Une voiture nommée Plaisir (solitaire)
Baptiser un nouveau modèle, on ne le sait pas toujours, mais c’est super casse-Koleos.
- Le concept car Peugeot SR1. Jacky Naegelen / Reuters -
» Vroum! Retrouvez toutes les chroniques auto d'Hugues Serraf
La nouvelle n’a pas exactement fait l’effet d’une bombe: entre le Japon et la Libye, les gens ont tout de même autre chose en tête. Mais en plein mois d’août, quand la presse tourne au ralenti et que les rédactions sont peuplées de stagiaires, c’est sûr, elle faisait la une.
Dès l’an prochain, Peugeot abandonne la nomenclature à trois chiffres avec un zéro au milieu pour nommer ses modèles! Absolument, et cette tradition vieille de huit décennies, inventée pour intégrer le trou de la manivelle à l’appellation de la voiture figurant sur la calandre, devrait s’arrêter avec la remplaçante de la 308.
Ça ne vous émeut pas? C’est que vous n’êtes pas sentimentaux. Des Peugeot qui s’appellent Escort ou Celica comme n’importe quelle Ford ou Toyota, c’est pourtant encore un peu de la grande tradition automobile qui s’en va. Tiens, je ne sais pas s’il y a eu des dépressions nerveuses chez les fans de Renault lorsque les numéros (R8, R14, R25…) ont été délaissés au profit des noms (Safrane, Twingo…) en 1990, mais ça a tout de même dû causer un fameux choc chez les types qui archivent les manuels de fonctionnement à la bibliothèque du constructeur: «Clio, ça se met avant R5, ou on met tous les numéros à la suite sur la même étagère avant d’attaquer les patronymes proprement-dits?»
Notez que chez Peugeot, ils ne vont pas s’amuser tous les jours pour baptiser leurs prochains rejetons. Nommer une voiture, c’est de plus en plus compliqué et on confie généralement cette mission à de grandes agences spécialisées qui vous extorquent des centaines de millions d’euros pour inventer un mot de deux syllabes en parfaite adéquation avec la cible socio-éco-démographique de votre nouveau produit.
«Des centaines de millions d’euros? J’aimerais bien, se marre Sophie Gay, directrice de Nomen, la plus connue d’entre elles, prestataire de Renault, Toyota, Audi et VW. Mais les budgets peuvent effectivement être assez élevés puisqu’il faut organiser des focus-groups, faire intervenir des linguistes et garder du sens tout en étant attractif. C’est pas mal de boulot…»
Le problème, pour elle comme pour ses confrères, c’est que des petits malins s’amusent désormais à déposer tous les noms possibles et imaginables histoire de vous faire cracher au bassinet avant de vous laisser passer aux fonts baptismaux. C’est un peu comme avec les noms de domaine sur Internet, mais comme il n’y pas de suffixe «.com» ou «.fr», ça fait tout de suite moins de choix… Surtout si vos voitures sont vendues partout dans le monde et qu’il faut faire attention à ne pas lui donner un nom qui sonne jeune et dynamique en bulgare, mais signifie «va donc faire subir les derniers outrages à ta génitrice» en serbo-croate.
D’ailleurs, ça arrive tout le temps. Prenez la Toyota MR, deuxième du nom. La MR2, quoi… Vous croyez que ça fait sérieux pour le client français de dire qu’il s’en est payé une? Ou la Lexus ISF, qui est sans doute destinée à ceux qui payent l’impôt homonyme puisqu’elle coûte la bagatelle de 73.000 euros mais sonne un poil ostentatoire?
Oui, des comme ça, le «Bagnole Hall of Fame» en est rempli: la Buick Lacrosse, vendue au Québec, où «crosser», c’est se donner du plaisir en solitaire; le Mitsubishi Pajero, vendu dans les pays où l’on parle espagnol et on l’on se rend également heureux tout seul avec ce vocable; la Dacia Duster (plumeau en anglais, l’auto qui ramasse la poussière); la Ford Pinto (membre viril masculin en portugais); la délurée Mazda Laputa (par le créateur de la MR2 déjà recensée)…
«Bon, en réalité, tempère Sophie Gay, ça n’arrive pas si souvent. Ou plutôt ça n’arrive quasiment plus et ces exemples datent pour la plupart d'une époque où les constructeurs étaient beaucoup moins internationalisés et se concentraient sur leurs marchés domestiques. Désormais, il y a des filtres, des procédures de “désambiguation”… »
Effectivement, désormais, on fait super gaffe. Surtout en France, où une petite Zoé ou une petite Mégane attaquent Renault chaque matin avant d’aller à l’école au motif qu'une voiture et une fillette, on risque de confondre si l'on n'est ni pédophile ni garagiste.
Ainsi, avec son premier «crossover» (un 4x4 pour les trottoirs de ville) lancé en 2008, Renault a payé très cher un spécialiste pour deviser Koleos, qui n’est le prénom de personne mais signifie testicule en grec ancien et vagin en grec contemporain… «Oui, c’est regrettable, concède la communicante qui se réjouit tout de même de pas être responsable de ce pataquès-là, mais il faut admettre que ça ne fait pas rire bien longtemps, et même pas du tout parce qu’il faut vraiment le savoir et moi-même, j’ai fait du grec et ça ne m’avait pas frappée avant qu’on en parle un peu partout. Vous le saviez-vous?»
― Euh, moi non plus mais je séchais tout le temps…
«En fait, poursuit-elle, c’est plutôt un tic français, cette histoire d’aller chercher le sens caché du nom d’un modèle de voiture. Et surtout si la voiture est française elle-même puisque personne n’a tiqué avec la Ford Focus. Si on avait eu la même chez Citroën, je pense que les gens auraient trouvé amusant de ne pas prononcer le “S”. Lorsque la Toyota Yaris a été lancée en Allemagne, les gens de notre bureau local s’inquiétaient un peu parce que ça sonne comme “Jahr”, qui veut dire année. La voiture qui dure un an, ça pouvait faire peur… Mais il n’y a pas eu de problème.»
Oui, les Allemands, c’est pas comme nous. Ils ne savent pas rigoler. «Mais au fait, Sophie Gay, vous qui êtes une professionnelle du nommage désambigué, vous n’allez pas changer de nom?»
― Ah ben non alors! Il faut bien un peu de gaité tout de même!
Hugues Serraf
Mis à jour le 23/04/2011 à 17h02















































Sinon, l'abandon des chiffres pour Peugeot devenait aussi inéluctables car ils avaient à peu près épuisé toutes les combinaisons possibles pour certains modèles.
Pardon ? votre voiture ne s'appelle pas Isabey ?
Ol.Sndr, Je crois que ça répond à votre question sur Audi...
Papy et Mammy avaient une 203 noire.... je me souviens d'être avec Papy, et de regarder l'aiguille du tachymètre atteindre les 100 KM à l'heure... j'allais à 100 pour la première fois de ma vie. À 5 ans, j'en bandais dans mes shorts en flanelle. Il n'y avait pas encore de ceinture de sécurité. On passait à toute allure sur la RN1, devant Villiers le Bel, un petit village paisible avec clocher, juste avant Sarcelles, un grand chantier qui faisait râler le vieux... un peu avant, dans la monté de Chômontel, il y avait le lieu de l'accident qui a causé la mort de Jean Bruce (OSS117), au volant de sa Jaguar MK2. On me l'a tellement raconté cet accident, que j'ai l'impression d'avoir été dans la Jag au moment de l'impact.
Peugeot s'était la marque de la famille. On parlait aussi du fils Peugeot qui avait été kidnappé. Je m'imaginais à sa place... genre Petit Nicolas entre ses deux kidnappeurs.
Après, ils ont hérités des arrières grands parents, et la ils ont acheté une 404 blanche avec des sièges rouge. Il y la même dans le Samouraï de JP Melville. Elle avait un poste radio. On écoutait Albert Simon avec sa voix de science fiction nous parler de l'anticyclone des Açores...
J'aimais bien la Ford Taunus bleu de l'Oncle Vincente et la DS des voisins du dessous, Jean Paul, qui étais représentant de commerce et ressemblait à un personnage de Bellus. Son ami, Monsieur Goutal ( les Goutaux) venait de Lyons en DS Pallas... ça c'était de la bagnole.
Plus tard, le fiancé de Maman s'est présenté avec un break 403 noir 7 places. Il avait été taxi et corbillard en Corrèze. Le papa du fiancé ( mon future Papy de Corrèze) avait un 404 plateau bâché, je l'accompagnait dans les fermes livrer de l'aliment pour bestiaux. à chaque arrêt il y avait un canon... il devait être bien fait en fin de journée. En rentrant, on s'arrêtait dans un champs, il prenait sa canne en bambou deux brins (bambouseraie du Vercors), et, à la mouche, en deux coups les gros, entre deux ronciers qui surplombait le torrent ils nous sortait son dîner, une belle truite qu'il avait repérer... plus tard il s'est pris un plateau 504.
Plus tard ils ont acheté une 304 rouge toute neuve qui a duré des années. Mon frère l'a finie dans les années 90.
Au milieu des années 80 je me suis trouvé un break 304 comme neuf. L'arrière se repliait complètement à plat. Le sol de la cabine avait des glissières en caoutchouc et il n'y avait pas de seuil de chargement. Une c******e raide bourrée, me l'a percuté en venant de la gauche, en pleine nuit. L'assurance m'a donné 2700 fr... j'ai presque pleuré...
http://www.classicdriver.com/uk/magazine/3200.asp?id=14465
J'ai donc trouver quelques noms de voiture.
1 - Peugeot Patéticienne pour des moments intenses.
2 - Peugeot Saphisme pour vous mesdames.
3 - Peugeot Priape l'indestructible.
Je crois que j'ai raté ma vocation!