Culture

Apprenez à survivre à la catastrophe nucléaire grâce aux films

Nina Montané et Clément Larrivé, mis à jour le 16.04.2011 à 19 h 51

Face aux pires scénarios nucléaires, êtes-vous bien préparé? En cas d'apocalypse, vous devrez peut-être votre survie à quelques films, pas forcément aussi sérieux que les guides du gouvernement, mais bien plus divertissants.

[archive] dogs in space, badjonni via Flickr, CC-Licence-by

[archive] dogs in space, badjonni via Flickr, CC-Licence-by

Avec l'accident de Fukushima, la peur panique de la catastrophe nucléaire s'est emparé de certains, qui stockent des pastilles d'iode et achètent des compteurs Geiger, et pas uniquement au Japon. Ce scénario du pire a déjà été vu au cinéma: de nombreux réalisateurs se sont projetés dans l'univers post-apocalyptique. Comment font les personnages pour survivre à ce type de catastrophe? Leur kit de survie et leurs astuces seraient-ils utiles dans la vraie vie?

Au commencement était la catastrophe

Les scénaristes qui ont vécu la Guerre froide ont exploité à fond la peur nucléaire. Leur intrigue: une troisième Guerre mondiale. Dans Le Monde, la chair et le diable (The World, the flesh and the devil, Ranald MacDougall, 1959), le protagoniste survit en étant coincé dans une mine et découvre un monde dévasté par les retombées nucléaires. La même année, dans Le Dernier rivage (On the beach, Stanley Kramer, 1959) les survivants (Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire…), doivent se réfugier en Australie, dernier continent habitable, mais voué à être rejoint par le nuage radioactif.

D'après Jean-Vincent Brisset, spécialiste des questions nucléaires à l'Iris, ce scénario n'est «plus tellement à la mode» chez les spécialistes du nucléaire et les agences chargées de dresser les plans de prévention aujourd'hui:
«Les pays détenteurs de la bombe nucléaire savent qu'ils auront beau lancer une bombe nucléaire sur un autre, les radiations leur reviendront dessus tôt ou tard. C'est une technologie qui éclabousse».

Aujourd'hui, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, la France, Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord possèdent des armes atomiques. Mais leur force de dissuasion éloigne la piste de la guerre entre deux puissances nucléaires, d'après Francis Sorin, spécialiste du nucléaire et membre de la Société française d'énergie nucléaire: «La bombe atomique est un facteur d'évitement de la guerre, par exemple entre l'Inde et la Chine, ou encore l'Inde et le Pakistan.»

Cependant, la thèse de l'accident militaire nucléaire à la Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, Stanley Kubrick, 1963)  (dans lequel un haut gradé américain décide d'envoyer des bombes nucléaires sur la Russie sans l'accord de son État-major) reste d'actualité. Le journal d'experts Bulletin of Atomic scientists actualise son horloge de la fin du monde, («Doomsday Clock», en anglais) en fonction des facteurs de risques globaux, en premier lieu du nucléaire, et insiste sur cette possibilité: «Aujourd'hui, un échange nucléaire accidentel entre la Russie et les Etats-Unis peut potentiellement avoir lieu, car les deux pays maintiennent chacun de façon anachronique plus de mille têtes nucléaires en état d'alerte permanent.»

L'attentat terroriste: en vogue mais inimaginable

Aujourd'hui, l'hypothèse la plus en vogue chez les médias et les scénaristes serait l'attentat terroriste. Dans 24 heures chrono, Jack Bauer devra même déjouer l'attaque nucléaire des terroristes à Los Angeles dans la saison 2 ET la saison 6. Même chose dans la série Jericho (2006-2008): les habitants d'un village du Kansas, témoins d'explosions nucléaires simultanées à Denver, Atlanta et d'autres villes des États-Unis pensent immédiatement à une opération montée par un réseau terroriste.
Le Bulletin of Atomic Scientists relaie ce scénario: la porosité des frontières et la circulation des idées rend possible une utilisation de la technologie nucléaire par une organisation non-étatique, selon le journal. Pour Jean-Vincent Brisset, c'est inimaginable: «Un grand pays comme l'Iran a déjà du mal à développer cette technologie, alors pour des terroristes, ce serait encore plus compliqué de fabriquer une bombe atomique.» Sans compter les difficultés de transport et de mise en route de la bombe (beaucoup plus sophistiquée qu'un engin explosif ordinaire), qui rendent cette intrigue tout bonnement «folklorique», pour Francis Sorin.

Qu'en serait-il dans le cas d'un attentat dans une centrale nucléaire? «Les bâtiments de béton sont conçus pour résister à un avion, alors un tir de roquette terroriste ne ferait pas le poids», s'esclaffe Jean-Vincent Brisset. Si des terroristes tentaient quand même le coup en essayant de faire se crasher un avion sur un réacteur, leur engin serait théoriquement intercepté par les autorités avant d'entrer dans la zone de la centrale, dit Francis Sorin.

L'autre solution, à la place d'une bombe nucléaire, c'est la bombe dite «sale». On se sert d'explosifs conventionnels (c'est à dire non nucléaires) pour éparpiller une substance radioactive. L'explosion peut être violente et tuer des humains se trouvant à proximité, mais ce n'est pas l'effet premier recherché. Il s'agit plutôt de créer une très forte panique et d'interdire l'accès à une zone. Cette bombe nécessite d'avoir accès à des produits radioactifs.

Il paraît difficile d'en voler dans une centrale nucléaire. Selon Jean-Vincent Brisset, elles sont protégées par «des système de sécurité très élaborés» ce qui rend «difficile d'aller y voler quoi que ce soit». En revanche, il serait toujours possible de subtiliser des engins atomiques. Ainsi, plus de 100 millions de tonnes d'armes nucléaires fabriquées durant la guerre froide sont stockés de manière non sécurisée en Russie, explique Irwin Redlener, militant pour la santé publique américain, dans une conférence TED (à la minute 10'58"). Des rebelles tchétchènes ont tenté une autre méthode, en septembre 1999: ils ont essayé de voler des matériaux radiocatifs dans une usine chimique mais sont tombés malades à cause des radiations, et se sont fait arrêter avant de pouvoir utiliser les produits. L'accident de Goiâna au Brésil montre aussi que certaines substances radioactives utilisées dans un but médical peuvent être récupérées dans des décharges.

Dans plusieurs films post-nucléaires, la raison de la catastrophe n'est pas expliquée. c'est le cas dans Malevil (Christian de Chalonge, 1981), Stalker (Andrei Tarkovski, 1979), Le Dernier combat (Luc Besson, 1983), probablement La Route (The Road, John Hillcoat, 2009) —même si le film ne dit pas clairement qu'il s'agit d'un désastre nucléaire. Les particules nucléaires planent juste, à l'image de la menace d'anéantissement qu'elles représentent.

Le scénario le plus plausible: l'accident dans une centrale

L'intrigue la plus envisageable dans la vraie vie, c'est l'accident dans une centrale, comme à Fukushima. Ce sont pourtant des incidents relativement limités dans l'espace, et qui permettent de prendre des mesures d'évacuation pour limiter les dégâts sur les personnes, même si le nuage se déplace. Sauf oubli de notre part, aucun film post-apocalyptique ne part de ce scénario.

En tous cas, une fois la catastrophe arrivée, que faire? Première chose: trouver un abri.

Trouver un abri

Ce que vous feriez si vous étiez dans un film

Au moment de l'explosion nucléaire, si vous n'avez pas été prévenu, vous sauriez qu'il vaut mieux se trouver dans un endroit souterrain et bien protégé. A l'image des habitants de Malevil: des villageois se trouvent dans la cave du maire, interprété par Michel Serrault, au moment où a lieu le choc. Malgré une chaleur qui fait fumer le vin dans les tonneaux, les personnages survivent, contrairement à ceux qui se trouvaient dehors.

Si vous avez la chance de pouvoir anticiper un minimum la catastrophe, vous pourrez tenter d'améliorer votre sort. Dans la série Jericho, une petite ville du Texas voit pousser en plein après-midi un champignon atomique à plusieurs dizaines de kilomètres de distance. Passé le premier choc, un expert des accidents nucléaires surgi d'on ne sait où leur explique qu'ils n'ont plus que deux heures pour se mettre à l'abri, avant que le nuage de radiations n'arrive. Le maire, la police et tous les héros s'empressent alors d'entasser les habitants dans l'abri anti-atomique de la mairie, tandis que ceux qui possèdent une cave sont invités à s'y calfeutrer.

Mais le plus sûr serait encore de ne pas se trouver sur terre au moment du choc. C'est une navette spatiale qui permet à l'équipage de Def-Con 4 (Paul Donovan, 1985) d'échapper à la catastrophe atomique. Celle-ci, en orbite autour de la Terre, est détentrice des têtes nucléaires américaine, mais se retrouve, plusieurs mois après leur lâcher, mystérieusement attirée vers la Terre. Idem dans la Planète des singes (Planet of the Apes, Franklin J. Schaffner, 1968): les personnages s'endorment dans une navette trop longtemps, et découvriront à la fin du film qu'une apocalypse nucléaire a dévasté la Terre.

Et si vous n'avez ni fusée ni abri anti-atomique à disposition, Hollywood vous propose l'électroménager façon Indiana Jones. Dans l'épisode 4 (Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, 2008), en pleine expérience nucléaire dans le désert du Nevada, l'archéologue aventurier se réfugie dans... un frigidaire:

Les consignes dans la réalité

En cas d'explosion, si vous n'avez pas été «vaporisé» par l'onde de choc et la chaleur, Irwin Redlener donne quelques conseils pour survivre (toujours dans la conférence TED, à partir de la minute 19), en prenant pour référence une charge comme celle de Nagasaki: si vous êtes sur le lieu précis, vous serez vaporisé. A 3km de l'explosion, vous avez encore 50% de chance de survivre. Au delà et jusqu'à 12km, 10 à 20% de risques de mourir sur le coup.

Mais si vous êtes vivant après l'explosion, où que vous soyez:

  • Ne regardez pas le flash (vous risqueriez de devenir aveugle)
  • Fuyez, vous avez 10 à 20 minutes avant la retombée des particules
  • Courrez dans le sens du vent (pour éviter au maximum de se prendre les radiations en pleine face)
  • Couvrez votre corps le plus possible
  • Si vous ne pouvez pas quitter la zone de l'accident, mettez-vous effectivement à l'abri, dans une cave ou dans un bâtiment très élevé. Ceci afin d'éviter au maximum de se trouver sous les retombées initiales de la bombe.

Même s'il s'agit uniquement d'un nuage radioactif, l'Autorité de sûreté nucléaire recommande de s'abriter dans un endroit en dur, en mettant le plus d'épaisseur possible entre soi et les radiations à l'extérieur, comme l'explique cet article de Slate.fr.

Dernière consigne: au moment où vous apprenez qu'il y a une menace, rentrez chez vous si on vous le demande, et ne parcourez pas toute la ville à la recherche de vos proches.

S'ils sont à l'école, un dispositif sera prévu pour les mettre à l'abri. Le Document d'information communal sur les risques majeurs (Dicrim) de Paris (dont le contenu est le même pour la plupart des communes) déconseille également de:

  • Rester dans votre véhicule
  • Rester près des vitres
  • Téléphoner
  • Fumer

Vous avez pu sauver votre peau, mais maintenant, il faut veiller à ne pas la ré-exposer aux radiations.

Éviter le contact avec la pluie et les objets contaminés par les radiations

Ce que vous feriez si vous étiez dans un film

D'instinct, les héros des films de catastrophe nucléaire semblent savoir que les particules radioactives présentes dans la pluie peuvent irradier leur peau. Si vous avez regardé Indiana Jones 4 vous aurez noté qu'Harrison Ford s'y retrouve quasi-karcherisé (®) après son exposition potentielle aux radiations dans son frigo «anti-atomique». On lui explique même qu'il faut enlever et jeter ses vêtements, qui peuvent être contaminés. Même chose dans Jericho, où un des héros doit se laver à fond après avoir ramené un homme irradié à l'hôpital.

Dans Malevil, un des villageois sait comment détecter les radiations dans les gouttes. Il place un appareil photo sous la pluie: si la pellicule ressort marquée, la pluie est contaminée. Heureusement, l'expérience ne révèle aucune trace de radiations et les survivants peuvent alors espérer pouvoir planter leurs choux dans le jardin. Cette technique photographique n'a rien de fictif: elle a été utilisée dans la réalité, parfois avec du papier photo argentique, pour révéler des traces de radiations dans les os de femmes contaminées par du radium.

Les consignes dans la réalité

Selon Irwin Redlener, le conférencier de TED qui vous explique comment agir en cas d'accident nucléaire, ces films ne se trompent pas tellement. Il faut enlever ses vêtements ou les décontaminer, se laver abondamment si l'on a été exposé à la pluie ou aux poussières radioactives, et ne pas hésiter à brosser. Tous les objets exposés aux radiations doivent être lavés à fond. Mais les guides de prévention du gouvernement français et québécois ne disent rien à ce sujet (1 point pour les films).

Et si vous n'avez pas d'appareil photo, prenez une assiette. C'est ce qu'explique cette vidéo du gouvernement américain des années 1950, The fallout (Les retombées), diffusée pour faire de la prévention auprès de la population:

Ça y est, vous êtes à l'abri et vous avez évité les gouttes. Que faire maintenant? S'informer.

S'informer

Ce que vous feriez si vous étiez dans un film

Le premier réflexe des personnages: allumer leur poste de télévision ou de radio, afin de s'informer.

Malheureusement, celui-ci a souvent succombé à l'impulsion électromagnétique (IEM ou EMP, pour electromagnetic impulse) dégagée par la bombe atomique, qui rend inutilisable tous les appareils électroniques. Cette impulsion est un des effets majeurs d'une bombe atomique.

Dans le cas d'un nuage radioactif, toutefois, aucune conséquence sur les appareils électroniques: c'est l'explosion en elle-même qui crée ces perturbations. Elles dépendent de l'altitude d'explosion de la bombe: le site UnitedStatesAction précise que lors d'une explosion en haute altitude (supérieure à 30 km), les appareils électroniques dans un rayon de 1.600 km peuvent être affectés. Pas de dégâts à prévoir sur les humains, sauf ceux pourvus de tels appareils, notamment les pacemakers.

Les appareils électroniques peuvent, s'ils ont été prévus pour, ne pas se trouver affectés: c'est le cas de l'ordinateur portable de l'agent de la National Security Agency dans la première saison de Jericho.

Dans Le Dernier combat, les personnages sont incapables de parler. Les postes de radio sont eux aussi muets, autant à cause du mutisme des humains que du problème lié à l'IEM. Mais ils tentent tout de même de capter des messages, voire d'en émettre, tout comme dans Malevil, où le personnage de Colin, interprété par Jacques Dutronc, tente de construire un émetteur.

Les consignes dans la réalité

En réalité, il est presque impossible de savoir exactement comment cela se passerait: les autorités raisonnent dans un système où elles seraient encore présentes et en état de fonctionner, et réagiraient à la situation (donneraient l'alerte), comme expliqué sur ce site à l'attention des maires et élus locaux.

Il faut de toute façon chercher à s'informer, afin de prendre connaissance de la situation, des consignes de sécurité, d'un éventuel protocole d'évacuation etc., comme décrit dans ce Guide de préparation aux situations d'urgences (PDF): «Pendant cette période, il peut vous être demandé d'évacuer immédiatement votre domicile ou, à l'inverse, de rester confiné».

Dans les zones non touchées par l'impulsion électromagnétique (c'est à dire à partir d'une dizaine de kilomètres pour une bombe de faible charge et jusqu'à 1.600km pour les plus importantes, toujours selon UnitedStatesAction), les communications radio ne seront pas touchées, et les appareils électroniques toujours en état de fonctionnement (si ils sont alimentés en électricité bien sûr).

Internet fonctionnera toujours, tant que les centres de données et les maisons particulières continueront à être alimentés en électricité. Les centrales électriques continueront à fournir de l'énergie même si personne ne s'en occupe durant quelques jours (et, dans les centres de données, des groupes électrogènes agiront en cas de coupure).

Il existera donc une possibilité de communiquer: sur internet, par téléphone et téléphone satellitaire dans le cas d'un nuage radioactif; avec des radios à ondes courtes (mécaniques) ou de simples signes visuels ou sonores (pancartes, lumières, sifflets) dans le cas d'une explosion créant une IEM.

Le site web gouvernemental traitant des risques majeurs conseille toutefois d'«éviter de téléphoner, pour laisser les secours disposer au mieux des réseaux».

Bien informé, il est temps de penser aux jours qui suivront, et à trouver à manger.

Se ravitailler en eau et en nourriture

Ce que vous feriez si vous étiez dans un film

Les films décrivent presque tous une situation de chaos: magasins dévastés, distributeurs vides et renversés. Seule la série Jericho présente cette situation sous un jour pacifique, montrant une organisation ordonnée et collective afin que chaque citoyen reçoive des denrées alimentaires, au moins dans les premiers jours.

Les fruits frais deviennent très rapidement une monnaie d'échange extrêmement prisée (dans Def-Con 4 par exemple), devant la contamination immédiate de la plupart des stocks.

Dans Malevil, les personnages ont de la chance: ils disposent d'une vache, de cochons, ainsi que de bocaux et de vin, mais ne savent pas si les légumes qui y pousseront seront contaminés par les radiations ou pas. Loin de permettre de se terrer durant une longue période, quelques denrées saines peuvent rallonger considérablement la durée de vie en abri.

Même longtemps après l'explosion ou le passage du nuage, si la société est détruite et les sols durablement contaminés par les particules, le seul moyen de se nourrir reste la nourriture non périssable produite avant la fin du monde. La boite de conserve devient une sorte de Graal, ainsi que le bien le plus recherché, comme dans «The Road» et «Le Dernier combat».

Les consignes dans la réalité

Rien ne vaut un stock de denrées déjà prévu à l'avance. Sans aller jusqu'à acheter uniquement de la nourriture à longue conservation, avoir quelques packs d'eau en bouteille sera un atout en cas d'apocalypse. Établir un plan familial de sécurité, comme le recommande le gouvernement québécois, peut être un autre atout dans les zones à risque.

Surtout, dès les premières menaces radioactives, ne pas manger les légumes au sol ou dans les arbres. Au Japon, des légumes et du lait contaminés ont été détectés à plus de 150 km de la centrale de Fukushima, et l'effet de la radioactivité est démultiplié lorsque des particules ont été ingérées (voir le cas des petites peintres du New Jersey).

Tout ce qui a été conservé dans des bouteilles de verre est normalement consommable, mais attention aux récipients ouverts ou non hermétiques (jarres en terre).

Voici ce que doit contenir une trousse d'urgence de base, toujours selon la sécurité publique du gouvernement québécois (les Dicrim ne donnent aucune liste de la sorte).

Dans un sac à dos, un bac ou un grand sac en toile, mettez les articles suivants:

  • Eau potable —deux litres par personne par jour, pour au moins trois jours (selon la Federal Drug Association, les bouteilles d'eau non ouvertes peuvent se conserver indéfiniment)
  • Nourriture non périssable —provision pour au moins trois jours
  • Ouvre-boîte manuel
  • Radio à piles —piles de rechange
  • Lampe de poche —piles de rechange
  • Trousse de premiers soins —bandages adhésifs, compresses de gaze stériles, ciseaux, pince à épiler, épingles, antiseptiques, analgésiques
  • Articles pour l'hygiène —brosses à dents, serviettes, savon, papier hygiénique, sacs à ordures de plastique
  • Couvertures
  • Argent comptant et monnaie
  • Jeu de clés pour la voiture et la maison
  • Sifflet —pour signaler votre présence aux secouristes
  • Bougies
  • Briquet et allumettes
  • Couteau de poche multifonctionnel
  • Masques antipoussières —pour filtrer l'air contaminé
  • Papiers personnels importants —Photocopies: pièces d'identité, polices d'assurance, ordonnances pour les médicaments et les lunettes, plan de sécurité, ainsi qu'éventuellement une liste des personnes à joindre en cas d'urgence.

Aucun guide que nous ayons lu ne conseillait d'emporter une arme. Si vous en avez une, que vous savez vous en servir (le plus important), qu'elle est en bonne état et que vous avez sous la main les munitions adéquates....

De nos jours, emporter un téléphone portable, sa batterie chargée, ainsi qu'éventuellement un ordinateur portable ne paraît pas insensé, même si aucun guide ne le mentionne (souvent ces guides ont été créés avant que ces outils ne deviennent omniprésents). On peut moderniser cet attirail, en lui ajoutant par exemple comme conseille Slate.com ce kit vendu par Amazon ou par la Croix-Rouge qui contient normalement de quoi tenir pour deux personnes, pendant deux jours: barres énergétiques, eau, couvertures, pansements...

Pourraient être utiles également:

  • Un chargeur solaire multiprises, qui pourra recharger téléphone portable, iPod,...
  • Une sauvegarde des données digitales personnelles: documents, photos de famille (éventuellement un exemplaire sur place, un exemplaire en ligne, de multiples services existent (Mozy, Carbonite)

Vous avez normalement tout ce qu'il vous faut pour organiser votre société post-nucléaire!

Épilogue: vers la société post-nucléaire

Vous avez survécu? Félicitations. Vous avez survécu à plusieurs? Vous vous en sortez avec les honneurs. À vous d'organiser des élections, et de réinstaurer un organisme décisionnel qui décidera du futur de votre nouvelle société. Sans État ou force de sécurité, il y a de fortes chances pour que le pouvoir revienne à ceux qui ont les armes. Notamment aux militaires tels que les personnages de Def-Con 4 et Endgame (Joe D'Amato, 1983). Des mutineries vous attendent, ou des créations de factions au sein des survivants. Évidemment, l'idéal est de posséder à la fois les armes et les moyens de s'alimenter, comme dans la communauté de Malevil.

En réalité, le gouvernement n'a pas pu prévoir aussi loin. Dans les guides de prévention, on imagine toujours que les autorités subsisteront à un accident nucléaire et pourront assurer la sécurité et une certaine organisation de la société. Mais le scénario post-apocalyptique n'a clairement pas été envisagé du côté de l'État. Notre conseil: potassez bien vos films.

L'explication bonus:

Comment s'occuper durant l'ère post-nucléaire?

  • Si vous êtes confiné seul(e): poupée gonflable (première séquence du Dernier combat)
  • Plusieurs, de sexes opposés: se préparer à repeupler (a.k.a. faire des enfants, comme dans Malevil)
  • Jeu de société
  • Se prendre une cuite (Jericho)
  • Aller vivre dans une médiathèque (ou dans une FNAC)
  • Aller faire les soldes / les magasins en général (Le Monde, la chair et le diable)
  • Aller gratuitement en boîte

Sites utiles:

L'institut des riques majeurs de Grenoble (Irma)
La Web TV des risques naturels et technologiques — Institut des risques majeurs

Consulter les Dicrim: celui de la ville de Paris (ou recherche Google avec votre ville, il y en a normalement un par localité).

Pour aller plus loin : «Pourquoi la prolifération nucléaire ne put être arrêtée», sur The Atlantic.

Nina Montané et Clément Larrivé remercient Jean-Vincent Brisset, spécialiste des questions nucléaires à l'Iris et Francis Sorin, spécialiste du nucléaire et membre de la Société française d'énergie nucléaire

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