Rousseau et le débat sur le nucléaire
Les anti-nucléaires développent les mêmes arguments que le philosophe lors du séisme de Lisbonne.
- Jean-Jacques Rousseau méditant dans le parc à La Rochecordon, près de Lyon / Alexandre Hyacinthe Dunouy (1770) via Wikimedia Commons -
Le 1er novembre 1755, Lisbonne est détruite dans sa quasi-totalité par le tremblement de terre le plus violent jamais ressenti en Europe. Le séisme, suivi d’un tsunami, provoque la mort de 50.000 personnes et relance, ipso facto, la querelle de l’Optimisme –Voltaire s’indignant, comme on sait et avec le talent que l’on sait, de l’idée, défendue un peu plus tôt par Leibniz puis Wolff, que le monde dans lequel un tel phénomène s’était produit pût être considéré comme le meilleur possible. Devant l’ampleur et l’horreur de l’événement, toutes les théodicées apparaissaient alors tout à la fois dérisoires et indécentes.
Rousseau cependant, enclin comme à son habitude à disculper la nature pour mieux incriminer la société, estima que de tous les maux qui frappaient alors les Lisboètes, «il n’y en avait pas un seul dont la Providence ne fût disculpée, et qui n’eût sa source dans l’abus que l’homme a fait de ses facultés». Ce n’était pas la nature qui avait, rappelait-il, «rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages» et si, soulignait-il, «les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul. Tout eût fui au premier ébranlement et on les eût vus le lendemain à vingt lieues de là, tout aussi gais que s’il n’était rien arrivé».
La faute, donc, au développement de l’urbanisme, au progrès, à la sophistication des modes de vie. A l’homme, en un mot, plutôt qu’à la nature. Le message était donc –déjà– de renouer avec la frugalité, la simplicité et la proximité avec la nature. Peu surprenant, en fait, de la part de celui qu’on considère parfois comme l’un des pères de la pensée écologiste.
L'atome et les «apprentis sorciers»
Deux siècles et demi plus tard, alors que le Japon connaît l’un des plus violents séismes de son histoire, les tenants de ce courant de pensée ont à peine changé leur discours. Certes, ils n’incriminent plus directement la vie et la concentration urbaine. Et la question de la Providence n’est évidemment plus au cœur du débat.
Mais il s’agit bien, cette fois encore, de mettre en cause l’action humaine, son hybris, le progrès technique et les modes de vie contemporains et, ce faisant, d’occulter le fait que la nature est, pour l’heure et pour l’essentiel, la principale responsable de ce spectacle apocalyptique. Alors que le bilan du tremblement de terre pourrait dépasser les 10.000 morts, auxquels s’ajoutent naturellement des dégâts matériels d’une ampleur effarante, le discours écologiste, ou du moins anti-nucléaire, porte non sur l’immensité du désastre actuel, certain, mais sur l’éventualité d’un désastre futur, lié aux conséquences de l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima.
Il s’agit de vilipender l’atome et les «apprentis sorciers» qui prétendent l’utiliser comme source d’énergie, non de souligner que l’action humaine, grâce notamment aux normes antisismiques en vigueur au Japon, a permis de faire en sorte que le bilan ne soit pas encore plus lourd –que l’on songe, par exemple, au tremblement de terre qui a frappé la ville de Bam, en Iran, en décembre 2003, dont la magnitude n’était «que» de 6,5 sur l’échelle ouverte de Richter et qui a néanmoins détruit la quasi-totalité de la ville et provoqué la mort de 35.000 personnes.
Ils nous l’avaient bien dit, les écolos, qu’à force de jouer avec l’atome, on finirait par en payer les conséquences. Des décennies qu’ils tirent la sonnette d’alarme, qu’ils nous mettent en garde contre cette énergie satanique. Leurs prédictions se sont finalement révélées exactes, non? Puisqu’un événement a eu lieu, c’est qu’il bien devait se réaliser, c’est bien du moins qu’il était probable, non?
Ils nous auront prévenus
Le rôle de Cassandre des «anti-nucléaire» est confortable: si l’on assiste à une catastrophe nucléaire aux conséquences dramatiques, ils nous auront prévenus, nous ne les aurons pas écoutés et il s’agira à l’avenir de les prendre davantage au sérieux et de suivre leurs recommandations; si la catastrophe est évitée, gageons qu’ils diront, non que le nucléaire a fait l’éclatante démonstration de sa fiabilité, mais que c’était «moins une» et que la prochaine fois, nous risquons d’avoir moins de chance, et qu’il s’agit donc… de les prendre davantage au sérieux et de suivre leurs recommandations.
Peu importe si la catastrophe nucléaire n’a pas –du moins pas encore– eu lieu. Peu importe s’ils occultent la catastrophe actuelle du tremblement de terre, immense, tangible et qui résulte non de la technique mais de la nature –cette nature dont ils exaltent tantôt la toute-puissante face à la faiblesse et l’insignifiance de l’action humaine, tantôt l’immense fragilité face à une humanité prométhéenne et prédatrice, sûre d’elle-même et dominatrice.
Il s’agit d’organiser, dès que possible, un référendum et, sur le champ, un débat sur le nucléaire. Profiter dès maintenant, alors que tout le monde retient son souffle, des craintes suscitées par l’accident. Si celui-ci ne se transforme finalement pas en catastrophe, l’émotion ne risque-t-elle pas, en effet, de retomber rapidement? Il sera alors peut-être trop tard pour avancer ses pions…
Battre le fer tant qu’il est chaud, donc. Quitte à oublier ou laisser de côté, pour quelques jours ou quelques semaines, la question des émissions de CO2 –la perspective de la catastrophe climatique cédant provisoirement le pas à celle de la catastrophe nucléaire.
Et les émissions de CO2?
Quitte, donc, à occulter ainsi soigneusement le fait que la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l’abandon du nucléaire ne sont conciliables qu’au prix d’une révolution technologique ou d’une invraisemblable régression de nos conditions de vie.
Car renoncer au nucléaire –que la catastrophe ait finalement lieu ou non– aura un coût, en termes financiers bien sûr mais surtout en termes d’émissions de gaz à effet de serre et donc d’exposition au changement climatique. Faudra-t-il renoncer au nucléaire et augmenter brutalement nos émissions? Vivre avec le nucléaire et les risques qui y sont associés afin de conserver une source d’énergie non émettrice de CO2?
Ou renoncer aux deux, se contenter des énergies renouvelables, malgré leurs faibles performances, leur manque de maturité et leur coût faramineux et connaître ainsi les joies d’une vie plus proche de la nature, de cette terre que les écologistes aiment passionnément, même quand elle tremble? Ils ont raison. Ouvrons le débat.
Baptiste Marsollat
Mis à jour le 17/03/2011 à 9h16
















































Au-delà de ces trois solutions, que je trouve trop arrêtées, il y a des nuances, des possibilités faites de compromis, d'évolutions. Et limiter notamment une des solutions à "vivre avec le nucléaire", c'est dommage.
En effet, le débat sur le nucléaire est important, et il est en effet urgent. Entendons nous bien, il n'est pas suffisamment urgent pour ne pas pouvoir attendre la fin du plus gros de la crise que traverse le Japon, et nous devrions employer davantage notre énergie à fournir de l'aide concrète qu'à débattre pour le moment. Mais il est néanmoins urgent, ne serait-ce que parce que comme cela a été maintes fois souligné ces derniers jours, une catastrophe nucléaire n'a pas de frontières, et l'on ne peut laisser des décisions à l’échelle d’un état pouvoir affecter l’ensemble d’une région du globe. Il faut un organisme international reconnu comme habilité à « chaperonner » les sites nucléaires, à savoir les auditer, évaluer leur niveau d’obsolescence, le risque qu’ils représentent et éventuellement, au cas par cas, les fermer ou les faire rénover/mettre aux normes (qui auront au préalables été définies par cet organisme unique).
Fukushima est une alarme dont il faut tenir compte, et dont il faut (peut-être d’une manière un peu indécente) « profiter » pour effectivement initier un débat, ou du moins une réflexion aux impacts concrets sur la filière nucléaire.
Pour finir, des solutions intelligentes existent probablement aussi parmi les deux autres solutions que vous tournez en dérision. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que la situation actuelle ne permet pas, du jour au lendemain, de se passer du nucléaire (idem pour les sources d’énergie émettrices de CO²). Une rupture nette, overnight comme disent nos amis anglophones, est une lubie, d’un utopisme tellement aberrant qu’il aurait fait frémir Thomas More lui-même. Mais une évolution lente, sur plusieurs années (décennies serait probablement plus réaliste d’ailleurs), n’est pas une idée idiote, du moment que c’est accompagné d’une évolution des mentalités et des habitudes de consommation d’énergie au niveau mondial (là, on se rapproche de l’utopie, pour le coup, du moins tant que les pays occidentaux ne donnent pas l’exemple de manière évidente et simultanée).
Voilà, il aurait peut-être été intéressant, quoique moins polémique, je le concède, de nuancer un peu votre propos (a minima sur la conclusion). Je le redis pour conclure, j’ai tout de même beaucoup apprécié votre article, nonobstant la critique que j’en fais ci-dessus !
Pas mal la petite pique ironique.
J'ajouterais que l'"éventualité d'un désastre futur [lié à Fukushima]", c'est un peu limite comme expression. C'est déjà largement un désastre, au moins pour les 50 techniciens en pleine mission suicide.
Et puis, c'est quoi ces raisonnements binaires. Sans nucléaire, c'est : - soit le retour à la bougie, - soit une hausse des émissions de CO2.
Le nucléaire, c'est seulement 6% de la consommation énergétique mondiale annuelle : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressources_et_consommation_%C3%A9nerg%C3%A9tiques_mondiales#Production_annuelle_.C3.A9nerg.C3.A9tique_mondiale Ne peut-on pas économiser 6% de l'énergie consommée sans changer nos modes de vie dans nos pays industrialisés ultra gaspilleurs ?
Effectivement l'atome peut être un danger comme nous le constatons actuellement au Japon mais messieurs les anti-nucléaires qu'avez vous à nous offrir en face ? Parce que oui on vous entend beaucoup actuellement en version "on vous l'avait dit" mais tout le monde sait dire quel est le gagnant de la course quand elle est finie par contre là où nous aimerions vous entendre c'est sur les solutions concrètes au problème : - remplacer nos centrales par des éoliennes ? Expliquez aux gens qu'il faudrait en mettre une tous les 18 mètres sur les côtes allant du Nord de la France jusqu'au Pays-Basque... et encore faudrait-il que le vent souffle en permanence.
- mettre des cellules solaires ? Expliquez aux gens qu'il faudrait couvrir la moitié de la région PACA pour couvrir les besoins de notre pays... et encore faudrait-il que le soleil brille en permanence.
Tout cela pour quel résultat ? Un courant 2 fois plus cher en éolien et 5 fois en solaire...
Soyons réaliste : tout le monde veut se passer du nucléaire mais personne ne veut voir sa facture multipliée par 2 ou 5.
Pourquoi s'obstiner à investir dans l'énergie nucléaire à risque, qui coûte très cher en investissement et dont le coût de traitement, de stockage des déchets et de démantèlement des centrales n'est même pas pris en compte ? de plus l'uranium, c'est un minerai en stock et quand le stock sera épuisé il faudra bien se baser sur autre chose si cette belle planète n'a pas été souillée de toutes parts.
Et une dernière chose, pourquoi les anti-nucléaires s'expriment d'autant plus maintenant qu'en temps normal ? Tout simplement parce que d'habitude, surtout en France, le débat n'existe pas, c'est un sujet tabou ou circonscrit au cercle des pontes de l'élysée : et on appelle ça la démocratie ? C'est bien triste et bien dommage qu'il faille attendre la catastrophe pour parler du nucléaire. Cela reste valable pour tout autre sujet ou l'homme arrogant ne doute de rien.
Oui certes il existe certains naïfs en écologie, mais détrompez vous beaucoup de personnes sont très renseignées, mieux que vous d'ailleurs il me semble : ne serait-ce qu'en question de coût, les énergies renouvelables coûtent beaucoup moins cher lorsque l'on adopte une pratique décentralisée basée sur les collectivités locales et les communautés de commune. Par ailleurs, le fait que l'ensemble du parc nucléaire français doive être remplacé d'ici les 30 prochaines années représente une dépense colossale.
Encore une fois, en taux de carbone consommé pour la production en énergie, mais aussi pour l'importation du matériel nécessaire à la fission des réacteurs nucléaires, les énergies renouvelables coûtent bien moins cher... Votre révolution technologique des énergies renouvelables est une idée à vous? Les technologies existent déjà, la preuve en est que l'Union Européenne espère monter à 20% de part des énergies renouvelables dans la production électrique d'ici 2020. Mais pardon peut-être n'avez vous pas entendu parler du Paquet climat-énergie.
Lorsque l'on critique la main mise sur les craintes "immédiates" contre le nucléaire, permettez moi d'ajouter que les partisans de l'énergie nucléaire ont également récupéré la thématique en médiatisant à qui mieux mieux sur les mesures prises pour éviter ce type d'accident et à quel point l'énergie nucléaire est indispensable dans notre pays.
Finalement permettez moi de conclure en vous rappelant qu'écrire un article nécessite une bonne recherche d'information : l'Agence Internationale de l'Energie a publié un rapport il y a 3 ans montrant à quel point les installations japonaises pouvaient subir les aléas naturels et que les infrastructures nécessitaient d'être repensées. Je ne pense pas que les gens de l'AIE soient particulièrement tournés vers l'écologie, mais il semblerait qu'ils partageaient cet avis...
"Et les emissions de CO2?" ah oui, tres bonne question. Ne donner que le choix entre le nucléaire et les émissions de CO2, n'est ce pas une position un peu "confortable" aussi? Oui, il y a beaucoup de travail sur les énergies renouvelables pour qu'elles puissent assurer la majorité (totalité?) de nos besoins en énergie. Mais, pour autant que je sache, il n'est pas question de sortir totalement du nucléaire demain, ni même dans 10 ans. De plus, il y a des possibilités pour diminuer le gaspillage énergétique actuel. Mais oui, tout ca c'est beaucoup de travail (et d'argent). Je me permet d'ailleurs de vous faire remarquer que depuis longtemps les scientifique (et les "écolos") alertent sur les changements climatique et que le nucléaire n'est pas suffisant pour empêcher l'augmentation de l'effet de serre (si la France avec son énorme parc nucléaire avait des émissions de CO2 exemplaires au point que si tout le monde faisait comme nous il n'y aurait pas de problème, ca se saurait.) Opposer la lutte contre l'augmentation de l'effet de serre et celle contre le nucléaire n'est pas une position particulièrement productive, il serait sûrement plus efficace de trouver des solutions communes à ces deux problèmes énergétiques.
Et oui, la nature est en même temps fragile (fragilité des équilibres climatiques et écologiques) et "toute puissante" (effets des tremblements de terre, tsunami et autres cyclones) face aux activités humaine.
Autre chose que l'on peut lire un peu partout (notamment dans les commentaires de cet article), c'est "l'instabilité" de l'offre générée par le renouvelable, et donc la nécessité d'avoir des "batteries". Si cette affirmation est partiellement vraie (le foisonnement, c'est à dire la constitution d'un réseau maillé - à l'échelle européenne par exemple - devrait limiter ces variations, puisqu'il y a, en principe, toujours du vent quelque part), il faut savoir qu'elle l'est aussi pour le nucléaire ! En effet, si une centrale produit effectivement de l'énergie de manière très stable, elle ne peut être stoppée ou relancée à la demande, or notre demande, elle, fluctue beaucoup au cours d'une journée. C'est à ça que les centrales de pompage-turbinage, comme celle de Coo (http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_de_Coo-Trois-Ponts) servent : stocker l'énergie au moment des surproductions, et la relâcher au moment des fortes demandes. Ce procédé est tout à fait valable pour l'éolien.
Enfin, quand je lis : "se contenter des énergies renouvelables, malgré leurs faibles performances, leur manque de maturité et leur coût faramineux et connaître ainsi les joies d’une vie plus proche de la nature (...)", ou le fait que c'est un condensé de préjugés ridicules, j'ai envie de dire, "mais mon pauvre ami, si l'on ne s'y prépare pas maintenant, sereinement, et en douceur, ça nous arrivera en pleine tronche quand l'uranium, le gaz naturel et le pétrole auront tous été consommés !". Restera le charbon... ou le renouvelable.
Remplacer le nucléaire par du renouvelable en sources mixtes (solaire thermique, éolien, hydrolien, ...) est tout à fait faisable. Mais cela passe par deux choses : cessez de gaspiller l'énergie à tout va (je ne parle donc pas de confort) et avoir une véritable volonté politique pour y arriver.
Vous écrivez "La faute, donc, au développement de l’urbanisme, au progrès, à la sophistication des modes de vie. A l’homme, en un mot, plutôt qu’à la nature." La nature n'a pas de code moral. Elle ne fait rien de mal et rien de bien. Seul les humains (à notre connaissance en tout cas) font des choix moraux (càd dont ils pensent les conséquences). S'entasser à des dizaines de milliers par km² (comme ne pas le faire) a des conséquences, ce ne sont pas les mêmes... Quel est le meilleur choix? Le risque (!) à prendre?...
"Deux siècles et demi plus tard [...]les tenants de ce courant de pensée ont à peine changé leur discours." Pensée les rapports des humains avec leur milieu n'a pas d'âge? Surtout quand on a considéré que l'Homme ne doit surtout pas se prendre pour un Dieu: le niveau de "développement" technologique n'y change rien. Enfin, j'espère que vous ne pensez pas que le courant libéral de l'écologie (Europe Ecologie-Les Verts) sont les "tenants" de ce courant parce que sinon que dire des partisan-e-s de l'écologie antilibérale?...
"ils n’incriminent plus directement la vie et la concentration urbaine." La vie ou l'Homme il faudrait savoir? Et pourtant, si la population n'était pas concentrée en des lieux où des catastrophes naturelles sont fréquentes(et les côtes japonaises tout particulièrement), le bilan en pertes humaines aurait était moindre... non?
"Mais il s’agit [...] de mettre en cause [SACRILEGE] l’action humaine [BIS], son hybris [TER], le progrès technique [QUATER] et les modes de vie contemporains [QUINQUIES]" On n'a pas idée!...
"et, ce faisant, [alors ça il faut oser: énoncer une chose serait en masqué une autre... décevant] d’occulter le fait que la nature est, pour l’heure et pour l’essentiel, la principale responsable de ce spectacle apocalyptique.[mais qui le nie? QUI?]"
"l’action humaine, grâce notamment aux normes antisismiques en vigueur au Japon, a permis de faire en sorte que le bilan ne soit pas encore plus lourd" Tout est dans le "ENCORE", l'humain (pardon l'Hômme, c'est ça?) crée par, la densité de population, les possibilités d'une hécatombe, il tente de pallier (croyant en sa toute puissance) à cela par la Science (notez la majuscule), et quand le drame se produit il est fier d'avoir réduit le nombre de mort plutôt que de remettre en cause ce qui l'a permis... A Bam, comme au Japon, la dédensification (bref, la prise en compte de la nature et de ses caprices) aurait éviter l'ampleur de ces drames! Vive l'Hômme tout puissant! Amen.
"Puisqu’un événement a eu lieu, c’est qu’il bien devait se réaliser, c’est bien du moins qu’il était probable, non?" C'est le principe même des probabilités: La roulette russe (même avec un barillet avec des milliards d'emplacements et une seule balle) c'est le risque de se donner la mort. N'est-ce pas que ce jeu est stupide, non? Vous me direz que le vrai jeu de la roulette russe a cet avantage de ne faire pour victime(s) que le(s) joueur(s), pas le voisin...
Pour le débat ou le référendum, je vous rejoins sur le fait qu'il serait néfaste que les écologistes en viennent à utiliser les méthodes sarkoziennes (jouer sur l'affect), donc pas de référendum avant les présidentielles, d'accord pourquoi pas. Mais un débat, peut se commencer à chaud, et un moratoire n'engage à rien sur le long terme. Et si le réchauffement climatique nous importe tant, nous pouvons réduire nos consommations, nos achats (nous les riches bien sûr par les pauvres - tiens d'ailleurs on pourrait leur filer de la thune qu'on ne dépenserait pas et on appellerait ça l'impôt redistributif) nos activités polluantes (individuellement, collectivement et nationalement, non?
A mais non, parce que pour vous moins ça n'est pas mieux. "régression de nos conditions de vie", polluer est un progrès etvous ne voulez surtout pas revenir dessus... Dilemme: le beurre et l'argent du beurre? Pour l'instant vous avez le beurre, et la vache qui se retourne pour vous encorner. Alors, un tour de magie? Une prière à la Sainte Science et à l'Hômme tout puissant pour les siècles des siècles)? Croire plutôt que faire avec le réel... Qui n'est pas réaliste, rappelez-moi?...
"Ou renoncer aux deux, se contenter des énergies renouvelables, malgré leurs faibles performances, leur manque de maturité et leur coût faramineux et connaître ainsi les joies d’une vie plus proche de la nature, de cette terre que les écologistes aiment passionnément" Même si vous confondez aimer et respecter (dans son être et non dans ce que l'on voudrait qu'elle soit), c'est ça.
Le productivisme et le scientisme ont du plutonium dans l'aile... le plus con c'est qu'on aurait pu faire le changement encore plus en douceur (comprendre avec une période de sevrage plus longue, mais le drogué à cela de particulier qu'il a tendance à ne pas vouloir se sevrer...)
Bonne décroissance à tout-te-s!
http://www.eco2initiative.com/
- la nature n'est pas "responsable", elle n'est pas une personne, il n'y a pas de "Gaia". - les gens n'ont pas à être coupable de vivre du mieux qu'ils peuvent dans leurs propres contradictions. Le malheur n'a pas besoin d'un coupable
- vous ne pouvez pas manipuler les gens :
Ceci est important. Comprenez bien. Votre propos "magique" est souvent celui ci :
"on va faire de l'Education MAgique avec des Chansons et des Cours Magiques et changer les Mentalités grâce à la Magie et les gens vont Magiquement se comporter comme cela m'Arrangerait, mais moi hein je suis pas un manipulable, j'ai le libre arbitre MOI !"
Non vous ne savez pas où vous pouvez mener vos voisins, votre famille et vous même et les enfants à se comporter dans l'avenir. Vous pouvez communiquer un message, éduquer ou faire comprendre des choses, mais les gens agiront selon leur rationalité et intérêt propre. Ils peuvent avoir l'intérêt de tous à coeur, mais ils ne sont pas des robots.
Religion, Idéologie, Philosophie, tout a été prétexte à dire "on va changer les mentalités".
Ce qui change le comportement humain est la technologie et la connaissance qui le arme et lui permet d'être plus humain qu'il n'était avant (cela le "libère" dans son potentiel, potentiel qui n'est pas ce que votre fantasme imagine forcément).
Sérieusement : interrogez vous sur vous même.
- Nous ferons au mieux.
bravo Baptiste !