La génération 2.0 du rap américain

Ils sont jeunes, talentueux et représentent la nouvelle école du rap US, faisant vaciller les frontières entre mainstream et underground. Revue des troupes en vidéo.

Cool Kids, ¹⁄₃₀ sec at ƒ - 5.3ISO 800/Ethan Moore via Flickr CC License by

- Cool Kids, ¹⁄₃₀ sec at ƒ - 5.3ISO 800/Ethan Moore via Flickr CC License by -

Le moment semble parfait pour l’éclosion d’une nouvelle génération du rap US. Car le hip hop mainstream, lui, s’essouffle depuis le milieu des années 2000. Les vétérans du gangsta rap, en particulier, ont la gueule des mauvais jours: 50 Cent se prend pour Robert De Niro, Dr Dre et Eminem sont en plein spleen post-cure de désintox (Detox pour l’un, Recovery pour l’autre) et Snoop Dogg fricote avec Katy Perry. On frôle le pathétique. Pendant ce temps là, Nas et Jay Z, les ennemis new yorkais d’antan, se rabibochent comme si de rien n’était, le mégalo Kanye West s’essaie au rap symphonique après une overdose d’autotune, Lil Wayne file un mauvais coton rock avant de passer par la case prison, et pire, les Black Eyed Peas cartonnent avec leurs tubes rap-dance pondus à la chaîne sous la houlette du king d’Ibiza David Guetta. Bien sûr, tout n’est pas pourri au royaume du hoodie, mais un point limite a été atteint, et la décadence rôde.

C’est là que la jeune garde, profitant de l’assagissement généralisé et des outrances baroques de ses aînés, a un coup à jouer. Justement, depuis deux ou trois ans, un vent de fraîcheur balaie le web et les bacs, avec de nouveaux MC tels que Lil B, Wiz Khalifa, le collectif Odd Future Wolfgang Kill Them All, Mac Miller ou encore les plus anciens The Cool Kids et Curren$y. Ils ont pour la plupart entre 17 et 25 ans, se sont fait connaître hors circuit des maisons de disque, par leurs mixtapes, ou des albums distribués gratuitement sur le net. Très prolifique, cette génération a compris, comme leur prédécesseur Lil Wayne, que le succès passe d’abord par l’exposition sur le web. Certains communiquent même directement avec leurs fans via Twitter, Facebook ou leur site Internet, faisant de leur éloignement avec les historiques épicentres du hip hop (New York, Detroit et Los Angeles) non plus un handicap, mais un moteur et une source d’originalité.

Venus de l’Illinois, de Californie, de Pennsylvanie ou du Mississipi, ces rappeurs 2.0 cultivent souvent un look éloigné du cliché hoodie-baggy-basket, arborant tennis aux pieds avec chaussettes apparentes, tatouages, jean slim, short ou lunettes. Un peu slackers sur les bords, nonchalants en diable, ces «weirdo rappers» ne parlent pas que de fric et de Ferrari sur leurs beats ralentis, mais aussi de skate, de weed, de vélo et de fesse. Bref, ils sont cools, le savent, et sont en train d’exploser:

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L'AUTEUR
Eric Vernay est journaliste. Ses articles
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Publié le 09/04/2011
Mis à jour le 11/04/2011 à 10h54
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