Surprise! L'Europe a avancé
Les progrès sont inattendus: la Grande-Bretagne n'aura plus son mot à dire sur l'euro et l'Union fait un pas vers l'harmonisation fiscale.
- Angela Merkel, David Cameron et Nicolas Sarkozy, le 11 mars 2011 à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman -
La réunion a été éclipsée par la Libye et le Japon, elle est pourtant glorieuse. Vendredi 11 mars, les chefs d’Etats de la zone euro se sont entendus de façon surprenante: ils ont fait des avancées importantes vers un «gouvernement économique». La crise de la dette souveraine n’est pas finie mais, elle a probablement passé un pic grâce à ces décisions.
Ce Sommet a été une surprise. J’avais moi-même émis des doutes, j’ai eu tort, je le reconnais très volontiers: le couple franco-allemand a bien fonctionné. Nicolas Sarkozy a su convaincre Angela Merkel, au prix d’une heure de discussion en tête-à-tête. Mais la chancelière a affirmé son engagement pro-européen de façon irrémédiable, malgré les opinions hostiles dans son pays et dans sa majorité.
L'euro géré par la zone euro
Première décision: ce qui concerne la zone euro se décidera désormais à 17 membres, les pays membres, et non à 27, les membres de l’Union européenne. C’est une grande nouveauté: seuls ceux qui ont l’euro participent, les autres, ceux qui ont dit «non», dont les Britanniques, n’ont plus rien à dire. Le changement est fondamental.
Ensuite, selon l’accord définitivement bouclé mardi 15 mars par les ministres des Finances, la ligne de politique économique des membres se calquera peu ou prou sur celle de l’Allemagne. La discipline et la rigueur devraient faire converger les économies européennes: contrôle des dépenses, modération salariale, sanctions pour les pays qui s’endettent trop. Ce point-là aussi est fondamental si, bien entendu, il est respecté. Il aura, on l’imagine de fortes implications partout à commencer par la France. Les syndicats français s’en inquiètent d’ailleurs.
D’autre part, les 17 se sont aussi entendus pour mieux aider la Grèce.
Comme le demandait Paris, le fonds de sauvetage décidé en mai (Fonds européen de stabilité financière) sera plus riche, assoupli et élargi. Les banques pourront y avoir accès. Sous conditions, il est vrai strictes, le fonds pourra acheter des dettes d’Etat. Parallèlement, le taux d’intérêt demandé pour les aides en Grèce sera abaissé d’un point et la durée allongée. Le Fonds s’aligne ici sur les pratiques du FMI.
Une volonté d'harmonisation fiscale
En revanche, le nouveau gouvernement irlandais qui demandait une renégociation des conditions de l’aide que son pays a reçue, comme les Grecs, n’a pas eu gain de cause: les autres pays lui demandaient de relever, ne serait-ce que symboliquement, le taux de l’impôt sur les société (12,5%) qui en fait le porte-avion des multinationales. Dublin a refusé et les autres pays ont dit non. Il faut y voir une autre décision fondamentale: une volonté commune d’harmonisation fiscale.
Toutes ces décisions concourent à améliorer le fonctionnement de l’euro. Les marchés financiers ont d’ailleurs très bien réagi à ces nouvelles que, comme moi, ils n’attendaient pas. On peut espérer que pour la zone le pire est passé grâce à ce premier pas vers une Europe économique fédérale.
Mais il reste évidemment beaucoup à faire, comme l’a souligné Jean-Claude Trichet avec raison: «Nous continuons à penser que l'amélioration de la gouvernance qui est envisagée à présent est selon nous insuffisante pour tirer les leçons de la crise à laquelle nous avons été confrontés», a-t-il déclaré au cours de la réunion, mardi.
Au-delà, il faut que les pays du club Med trouvent une autre croissance que par la dette et que globalement toutes les 17 économies se rapprochent («convergent» dans le jargon des économistes) au lieu de s’éloigner, avec une Allemagne qui fonce et une Espagne qui cale. Mais il faut saluer ces avancées et souligner que lors des crises, lorsque l’axe franco-allemand est soudé, l’Union retrouve la force de progresser vers l’intégration.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 18/03/2011 à 9h03













































N'importe quoi !
Petit tuyau gratis... Si vous avez des économies, achetez des £. Un jour ou l'autre, elle remontera très haut, trop haut. Ça sera le moment de les rechanger en €. Mieux que la bourse et pas d’impôts !
Le RU est une île anglo-saxonne, c'est dans son ADN d'être indépendant. Son rôle essentiel dans l'UE est d'être le trait d'union avec le monde anglo-saxon. Les rosbifs pensent l'économie différemment de nous, je ne suis pas inquiet pour eux, ils s'en sortiront bien avant nous. Dans quelques générations, si l'€ existe encore, ce que souhaite le plus ardemment au monde, peut être que ça aura du sens de rejoindre la zone euro.
Pour l'instant, une £ basse rend ses exportations et services plus abordables....
NS a su convaincre Angela Merkel : A partir de maintenant, on fait tout comme en Allemagne.
Vraiment trop fort !!!
Et si il y a un pays qui se la joue perso en Europe, ce n'est pas l'Allemagne, qui justement est un des partenaires commerciaux les plus actifs à l'intérieur de l'Europe... Ce serait plutôt la France qui veut toujours tirer la couverture à elle "On va avoir la présidence, on va faire tout ce qui nous arrange"... c'est ce qu'il y a sur les lèvres de tout le monde à chaque fois que c'est notre tour...
les méchants irlandais qui ne veulent pas relever leur taux d'imposition auront-ils d'autre choix que de dire merde à l'euro en absence de véritable solution à leur crise ?
Comme tous les médias français, vous sous-estimez totalement la détresse économique du pays. Taux de chômage de 14%, 100.000 émigrés depuis 2 ans ; un bankrun permanent depuis des mois ; l'intervention de la banque centrale *d'Irlande* pour éviter l'effondrement du secteur bancaire etc etc.
Une connaissance un peu approfondie de la situation aboutit à la seule conclusion que le pays ne peut vraiment pas se permettre de perdre ses multinationales. C'est injuste pour d'autres pays, mais c'est la réalité de la situation.
Le chantage de Sarko/Merkel ne marchera pas, le nouveau gouvernement irlandais se décrédibiliserait d'entrée de jeu s'il ne tenait pas les engagements pour lesquels il a été élu.
La stratégie de l'eurogroupe - en disqualifiant l'Irlande et les pays qui n'ont pas l'euro - est très dangereuse. Les irlandais, faute d'alternative, seront bientôt tentés de quitter l'euro et de dévaluer. Puis la Grèce, le Portugal, l'Espagne feront pareil.
Laisser tomber les irlandais, c'est laisser tomber l'euro.
Et on nous parle de l'«Europe solidaire» ... LOL
De plus vous oubliez que "le fonds de sauvetage décidé en mai (Fonds européen de stabilité financière) sera plus riche, assoupli et élargi."
A mon avis votre théorie sur la sortie de l'Euro de l'Irlande ne tient pas...à cause justement de l'"Europe solidaire"...LOL
Ce plan de sauvetage que vous vantez, c'est du pipeau. Il n'a servi qu'à éviter l'effondrement du système bancaire. Il ne s'agit en aucun cas d'un mécanisme de "solidarité".
Ce plan de sauvetage endette l'Irlande jusqu'en 2030 au moins. Et encore, il faudrait que la croissance reparte de manière soutenue. C'est loin d'être gagné !
Avec une renégociation du taux d'intérêt du plan de sauvetage, les irlandais gagneraient quelques centaines de millions d'euros/an. Une bagatelle par rapport au risque de perdre leur système fiscal...
Le but de ce plan de sauvetage, c'est juste d'éviter la faillite du système car les dirigeants de l'UE n'ont pas de roue de secours, ni l'imagination nécessaire pour aller vers autre chose.
On retarde la faillite de notre système monétaire. ni plus ni moins.
Qui peut croire que l'agriculture toxique et productiviste qui nous est imposée depuis des décennies, ou la politique de désindustrialisation qui remonte au plan "Charbon-Acier", correspondent bien à "La Volonté du Peuple"?
En résumé : après Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, à quand le tour de José Manuel Barroso ? Envoyez-moi un sms, j'arrive...