Contribution à la réimpression du livre de Frédéric Lefebvre

Frédéric Lefebvre à l'Elysée le 17 novembre 2010, REUTERS/Charles Platiau

Frédéric Lefebvre à l'Elysée le 17 novembre 2010, REUTERS/Charles Platiau

Le secrétaire d'Etat a copié-collé 20 sources Internet sans les citer dans son dernier livre Le mieux est l'ami du bien. Slate.fr fait le recensement.

À la suite d'un article de Slate.fr, l'éditeur de Frédéric Lefebvre a reconnu que deux passages du dernier livre du secrétaire d'Etat avaient été empruntés à Wikipedia et à l'AFP, sans mention des sources. «Ces références seront bien évidemment réintégrées lors de la réimpression du livre», assure Arash Derambarsh des éditions du Cherche-Midi. Magnanime, Slate.fr se propose d'aider l'éditeur en publiant de manière plus exhaustive les copiés-collés de Frédéric Lefebvre. Pour que la réimpression se passe au mieux.

D'après notre dernier décompte, Le mieux est l'ami du bien comprend 20 copiés-collés empruntés à des sources diverses: Wikipedia et l'AFP pour l'essentiel, mais aussi Le Figaro, La Dépêche du Midi, le Nouvel Obs, Commentcamarche.net, Bambin-nature.com et même... Valérie Pécresse. Cliquez sur l'image pour lancer le diaporama.

Lefebvre cite parfois ses sources

L'éditeur explique l'absence de mention de sources par un simple oubli. Il précise que les copiés-collés sont la plupart du temps en léger retrait par rapport au texte normal, dans une mise en forme ressemblant à un «encadré». Par ailleurs, relève l'éditeur, Frédéric Lefebvre cite ses sources de nombreuses fois. Ce qu'il fait en effet avec zèle, comme dans cet exemple.

Mais à 18 reprises, il oublie de citer la source. Slate.fr a également trouvé deux copiés-collés apparaissant dans le texte principal, ce que l'éditeur, contacté, n'a pas pu nous expliquer.

Page 403, Frédéric Lefebvre se lance dans de passionnantes explications sur les «États généraux du bien-vieillir» courant sur une page et demie. Tellement passionnant que l'AFP a écrit mot pour mot la même dépêche le 28 novembre 2009.

Page 198, on découvre la passion secrète de Frédéric Lefebvre pour la ministre de l'Enseignement Supérieur Valérie Pécresse. Il reprend mot pour mot un passage d'une interview de la ministre dans La Voix du Nord, en plein milieu de son texte.

Frédéric Lefebvre > Henry Kissinger

Le marketing autour du livre montrait un Frédéric Lefebvre apaisé après sa guerre de tranchée face aux socialistes à son poste de porte-parole de l'UMP. Un intello paisible qui se réfugie dans la culture et le silence après son sacrifice au ministère de la Parole.

Pour bien souligner ce changement, Le Mieux est l'ami du bien est un livre massif, comme on en voit peu dans les étagères politiques. «Ce livre, je tiens à le souligner, fait 522 pages. Plus de 800000 signes. C’est considérable. Il l’a écrit seul», écrit l'éditeur sur son blog.

Le format du livre est en effet plus gros que le Diplomacy de Kissinger, qui apparaît comme référence dans sa vidéo.

Pour arriver à ce format, il y a trois petites astuces: les pages sont épaisses (le Kissinger, plus petit, fait 300 pages de plus), le livre est écrit en gros caractères et il y a de très nombreux copiés-collés (sourcés ou non).

Il n'y a pas lieu de crier au scandale comme pour l'affaire de plagiat dans une thèse qui avait forcé un ministre allemand à démissionner. Les emprunts de Frédéric Lefebvre, contextuels, n'apportent pas grand chose à son texte qui se veut «un ouvrage de réflexion personnel». Mais sa reconversion médiatique en intello risque bien d'en pâtir.

Vincent Glad

Photos dans le corps de l'article: Frédéric Lefebvre, Philippe Wojazer / Reuters; et Vincent Glad/Slate.fr.

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