L'Italie doit apprendre du désastre et changer

Slate.fr, mis à jour le 09.04.2009 à 11 h 19

 

Alors que le bilan du tremblement de terre qui a secoué l'Italie s'élève à 275 morts, la question de la responsabilité dans le séisme commence à se poser: on parle de «négligence meurtrière» dans le non-respect des normes antisismiques.

La polémique sur la possibilité ou non de prévoir un séisme, n'est pas la bonne, souligne Antonio Polito dans Il Riformista.«Nous discutons avec tout le sérieux du monde de la possibilité de prévoir un tremblement de terre (impossible), et il semble impossible de prévenir l'écroulement des maisons (tout à fait possible au contraire)»

Polito dénonce l'incapacité des Italiens à se mobiliser pour la modernisation du pays, la somnolence et le fatalisme. «Vous voulez un gratte-ciel qui ne s'effondre pas lorsque survient un tremblement de terre? C'est possible: ils l'ont fait en Californie.»

Il constate aussi la tendance des Italiens «à être conservateurs sans savoir conserver. Les intellectuels sont conservateurs parce qu'ils craignent la nouveauté. Ils voudraient conserver nos villes intactes, parce qu'il s'agit, disent-ils, d'un patrimoine unique. (...) Dès que l'on parle de construire de nouveaux édifices, pleuvent des pétitions d'architectes et d'urbanistes révoltés. Nous avons désormais cessé de considérer les installations humaines comme des organismes vivants qui changent, croissent, se transforment, parfois meurent. Nous nous comportons comme si nous étions la dernière génération à fouler le sol sacré d'Italie. Mais en même temps, ceux qui nous gouvernent ne savent pas conserver. Conserver est un travail difficile, coûteux, prenant.»

Il ne s'agit ni d'argent, ni d'entraves juridiques, pas même d'un clivage politicien. Mais de mentalité et l'Italie doit apprendre du drame pour progresser.

Giorgio Bocca explique ainsi dans La Repubblica qu'une «prise de conscience naît de ce drame, féroce et cruelle par de nombreux aspects. La transition entre l'Italie antique, celle des arts, l'Italie de briques et d'ardoises, et l'Italie moderne, construite dans le ciment armé. Entre l'Italie des bourgs médiévaux (...) et celle des zones industrielles. Les journaux et les télévisions ont interviewé les rescapés des tremblements de terre en Campanie et dans les Marches, des fonctionnaires qui ont vu de leurs yeux la mort de leurs proches, et les retards, ce qui aurait dû être prévu, les erreurs encore une fois commises, dénoncées trop tard. Encore une fois les Italiens se sont souvenus de l'éternelle leçon de sérieux et de modestie, le devoir de subvenir aux besoins aujourd'hui plutôt que d'avoir à pleurer demain».

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