète, mais les pays concernés ne sont pas n’importe lesquels: des géants démographiques comme l’Inde, le Mexique et la Russie, des géants économiques comme la Chine et les Etats-Unis, des pays majeurs de l'Union européenne comme la France et l'Espagne, mais également plusieurs pays africains comme le Sénégal, le Gabon et le Kenya.
Quelques chiffres
Au total, 3,4 milliards de personnes peuvent potentiellement changer de président ou de dirigeant en 2012, soit la moitié de la population mondiale (6,8 milliards d’habitants selon les chiffres de l’ONU pour 2009).

En termes économiques, ces pays représentent un PIB cumulé de plus de 28.000 milliards de dollars, soit pas loin non plus de la moitié du PIB mondial, qui était de 62.000 milliards de dollars en 2010 selon le FMI.
C’est sans doute sur le plan politique et géostratégique que notre groupe de pays est le plus significatif: quatre des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU auront la possibilité de changer de dirigeant en 2012 (Chine, Etats-Unis, Russie et France), seule manque à l’appel la Grande-Bretagne. On retrouve également cinq pays (les quatre ci-dessus plus l’Inde) détenteurs de l’arme atomique sur les neuf que compte la planète.
A première vue, le potentiel pour un changement profond du visage politique de la planète en 2012 est bien là. Mais qu'en est-il vraiment? Tour d'horizon des principaux pays concernés.
Obama et Sarkozy
Les Français et les Américains auront le même choix à faire en 2012: reconduire leur président pour un deuxième et dernier mandat, respectivement de cinq et quatre ans, ou élire un(e) président(e) issu(e) d’un parti actuellement dans l’opposition. Autre point commun: Barack Obama et Nicolas Sarkozy sont actuellement malmenés dans les sondages. Mais la comparaison s'arrête là: une alternance politique aux Etats-Unis, géant économique, politique, culturel, stratégique et dans une moindre mesure démographique, aurait autrement plus d'importance dans le monde que le même scénario en France. En Espagne, il n'y aura pas de troisième mandat pour le chef du gouvernement Zapatero, qui a annoncé récemment qu'il n'allait pas se présenter aux élections législatives de 2012.
Chine
En 2012, le 18e congrès national du Parti communiste chinois va marquer un renouvellement important de la classe dirigeante chinoise. Hu Jintao ne sera plus le président chinois à la fin de l’année 2012, tandis que le Premier ministre Wen Jiabao et le président du Congrès national du peuple Wu Bangguo devraient tous deux également se retirer. En effet, sept des neuf membres du comité permanent du bureau politique du comité central du parti, le plus haut organe exécutif du pays, devraient se retirer lors de ce congrès, et au total 14 des 25 membres du bureau devraient laisser leur place. Par conséquent, et comme le note Cheng Li, directeur de recherche au prestigieux think tank américain Brookings, dans un article universitaire:
«Les principales personnalités responsables des affaires politiques et idéologiques, de l’administration économique et financière, des Affaires étrangères et des opérations militaires du pays seront des nouveaux venus après 2012.»
Russie
L'élection présidentielle est verrouillée en amont, et c’est le candidat du parti qui a toutes les chances de l’emporter. La question est donc de savoir qui de l’actuel président Dmitri Medvedev ou du Premier ministre Vladimir Poutine sera le candidat officiel, comme l’explique Daniel Vernet sur Slate:
«Alors que Vladimir Poutine distille les petites phrases laissant entendre qu’il se verrait bien de nouveau en président en 2012, Dmitri Medvedev rappelle qu’il est là, qu’il n’a pas renoncé à se représenter et il essaie de s’assurer des soutiens pour créer les conditions de sa réélection.»
Laure Delcour, directrice de recherche à l’Iris, spécialiste de la Russie, confirme la rivalité naissante entre les deux hommes, mais estime qu’il n’y aura pas forcément d’affrontement politique, l’un comme l’autre pouvant très bien se retirer au profit de l’autre. Selon elle, «l’enjeu principal de l’élection sera la modernisation du pays». La question est de savoir si le programme de modernisation qui a été lancé au début de son mandat par le président Medvedev va être poursuivi dans une version étroite, se bornant à l’innovation économique comme semble le vouloir Poutine, ou plus large, en s’attaquant à la lutte contre la corruption et à la démocratisation, comme le prône Medvedev dans ses discours.
Inde
L'Inde a pour sa part un système parlementaire où le pouvoir véritable est entre les mains du Premier ministre (actuellement Manmohan Singh), explique Gilles Boquérat, chercheur associé à l'Ifri. L'élection présidentielle a donc peu d'importance par rapport aux élections parlementaires, qui auront lieu en 2014.
Relations personnelles
L'entente personnelle entre deux présidents peut avoir un impact sur les relations entre deux Etats et même sur un plan régional. Celle entre les présidents français et les chancelliers allemands successifs depuis les années 1960 jusqu'aux années 2000 ont par exemple joué un rôle central dans la collaboration entre les deux pays et même dans la construction europénne. Mais la tension continue entre Nicolas Sarkozy et Angela Merckel a mis fin à cette tradition, et de manière générale, les potentiels changements de leaders n’auront qu’un effet modéré, comme l'explique Béligh Nabli, directeur de recherches à l'Iris:
«Si l'avènement de personnalités charismatiques comme Clinton, Obama, Lula, ou Mandela, donne plus d'écho international aux positions de leurs Etats, les rapports de force mondiaux ne reposent pas sur la personnalité des leaders, mais sur des données stratégiques comme le poids démographiques, économique, militaire ou encore institutionnel.»
Selon le chercheur, certains facteurs assurent au contraire la continuité de la politique internationale des pays en dépit de l'alternance des dirigeants et des gouvernements:
«La diplomatie est fondée sur les rapports directs et sur l'activisme d'intermédiaires plus ou moins mandatés par les gouvernements. En témoignent les voyages réguliers, au nom de l'Elysée, de l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en Chine, dans les pays du Golfe, ou encore à Alger. [...] En cas d'alternance politique, la donne internationale n'en sera pas fondamentalement affectée. Les visions politiques sont basées sur une conception des intérêts stratégiques nationaux, qui font plutôt l'objet de consensus nationaux.»
L'année 2012 est à première vue l'année de tous les possibles en termes de changement politique à travers le monde. Mais il n'est pas sûr que les photos officielles des grands rassembelements internationaux soient si différentes à la fin de l'année qu'au début. Et les pays qui vont changer de dirigeant ne vont pas forcément changer de politique. 2011 nous a pour le moment montré que ce ne sont pas forcément des évènements prévisibles commes des élections qui changent la donne politique de la planète.
Grégoire Fleurot
Infographie: Slate.fr
Mis à jour le 10/05/2011 à 13h55














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Supposons que la France ait eu une habitude millénaire de scrutins électoraux, aurait elle pu passer de la monarchie à la république par une voie démocratique plutôt que par la prise de la Bastille ?
Les révolutions arabes de l'année 2011 ont impliqué à chaque fois des foules considérables, mais qui, si l'on avait fait les comptes, ne représentaient qu'une faible minorité de la population. Il y a eu des bouleversements politiques considérables alors qu'en fait la majorité des tunisiens et des égyptiens sont tout simplement restés chez eux. Et il n'y avait pas vraiment de "chefs charismatiques"
Combien sont les combattants libyens ? Et inversement, quel changement réel découlera des massacres de civils (tirs sur des manifestations de femmes) en Côte d'Ivoire ?
Le cas de la France est intéressant : il y a eu au moment du vote de la réforme des retraites, des manifestations assez considérables et prolongées, mais qui ont échoué. Pourquoi ? Pourquoi Mai 68 a-t-il réussi, pourquoi Juppé a-t-il cédé en 1995 ? Il ne semble pas y avoir de chiffre magique, du genre : autant de millions de français dans la rue pendant autant de jours... Et heureusement, il ne semble pas qu'un peu de violence soit la clef du succès !
Ce qui me rend optimiste, c'est qu'il me semble que la situation actuelle de la France et du monde est tellement "intenable", que des changements fondamentaux sont inévitables à court terme, quelle que soit la façon dont ils seront obtenus.
Un dernier mot, sur un tout petit pays : 43,8 % de la population de la Flandre a voté pour des partis indépendantistes, mais le système politique belge ne parvient pas à se décider si leur avis doit prévaloir, ou si c'est démocratiquement celui des autres 56,2 % !
Juste pour relever une abérration: L'Espagne est une Monarchie, et à ce titre n'a pas d'élections présidentielles comme il est écrit dans l'entête de cet article. Il s'agit d'élections législatives générales. Sa Majesté le Roi Juan-Carlos I° ne bougera pas; seul le Premier Ministre changera.
Il était important de la préciser; je suis Espagnol et il n'est pas question pour nous d'avoir une République. Nous sommes très satisfaits de la Monarchie qui est le meilleur et le plus juste, puisque le plus équitable des régimes politiques. En effet, où est la Démocratie lorsqu'un parti prétend représenter tout un pays, alors que souvent il n'a pas été élu de manière extraordinaire...!? Le Souverain représente tout le monde, car Il est neutre et règne; il ne gouverne pas: C'est le Premier Ministre élu au suffrage universel direct.
Hasta luego muchachos,
La vérité c'est qu'aujourd'hui les 3/4 des français ont pris conscience que les élections ne changent rien au problème. Beaucoup continuent à voter par dépit, par habitude, par conscience de classe ou autre, mais nous sommes tous conscients de la situation. La classe politique et les médias pensent que le peuple est abruti. C'est très inexact. L'action des médias et des poliques a contribué à une sorte d'endormissement des citoyens, mais n'est pas encore parvenu à nous lobotomiser totalement.
Sincèrement, on en a rien à secouer de VOS élections. Nous savons pertinament que ce n'est pas ça qui va changer nos vies. Surtout celles qui viennent ou de toutes façon, quel que soit le scénario, ce sera un DSK, ou un de ses clones, que sera élu. Je cite DSK car c'est le parfait exemple de ce que j'essaie de dire: quel que soit celui ou celle qui sera élu(e), le problème de base (le modèle financiarisé et "libéral" de l'économie et la soumission du politique à cette économie) sera exactement le même, à Epsilon près (Epsilon étant, par définition, suffisamment petit pour être ignoré).
J'imagine déjà la petite révolution médiatique si M. Le Pen arrivait au 2nd tour. Ça me fera beaucoup rire, car du côté des médias ce serait une révolution, une tragédie, un tremblement de terre, va savoir quels mots vous allez trouver. Pour nous, ce sera du pareil au même. On sait très bien que le FN ne passera jamais le 2nd tour, et qu'en face, qu'on ait un DSK, un Sarkozy, un Fillon, une Royale, ça ne changera rien pour nous. Alors de grâce, parlez-nous de ce qui est important. Expliquez-nous comment on en est arrivé là. Allez chercher les responsables des crises et de nos emmerdes et demandez-leurs des explications. Essayez de savoir où va les millions qu'on file à l'état par nos impôt, comment sont-ils utilisés. Comprenez ces histoires de niches fiscales et expliquez-nous. Expliquez-nous pourquoi les révolutionnaires du CNT en Lybie sont monarchistes et ce que ça veut dire là-bas. Expliquez-nous pourquoi on envoie nos armées en Lybie, en Côte d'Ivoire, en Afghanistan, mais pas au Barhein, ni au Yemen, ni au Pakistan... Expliquez-nous comment se fait-il qu'un Chavez, qui respecte les référendums dans son pays et a amélioré immensément la situation des pauvres est considéré ici comme un dictateur. Expliquez-nous pourquoi de plus en plus de gens pensent que la sécurité sociale on la doit à De Gaulle. Faites votre boulot putain de merde, et arrêter de nous les briser avec une mascarade grotesque dont vous êtes les seuls à accorder une quelconque importance.
Désolé, il fallait que ça sorte. Désolé que ça tombe sur vous...