Apprenez à survivre à la catastrophe nucléaire grâce aux films

Face aux pires scénarios nucléaires, êtes-vous bien préparé? En cas d'apocalypse, vous devrez peut-être votre survie à quelques films, pas forcément aussi sérieux que les guides du gouvernement, mais bien plus divertissants.

[archive] dogs in space, badjonni via Flickr, CC-Licence-by

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Avec l'accident de Fukushima, la peur panique de la catastrophe nucléaire s'est emparé de certains, qui stockent des pastilles d'iode et achètent des compteurs Geiger, et pas uniquement au Japon. Ce scénario du pire a déjà été vu au cinéma: de nombreux réalisateurs se sont projetés dans l'univers post-apocalyptique. Comment font les personnages pour survivre à ce type de catastrophe? Leur kit de survie et leurs astuces seraient-ils utiles dans la vraie vie?

Au commencement était la catastrophe

Les scénaristes qui ont vécu la Guerre froide ont exploité à fond la peur nucléaire. Leur intrigue: une troisième Guerre mondiale. Dans Le Monde, la chair et le diable (The World, the flesh and the devil, Ranald MacDougall, 1959), le protagoniste survit en étant coincé dans une mine et découvre un monde dévasté par les retombées nucléaires. La même année, dans Le Dernier rivage (On the beach, Stanley Kramer, 1959) les survivants (Gregory Peck, Ava Gardner, Fred Astaire…), doivent se réfugier en Australie, dernier continent habitable, mais voué à être rejoint par le nuage radioactif.

D'après Jean-Vincent Brisset, spécialiste des questions nucléaires à l'Iris, ce scénario n'est «plus tellement à la mode» chez les spécialistes du nucléaire et les agences chargées de dresser les plans de prévention aujourd'hui:
«Les pays détenteurs de la bombe nucléaire savent qu'ils auront beau lancer une bombe nucléaire sur un autre, les radiations leur reviendront dessus tôt ou tard. C'est une technologie qui éclabousse».

Aujourd'hui, la Grande-Bretagne, la Russie, la Chine, la France, Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord possèdent des armes atomiques. Mais leur force de dissuasion éloigne la piste de la guerre entre deux puissances nucléaires, d'après Francis Sorin, spécialiste du nucléaire et membre de la Société française d'énergie nucléaire: «La bombe atomique est un facteur d'évitement de la guerre, par exemple entre l'Inde et la Chine, ou encore l'Inde et le Pakistan.»

Cependant, la thèse de l'accident militaire nucléaire à la Docteur Folamour (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb, Stanley Kubrick, 1963)  (dans lequel un haut gradé américain décide d'envoyer des bombes nucléaires sur la Russie sans l'accord de son État-major) reste d'actualité. Le journal d'experts Bulletin of Atomic scientists actualise son horloge de la fin du monde, («Doomsday Clock», en anglais) en fonction des facteurs de risques globaux, en premier lieu du nucléaire, et insiste sur cette possibilité: «Aujourd'hui, un échange nucléaire accidentel entre la Russie et les Etats-Unis peut potentiellement avoir lieu, car les deux pays maintiennent chacun de façon anachronique plus de mille têtes nucléaires en état d'alerte permanent.»

L'attentat terroriste: en vogue mais inimaginable

Aujourd'hui, l'hypothèse la plus en vogue chez les médias et les scénaristes serait l'attentat terroriste. Dans 24 heures chrono, Jack Bauer devra même déjouer l'attaque nucléaire des terroristes à Los Angeles dans la saison 2 ET la saison 6. Même chose dans la série Jericho (2006-2008): les habitants d'un village du Kansas, témoins d'explosions nucléaires simultanées à Denver, Atlanta et d'autres villes des États-Unis pensent immédiatement à une opération montée par un réseau terroriste.
Le Bulletin of Atomic Scientists relaie ce scénario: la porosité des frontières et la circulation des idées rend possible une utilisation de la technologie nucléaire par une organisation non-étatique, selon le journal. Pour Jean-Vincent Brisset, c'est inimaginable: «Un grand pays comme l'Iran a déjà du mal à développer cette technologie, alors pour des terroristes, ce serait encore plus compliqué de fabriquer une bombe atomique.» Sans compter les difficultés de transport et de mise en route de la bombe (beaucoup plus sophistiquée qu'un engin explosif ordinaire), qui rendent cette intrigue tout bonnement «folklorique», pour Francis Sorin.

Qu'en serait-il dans le cas d'un attentat dans une centrale nucléaire? «Les bâtiments de béton sont conçus pour résister à un avion, alors un tir de roquette terroriste ne ferait pas le poids», s'esclaffe Jean-Vincent Brisset. Si des terroristes tentaient quand même le coup en essayant de faire se crasher un avion sur un réacteur, leur engin serait théoriquement intercepté par les autorités avant d'entrer dans la zone de la centrale, dit Francis Sorin.

L'autre solution, à la place d'une bombe nucléaire, c'est la bombe dite «sale». On se sert d'explosifs conventionnels (c'est à dire non nucléaires) pour éparpiller une substance radioactive. L'explosion peut être violente et tuer des humains se trouvant à proximité, mais ce n'est pas l'effet premier recherché. Il s'agit plutôt de créer une très forte panique et d'interdire l'accès à une zone. Cette bombe nécessite d'avoir accès à des produits radioactifs.

Il paraît difficile d'en voler dans une centrale nucléaire. Selon Jean-Vincent Brisset, elles sont protégées par «des système de sécurité très élaborés» ce qui rend «difficile d'aller y voler quoi que ce soit». En revanche, il serait toujours possible de subtiliser des engins atomiques. Ainsi, plus de 100 millions de tonnes d'armes nucléaires fabriquées durant la guerre froide sont stockés de manière non sécurisée en Russie, explique Irwin Redlener, militant pour la santé publique américain, dans une conférence TED (à la minute 10'58"). Des rebelles tchétchènes ont tenté une autre méthode, en septembre 1999: ils ont essayé de voler des matériaux radiocatifs dans une usine chimique mais sont tombés malades à cause des radiations, et se sont fait arrêter avant de pouvoir utiliser les produits. L'accident de Goiâna au Brésil montre aussi que certaines substances radioactives utilisées dans un but médical peuvent être récupérées dans des décharges.

Dans plusieurs films post-nucléaires, la raison de la catastrophe n'est pas expliquée. c'est le cas dans Malevil (Christian de Chalonge, 1981), Stalker (Andrei Tarkovski, 1979), Le Dernier combat (Luc Besson, 1983), probablement La Route (The Road, John Hillcoat, 2009) —même si le film ne dit pas clairement qu'il s'agit d'un désastre nucléaire. Les particules nucléaires planent juste, à l'image de la menace d'anéantissement qu'elles représentent.

Le scénario le plus plausible: l'accident dans une centrale

L'intrigue la plus envisageable dans la vraie vie, c'est l'accident dans une centrale, comme à Fukushima. Ce sont pourtant des incidents relativement limités dans l'espace, et qui permettent de prendre des mesures d'évacuation pour limiter les dégâts sur les personnes, même si le nuage se déplace. Sauf oubli de notre part, aucun film post-apocalyptique ne part de ce scénario.

En tous cas, une fois la catastrophe arrivée, que faire? Première chose: trouver un abri.

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Publié le 12/04/2011
Mis à jour le 16/04/2011 à 19h51
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