La fin de l'extrême droite historique
Dépassée au sein du FN comme à l'extérieur, l'extrême droite traditionaliste n'est plus en capacité de contrarier l'hégémonie de Marine Le Pen.
- Au congrès de Tours, le 15 janvier 2011. REUTERS/Stephane Mahe -
Durant près de trente ans, Jean-Marie Le Pen a réussi à rassembler au sein du FN une galaxie aussi improbable que diversifiée de courants de l’extrême droite française. Malgré quelques scissions et au prix de nombreuses concessions idéologiques, cette union sacrée a longtemps subsisté.
Convaincue que ces alliances ne sont plus nécessaires pour maintenir l'hégémonie du Front national à la droite de la droite, Marine Le Pen joue désormais la carte de l’autonomie. Sa victoire au congrès de Tours entérine ainsi la défaite de l’extrême droite historique.
La victoire des «modernistes»
Faut-il rénover l’image du Front national pour accéder au pouvoir? En 1998, la question se posait déjà et fut à l’origine du départ de Bruno Mégret. Depuis cette scission, deux courants n’ont pas cessé de se disputer le leadership du parti. D’un côté les cadres historiques entraînés par un Bruno Gollnisch, désireux de préserver la vulgate frontiste des origines, et de l’autre les «modernistes» incarnés par une Marine Le Pen, soucieuse de «dédiaboliser» et de «déringardiser» l’image du FN.
Durant longtemps, le FN a été un parti honnissant la «Ripoublique», revendiquant «ses attaches chrétiennes» et proposant un programme économique pour le moins libéral. Mais à partir de 2002, la montée en puissance de la fille de Jean-Marie Le Pen et sa liberté de ton par rapport à la ligne du parti (notamment son refus de s’opposer frontalement à la loi Veil sur l’avortement) provoque une «rénovation programmatique» et certaines dissensions au sein de l'appareil. En 2005, Bernard Antony, chef de file des catholiques traditionalistes décide alors de claquer la porte après 21 ans de service.
Marine Le Pen a très vite choisi de rompre avec le dogme originel en défendant une vision laïciste et républicaine, tandis que sur «le plan économique et social, ses propos sonnent comme du Chevènement ou du Mélenchon», observe Sylvain Crépon.
«Alors que le FN s'est longtemps considéré comme la vraie droite, poursuit ce sociologue, spécialiste de l'extrême droite, Marine Le Pen a repris l'idée du “Ni droite, ni gauche, Français” du Front national de la jeunesse des années 1990.»
L'historien Nicolas Lebourg estime qu'«à l’instar de l’ancien numéro 2 du mouvement, Jean-Pierre Stirbois, jadis convaincu qu’un transfert de voix s’opérerait du PC vers le FN, Marine Le Pen est persuadé que sa réussite passe par la conquête des classes populaires.»
Pour accéder au pouvoir, le FN de Marine Le Pen souhaite donc élargir considérablement sa base électorale, quitte à prendre le risque de se faire déborder sur sa droite. «Vous serez surpris des futures inflexions du parti», confie Laurent Ozon. Ce très proche conseiller de Marine Le Pen l’affirme: elle est d'une «plasticité intellectuelle remarquable». Il l’exprime autrement, mais le constat est le même du côté du maire d’Orange Jacques Bompard qui a co-fondé le Front national avant de le quitter en 2005:
«Elle n’a pas de ligne politique, elle ne s’intéresse qu’au pouvoir (…) Je me rappelle que durant les années 1990, elle souhaitait que le FN abandonne la lutte contre l’immigration.»
Liquidation des cadres historiques
Malgré les tentatives des traditionalistes pour limiter son influence (comme lors du congrès de Nice en 2003), Marine Le Pen a gravi tous les échelons au sein de l’appareil. En 2008, Carl Lang, après avoir refusé de lui céder sa place de tête de liste aux élections européennes, choisit lui aussi de quitter le Front national afin de créer un mouvement rival, le Parti de la France. «Elle ne m’a pas laissé le choix, il n’y a pas de compromis possible avec ces gens-là» explique-t-il aujourd’hui, dépité.
La même année, Jean-Claude Martinez, le «Monsieur fiscalité» du FN renonce lui aussi à continuer l’aventure. «Je ne me retrouvais plus dans ses orientations politiques et économiques, c’est devenu du centrisme son programme!»
Les deux hebdos nationalistes, Rivarol et Minute, ne sont également pas tendres avec Marine Le Pen. Pour Jérôme Bourbon, directeur de publication à Rivarol, «le FN est désormais plus dangereux qu’un parti du système puisqu’il renie ses valeurs. Il représente les catacombes du nationalisme».
La fille de Jean-Marie Le Pen le leur rend bien: les deux publications étaient «interdites» du congrès de Tour. Le rédacteur en chef de Minute, Bruno Larebière, estime que «Marine Le Pen a fait le choix de rompre avec la presse “nationale” car elle bénéficie déjà de l'attention des grands médias (…) Elle ne supporte pas qu’un journal proche sur le plan idéologique puisse critiquer sa stratégie et sortir des informations dérangeantes».
Aujourd'hui, créditée de 15% à 20% d’intentions de vote à deux ans de l’élection présidentielle, Marine Le Pen estime que sa stratégie est la bonne et qu’elle peut légitimement se passer de l’extrême droite historique, comme l’explique le sociologue Erwan Lecoeur.
Chef de file des courants néo-païens qui a quitté le FN en 1998, Pierre Vial estime qu'«une page du Front s'est tournée lors de ce congrès, Marine Le Pen considère les courants historiques comme des handicaps pour sa conquête du pouvoir désormais».
Elle sait que les militants issus des différentes chapelles de l'extrême droite traditionaliste (à savoir les catholiques traditionalistes, les néo-païens et les nostalgies de l’Algérie française voire pétainistes), longtemps majoritaires au sein de l'appareil, ne pèsent plus aujourd'hui sur l'avenir du FN pour des raisons essentiellement générationnelles. «Elle aurait plus à perdre qu’à gagner en réintégrant ces courants devenus anachroniques», analyse Sylvain Crépon.
Un leadership incontestable
Malgré les départs de certains membres de la vieille garde tels que ceux de Roger Holeindre, membre fondateur du FN, ou de Farid Smahi, ancien conseiller régional d'Ile-de-France pro-Gollnisch, Marine Le Pen ne craint pas une hémorragie de sa base militante. D’autant plus qu’aucune figure semble capable de rassembler les groupuscules d’extrême droite.
C’est ce qu’explique Robert Spieler, fondateur de la Nouvelle Droite Populaire et ancien député ayant quitté le FN en 1989:
«Même si Marine Le Pen risque de faire le ménage au sein du FN, il n'y aura pas de scission car il manque un leader pour la porter.»
Ce chef aurait pu être Bruno Gollnisch. Dauphin de Jean-Marie Le Pen, il représentait le dernier espoir de contrarier l’ascension du «clone» (surnom donné à Marine Le Pen au sein du parti). Mais la victoire de la fille du «menhir» lors des primaires internes du parti est venue entériner la défaite de l’extrême droite traditionaliste et des militants les plus radicaux qui s’étaient regroupés derrière Bruno Gollnisch.
Le vote du congrès de Tours –un tiers de voix pour Gollnish– confirme ce rapport de force.
Et celui qui a été le grand architecte de l’élimination des mégrétistes au sein du Front national en 1998 est resté dans le rang. Formé par Jean-Pierre Stirbois, l’universitaire, qui s’est longtemps vu comme l’héritier légitime du chef, a tout de même poliment décliné le poste de vice-président qui lui était proposé en janvier. Plutôt que d’être marginalisé à l’extérieur du parti, il a préféré se mettre «dans une position d'attente et miser sur l'échec de la stratégie de dédiabolisation de Marine Le Pen», analyse Jean-Yves Camus, politologue et chercheur associé à l'Iris.
«Être
minoritaire au sein d’un mouvement important ou tenter d’exister
politiquement en marge, c’est une question qui agite l’extrême droite
française depuis Maurras en 1936», souligne le sociologue spécialiste de l’extrême droite Erwan Lecoeur. «La
différence de Marine Le Pen contrairement à son père, c’est qu’elle ne
laissera pas libre court à des discours qui rentreraient en
contradiction avec sa stratégie de dédiabolisation». Il y aura «des départs sporadiques, estime Crépon,
mais l’espoir d’accéder au pouvoir et la présence de gollnischiens en
nombre important au sein du Comité central risque de maintenir l’unité
au sein de la base militante». Pierre Vial espère qu’«une alliance avec entre le FN et l’UMP puisse changer la donne…». Comprendre: un «recentrage» de Marine Le Pen pourrait engendrer de nouvelles scissions. Mais même lui ne semble pas trop y croire.
En interne, plus personne n'est en mesure de contester le leadership de Marine Le Pen. A l'extérieur, le constat est identique.
La fin du «compromis nationaliste»
Durant longtemps, Jean-Marie Le Pen a cherché à agréger toutes les forces de l’extrême droite française autour d’une plateforme générique: le Front national. Dans la droite ligne de Charles Maurras, le président du FN était parvenu à réaliser le «compromis nationaliste», c'est-à-dire l’union sacrée des différentes franges de la droite nationaliste pour lutter contre le «système».
Aujourd’hui, si l’on observe l’échiquier politique, «l'extrême droite est composée d'une force largement dominante, le Front national, et de deux forces minoritaires, le Bloc identitaire et l'extrême droite historique devenue groupusculaire», résume Jean-Yves Camus, politologue et chercheur associé à l'Iris.
Parmi les partis qui gravitent au sein de l'extrême droite traditionaliste, aucun ne semble en mesure de le concurrencer. Que ce soit le Parti de la France (PDF) de Carl Lang, la Nouvelle droite populaire (NDP) de Robert Spieler ou bien encore le Mouvement national républicain (MNR) d’Annick Martin, la plupart de ces mouvements peinent à présenter une alternative crédible au Front national et «ne totalisent pas plus de quelques centaines de militants chacun» selon Jean-Yves Camus.
Roland Helie, artisan de la Synthèse nationale, une confédération de ces différentes formations qui a déjà permis de présenter des listes communes aux régionales en 2010 sous l’étiquette «Non aux Minarets» (2,4% en Lorraine et en Franche-Comté) dit concentrer ses efforts sur les législatives de 2012 parce qu’il sait qu’«il sera difficile de réunir les 500 signatures (nécessaire à la candidature à l’élection présidentielle, NDLR)».
Comme on l’a vu, le passé a montré aux sécessionnistes qu’il n’y avait pas de place pour un autre parti d'extrême droite en dehors du Front national. Les exemples de Bruno Mégret et de Carl Lang ont prouvé que, malgré leur poids dans l’appareil frontiste, il était difficile voire impossible de concurrencer la marque Le Pen.
Jérôme Bourbon, de Rivarol, considère qu'il est: «difficile de survivre au FN du point de vue électoral. En 1998, le MNR de Bruno Mégret était bien plus fort que cette confédération de partis [la Synthèse nationale, NDLR] et il a finalement échoué. Aujourd'hui, ce sont surtout des partis de témoignage, chaque groupuscule cherchant à conserver son identité».
Un laboratoire d'idées pour le FN
Reste le cas du Bloc identitaire, un mouvement qui réalisent des scores locaux intéressants (notamment en Provence-Alpes-Côte d'Azur avec Nissa Rebela) depuis deux ans et qui n’est pas très éloigné idéologiquement des positions de Marine Le Pen. Contrairement aux traditionalistes qui continuent de se focaliser sur l'immigration, les identitaires se focalisent sur le rejet de l'islam et du multiculturalisme. Selon Nicolas Lebourg, «le Bloc identitaire sert d’aiguillon idéologique pour le Front national au sein de l’opinion publique. Les idées qui marchent sont ensuite récupérées dans le programme du FN.»
«A part la différence de cadre (régional pour le Bloc identitaire et national pour le FN), il y a finalement peu de points de distinctions entre ces deux mouvements», analyse Sylvain Crépon. Grâce à des actions coups de poing comme les apéros saucissons-pinard ou l'organisation des Assises contre l'islamisation, le Bloc identitaire bénéficie d'une belle visibilité médiatique et a déjà désigné un candidat en vue de la présidentielle: Arnaud Gouillon. Alors que Marine Le Pen a déclaré qu’elle n’était pas persuadée d’obtenir «les 500 signatures nécessaires pour se présenter à la présidentielle». Nicolas Lebourg estime que le parti majoritaire pourrait jouer la carte du Bloc identitaire contre le Front national.
«Par le passé, le RPR a souvent tenté d’affaiblir le Front National en soutenant les candidatures de ses partis rivaux comme le Parti national républicain ou le Mouvement national républicain. En 2002, ils étaient même persuadés que Jean-Marie Le Pen n'auraient pas assez de parrainages pour se présenter.»
«Aujourd'hui les identitaires sont dans une stratégie gramscienne, ils s'imaginent en laboratoire d'idées pour l'extrême droite mais également pour la droite», analyse Jean-Yves Camus. Mais ils «auront pourtant dû mal à résister à l'appel d'air du FN». Si l’influence idéologique du Bloc identitaire sur le FN s’est déjà vérifiée, le mouvement régionaliste n’est pas en mesure de proposer à ses militants ou à ses élus, les mêmes perspectives d’évolution que le Front national.
Le cas de l’ancien maire de Nice Jacques Peyrat est en cela assez révélateur. Bien qu'ayant conclu un accord aves les Identitaires pour les prochaines élections cantonales, il a également souhaité recevoir le soutien du FN.
David Doucet
Mis à jour le 07/03/2011 à 22h36
















































L'objectif de l'article était donc donc d'expliquer la rupture historique que connait aujourd'hui l'extrême droite française. Jean-Marie Le Pen a longtemps eu besoin des franges traditionnalistes et radicales pour rassembler autour de son nom l'extrême droite française. Aujourd'hui, Marine Le Pen peut s'en passer. A l'intérieur comme à l'extérieur du parti, plus personne n'est en mesure de contester son "leadership".
Véhiculer des informations, des images, des idées, des discours sur ces partis, c'est véhiculer la haine, la passion et la déraison qu'ils cherchent à diffuser, et c'est dangereux.
Arrêtons de donner de l'écho aux extremistes. C'est tout ce qu'ils attendent.
pour moi dans une démocratie on a tous le droit de s'exprimer et de dire ce que l'on pense, après chacun à sa vision de la liberté mais j'aimerai pas vivre dans un pays où on peut nous interdire de parler
vu ce que tu dis, ca te dérange pas, chacun sa vision de la démocratie
Déjà d'une, si on leur interdisait la parole, ils joueraient la carte (et au final à juste titre) de la liberté d'expression, ce qui leur donnerait du crédit.
De deux, et ça rejoint le premier point, les extrémistes n'attendent pas forcément qu'on leur donne la parole, mais justement qu'on leur interdise pour se poser en martyr de la politique.
Après je ne suis pas spécialiste, mais c'est ainsi que je vois les choses.
Je crois que par contre, le danger est de jouer avec le feu, comme le font certains, et de se rapprocher des grandes idées du FN, à des fins électoralistes. Là c'est inquétant, car cela légitime les discours du FN.
Mais je pense (j'ai peur) que dans le cas d'une prochaine élection présidentielle/législative, où une droite Sarkosyste aurait besoin des voix du FN pour gagner, celui-ci pourrait en arriver à cette alliance que Chirac avait au moins toujours eu la décence de rejeter en bloc.
Et là, les choses seraient différentes. La droite de type Sarko serait définitivement discréditée au yeux de toute une partie de la population.
En espérant ne jamais avoir à vivre cela.
C'est pourquoi je comprends la remarque de Marianne mais je reste néanmoins soucieux.
Au risque de tomber dans une forme d'extrémisme moi-même, je pense qu'il est temps en France et ailleurs qu'on commence à appeler un chat un chat. Le chat FN est un tigre dangereux et à abattre - démocratiquement bien sûr.
Hitler n'a pas été apporté au pouvoir par les plus fous de ses extrémistes mais par le bon peuple allemand dans son ensemble, exaspéré par les crises financières et morales de sa République. Cela ne nous rappelle rien aujourd'hui?
Je veux bien accepter que Mme Le Pen n'est pas Hitler bis. Mais nous ne sommes pas non plus dans les années '30.
Aujourd'hui le fascisme au pouvoir serait plus 'modéré', plus sophistiqué, plus respectueux des sensibilités des citoyens (à condition qu'ils soient blancs). Mais il restera le fascisme – xénophobe, raciste, caporale, et peu tolérant à l'égard de ceux qui n'accepte pas leurs analyses simplistes.
La forêt saurait cacher l'arbre - pour un temps.
Par la suite, quand il deviendra manifeste que ses solutions simplistes à nos problèmes ne portent pas de fruits, il sortirait ses vraies griffes – suppression de la liberté de parole, intimidation, prison et pires.
Peu d'excuses pour ceux qui par exaspération ou par simple impatience aurait joué la carte d'un 'renouveau national' en votant Le Pen. On a, après tout, déjà vu le film en noir et blanc.
Voila des paroles pleines de bon sens Mayombe.
+1
La laicité acquise il y a 100 ans (et non pas 1000), contrairement à ce que pensent les militants FN dont vous faites peut etre partie c'est garantir la possibilité à chacun de pratiquer son culte. Ce n'est pas d'obliger les musulmans à manger du porc.
Personnellement je suis athée et on "m'impose" sans cesses des references au christianisme. Pourquoi le FN ne se bat pas contre la construction de nouvelles eglises au frais des contribuables? des écoles privées catho etc?
Pour votre info des eglises existent au maroc.
Après cela, c'est vrai qu'il devient difficile de faire la différence entre le parti au pouvoir et le FN : - stigmatisation des étrangers (Hortefeux et ses "auvergnats", Sakrkozy accusant les ROM) - rejet de l'islam - suppression du pouvoir judiciaire : dénigrement ds juges par N. Sarkozy... - assimilation entre "immigrés" et "délinquants" : déchéance de nationalité, soutien à Zemour - etc...etc...
Vous savez bien que votre portrait de la vie en France aujourd'hui est en grande partie le fruit de votre imagination.
Mais il est clair que vous vous sentez agressé et c'est pour cela que je vous interpelle. Car il semblerait que la réponse à toutes ces agressions, selon vous, se trouverait en soutenant le FN. Et vous ne voyez pas des points de similitude entre le FN et le fascisme d'Hitler. Soit.
Je vais, en se servant d'une comparaison, essayer de montrer où votre point de vue comporte des dangers pour notre démocratie : le communisme est né d'une volonté d'aider les plus démunis du monde à trouver la place qu'ils méritent. Qui pourrait ne pas applaudir? Néanmoins je pense que comme moi vous n'êtes pas prêt à voter communiste aux prochaines élections. Vous savez, comme moi, pourquoi. Vous connaissez l'histoire. Un désastre humanitaire est passé par là.
Aujourd'hui (c'est tout récent) le FN de Mme a décidé de s'adresser aux problèmes des chômeurs (à condition qu'ils soient blancs et chrétiens bien sûr). Le père de Mme, lui, s'en foutait pas mal, étant plutôt un ultra libérale. A cause de cette nouvelle dévotion en faveur des démunis (blancs et chrétiens) devons-nous tous voter FN? Sachant qu'un autre désastre humanitaire a été la conséquence des lignes de pensée choisies par le FN dans les années 30-45?
Le bon sens dit non.
Plutôt que de s'énerver en exagérant la situation sociale et politique de la France ne pensez-vous pas il serait plus intelligent de s'adresser aux problèmes que vous semblez voir autour de vous en se servant des moyens parlementaires et démocratiques dont dispose la France?
Surtout quand on sait, grâce à l'histoire, que ceux qui pensent comme le FN ne tolèrent pas longtemps, une fois au pouvoir, les gens qui ont, comme vous, un point de vue.
Réfléchissez et faites votre choix.
Cette fin de règne Sarkozy est un désastre politique et morale. Que cela termine vite. (Et c'est un ancien pro-Sarkozy qui parle)
Mais le soutien d'un mouvement fascisant n'est pas la solution – surtout en France qui a connu la misère et la honte du Pétainisme. On n'a pas besoin d'un doctorat en histoire moderne pour comprendre cela.
Je consacre beaucoup de temps à combattre cette tendance fascisante avec un rappel parfois brutale d'un passé pas si lointain, avec un refus de la xénophobie et du racisme et surtout avec un appel au bon sens.
Quelques questions simples :
Comment la France va-t-elle devenir plus fort dans le monde en se faisant plus petite? (Le FN veut retirer la France de l'UE)
Comment va-t-on faire baisser le prix de l'essence à la pompe et gaz domestique en dévaluant sa monnaie ce qui entrainera automatiquement une hausse des prix des importations? (Le FN veut retourner au franc pour pouvoir le dévaluer)
Comment va-t-on exporter plus, même en dévaluant, et appliquer en même temps une politique protectionniste? (nos partenaires appliqueront automatiquement des barrières tarifaires réciproques)
Comment va-t-on éviter le vieillissement de la population si on s'oppose à l'immigration? Si vous avez 30 ans aujourd'hui qui va payer votre retraite? (La population de grands pays comme la Russie et l'Allemagne vont baisser de 25 à 40% avant 2050)
Même si cela vous déplaît de voir des femmes voilées ou des hommes agenouillés dans la rue, que proposez-vous à part la tolérance? Un retour des camps? Des déportations? Pire?
Ce n'est pas stigmatiser de mettre des gens devant leurs responsabilités. Un moment énervement peut devenir un mouvement hystérique si personne ne s'y oppose. Hélas on l'as déjà vu, n'est-ce pas?
Cordialement à vous deux
souhaitez vous convaincre votre interlocuteur ou imposer vos idées? Assener vos vérités ne vous mènera nul part. C'est totalement contre productif. Disons qu'il y a 10% de votant FN pur et dur avec les idées qui vont bien. Ça vous laisse 10 à 15% qui n'ont pas les idées claires et qu'il faut convaincre. Usez de méthode et de pédagogie. Pascal a dit que chacun a raison du coté où il se place. Essayez de comprendre les gens avant de leur expliquer par A+B qu'ils ont torts et qu'ils doivent être responsable, un mur d'incompréhension se dresse entre les deux parties et chacun se reclus dans son coin. Le dialogue est alors rompu. Je suis certain que ce n'est pas ce que vous voulez.
Cordialement
Des sondages pour mieux tuer tout débat politique en 2012 (1)…
Et Marine le Pen pour l'enterrer définitivement ce débat (avant de renflouer les caisses de son parti - objectif prioritaire de sa campagne en 2012).
Des sondages... encore des sondages
Des sondages loterie (et gros lots pour les sondés) !
Avec la complicité active ou passive des médias quand ils les commandent, les diffusent et les commentent ad nauseam tous ces sondages...
Mais... surtout, ne jamais, au grand jamais révéler l'absence totale d'une véritable alternative politique en 2012 !
1 -Seul débat alors permis : "Comment faire barrage au FN ?"
C'est vous dire ! C'est... tout dire ! Quand on sait que le FN n'est pas un parti politique mais un simple réservoir à fantasmes.
***
PS/Sarkozy - PS/Marine le Pen - Sarkozy/Marine le Pen...
C'est au choix.
Faites votre choix ?!
Le Faisceau avec une hache au centre et entouré de feuillages est très fréquemment utilisé comme symbole de la France, il figure sur de nombreux documents officiels (passeport)
Voir images : http://fr.wikipedia.org/wiki/Armoiries_de_la_France
Il est vrai que j'ai tendance à marteler mes idées. Mais cela ne veut pas dire qu'elles sont fausses. Et quand il s'agit du FN et ses sympathisants on ne peut pas dire qu'on a affaire à des champions de la nuance.
Mais à vos yeux la 'culture française' exige plus de diplomatie. En lisant les divers commentaires dans les colonnes de slate.fr - surtout ceux concernant la place d'Islam en France - ce n'est pas l'impression qui domine.
Je partage votre analyse concernant le % de vrais fascistes au sein du FN – 10% fascistes +15% de supporteurs potentiels. D'ailleurs ces chiffres sont le mêmes, je pense, pour l'ensemble des pays européens dont le mien.
J'ai très longuement étudié l'histoire de la montée du fascisme en Europe dans les années 1925-1944 et les désastres qui ont suivi pour les pays responsables – l'Allemagne, l'Italie et le Japon. On n'a pas besoin du licence d'histoire que j'ai pour s'apercevoir des ressemblances entre les propos du FN et ceux des fascistes des années d'avant guerre.
Ce constat justifie à mes yeux une certaine rigueur intellectuelle et des mises en garde musclés. Surtout quand votre gouvernement semble préférer singer l'extrême droite et votre opposition passe son temps à se chamailler.
Un appel à la 'compréhension' - pour des raisons que je n'oserais même pas formuler – pourrait dans ce contexte équivaloir à vouloir mettre la sourdine sur ces questions embarrassantes.
Dans tous les cas, votre propre défense de l'identité française et ses spécificités ne montre pas toujours tant de délicatesse. Pourtant vous ne manquez pas de 'culture, il me semble.
Mais prenez garde, la passion finit par vous emporter, comme vos interlocuteurs que vous combattez avec tant de véhémence. A mon humble avis, c'est ce que vous n'avez pas compris. La Raison face à la Passion Mr Wright. Qui en sortira vainqueur?