Gmail n'est plus en bêta!

Juliet Lapidos, mis à jour le 07.07.2009 à 17 h 43

Fin de la bêta pour Gmail, Google Aps, Google Calendar et Gtalk

Le blog officiel de Google a annoncé mardi 7 juillet la fin de la période bêta pour Gmail, Google Calendar, Google Docs et Google Talk. L'étiquette «bêta» va être retirée des logos de chacun de ces outils, avec la possibilité de la recoller sous le logo de Gmail si l'envie vous en prend!

Plus d'1,75 million d'entreprises utilisent les Google Apps, affirme Google, qui estime que le terme bêta - habituellement réservé aux prototypes de logiciel en phase de test - peut repousser certaines entreprises inquiètes.

A cette occasion, nous republions un article d'avril dernier qui expliquait pourquoi tant de produits Google étaient toujours en «bêta».

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Gmail a fêté ses cinq and mercredi 1er avril. Lancé en 2004 comme une boîte mail accessible uniquement sur invitation, ce produit Google compte aujourd'hui plus de 100 millions d'utilisateurs. Pourtant, il est toujours en «bêta», un terme habituellement réservé aux prototypes de logiciel en phase de test. Pourquoi ça?

C'est une histoire de sémantique. Normalement, les entreprises de high-tech gardent leur produits en bêta pour une courte période de temps, comme une phase de transition entre la version «alpha» (quand le logiciel est testé en interne ou par des utilisateurs), et la sortie officielle. Un logiciel sorti en bêta a également tendance à bugger d'avantage que la version finale.

Gmail ne remplit pas exactement ces deux critères (même s'il y a eu une panne mondiale du service en février); le mot «bêta» est juste un moyen pour Google de dire à ses utilisateurs que le service est encore en train d'être modifié et qu'on lui ajoute de nouvelles options. Les porte-parole de l'entreprise ne veulent pas dire quand Gmail ne sera plus en bêta, mais il semble que certaines cases cruciales de leur check-list interne n'aient pas encore été cochées.

Google a décidé de laisser son produit en bêta plutôt que de l'actualiser selon le système familier des versions numérotées — version 1.0, 2.0, etc. Ces différenciations ont d'avantage de sens dans le cas où les consommateurs achètent des logiciels sur CD-ROM ou les téléchargent sur leur disque dur. Pour Google, l'étiquette bêta permet de mieux transmettre le «peaufinage constant des options» que les consommateurs attendent d'une application web. Bien entendu, la fin de l'ère bêta de Gmail ne signifiera pas que ses caractéristiques ne seront plus actualisées, donc pour tous ceux qui ne travaillent pas dans l'équipe Gmail de Google, la distinction ne veut pas dire grand-chose.

En fait, ça pourrait être tout simplement une ruse marketing pour donner à Gmail un côté à la pointe. Même Larry Page, le co-fondateur de Google, a un jour admis qu'utiliser l'étiquette bêta pendant des années étaient «arbitraire» et a plus à voir avec «le message et la marque» qu'avec un reflet précis d'une étape technique de développement.

Gmail n'est pas le seul service à avoir une longue phase bêta. En septembre 2008, presque la moitié des produits Google étaient en bêta, y compris Google Docs et Google Finance. Google News est resté en bêta depuis son lancement en avril 2002 jusqu'à janvier 2006. (Quand le créateur de Google News, Krishna Bharat, a annoncé le changement, il a noté que son équipe avait réussi à faire un produit plus personnel avec des alertes email et une option pour se créer des pages personnalisées).

Google n'est pas non plus le seul à traîner la version bêta en longueur: Flickr s'est lancé en février 2004 et a gardé son étiquette bêta même après son rachat par Yahoo en 2005. Puis, en 2006, Flickr est passé de bêta à «gamma», une blague pour dire que le service change constamment.

Apple se sert de l'étiquette bêta d'une façon plus traditionnelle. En mars 2008 par exemple, la compagnie a rendu disponible pour certains développeurs web et clients une version bêta d'un logiciel 2.0 pour iPhone. En juillet, Apple a sorti officiellement le logiciel pour le reste du public.

Google ne laisse pas toujours ses produits s'attarder en bêta pendant des années. L'entreprise a abandonné l'étiquette bêta de son navigateur Chrome après seulement 14 semaines, et le moteur de recherche Google a passé moins de deux ans en bêta après sa sortie en 1997.

Les sorties en bêta prolongées divisent la communauté tech. Un article de ZDNet de 2005 dénonçait l'utilisation de l'étiquette bêta par Google et Flickr et notait que cette habitude brouillait les pistes entre le logiciel en rodage et le logiciel lancé officiellement. Tim O'Reilly, le champion de l'open-source, a utilisé le terme de «version bêta perpétuelle» de manière positive, comme une indication d'un processus de développement open-source où les utilisateurs sont «traités comme des co-développeurs».

L'explication remercie Jason Freidenfelds, chez Google.

Juliet Lapidos

Cet article, traduit par Cécile Dehesdin, a été publié sur Slate.com le 7 avril 2009.

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