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Peut-on surfer une vague de tsunami?

Slate.com, mis à jour le 14.03.2011 à 16 h 31

Le séisme a provoqué de fortes vagues non loin de célèbres spots, à Hawaï et en Californie.

Devant le port d'Oarai, le 11 mars. KYODO/REUTERS

Devant le port d'Oarai, le 11 mars. KYODO/REUTERS

Alors que le Japon n'est pas encore remis du séisme et du tsunami dévastateurs de vendredi, d'autres zones côtières du Pacifique – y compris Hawaï et des États continentaux américains – étaient touchées par d'importantes vagues. Ce qui nous fait nous demander: est-ce que des têtes brûlées pourraient surfer sur ces énormes vagues?

La réponse, du moins à proximité du tremblement de terre, est non. En théorie, vous pouvez survivre à la vague inattendue d'un tsunami si vous avez beaucoup, beaucoup de chance. Des surfeurs expérimentés, cependant, déconseillent fortement d'en attendre une. D'une part, les vagues d'un tsunami, surtout les premières (elles arrivent groupées), sont bien plus violentes et dangereuses que d'autres grosses vagues, comme celles, par exemple, qui sont causées par une tempête.

Pour qu'une vague puisse être surfée, elle doit avoir une «face» (une surface plane sur laquelle la planche peut s'«accrocher») qui, au final, se termine en rouleau et se casse sur la plage. Une vague de tsunami, quant à elle, n'a pas de face. C'est en général un mur d'eau déchaînée qui ne se casse jamais. De plus, les vagues de tsunami avancent beaucoup plus vite que les autres (à plus de 150 km/heure en arrivant près des côtes, jusqu'à 800 km/h près de l'épicentre) et charrient des tonnes de débris provenant du cœur de l'océan, ce qui fera ressembler votre session de surf à une partie mortelle de Frogger.

En s'éloignant de l'épicentre, les conditions de surf peuvent aussi être modifiées – et pas forcément pour le mieux. L'ancien surfeur Jim Evans, qui habite à Malibu en Californie, dit que les rares Californiens qui sont sortis vendredi ont été déçus. Si certaines personnes pensaient qu'un lointain tsunami créerait de bonnes conditions pour surfer, selon l'expérience d'Evans, cela provoque en réalité une eau plus «tourbillonnante» et des vagues imprévisibles qui se cassent trop près les unes des autres. De plus, selon lui, les tsunamis ont tendance à provoquer de forts courants d'arrachement associant des faibles niveaux d'eau et des courants dangereux – pas l'idéal pour les surfeurs.

Si un tsunami les force à sortir de l'eau, les surfeurs peuvent toujours mettre à profit leurs talents spécifiques pour participer aux opérations de secours. Les surfeurs font en réalité de parfaits secouristes dans ces circonstances, du fait de leurs expériences et de leurs connaissances considérables sur la géographie des littoraux du monde entier. Après le tsunami de 2010 en Indonésie, par exemple, les compagnies de surf charters et les groupes de surfeurs furent parmi les premiers sur place, à aider les populations locales et à donner des conseils aux organisations de secours plus traditionnelles.

Bryan Lowder

Traduit par Peggy Sastre


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