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Quelle quantité de radiation est acceptable?

Jeremy Singer-Vine, mis à jour le 20.03.2011 à 12 h 00

[L'EXPLICATION] Et comment le sait-on?

Dans un gymnase de Fukushima, au Japon, le 18 mars 2011, REUTERS/KYODO Kyodo

Dans un gymnase de Fukushima, au Japon, le 18 mars 2011, REUTERS/KYODO Kyodo

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Des traces de radiation ont été détectées dans des épinards, du lait, des fèves produits non loin de la centrale de Fukushima et dans l'eau à Tokyo. Quelles sont les doses acceptables?

Les problèmes en cours dans des réacteurs nucléaires japonais ont provoqué des razzias sur les pilules d'iodure de potassium en Californie, où les habitants craignent qu'un nuage radioactif traverse l'océan. Ces peurs sont infondées, selon la plupart des experts, pour qui même si un nuage radioactif atteignait les États-Unis, il ne transporterait pas suffisamment de radiations pour être nocif. Comment sait-on quand le taux de radiations devient trop élevé?

En étudiant les survivants d'Hiroshima et de Nagasaki. L'étude longitudinale américano-japonaise «LSS» inclut environ 120.000 habitants d'Hiroshima et de Nagasaki, et plus de 86.000 survivants qui se trouvaient dans un rayon de 2,5 km de chaque explosion. Depuis 1950, des chercheurs ont répertorié les taux de cancers et d'autres maladies touchant ces populations. En fonction de ces données, ils ont été capables d'estimer l'augmentation des risques sur la santé associée à divers degré d'exposition à la radioactivité. Des scientifiques ont aussi conduit des recherches portant sur des personnes régulièrement exposées à un surplus de radiations, que ce soit via des procédures médicales (comme les scanners) ou sur leurs lieux de travail. Si le département de l’Énergie finance des recherches sur la manière dont de faibles doses de rayonnements affectent les animaux et les humains, à un niveau cellulaire, la plupart des études portant sur les risques radioactifs se fondent principalement sur l'observation de populations entières.

En se référant globalement aux études sur les survivants d'explosions atomiques, les scientifiques sont en général d'accord pour dire qu'à chaque fois que le niveau d'exposition augmente d'un sievert (soit environ 280 fois la dose moyenne d'exposition annuelle), le risque de cancer s’accroît, sur toute la durée de la vie, d'environ 4 à 5%. (Cette augmentation varie aussi avec l'âge et d'autres facteurs individuels.)

Aucun niveau de rayonnements n'est universellement reconnu comme «sans danger», principalement parce que l'étude des effets de très petites doses – comme ceux, par exemple, émis par un scanner d'aéroport – est très compliquée. Un Américain moyen est exposé à environ 3,6 millisieverts, ou 360 millirems, de rayonnements par an – dont 80%, en gros, proviennent de sources naturelles, comme le gaz radon et les radiations cosmiques. (Cliquez pour calculer votre niveau d'exposition annuel.) Pour sa part, le Conseil national de la protection et de la mesure des radiations recommande de ne pas dépasser, par an, le millisevert d'exposition à des sources non-naturelles et non-médicales, et définit la «dose individuelle négligeable» en-dessous de 0,01 millisieverts reçus en une seule fois.

Les Nations Unies ont déclaré, vendredi 11 mars, que les dispositifs de surveillance californiens étaient «capables de détecter des taux extrêmement faibles de radiations». Si l'ONU s'est abstenue de définir précisément une quelconque dose spécifique, cela veut probablement dire qu'elle s'attend à un niveau de radiations ne dépassant pas la «dose individuelle négligeable».

Jeremy Singer-Vine

Traduit par Peggy Sastre

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Jeremy Singer-Vine
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