Parlons de l'avenir de notre pays plutôt que de ses racines
Une nation ne peut survivre si sa légitimité se limite à revendiquer une place dans l'Histoire.
- Fronton de Notre Dame de Paris Jacky Naegelen / Reuters -
A quoi sert-il de parler des «racines» d'un pays, comme le font le président de la République et toute la droite, sinon à donner, implicitement ou explicitement, à ceux qui s'y rattachent un droit de propriété sur le pays, ou au moins une priorité sur les autres citoyens? En particulier, parler de racines chrétiennes voudrait-il dire qu'il convient de donner aux chrétiens la propriété de la France, ou au moins une priorité sur les autres citoyens? Mais quelle priorité? Et si un chrétien devenait athée ou musulman ou bouddhiste, perdrait-il ces privilèges? Absurde.
D'abord, jusqu'où s'enfoncent les racines de la France? Jusqu'au paléolithique, quand on identifie les premières populations sur le territoire de ce qui devint ensuite notre pays? Jusqu'à l'an 481, quand un roi franc, Clovis, la conquiert? Ou seulement jusqu'en 1190, quand la France prend ce nom?
Ensuite, de quels peuples les Français d'aujourd'hui sont-ils issus? Toute cette page ne suffirait pas à nommer les Vandales, Burgondes, Alains, Suèves, Bituriges, Arvernes, Eduens, Ambarres, Carnutes, Aulerques et autres qui y ont fait souche! Sans compter, plus tard, des Normands, des Anglais, et tant d'autres.
Enfin, quelles religions se sont succédées sur son territoire? Là encore, il faudrait des pages pour nommer les innombrables variantes de religions celtes, gauloises, grecques, romaines ou juives qui se sont suivies ou ont cohabité sur notre territoire avant l'arrivée des multiples versions du christianisme. Et dans une partie de la France d'aujourd'hui, connue alors sous le nom de Septimanie, des musulmans ont fait souche au VIIIe siècle, avant que la chrétienté n'y soit vraiment dominante. Et si les premiers rois de ce qui deviendra bien plus tard la France ont choisi, au ve siècle, de devenir chrétiens, l'héritage d'un pays laïque ne se réduit pas à la religion d'un monarque, Clovis, qui a d'ailleurs décidé de devenir chrétien après quinze ans de règne, et surtout pour des raisons politiques, soucieux de l'alliance avec la puissante famille de sa deuxième épouse, Clotilde.
Cela n'est pas propre à la France: si on cherchait les racines d'autres pays, on aurait les mêmes surprises. L'Angleterre porte le nom d'un peuple allemand; l'Allemagne, celui de trois peuples différents, suivant la langue dans laquelle on la nomme; la Russie celui d'un peuple qu'ailleurs on nomme les Vikings.
Il ne faut donc pas jouer avec les mots: la droite ne nous parle des racines que pour nous dire qu'elle refuse les fruits. Mettre en avant l'héritage chrétien du pays, c'est exclure ceux qui ne se reconnaissent pas dans cette foi, et même ceux qui, chrétiens, ne veulent pas confondre leur foi et leur citoyenneté. C'est d'abord une petite manoeuvre pour exclure les musulmans, ainsi que pour minimiser le formidable héritage des Lumières, qui commencent d'ailleurs en France au XIIe siècle avec l'arrivée, par des traducteurs juifs, de textes musulmans porteurs de la pensée grecque...
C'est de tout cela qu'il faut être fier. C'est cela qui fait la grandeur de ce pays.
Une culture, une religion ou une nation ne peut survivre si elle se préoccupe d'exclure plutôt que de séduire, si sa légitimité se limite à revendiquer une place dans l'Histoire: elle doit revendiquer une place dans l'avenir. C'est pourquoi, au lieu de parler de l'héritage légué par chaque religion, on devrait plutôt évoquer la façon dont la civilisation de notre pays, nourrie notamment du fait religieux, peut répondre aux grandes questions du futur et attirer ceux qui le construiront.
Jacques Attali
Photo: Fronton de Notre Dame de Paris Jacky Naegelen / Reuters
Mis à jour le 21/03/2011 à 5h12















































1) Evoquer les racines de la France n'est pas de Droite, pas plus que de Gauche; c'est l'expression de l'identité nationale, de la nation. Je cite Renan en 1882: "Une nation est une âme, un principe spirituel. L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs ; l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis"
2) Jusqu'où s'enfoncent les racines de la France? La réponse est relativement simple si l'on fait abstraction de la pré-histoire. Notre destin national commence, comme il est naturel, par une guerre, celle des Gaulles contre Jules César. Il en sera issu un mélange des gaulois et des romains qui fonde nos racines gallo-romaines. Le Gaulois paysans, le romain fonctionnaire. Puis la France s'enrichit des germains, il y a de nouveau mélange. Nos racines s'enrichissent du germain guerrier. Le mix gallo-romain et germain détermine le français. Avec le développement des migrations un nombre toujours plus grand d'individus viendront compléter et enrichir ce noyau originel.
3) De quels peuples la France est issue? Là encore, réponse simple: Aucun. La France est issue du peuple français.
4) Quelles religions se sont succédées sur son territoire? ...un élève de primaire le sait. Durant la guerre des gaulles nous avions des druides qui faisaient des potions magiques; et on continue à se réunir familialement près de l'arbre de noël au solstice d'hiver et à fêter le printemps par la musique au solstice d'été. Ensuite la France est devenue "fille ainée de l'Eglise", elle a lancée les croisades, hébergé les papes, réprimés les hérétiques, converti les esclaves et colonisés. La morale et la connaissance de la France sont l'œuvre de la chrétienneté, avant que la révolution de 1789 transfère ces pouvoirs à l'État, déjà laïque (avec l'être suprême de la raison). Depuis 1905 l'État est clairement séparé de l'Église.
Reconnaître l'héritage chrétien de la nation, c'est n'exclure personne, c'est rappeler le noyau autour duquel s'agrègent ceux qui le veulent, même si leur religion n'est pas chrétienne, car cette religion, et sa transformation républicaine ont légué la tolérance, sous réserve d'allégeance au pacte républicain. La religion est aujourd'hui devenue une affaire privée, elle a été une affaire publique aux fondements de la France. Personne n'est exclu, car chacun a sa liberté de conscience. Mais allégeance est due à la nation, et d'abord à la nation. Tout intégrisme religieux: musulman, protestant, ou juif est une menace pour la nation au profit de théocraties étrangères, États ou "communauté de croyants".
ce qui ma touche, c est que l islam avant revendiqué , légalité, tolérance et surtout et avant tout le savoir , c est pourquoi avant il y avait plus de sages que d'ignorant , pas comme maintenant ,ou on parle de musulmans modérés et extrémistes, en islame, ça n existe pas soit on musulmans ou non, car pour moi les extrémistes ou intégristes sont des terroristes, et çà beaucoup de musulmans ( modérés ) savent.
MALHEURESEMENT CET ARTICLE EST LA POUR AUJOURD’HUI, MAIS DEMAIN A L OUBLIETTE, CAR vaut mieux MINIMISER LES MUSULMANS ,malheureusement pour des intérêts politiques ,
toujours est il par cet article que j espéré va être envoyer vers tout les partis politiques et ou autres pour essayer de faire comprendre aux gens que ce n est pas les religions ou la race qui sont derrière les catastrophes mais cet l homme et la politique .
bon alors, que penses-tu de l'expression "Islam laïque" qu'un cadi et théologien égyptien du début du XXe siècle a mis en vogue (et quand je parle d'Islam la¨qie, c'est un Islam qui N'A PLUS RIEN DE POLITIQUE mais est PRIVE comme toute religion DOIT être)
Mais surtout pourquoi M Attali se croit obligé d'inclure les dernieres vagues d'immigration dans les racines du pays en pretendant que les lumieres seraient d'origine musulmane ? On croirait entendre les ethno centristes arabes ! Pourquoi sous entendre que les immigres seraient incapables d'accepter que ce pays ait des racines éloignées des leurs ? Ce n'est pas flatteur pour eux que de sous entendre cela ! Les français qui vivent a l'étranger ont ils besoin de chercher des racines françaises partout ou ils vivent pour s'y sentir a l'aise. C'est ridicule !
Bref, lorsqu'on est conscient de ce qu'il est et de ce que nous sommes grâce à lui.
L'avenir de la France et des Français sera radieux et grand quand nous retrouverons notre identité française que 50 ans de nihilisme ( destruction de nos racines, de nos valeurs, de notre langue, de notre connaissance de notre histoire) nous ont fait oublier.
Que cette société trouve sa place ici, au Groenland ou en Afrique, ce n'est pas très important, ce sont nos valeurs qui sont importantes. Et finalement ces valeurs, elles viennent d'ou . ne viendraient t-elles pas de notre éducation judéo-Chrétienne ? Qu'est-ce qui a fait que les peuples Soviétiques ou des balkans ont voulu se séparer ? n'est-ce pas un mode de vie, le respect de certaines valeurs ?(sans préjuger que certaines valeurs soient meilleures que d'autres) mais bon, moi je suis beaucoup moins érudit que Mr Attali et mon avis n'a surement pas beaucoup d'importance. Et comme il est convaincu de détenir La Vérité, il n'essaiera que de me convaincre que je fais fausse route, sans jamais, Ô grand jamais, se remettre en question, ou au minimum essayer de comprendre et respecter mon point de vue. On n'est pas sorti de l'auberge.... Philippe Baudouin
Mais, comme un arbre possède plusieurs racines, chacune le nourrissant des éléments qu'elle puise, peuples, croyances et religions constituent autant de racines de la France sans que cela ne confère "implicitement ou explicitement, à ceux qui s'y rattachent un droit de propriété sur le pays, ou au moins une priorité sur les autres citoyens", pour reprendre les mots de Monsieur ATTALI.
Le christianisme a tenu, et tient encore, une place très importante dans la manière de penser et la culture françaises. Ignorer ce fait ou relativiser sa portée relèvent d'une démarche intellectuelle malhonnête qui s'apparente à de l'anticléricalisme.
La France, telle que nous la connaissons et l'aimons, s'est construite en adossant sa culture, sa pensée, ses valeurs, sa langue et même son droit sur la pensée et les valeurs chrétiennes, assimilant ces dernières parfois jusqu'à oublier qu'elles les ont précédés et nourris.
Reconnaître les racines chrétiennes de la France ne donne, à ceux qui se disent chrétiens, aucun droit de propriété particulier sur le pays ni de priorité sur les autres citoyens. Mais, cela leur donne responsabilité et devoir vis-à-vis de ceux qui, ne se définissant pas comme chrétiens, peinent à trouver leurs marques et leurs repères dans la culture française.
Par ailleurs, lorsqu'un individu a clairement identifié ses propres racines, il peut plus facilement prendre des libertés avec elles et faire évoluer sa conception du monde.
Nous avons donc beaucoup plus à perdre en ne reconnaissant pas nos racines chrétiennes qu'en les recevant. Elles font partie de notre patrimoine, comme toutes nos autres racines !
est-ce les pays arabes vont vouloir abandonner leur héritage musulman? et les pays scandinaves luthériens? et les indiens d'Amérique du nord au sud... il est d'accord pour qu'on leur dise d'oublier leur racine????
il comprend donc pas ce monsieur que la mondialisation (contre laquelle JE NE SUIS PAS) se conjugue AU PLURIEL (et pour qu'elle reste PLURIELLE, il faut la présence deS cultureS) et non au singulier universel???
Mais en ce qui me concerne, vous avez prêché une convaincue :) La France est xénophobe. La plupart des gens ne voudront même pas entendre ce que vous venez de dire. Ils retourneront le problème, pour retomber sur les sacro-saintes racines "gauloises". Vous avez tord, ils ont raison. Vous désinformez, ils savent mieux que vous. Vous avez longtemps étudié, ils vous rétorquent que l'éducation ne sert qu'à engraisser des fonctionnaires. Et en attendant, on a le président qu'on mérite...
Une prof d'université, dégoûtée, mais heureuse de vous lire.
Encore merci :)