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L'iPad 2 est presque identique à l’ancien… mais ce n’est pas un problème

Farhad Manjoo, mis à jour le 07.03.2011 à 16 h 05

A la rencontre de la nouvelle version de la tablette d'Apple.

L'iPad 2, présenté à San Francisco le 2 mars. REUTERS/Beck Diefenbach

L'iPad 2, présenté à San Francisco le 2 mars. REUTERS/Beck Diefenbach

Steve Jobs a dévoilé mercredi 2 mars à San Francisco la seconde édition de la tablette d’Apple (deux caméras, un design plus fin et plus léger, deux couleurs — noir et blanc —, un processeur plus rapide, un prix inchangé) qui sera disponible le 11 mars aux Etats-Unis, et le 25 en France.

Je n’ai pas compté, mais Jobs et ses amis ont dû employer l’expression «post-PC» une bonne douzaine de fois pendant la conférence de lancement de l’iPad 2 mercredi. Le terme donne toute la mesure de leur ambition. Pour Apple, l’iPad est plus qu’un nouveau centre de profit (même si c’est, de fait, ce qu’il est). A leurs yeux, l’iPad incarne les débuts de l’informatique de demain. Comme je l’écrivais il y a quelques semaines, cela ne veut pas dire que le monde entier va adopter la tablette, ou que les PC et les ordinateurs portables vont disparaître.

Avec le temps, en revanche, les tablettes vont représenter une part de plus en plus large du marché de l’ordinateur et – plus important – nos PC et nos ordinateurs portables se rapprocheront de plus en plus de l’iPad. Ils seront plus simples d’utilisation et d’entretien; nous les achèterons en plus grand nombre, et ils feront encore plus partie de notre quotidien. 

Pour Apple, l’iPad 2 est l’occasion de faire de cette vision une réalité – de prouver que les quinze millions d’appareils vendus en un an n’étaient que le début d’un projet encore plus ambitieux. J’ai pu essayer le nouvel iPad pendant une vingtaine de minute ce matin, et après ce bref essai, je dois dire qu’Apple me semble capable de tenir cette promesse. J’ai écrit qu’Apple n’avait pas besoin d’apporter de grands changements à l’iPad pour rester en tête du marché des tablettes. Steve Jobs a visiblement été du même avis. Le nouvel iPad ressemble beaucoup à l’ancien; ses améliorations sont subtiles, mais importantes à plus d’un titre.

Jobs a déclaré que le design du nouvel iPad serait «radicalement différent», mais cette différence ne saute pas aux yeux. De face, il ressemble à un grand écran tactile, tout comme l’ancien; mais une fois en main, l’iPad 2 se démarque véritablement. L’appareil est plus fin de 33% (8,8 millimètres d’épaisseurs contre 13,4) et il pèse environ 80 grammes de moins. Cet écart de poids n’a rien d’impressionnant sur le papier, mais elle fait vraiment la différence; si l’ancienne machine était un peu trop lourde, celle-ci pèse juste ce qu’il faut.

L’innovation la plus impressionnante n’est pas l’iPad en lui-même, mais la «Smart Cover» qui l’accompagne. La Cover est une feuille pliable (il faudra débourser 69 dollars pour le modèle en cuir; 39 pour celui en polyuréthane) qui vient se fixer sur l’iPad à l’aide de petits aimants intégrés. Pliée en triangle, elle peut servir de support à l’iPad pour un meilleur confort de frappe, ou le surélever pour faciliter le visionnage des films et les conversations vidéo. La Cover est une solution pour le moins élégante à l’un des problèmes les plus agaçants du premier iPad (le caler ou le faire tenir debout relevait en effet du défi logistique). Elle ne sera malheureusement pas compatible avec l’ancien modèle.

Ceci dit, si vous possédez déjà un iPad, ce nouveau modèle n’est sans doute pas assez innovant pour justifier un nouvel achat. En plus d’être plus fin et plus léger, l’iPad 2 est plus rapide que son prédécesseur – Apple affirme que le nouveau processeur est deux fois plus rapide que celui de l’ancien appareil. Pendant mon bref essai, cependant, je n’ai pas remarqué de différence notable; le premier iPad était vif comme l’éclair, le second l’est aussi.

Apple a comblé l’une des principales lacunes de son appareil en l’équipant d’une seconde caméra; un accessoire déjà offert par plusieurs tablettes concurrentes. La première caméra (à basse résolution) est intégrée sur le devant de l’appareil; elle permet de se filmer soi-même lors des conversations vidéo. La seconde est à l’arrière, et permet de filmer le monde extérieur en haute résolution. J’ai essayé la caméra arrière dans la salle de démonstration, et j’ai trouvé que l’image était fluide et nette. Seul problème: l’appareil est trop encombrant pour être manié comme une vraie caméra; à choisir, mieux vaut filmer avec son téléphone.

Il est en revanche extrêmement simple d’éditer ses vidéos sur l’iPad. Apple a mis au point une version spéciale d’iMovie pour la tablette, et le logiciel s’avère amusant et simple d’utilisation. Et ce parce que l’essentiel du montage vidéo se fait sans le clavier… Ce qui n’est pas le cas du traitement de texte. L’iPad n’a jamais été un bon outil de création artistique (et demeure, à l’inverse, un excellent outil de consommation médiatique); ceci dit, n’étant pas vidéographe, l’interface tactile me semble plus naturelle qu’un clavier et une souris pour couper et coller des extraits vidéo. Apple a également présenté une version spéciale de GarageBand, son logiciel de création musicale; je l’ai trouvée assez divertissante.

Là encore, le programme a été pensé pour un large public, pas pour des professionnels de la musique. GarageBand nous propose une série d’«instruments intelligents»; il suffit de «gratter» ou de tapoter l’écran pour créer une jolie mélodie. Ca n’a pas l’air, comme ça, mais l’expérience est pour le moins impressionnante: sur l’iPad, pas besoin de savoir son solfège pour jouer un beau morceau. Une expérience grisante, dès les premières notes.

Certains d’entre vous se fichent peut-être du montage vidéo ou de la création musicale. C’est parfaitement compréhensible. Mais ces nouvelles applications prouvent qu’Apple se préoccupe autant de l’aspect logiciel que de l’aspect matériel – une qualité qui fait défaut aux autres créateurs de tablettes. Steve Jobs a fait remarquer qu’il existait 65.000 applications spécialement conçues pour l’iPad sur l’App Store; il y a moins de 100 applications pour tablettes sur Android Market. Une différence de taille pour toute personne désirant s’offrir une tablette dans les mois qui viennent.

L’iPad 2 coûtera aussi cher que son prédécesseur: de 499 à 829 dollars, en fonction de la capacité de stockage et de la présence ou non d’une puce 3G. La bonne nouvelle, c’est que l’ancien iPad est toujours en vente (du moins, le temps d’écouler les stocks), et qu’Apple vient de baisser les prix; la première version vaut donc désormais 399 dollars. Les deux iPads se ressemblent tellement que l’on peut comprendre ceux qui se laisseront tenter.

Farhad Manjoo

Traduit par Jean-Clément Nau

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