Libye: s'arrêter à Benghazi ou chasser Kadhafi
Le vote de la résolution 1973 est un espoir pour la ville rebelle et les révolutions arabes. Mais Kadhafi tente sur le terrain de prendre rapidement pied à Benghazi et de sérieusement compliquer la tâche des aviations occidentales.
- A Tobrouk, manifestation de joie, le 18 mars, après le votre de la résolution de l'ONU. REUTERS/Suhaib Salem -
En dépit d'une annonce unilatérale de cessez-le-feu qui ne visait qu'à semer la confusion, les troupes de Kadhafi cherchaient à profiter du laps de temps avant les frappes aériennes françaises, anglaises et peut-être américaines pour entrer dans Benghazi, le fief de la rébellion. Samedi 19 mars au matin, des hommes de Kadhafi étaient dans les faubourgs de la ville qui par ailleurs subissaient des bombardements d'artillerie.
Une intervention militaire, autorisée le 17 mars par la résolution 1973 du Conseil de sécurité, pourrait débuter à l'issue du sommet de l'Union européenne-Ligue arabe-Union africaine qui doit se tenir samedi dans l'après-midi à Paris.
En annonçant la fin des combats puis en tentant de prendre pied dans Benghazi, le dictateur libyen espère pouvoir entamer des négociations et ainsi sauver son pouvoir. Même s’il doit céder du terrain dans l’est de la Libye, ce serait pour lui un succès. Il est toutefois peu probable qu’il y parvienne.
La grande majorité des Etats, y compris la Russie, lui a déjà dénié toute légitimité et réclamé son départ. La question est de savoir si la communauté internationale se contentera du gel de la situation. Sur ce point, la résolution du Conseil de sécurité est ambigüe. Elle autorise «toutes les mesures nécessaires» (sauf l’envoi de troupes au sol) afin de protéger les populations civiles, mais elle ne prévoit pas une intervention destinée à chasser Kadhafi.
La France, la Grande-Bretagne et les autres pays qui se sont déclarés prêts à participer à une opération aérienne, y compris le Qatar et les Emirats arabes unis, envisagent-ils de prendre ouvertement le parti du Conseil national libyen de transition? Et d’intervenir en Libye pour conforter à Benghazi des dirigeants hostiles à Kadhafi et à ses suppôts, voire pour aider ces dirigeants à s’installer à Tripoli? L’intervention prendrait alors une autre dimension. Sa justification ne serait plus humanitaire mais politique.
Les tyranneaux
Les arguments en faveur d’une telle décision ne manquent pas. Il est clair qu’en annonçant l’arrêt des combats, le régime Kadhafi cherche à éviter que des frappes n’affaiblissent son armée ou ne provoquent une débandade parmi les mercenaires qui la composent. Il cherche à gagner du temps et à renforcer le camp des Etats membres du Conseil de sécurité opposés à une intervention militaire. La Libye a officiellement déclaré qu’en tant que membre de l’ONU, elle se sentait liée par les décisions de l’organisation, raison pour laquelle elle décrétait un cessez-le-feu. Ne se laisseront tromper que ceux qui le veulent bien.
Ce n’est pas la première fois que le colonel Kadhafi essaie de retrouver une place dans la communauté des nations après avoir été mis au ban de celle-ci. Même les plus chauds partisans actuels d’une intervention musclée contre lui s’y sont naguère laissé prendre.
Les temps ont changé. Ce qui est en jeu autour de Benghazi, c’est non seulement le sort du mouvement populaire en Libye mais l’avenir des révolutions dans le monde arabe. Si Kadhafi parvient à faire la démonstration que les régimes autoritaires peuvent perdurer s’ils ont recours à la force, il redonnera du courage à tous les tyranneaux du Moyen-Orient et au-delà, dont le pouvoir est contesté dans la rue. S’il perd, les mouvements populaires garderont espoir.
Cette réflexion pèse lourd au moment où les dirigeants occidentaux doivent prendre la difficile décision d’entrer en guerre.
Daniel Vernet
Mis à jour le 19/03/2011 à 21h36














































Rejouera-t-on le même scénario ?
Peur que ce qui n'était pas imaginable il y encore peu et qui se passe sous nos yeux ne tourne à l'impasse. Je veux parler de ce que déjà on appel "Le printemps arabe". Printemps , un mot lourd de significations et qui pour moi est synonyme de promesses… On verra si la Tunisie sera peut-être l'onde de départ du tsunami arabe.
Toutes les révolutions qu'elle qu'elle soit demande du temps , des larmes , des sacrifices et du sang. Ce qui s'est passé en Tunisie et en Egypte n'est ce pas mille fois mieux que ce qui s'est passé en Irak en 2003 !? La démocratie imposée avec des avions pleins de bombes démocratique. Les révolutions doivent venir de l'intérieur . Et gagnés de l'intérieur . Chaque révolution est personnelle à chaque peuple. Ceci que l'on veuille ou pas est une loi universelle.
La réalité c'est qu'il était certain que la Libye de Kadhafi allait être plus dur a basculer vers un nouveau. Mais il fallait laisser faire , j'en suis persuadé. A partir du moment que Kadhafi s'est mis a bombarder son peuple c'était fini pour son règne. D'autant plus que cela s'inscrivait dans un contexte historique des peuples arabe alentour . Il fallait laisser le printemps faire son oeuvre,cela aurait duré le temps qu'il fallait mais l'issue était pratiquement certaine vers le changement.
Mais non l'occident s'en ai mêlé ! Comme avec l'Egypte de Nasser en son temps , comme l'Irak de Sadam l'occident s'est invité . Invité qui s'invitent toujours les mêmes basics. Les résolutions , l'ONU, l'OTAN, le pétrole , l'aviation , les bombardements , la guerre et ses bavures Pas avec la Tunisie et l'Egypte car là on avais affaire a deux dictateurs soumis.
J'ai peur que ce que l'on vois se passer en Libye , les bombardements "occidentale" gâchent la fête , le printemps arabe. Gâchis possible à cause de quelques calculs obscures et intrigantes au nom de la toute puissance des multinationales côtés en bourse. Ivre de sécuriser le cheminement du pétrole et du gaz facile.
Gâcher la spontanéité de ses mouvements arabes . Ne soyons pas dupe malgré que la jeunesse arabe est en révolution il ne sont pas aveugle. Les résolutions contraignantes de l'ONU pleuvent avec une facilité inouï quand il sagi d'un dirigeant arabe non flexible au intérêts de l'occident et pas très amis de l'avatar qu'est Israël et son sionisme.
On le vois déjà à la manière des titres des médias quand il est question de la Syrie et de l'Iran ! On le vois surtout quand il sagit des dirigeants conciliants des pays du Golf !
J'ai peur que dans un moment de lucidité de ces peuples de cette jeunesse "Face Book" il y ai un frein , un dérapage.
Peur que l'occident ne gâche la "fête" , la spontanée de ces mouvements historique à cause de l'obsession qu'a l'occident soif de domination et paranoïaque de son approvisionnement en énergie. Du deux poids deux mesures qu'il a quand il sagit d'Israël !!!
L'occident s'invite une fois de plus au nom de ses ses basics instincts et intérêts stratégique à l'image d'un éléphant dans une boutique de porcelaine alors que les autres font leur REVOLUTION, leur RENAISSANCE…
Said Mourjane.