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La musique classique, c'est vraiment fantastique

Le chef venezuélien Gustavo Dudamel et l'Orchestre symphonique Simon Bolivar, à

Le chef venezuélien Gustavo Dudamel et l'Orchestre symphonique Simon Bolivar, à Caracas en 2009. REUTERS/Carlos Garcia Rawlins

Musique «bourgeoise», «élitiste», «chère», «guindée»... Sortons des lieux communs et disons-le haut et fort: le classique, c'est cool.

Mon ami Olivier était venu dîner. A son arrivée, j’étais en train de finir de mettre la table en écoutant la Passion selon Saint Matthieu. Il a eu ces mots: «On se rend compte qu’on vieillit lorsqu’on commence 1. à se faire des bons dîners aux vins de Bourgogne chez les potes plutôt que d’aller boire des bières et 2. à s’écouter de la musique religieuse allemande du XVIIIe  siècle».

J’ai œuvré pendant 4 ans au sein de la Blogothèque, un site Internet qui tente de renouveler les façons de parler de la musique, en utilisant notamment la vidéo mais aussi en se faisant l’apôtre d’une écriture personnelle et décomplexée, débarrassée des diktats des savoirs, juste attachée à la sensation et à la défense de l’idée. A partir d’une base très marquée «musique indépendante à guitares», on y a parlé au fil des années de jazz éthiopien, de rock canadien, de musiques noires, de folk boisé...

Malgré cela, l’ouverture a ses limites: je ne crois pas qu’on ait publié ne serait-ce qu’une seule fois un papier stricto sensu sur la musique classique. En fouillant, je ne trouve qu’un seul exemple. La considérant sans doute trop savante, trop impressionnante, trop complexe à appréhender, nous nous auto-censurions en bons prisonniers du cliché qui veut qu’une très solide culture, supposée grande ou supérieure, soit un pré-requis indépassable pour pouvoir la comprendre. Mais est-ce vraiment un cliché?

Trop compliqué?

Ça parait tout simplement aberrant à première vue. Ça revient à considérer qu’il faut être capable d’identifier chaque sample d’un morceau de hip-hop pour en comprendre le propos, ou qu’il faut avoir été anthropologue à Tombouctou pour comprendre le jeu de Toumani Diabaté. Et puis quoi encore? Est-ce qu’il faut avoir fait des années d’études en histoire de l’art pour être ému devant une toile de Rothko, une sculpture de Richard Serra, une photographie de Willy Ronis? Est-ce qu’il faut avoir fait du surf pour aimer Pet Sounds? Avoir été esclave dans une plantation de coton pour aimer le blues?

Certaines œuvres sont sans aucun doute plus difficiles à décrypter que d’autres, mais la Symphonie N°5 de Beethoven, c’est aussi immédiat, directement compréhensible et renversant que n’importe quel riff de guitare de Keith Richards. Et encore, je suis gentil avec le vieux Keith, et j’omets volontairement Britten et son Young Person's Guide to the Orchestra dont l’ouverture renvoie des générations d’apprentis rockeurs à leurs chères études.

Retournez donc voir n’importe quel ensemble, et regardez donc de plus près: les violonistes attaquent leurs instruments bien plus férocement que nombre de guitaristes poseurs, les contrebassistes ont des allures de loups, et surtout, surtout … A l’heure où le rock s’emmerde parfois à essayer de faire revivre la resucée de la résurrection d’un truc déjà entendu mille fois, on a oublié qu’un instrument amplifié, même sur un mur d’amplis avec les potards à 10, ce n’est pas du tout la même chose que 22 violons, et donc 22 interprètes, qui jouent de concert.

Si on parle de puissance pure, on est loin d’une délicatesse pour vieilles précieuses dans l’ouverture de Fidelio par Beethoven, qui fait passer n’importe quelle production de Daft Punk pour un aimable coloriage. Je ne parle pas seulement de complexité, ou d’une écriture qui serait plus riche. Elle l’est sans aucun doute, mais elle dépasse aussi et surtout l’œuvre du fameux duo électronique et son pauvret Tron en intensité.

Et Sibelius ou certains Russes me direz-vous? Le compositeur finlandais se traîne souvent une réputation de contemplatif chiant. Il n’est pourtant pas moins fascinant que les Canadiens de Godspeed You Black Emperor, et on pourrait même considérer qu’il partage avec eux une certaine esthétique. Les Ecossais des Mogwai ou l’électronique de Boards of Canada demandent eux autant de patience que, au hasard, Stravinsky.

Et que dire des airs de la Flute Enchantée ou de Ravel, ou des opéras de Massenet?

L’opéra en particulier prouve bien, avec ses intrigues souvent très contemporaines ou sinon familières (prenez Don Carlo, dont le principal problème est qu’il est amoureux de la femme de son père), que l’idée d’une musique savante par essence non populaire n’a rien d’innée. Certaines mises en scène en témoignent: Irina Brook avait choisi comme décor pour sa Cenerentola de Puccini Rossini une pizzeria familiale dont les murs arboraient fièrement un poster de la Squadra Azzura championne du monde en 1982.

Trop cher?

Que s’est-il donc passé? Il y aurait bien des choses à dire de l’opéra en particulier, qui tout en étant très largement subventionné par les pouvoirs publics reste très peu accessible aux communs des mortels. Cette catégorie mise à part, l’argument financier est tout relatif: il est moins cher d’aller voir la cinquantaine de musiciens du Chamber Orchestra of Europe jouer l’Hymne à la Joie que d’aller écouter pêle-mêle Neil Young, David Krakauer, Al Green, Keith Jarret, Snoop Dogg ou Tom Waits. On rappellera également qu’aller voir Lady Gaga à Bercy coûtait 90€.

Il est sans doute question ici de forme, beaucoup plus de fond. On sait, depuis l’expérience que mena par exemple le Washington Post, à quel point celle-ci peut faire toute la différence. Mettez un violoniste portant jean et casquette de base-ball dans le métro de Washington à l’heure de pointe: un bon millier de personnes passe, 27 donnent de l’argent pour un total de 37 dollars et 7 personnes s’arrêtent pour écouter. Une seule personne le reconnaît. C’est Joshua Bell, qui allie reconnaissance quasi-unanime de plus grand violoniste en activité et physique avenant de jeune beau gosse très éloigné des allures qu’on associe habituellement aux grands interprètes. Dans ses mains, un Stradivarius à 3,7 millions de dollars.

C’est une évidence, finalement: le cadre importe, le contexte est roi.

Et bien comment la présente-t-on cette musique?

Trop élitiste?

Aux Etats-Unis, une polémique est née entre Neal Gabler d'une part et AO Scott (le monsieur cinéma du NY Times) et Alex Ross (1)(le monsieur musique classique du New Yorker, auteur d'un incroyable panorama sur la musique du XXe siècle intitulé The Rest Is Noise) d'autre part. Le premier reprend un vieil argument de wannabe gourous de l'internet mondial.

Son idée (oui, en 2011 !) n’est finalement qu’une nouvelle variante de la fameuse désintermédiation: jusqu'à l'avènement de l'internet qui permet à tout un chacun de se faire sa propre opinion (et de l'exprimer) et de s’affranchir ainsi de toute une galerie d’intermédiaires, l'agenda culturel était fixé par une élite médiatique, avec les critiques au premier rang («media executives, academics, elite tastemakers, and of course critics») qui tentaient d'imposer leur goût au grand public. Visées: l'art conceptuel et la musique classique, qu’un public libre de ses choix aurait forcément délaissés. C’est beau, c’est puissant, c’est fascinant, presqu’autant que ce navrant article bien réactionnaire.

Alex Scott lui s'interroge en retour :

What media executives have lately been foisting classical music on the masses? Please tell me — I'd like to send them a fruit basket.

En France, on peut sans doute nuancer le propos, principalement du fait des radios du service public et des quelques pages du Figaro ou du Monde sur le sujet, mais la façon dont la musique classique est présentée reste le plus souvent austère, démodée, une affaire de spécialistes et comme attachée à maintenir des  frontières autour d'une culture qui se vivrait donc par opposition aux autres, et refermée sur elle-même.

Certains médias plus «tendance» pourraient parfaitement aborder ce terrain mais y renoncent pour des raisons plus ou moins évidentes. Dans un entretien sur sa pratique de critique musicale, l’éditorialiste Gilles Tordjman évoquait ainsi la politique de son ancienne maison qui laisse volontiers la musique classique à Télérama et n’en fera jamais état dans sa fameuse courbe de la hype:

«Le simple fait qu’un magazine comme Les Inrocks se soit toujours défié de la musique classique, au seul motif que c’était de la “culture dominante” (entendez ici: élitiste, réactionnaire, guindée, etc.) dit beaucoup sur le conformisme de l’anti-conformisme. (…) La “musique classique” reste “un truc de vieux” aux yeux des faux jeunes encore plus vieux. Le jeunisme est décidément une passion de vieillards.»

Trop guindé?

Il faut dire que le milieu ne les aide guère, à première vue. On le sait, cette musique est exigeante avec ses interprètes. Ils passent par des écoles extrêmement compétitives qui feraient passer l’X ou MIT pour des aimables cours de récréation ouvertes aux premiers venus.

Ils se présentent en public en conséquence, sanglés dans des costumes stricts, ne souriant en général que rarement – et encore uniquement en fin de représentation, mettant en avant les deux qualités qu’on leur demande avant tout: la discipline et la rigueur. Lorsque la pianiste Yu Kosuge se permet de grands sourires démonstratifs en pleine représentation à la Folle journée de Nantes, tout le monde s’extasie sur son incroyable fraîcheur.

Les grands chefs n’ont pas l’air plus marrant, qu’il s’agisse de Pierre Boulez qui bougonne, du hiératique Paavo Järvi, du notoirement peu expressif Myung-Whun Chung qui dirige depuis 10 ans l’Orchestre Philharmonique de Radio France. On pourra toujours arguer, avec raison, qu’ils sont sur le point de diriger un ensemble symphonique, ce qui doit en termes de concentration et de construction d’un rapport de force (comme on dit dans le syndicalisme) être l’équivalent de conduire une formule 1 d’une main en relisant le manuel de l’autre (sauf Chung qui mémorise les partitions de tous les instruments et dirige sans, genre dans une autre vie j’étais chevalier Jedi, et qui parle très joliment de son travail).

Le cérémonial qui encadre les représentations de cette musique est tout aussi étouffant, entre cocktails privatifs réservés aux grands mécènes privés (la Société Générale est le mécène principal de la Salle Pleyel) et salons loués à la Banque Postal Asset Management.

Le public est en conséquence généralement âgé, on y voit plus de cheveux blancs que de dreadlocks, et il arrive fréquemment qu’à la moindre pause les tonnerres d’applaudissements d’éternuements instillent une savoureuse ambiance de sanatorium. Ceci dit, lorsque Leonard Cohen a fini par reprendre la route des grandes salles européennes, les parterres mettaient eux aussi des heures à se vider à la fin de chaque concert, la faute aux cannes, déambulateurs et autres escaliers abrupts à n’aborder que très précautionneusement quand on n’a plus ses jambes de soixante ans.

Mais on peut néanmoins reconnaître que le cadre n’est pas le plus ouvert qui soit: un ami qui souhaitait voir son premier opéra en était revenu incapable d’émettre le moindre jugement esthétique sur la musique qu’il avait entendu. «J’étais bien trop impressionné par le dispositif », me dit-il. Mais est-ce si spécifique? Se frayer un passage dans le public d’un concert du Wu Tang à Staten Island n’était pas nécessairement une promenade de santé.

Il y aurait pourtant bien des choses à dire et à montrer, et les bonnes raisons de désenclaver la forteresse ne manquent pas. Pour qu’elle ne devienne pas la chasse gardée d’une élite sponsorisée par Rolex, pour que tout le monde ait le droit de pleurer en écoutant Gorecki.

Viens, on sort du cadre

Le flamboyant Dudamel, son disciple Bringuier ou l’anglais Daniel Harding obéissent aux codes de la représentation, mais ils sont aussi nettement plus flamboyants. Ça ne veut pas nécessairement dire qu’il faut être spectaculaire pour flatter le public, mais enfin on sent là une explosion de vie qui va très nettement à l’encontre des clichés habituels.

D’autres musiciens classiques sentent aussi la nécessité de sortir du cadre de manière encore plus radicale. Un jeune producteur d’une trentaine d’années a lancé Fugues avec l’idée de faire sortir de grands interprètes contemporains de leurs repaires habituels : tour à tour, le quatuor Dotima joue donc à l’hôpital Sainte-Anne, les pianistes Edna Stern et Alexander Gurning à la patinoire Pailleron et plus récemment le quatuor Artemis sur les quais de la Gare d’Austerlitz. Ils se heurtent certes aux mêmes difficultés que Joshua Bell dans le métro, mais c’est une initiative. 

Elle est loin d’être nouvelle. Lorsqu’en 1976 Jean-Claude Casadesus recrée l’Orchestre National de Lille sur les cendres de l’orchestre de l’ORTF de Lille, il met très vite en pratique un programme en apparence simple: l’ensemble ira à la rencontre de son public. Dans les archives de l’INA, on peut donc voir les musiciens jouer dans les entrepôts du métro lillois ou à l’Imprimerie Nationale. Depuis 1995, ils jouent également chaque année… en prison.

Aujourd’hui, on pourrait citer dans une autre veine l’orchestre Divertimento, fondée en Seine Saint-Denis par la chef Zahia Ziouani. Globalement, la plupart des grands orchestres ont compris la nécessité de s’ouvrir à tous les publics et beaucoup se servent du web pour accélérer ce mouvement qui s’est longtemps résumé à des actions scolaires et une politique tarifaire spéciale sur un quota de places.

L’Orchestre National de Lille (encore lui), l’Orchestre Philharmonique de Radio France et l’Orchestre de Paris sont tous les trois présents, plus ou moins régulièrement, sur ARTE Live Web, le site de retransmission de spectacles vivants dont je m’occupe par ailleurs. La Philharmonie de Berlin a quant à elle mis en place un portail payant, une politique sur laquelle son directeur serait en train de revenir. Le MET Opera de New York a quant à lui passé des accords pour être diffusé dans des cinémas à travers le monde. 

L’Orchestre de Paris va même plus loin dans son usage du web, puisqu’il a ouvert un blog (je sais, dis comme ça, ça parait dingue) consacré à la vie de la formation et au répertoire qu’elle joue. Il est pourtant assez exceptionnellement riche, tenu tour à tour par certains des musiciens mais aussi par le journaliste et réalisateur Christian Leblé. Récemment, on s’y essayait même à de la vidéo, avec un violoncelliste de l’orchestre filmé dans une salle de classe. 

On pourrait également emprunter les multiples passerelles qui relient aujourd’hui plus que jamais cette musique dite savante et des pratiques plus contemporaines. En remontant la piste de tous ces musiciens qui revendiquent allègrement les influences et techniques de la musique minimaliste, on trouvera un compositeur comme Max Richter, à la croisée du classique et de l’électronique, qui outre son travail solo a par exemple composé la bande-son de Valse avec Bachir

On parle aussi beaucoup d’Erik Satie (et pas que pour parler du Yann Tiersen période Amélie Poulain) et la figure de Steve Reich est souvent centrale: The Dodos l’invoque, The Notwist publie un EP intitulé «Different Cars & Trains» en hommage, alors que Bryce Dessner de The National, qui mène une double vie de compositeur classique et de guitariste de rock, affirmait en interview lui envoyer ses compositions.

Sur les dernières compositions de son groupe, on retrouve ainsi souvent des arrangements signés du compositeur Nico Muhly, qui écrit pour l’English National Opera, arrange Antony & The Johnsons, et collabore avec Philip Glass et Bjork. Du côté des musiques sérielles, l’Islandais Skuli Sverisson ou la techno minimale d’un Ricardo Villalobos doivent eux énormément à John Cage.

Sortir des carcans

Toujours au rayon des passerelles, Libération consacrait il y a peu un long article aux disques In Finé. Figure de proue du label français, le concertiste Francesco Tristano, formé à la Juilliard School, avait coutume de glisser lors de ses récitals des interprétations de classique techno entre Bach et Dusapin. Il officie depuis des deux côtés de la barrière. En plus de sa participation au trio Aufgang, il a depuis publié trois albums en solo, tous à mi-chemin de la virtuosité pianistique et du «plaisir des clubs électroniques».

Sur France Musique, on soulignera également l’émission Rapido Con Brio, qui emprunte les multiples ponts qui existent entre toutes les formes de virtuosité, associant ainsi Jimi Hendrix, Serge Gainsbourg, Dizzy Gillespie, Béla Bartok et Taraf de Haidouk. Aux commandes, un jeune journaliste qui anime également le beaucoup plus traditionnel Matin des Musiciens et qui, à force de côtoyer des concertistes beaucoup plus curieux et éclectiques que l’image qu’ils donnent habituellement, a lui aussi voulu sortir des carcans. Il y donne à entendre des correspondances et des associations souvent savoureuses et toujours intéressantes. On peut la podcaster ici.

Au-delà de ces quelques exemples, l’essentiel c’est que les initiatives pour rendre cette culture plus vivante et plus actuelle existent. Alors si une étude récente affirme que les hommes amateurs de musique classique sont moins attirants que les fans de Slipknot, rassurez-vous messieurs: ce ne sera pas la première étude supposée scientifique sur la musique à se planter magistralement. D’ailleurs, voyez plutôt ce qu’un honorable confrère écrit à propos d’un récent enregistrement de Jonas Kauffman, le ténor montant des années 2000:

«Oh, Kaufmann nous ressort le grand jeu. Il a une envergure vocale fantastique, en tant que lirico spinto, et il est l’un des rares ténors lyriques à pouvoir mettre à l’amende n’importe quel orchestre symphonique en un glapissement. Sa voix est à la fois forte, puissante et virile comme un bûcheron, et souple et fluide comme un prof de yoga. Imaginez ce que ce genre de mec peut faire comme crapuleries salaces au pieu.»

C’est dans … Vice Magazine. Puisqu’on se tue à vous le dire: le classique, c’est rock’n’roll et c’est cool. Il suffit d’ouvrir un peu les yeux et les oreilles.

Alexandre Lenot

(1) Nous avons corrigé une erreur de nom à propos d'Alex Ross, et non Alex Scott comme écrit initialement. Avec nos excuses à nos lecteurs et à Alex Ross.

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