Ceux qui sont tombés à cause de WikiLeaks

Julian Assange avait annoncé que WikiLeaks allait changer le monde. Il aura au moins changé à tout jamais la vie de certaines personnes.

Barack Obama et Carlos Pascual, en 2009. REUTERS/Henry Romero

- Barack Obama et Carlos Pascual, en 2009. REUTERS/Henry Romero -

Carlos Pascual

Le 19 mars, Carlos Pascual a démissionné de son poste d’ambassadeur des États-Unis au Mexique en raison d’un télégramme de janvier 2010, publié par WikiLeaks en décembre, dans lequel il pointait du doigt l’inefficacité de la guerre contre la drogue menée au Mexique par le président Felipe Calderón. La divulgation de ce télégramme avait tellement empoisonné les relations entre Pascual et Calderón, qu’à la fin, le départ de l’ambassadeur semblait inévitable —même si Pascual ne faisait que répéter à son ministère ce que tout le monde (y compris, sans doute, le président mexicain lui-même) savait déjà.

Près de quatre mois après les premiers télégrammes diplomatiques divulgués par WikiLeaks, personne n’oserait prétendre que le projet de transparence radical de Julian Assange n’a pas laissé une empreinte considérable sur la politique mondiale. À qui ont nui ces révélations ? Pas nécessairement à ceux que l’on croirait: l’ambassadeur de Singapour, qui avait qualifié le Japon, deuxième puissance économique de la région, de «big fat loser» («gros nul») est sorti plus ou moins indemne de la controverse. Le ministre libanais de la défense, qui avait conseillé Israël sur la meilleure manière d’envahir son pays, est encore en place. Le diplomate américain qui avait signé —mais peut-être pas écrit— le récit épique d’un mariage au Daghestan a conservé son poste et celle qui avait envoyé une série de portraits au vitriol de Silvio Berlusconi depuis l’ambassade des États-Unis à Rome ne semble pas non plus avoir été démise de ses fonctions.

Alors, qui sont les perdants? Voici une liste chronologique des victimes qu’a fait WikiLeaks jusqu’à aujourd’hui. C’est un groupe éclectique de malheureux, constitué de leaders politiques, de diplomates, de cadres et dirigeants d’entreprises, ainsi que des propres informateurs de l’organisation.

Pour atteindre la page des personnalités concernées, cliquez ci-dessous :

Bradley Manning
Helmut Metzner
Morgan Tsvangirai
Gene Cretz
Les informateurs américains
Zine el-Abidine Ben Ali
Rudolf Elmer
Pieter de Gooijer
Berry Smutny
Les candidats aux élections présidentielles péruviennes
Howard Davies
Manmohan Singh
Julian Assange

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L'AUTEUR
Charles Homans est l'un des rédacteurs en chef de Foreign Policy.  Ses articles
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Publié le 11/04/2011
Mis à jour le 11/04/2011 à 11h48
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