Dessine-moi un nouveau paysage politique
La représentation nationale ne correspond pas à la réalité du terrain. Les mouvements à droite préfigurent de plus larges bouleversements.
- A l’Assemblée nationale le 9 mars 2011: NKM discutant avec la députée socialiste Martine Lignières-Cassou. REUTERS/Charles Platiau -
Ce qui se passe à droite préfigure une recomposition du paysage politique. Dans ma chronique précédente, je parlais de tectonique des plaques. Il y a en France une cartographie de la représentation politique qui ne ressemble pas au terrain.
Le fait majoritaire qui est la marque de la Cinquième République a figé les blocs, droite et gauche. Cette contrainte institutionnelle a tordu, depuis 1958, les réalités politiques françaises. Attention, la droite et la gauche, ça existe, mais peut-être que le curseur qui les sépare ne devait pas être exactement là où il est en ce moment.
Pour permettre l’alternance, François Mitterrand, à la tête de la gauche démocratique depuis le congrès d’Epinay en 1971, a œuvré pour le rassemblement des gauches jusqu’à l’accession au pouvoir, avec les communistes en 1981.
A partir du moment où la stratégie d’alliance avec les communistes est devenue évidente, au cours des années 1970, toute une partie de la gauche démocratique d’alors a rejoint le centre, qui, toujours en vertu de la dynamique des blocs, se trouvait alliée avec la droite.
Une représentation obsolète
Il reste des vestiges de cette gauche passée à droite; Place de Valois, au fronton du Parti radical, toujours membre de l’UMP, (pour quelques jours encore) il est encore inscrit «Parti radical socialiste». Le Parti radical, ancestral, pilier de la République, s’était déchiré entre radicaux de gauche et radicaux valoisiens, justement à la faveur de cette logique de blocs.
La déclaration de Jean-Louis Borloo (patron des Valoisiens) de lundi, très solennelle, refusant le ni-ni présidentiel en cas de duel PS/FN, ressemble à une sérieuse prise de distance. Nous avons là les germes d’une recomposition.
Quelle forme peut-elle prendre? Reprenons le fil de l’Histoire: à gauche donc, le PS et le PCF, de l’autre côté, la droite et le centre. Ça, c’est la représentation politique telle qu’elle est encore à l’Assemblée. Représentation obsolète, issue des années 1970, 1980. Aujourd’hui le PCF n’existe quasiment plus, il est ingéré par le Front de gauche.
A la droite de la droite, une force politique s’installe sans être représentée au Parlement. Si la perspective pour la gauche démocratique, c’est d’être au pouvoir avec le très modéré François Hollande ou Martine Aubry qui gouverne Lille avec le MoDem ou l’ancien secrétaire général du FMI, on ne voit pas pourquoi, à terme, les radicaux, les centristes, continueraient de s’allier à une droite conservatrice qui manie les thèmes identitaires et sécuritaires à outrance.
Comme le disait fort justement mardi au micro de France Inter Jean-Paul Delevoye (lui-même gaulliste social), à propos des alliances, «on s’associe pour avoir un pouvoir, pas du tout parce qu’on pense la même chose». Dans une situation où les élus seraient libres de leurs alliances et déliés de leurs accords électoraux, le paysage de la représentation politique serait tout autre.
Il y a, en ce moment moins de distance politique entre Borloo et Strauss-Kahn qu’entre Borloo et Sarkozy. Il y a plus de proximité sémantique entre Guéant et Le Pen qu’entre Guéant et Bayrou.
Le taux d’abstention est aussi à rechercher dans ce théâtre d’ombre, dans ce jeu de postures, plus dicté par de vieilles alliances confortables que par des voisinages idéologiques. Une présidentielle peut servir à tenter de réadapter la réalité politique et sa représentation. L’épisode que nous venons de vivre montre que, malgré les pesanteurs institutionnelles, tout est là pour un «Big One» en 2012.
Thomas Legrand
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Mis à jour le 24/03/2011 à 17h04














































Est ce que cela veut dire que fondamentalement le FN est un parti antirepublicain ou fasciste et qu'il est le seul?
Je crois plutot que les FRancais sont en train de comprendre que la democratie et les valeurs de la Republique ont ete trahies au cours de la Veme Republique par la gauche comme par la droite et qu' a l'oppose du discours officiel le FN est le seul parti authentiquement democratique et respectueux des valeurs de la Republique.
Le principal argument en faveur de l'abolition était qu'il n'y avait pas de révision possible en cas d'erreur judiciaire, (l'affaire du pull-over rouge) mais avec les tests ADN, cela doit être devenu beaucoup moins fréquent. Passer trente ans en prison me parait bien plus pénible qu'une petite exécution bien propre (plutôt en fin d'après-midi, ce serait possible ?)
Finalement, le principal reproche que l'on pourrait faire à cette proposition (d'ailleurs reprise par certains UMPistes?) c'est qu'elle est surtout démagogique : ils n'ont aucune intention de perdre leur temps avec une telle polémique, des tâches infiniment plus urgentes sont en attente !
Vous avez le droit à une deuxième chance.
Que l'UMPS aient trahi la confiance des français est une chose certaine... Prétendre que le FN ne trahi pas les valeurs de la république témoigne d'un niveau d'analyse et de connaissance un peu faible... et hélas très partagés...
Arretez de détourner les valeurs de la Rébulique
Somme toute, sur ce point au moins (aussi?) vous donnez raison à Marine ? Mais le mieux, c'est votre mot de la fin :
"tout est là pour un «Big One» en 2012."