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La guerre de l'eau n'aura pas lieu

L'escalade de la violence pour le contrôle des ressources n'est pas inéluctable.

Jeudi 9 Avril 2009
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À l'attention des rédacteurs en chef des services internationaux et environnement : avant de vous lancer dans des papiers annonçant des guerres imminentes pour cette ressource aussi rare qu'indispensable, lisez l'article (payant) de Wendy Barnaby paru dans la revue scientifique Nature : «Do Nations Go to War Over Water?» [« Les nations entrent-elles en guerre pour l'eau?»]. On y lit notamment : «Les pays ne partent pas en guerre pour l'eau, ils remédient à leur pénurie au moyen d'échanges commerciaux et d'accords internationaux.»

Barnaby a mis au jour cette vérité intangible alors qu'elle se documentait pour écrire, à la demande d'un éditeur, un livre consacré aux guerres de l'eau. La thèse semble naturelle : si les pays sont prêts à se battre pour le pétrole, qui rend possible la vie moderne, pourquoi pas pour l'eau, sans laquelle la vie n'est pas possible ? Et elle est loin d'être marginale : dirigeants d'ONG (Organisations non gouvernementales), chercheurs et journalistes s'accordent à prédire que la lutte pour l'eau se muera inévitablement en conflits armés quand les ressources hydriques de certains pays ne pourront plus répondre aux besoins de l'agriculture, de l'industrie et de la population.

Vu sous cet angle, le Canada est l'empire de l'or bleu, en même temps éminemment puissant grâce à ses immenses ressources, et éminemment menacé par la soif des pays moins bien lotis.
Rédactrice en chef de la revue People & Science, éditée par la British Science Association, Barnaby a commencé à douter en étudiant la notion d'eau «virtuelle» [la quantité d'eau nécessaire à la production d'un bien].

En moyenne, 1 000 mètres cubes d'eau sont nécessaires pour nourrir une personne pendant un an. Les pays arides, qui ne détiennent pas de telles ressources, contournent leur déficit en important des biens alimentaires qui renferment l'eau « virtuelle » de la terre où ils ont été produits. Barnaby note ainsi : Dix millions de personnes vivent entre le Jourdain et la Méditerranée. Pour atteindre l'autosuffisance hydrique, il leur faudrait 10 milliards de mètres cubes d'eau par an. Or, la région n'en possède qu'un tiers, ce qui ne suffit à produire que de 15% à  20% des besoins. Le reste est importé sous forme de biens alimentaires.

Ce manque d'eau est source «de conflits et de tensions», concède Barnaby, mais les dirigeants israéliens et palestiniens ont réussi à créer un conseil (contrôlé par les Israéliens) qui règle les problèmes pacifiquement. Dans d'autres endroits du monde où la lutte pour l'eau devrait, en théorie, devenir de plus en plus violente, la journaliste observe le même type de solution à l'amiable. Il en va ainsi de l'Égypte, qui a apaisé ses relations avec ses voisins afin de fluidifier les échanges commerciaux. De même, les éternels ennemis que sont l'Inde et le Pakistan s'en sont, jusqu'ici, toujours remis au «traité de l'eau» signé sous l'égide de la Banque mondiale pour résoudre leurs différends en la matière.

À la lumière de ces éléments, Barnaby a envisagé de revoir sa thèse pour son ouvrage. Mais, son éditeur ayant fait valoir que «pronostiquer une non-guerre de l'eau ne serait pas très vendeur», elle a tout simplement abandonné le projet.

D'aucuns estiment que cette guerre aura pourtant lieu. Dans son édition du 31 mars dernier, The Nation titrait «Blue Gold: Have the Next Resource Wars Begun? » [«Or bleu : les guerres de demain ont-elles commencé ?»]. S'appuyant sur un rapport de l'ONG britannique International Alert qui dresse la liste de 46 pays «où le stress climatique et hydrique pourrait générer de violents conflits d'ici à 2025», l'article cite également le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon : «Les conséquences pour l'humanité sont graves. Le déficit en eau menace le développement économique et social, c'est une source préoccupante de guerres et de conflits.»

Le mois dernier, le troisième rapport mondial des Nations unies sur les ressources en eau, qui voit poindre «une crise mondiale de l'eau (...) pouvant menacer la sécurité des hommes à différents niveaux», a été très largement repris par les médias du monde entier.

Mon scepticisme ne veut surtout pas dire que je considère que toute la planète a accès à une eau potable et bon marché. Comme toutes les ressources, l'eau est insuffisante, et je ne nie pas que cette insuffisance puisse engendrer des conflits. Mais avant de s'affoler sur la possible imminence des guerres de l'eau, relevons l'observation de Barnaby selon laquelle au cours du demi-siècle dernier, nous n'avons eu à déplorer aucune «déclaration de guerre formelle portant sur l'eau».

Bien qu'Israël se soit battu contre l'Égypte et la Jordanie, remarque enfin la journaliste, cela n'a jamais été à cause de l'eau, ajoutant que «chaque année, de plus en plus d'eau «virtuelle» abreuve le Moyen-Orient, enclose dans les graines qui parcourent le Nil pour parvenir jusqu'aux fermiers égyptiens.»

Jack Shafer
Traduit par Chloé Leleu

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Comments

la manipulation des esprits

Il faut comprendre que l'enjeu c'est la prise de pouvoir totalitaire de ceux qui haïssent l'humanité. Des organisations internationales puissantes dont toute la seule compétence est la manipulation des médias et de l'opinion publique auxquels se joignent ensuite les politiques et les marchands (la pub d'abord, les marchés ensuite). Le scénario est toujours le même : un grave danger nous menace et ce danger nous en sommes la cause dès la naissance, c'est nous (voir la position d'yves Cochet que j'ai déjà entendue, tout nouveau né est un pollueur en puissance).

Les procédés sont les mêmes inquiéter, raconter des histoires catastrophiques en prenant pour appui des faits, catastrophes naturelles, accidents, événements climatiques et en généralisant. Une puissante action envers les enfants dont le conditionnement scolaire est terrible parce que la logique, le Sens de tout cela convient à différentes catégories dont cela satisfait les tendances régressives naturelles. (Les enfants ont en général envie de grandir mais sont tiraillés dans le Sens inverse. Les figures du grandir sont dénoncées, voyez les pub et les états régressifs valorisés.)

Justement c'est le progrès de l'humanité qui est visé autant dans sa dimension personnelle (ne pas grandir et condamner ce qui pousse à grandir notamment l'autorité et ses équivalents symboliques (ah! la révolution) que dans sa dimension mondiale où ce sont justement tous les emblèmes de civilisation qui sont attaqués un par un. Aménagement des territoires, maîtrise de l'énergie, activités productrices : agriculture animale et végétale, industrie et aussi activités urbaines, sociales avec le thème des déchets, de la pollution, de l'épuisement des ressources.

L'eau a un caractère symbolique. En effet, comme le présente l'article, la gestion des eaux est à la base de l'entente entre les hommes, la base du politique (voir racine reg). Toucher à l'eau c'est toucher aux fantasmes les plus archaïques et aux fondements de la civilisation et c'est bien à ce niveau que l'attaque est portée. Depuis plusieurs années le thème est soulevé (je le connais depuis des décennies) et développé contre toute vérité, contre toute rationalité, contre toute vraisemblance. Ne manquons pas le premier incident qui sera porté par une campagne de désinformation (ou surinformation c'est pareil) mondiale.

Le rapport à la science est particulièrement intéressant : rejeter les résultats scientifiques qui ne conviennent pas pour les remplacer par les dire d'une "communauté scientifique" qui a perdu toute exigence et se planque derrière les journalistes quand ses excès sont trop voyants. Elle se porte très bien merci.

Le principe de précaution est à cet égard la plus grand escroquerie intellectuelle de tous les temps faisant appel aux sentiments de mesure et de prudence communs pour faire passer une démesure sans limites. La clé d'un pouvoir totalitaire sur les esprits.

Alors l'effet de serre, le réchauffement climatique, la biodiversité, l'empreinte écologique, le pétrole, le nucléaire, les naissances autant de thèmes qui sont enjeux de civilisation c'est à dire de recherche de maîtrise des problèmes, de nouvelles possibilités, de respect des autres, de progrès de l'humanité. Tout cela est détourné de son Sens pour être embarqué dans celui des sectataires irresponsables qui déploient leur religion de la nature avec ses dogmes indiscutables, ses culpabilisations permanentes, ses dénonciations de l'homme et sa bonne conscience la moins chère du monde. "L'accusation de l'homme" cela devrait dire quelque chose à certains qui feraient bien d'y prendre garde.

Rappelez-vous Greenpeace dénonce le G20 pour ne pas avoir mis le réchauffement climatique en priorité et finalité. WWF contrôle de plus en plus tous les projets d'aménagement et de développement dans le monde sanctuarisant de plus en plus de territoires avec exclusion des populations indigènes de leur habitat naturel au nom de la biodiversité comme les pygmées par exemple. Au nom de qui parlent-ils, de quel mandat, de quelle autorité (a)morale?

Lire "A qui profite le développement durable" Par Sylvie Brunel Larousse à dire vrai 2008

Roger Nifle Humanisme Méthodologique et Prospective humaine
http://journal.coherences.com

Dichotomies : Réchauffement

Dichotomies :
Réchauffement climatique accéléré ou délires écologiques et médiatiques qui n'ont rien à voir avec l'activité humaine....
Augmentation exponentielle de l'humanité et pénuries sur Terre ou Terre qui peut nourrir 20 Milliards d'habitants et transition démographique...
Bientôt plus du tout de pétrole, ou ressources gigantesques en Arctique et autre qui éloigneraient la terrible pénurie ..
Et encore :
Dissuassion nucléaire efficace ou présence d'armes nucléaires en elle même une menace ?
Sommes nous empoisonnés par les polluants de l'air, les pesticides et autre aberrations chimiques ou est ce une menace considérablement exagérée ?
Que de dichotomies. Et l'on voit que les deux termes de chaque proposition sont exagérés sauf pour les sectaires de tout bord..
Il est facile de villipender l'écologie. Il est facile de se moquer de M. C. Allegre.
La vérité est toujours quelque part entre les deux termes de l'opposition. Les délires scientistes, les incantations autour de la sainte croissance et du libre echange triomphants de tous les maux ont vécus. La crise met à bas toutes ces croyances.
L'éducation qui doit mettre en perspective les théories et leur relativité est un des aspects majeurs des solutions à venir.
Les maniplulateurs d'esprit sont les sectaires des deux camps.
On ne peut réduire le fantastique et courageux travail de beaucoup d'ONG au fanatisme de certains écologistes
Leur fanatisme est malheureusement à la hauteur du bourrage de crâne consumériste et libéral de nos sociétés occidentales !

flyv

Bravo !

Bravo pour ce papier qui apporte un peu de hauteur et de relativisme. Je trouve notamment important que vous souligniez la position de cet éditeur qui ne s’intéresse qu’aux enjeux catastrophiques.

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