Comment réagir à une agression?

Grégoire Fleurot, mis à jour le 09.04.2009 à 17 h 06

Quelques conseils pour prévenir les situations délicates.

Orange Mécanique

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La vidéo fait fureur sur internet : un jeune homme se fait agresser pendant de longues minutes par plusieurs individus dans un bus parisien. En regardant ces images, difficile de ne pas se mettre à la place de la victime, «Qu'aurais-je fait à sa place ?» Comment aurait-elle pu éviter de se faire passer à tabac de la sorte? Quels sont les gestes qui sauvent quand on est victime d'une agression?

La prévention

«Il y a des attitudes simples qui permettent d'éviter certaines confrontations directes» explique Guy Mennereau, directeur technique de l'Association nationale de self défense (ANSD). Premier conseil de bon sens, ne pas répondre aux agressions verbales et aux provocations. De même, ne pas sortir son téléphone portable dans une situation menaçante. Essayer de mettre de la distance entre l'agresseur potentiel et soi-même. Mais ces méthodes ne permettent pas toujours d'éviter l'agression.

Tenter le dialogue

La confrontation se rapproche et semble inéluctable. Le prochain recours est de tenter la négociation, le dialogue, en n'oubliant pas de rester courtois, «Qu'est-ce que vous voulez ?» Si cela ne marche toujours pas, M. Mennereau conseille de s'en remettre à «l'astuce et le mensonge pour apitoyer l'agresseur». «Je vous en supplie, rendez-moi mon téléphone, ma mère a un cancer et c'est mon seul moyen de l'appeler». Là encore, les résultats ne sont pas garantis. En cas de nouvel échec, la fuite est le dernier recours, et sans doute le plus efficace. Prendre ses jambes à son cou découragera bon nombre d'agresseurs.

La scène se passe dans un bus, vous avez tout tenté, impossible de fuir, l'agresseur passe à l'acte, que faire ? Faites du bruit. «Les agresseurs ont horreur du bruit» confirme M. Mennereau. Si la montée d'adrénaline peut faire trembler les jambes et empêcher de penser clairement, crier au secours est un réflexe assez naturel. Lors d'un vol avec violence, un autre réflexe est de résister, de s'accrocher à ses possession. «Mais c'est exactement le contraire qu'il faut faire.»

Dans le cas de l'agression du bus de la RATP, «la grosse erreur de la victime a été d'aller au contact de son agresseur pour récupérer sont téléphone» continue l'expert en self défense. Cela a suffit à déclencher la colère de ses assaillants, qui n'avaient jusque là pas porté de coups. La meilleure chose à faire est de ne rien faire, à part bien regarder ses agresseurs pour la déposition de plainte. «Toujours se demander si un téléphone ou une carte bleue vaut trois semaines à l'hôpital.»

Envisager une riposte

Si la victime se sent capable de se défendre, doit-elle le faire? Il faut garder à l'esprit que les agresseurs ne s'attaquent pas à n'importe qui. «C'est comme dans la jungle, les prédateurs s'attaquent aux plus vulnérables, aux animaux malades du troupeau ou aux plus jeunes» explique l'expert en self défense.

Si un voleur décide de piquer son téléphone à une «baraque» de deux mètres, il le fera en douceur et filera en vitesse. S'il décide de se confronter à sa victime, c'est qu'il se sent plus fort qu'elle (il a un couteau, des amis à proximité...) «Il ne faut pas réagir de la même manière qu'on soit agressé par un automobiliste énervé ou par un marginal en manque de drogue» rajoute M. Mennereau.

Œil pour œil, dent pour dent

Après avoir suivi tous ces conseils et bien analysé la situation, la victime décide de se défendre. Attention à ne pas être trop généreux dans la riposte. On rentre ici dans le domaine assez flou de la légitime défense. En droit pénal, la règle d'or est la proportionnalité de la réponse. Répondre à une claque par un acharnement de coups mènera sans doute à quelques soucis judiciaires.

Effectuer une prise de judo pour mettre son assaillant à terre et enchaîner sur une clef de bras devrait calmer les ardeurs de l'agresseur. Mais ici encore, nul n'est à l'abri de l'accident: il suffit que l'agresseur se fracture le crâne en tombant et c'est le début des ennuis pour la victime.

Grégoire Fleurot

A lire, l'analyse de la polémique autour de la diffusion de la vidéo de l'agression sur Internet.

(Photo: Scène du film Orange Mécanique, Allocine)

Grégoire Fleurot
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