Accident nucléaire: faut-il s'abriter ou se calfeutrer?
[L'EXPLICATION] Comment se protéger au mieux des radiations?
- Mesure de la radiation sur une potentielle victime contaminée, le 15 mars, à Hitachi. REUTERS/Asahi Shimbun -
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Alors que les taux de radioactivité autour de la centrale de Fukuchima-Daiichi atteignent des niveaux alarmants, le gouvernement japonais a demandé aux personnes vivant dans un rayon de 30km de celle-ci de rester calfeutrées chez elles. Une consigne similaire a été passée aux Français de Tokyo par l'ambassadeur Philippe Faure. Mais se calfeutrer, c'est quoi au juste?
Sur son site, l'Autorité de sûreté nucléaire différencie clairement cette pratique de la simple «mise à l'abri», qui consiste «à gagner au plus tôt un bâtiment en dur, fermer portes et fenêtres, interrompre les ventilations mécaniques sans toutefois obstruer les prises d'air correspondantes».
Le calfeutrement est identique... sauf qu'il implique, lui, de boucher le moindre interstice. L'objectif est de limiter au maximum les échanges d'air entre l'intérieur et l’extérieur. Faites alors le tour des portes d'entrée, des cadres de fenêtres et des bouches d'aération de votre domicile. Pour colmater les jours, utilisez des matériaux étanches: scotch, drap mouillé, mastic à prise rapide, planche ou film plastique. Enfin, coupez la ventilation et le chauffage, qui favorisent les mouvements d'airs. Dans les vieux bâtiments peuvent subsister des fuites indétectables ou inaccessibles. Si possible, abritez-vous alors en sous-sol.
De toute façon, explique l'ASN, le calfeutrage complet, «très contraignant, est aujourd'hui abandonné» en France. «Globalement, le gain par rapport à la simple mise à l'abri est extrêmement faible, explique Julien Collet, directeur de l'environnement et des situations d'urgence de l'ASN. Ça permet peut-être de rester un peu plus longtemps à l'intérieur du bâtiment, mais en général, le béton suffit à absorber l'essentiel des rayonnements.»
Inutile donc de vous ronger les sangs si vous ne mettez pas la main sur un rouleau de scotch. L'essentiel est d'avoir le plus possible de matière solide entre vous et le nuage radioactif. Si vous craignez d'avoir été exposé à des radiations avant d'entrer chez vous, débarrassez-vous de vos vêtements, douchez-vous et changez-vous. Gardez à proximité de la nourriture, de l'eau, une lampe électrique et une radio.
Quand s'abriter?
La mise à l'abri est la première des trois étapes de sécurité en cas
d'accident nucléaire. En France, elle est décrétée par les pouvoirs publics à
partir d'une radioactivité de 10 millisievert, et
annoncée par les sirènes installées à proximité de chaque site nucléaire. Vient
ensuite l'absorption de pastilles d'iode, à partir de 50 msv; puis
l'évacuation, à partir de 50 msv en général.
Reste le cas particulier des «intervenants». Pour ces techniciens exposés aux
radiations sur leur lieu de travail, la dose limite autorisée est de 20 msv/an —
contre 1msv/an pour le public. En cas d'urgence, ce seuil maximal d'exposition
passe à 100 msv sur la durée de la mission, 300 s'il s'agit de protéger des
personnes, voire plus de manière exceptionnelle si des vies humaines sont en
jeu.
Un équipement spécifique est nécessaire, tel que des combinaisons NRBC (pour «nucléaire, radiologique, bactériologique, chimique»), qui ne stoppent toutefois pas tous les rayonnements nucléaires. Le travailleur doit donc quitter la zone dès qu'il a atteint l'exposition maximale -ce qui peut être assez rapide en cas d'accident nucléaire grave.
«Au-delà d'une exposition de 1.000 msv, des conséquences immédiates sur le corps se font sentir», explique Julien Collet. A titre de comparaison, les ouvriers de Tchernobyl avaient reçu plus de 5.000 msv.
Dominique Albertini
Mis à jour le 16/03/2011 à 16h03















































Pour se protéger des rayonnements, il y a deux méthodes : - s’éloigner ; - mettre entre soi et la source de rayonnement un écran.
Le béton constitue un écran. Un combinaison adaptée aussi.
Se mettre à l’abri va donc, selon les qualités de l’abri et sa situation par rapport à la source, protéger efficacement contre les rayonnements.
Pour ce qui est des « particules radioactives » (au sens large : poussières, gaz), ce n’est pas aussi simple car l’écran ne suffit pas, il faut un dispositif qui retienne ces particules. Sinon, on peut les inhaler ou les ingérer.
Pour se protéger contre les particules, il faut des filtres ou... le calfeutrage dont on parlait qui isole de l’extérieur.
Les abris anti-atomiques sont d’abord des abris avec une résistance mécanique aux effets d’une bombe (inutile dans ce cas), une épaisseur considérable pour arrêter les rayonnements ou les réduire à un niveau acceptable et un système de renouvellement d’air avec des filtres permettant de retenir les particules.
Une fois à l’abri et, éventuellement calfeutré, il faudra penser à survivre. Se posera alors la question des vivres, de l’eau et les problèmes sanitaires.
On peut donc se mettre à l’abri et se calfeutrer mais pendant combien de temps ?