Résistance linguistique, un extrémisme à la française
Les groupes qui combattent l'invasion linguistique anglaise essayent de construire une ligne Maginot. Mais par leurs excès, ils affaiblissent leur cause... et le français.
- Photo: Panneau Arrêt / Flickr quentin.theuret CC-Licence-by -
Les défenseurs de la langue française adorent se moquer du jargon managérial américain et des campagnes de publicité truffés d’anglais. Des slogans touristiques comme «l'Aisne, it's open!» peuvent certes prêter à sourire, mais en matière d'outrance langagière, les résistants linguistiques produisent un palmarès tout aussi impressionnant.
Langue française et idéologie résistante
Lorsqu'un défenseur du français voit dans sa ville quelques affiches avec les mots «City» ou «Market», il parle d’«anglophonisation totalitaire et systématique des enseignes commerciales». Les Français qui communiquent en anglais au travail sont des «zombies décérébrés pour sociétés transnationales». Et utiliser des concepts anglais comme «Care» fait de Martine Aubry une «carpette anglaise», qui fait preuve d'une «veule soumission aux diktats des puissances financières mondialisées». Oui, la patronne du PS vient de gagner ce fameux prix qui récompense chaque année les plus grands traîtres linguistiques du pays. Bienvenue dans l'univers paranoïaque de l'extrémisme linguistique à la française!Toutes ces citations viennent d’auteurs qui gravitent autour de groupes comme Avenir de la Langue Française, Courriel (Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Émancipation Linguistique) ou Comité Valmy. Leurs sites et manifestes évoquent partout la «colonisation» et l’«invasion» de l’anglais, et décrivent un français «assiégé» que l’on tente d’«assassiner».
Face à la «colonisation», le vocabulaire de la guerre et de la résistance est de mise. «Vivre en français, c'est déjà résister», annonce Courriel, sous une bannière représentant l’Oncle Sam et ses dollars contre la noble Marianne en bonnet phrygien. Plus problématique, ce combat linguistique est souvent comparé à la résistance anti-nazie. Le Forum Francophone International n'a pas choisi par hasard les initiales FFI, une allusion aux Forces Françaises de l'Intérieur, et le Comité Valmy affiche une photo de Jean Moulin sur sa page d’accueil. Pour finir, cette phrase du philosophe Michel Serres est citée un peu partout par les militants: «Il y a plus de mots anglais à Paris qu’il y en avait en allemand sous l’occupation.»
Caricature d'une résistance
Ce petit univers attire un spectre varié d’activistes qui ne reculent devant aucune caricature. Ils se sentent de plus en plus attaqués par les publicitaires anglophiles et le nombre croissant d'universités qui proposent des cours en anglais, et ripostent régulièrement, de manifestes en colloques.
Dans un article du Monde Diplomatique du mois de décembre, l’apprentissage de l’anglais dans les petites classes est décrit comme une des nombreuses «attaques concrètes contre la langue française». Pour certains, parler anglais est déjà une forme de soumission. Dans Le Figaro, l’écrivain Benoît Duteurtre affirmait récemment qu'en Europe, on est «contraint d'imiter une façon de parler, donc de penser, platement calquée sur celle de la City, du Pentagone, des universités américaines et des fonds de pension de l’Arizona.». Car chacun sait que les «anglo-saxons» représentent une masse idéologique uniforme…
Cela va plus loin. Les défenseurs acharnés du français pensent même qu’on ne «travaille bien, […] qu’on ne réfléchit bien qu’avec les mots de sa langue maternelle», ainsi que l’écrivait Marc Favre d’Échallens dans Marianne. Pourtant, des millions de personnes pourraient témoigner du contraire.
De Radio Courtoisie à l'extrême gauche, ce sont des personnalités diverses qui se retrouvent dans cette haine du «globish», langue de la mondialisation. Les membres de l’académie de la carpette anglaise vont du souverainiste Paul-Marie Coûteaux à Yves Frémion des Verts. D’autres, comme Georges Gastaud, le président de Courriel, sont des militants communistes. Ils se retrouvent autour d’une bonne dose d'anti-américanisme. Pour la droite, il s’agit de préserver une vieille France traditionnelle et souveraine, pour l’extrême gauche, de contrer l’impérialisme.
L'apprentissage d'une langue étrangère n'est pas un risque identitaire
La question de l’anglais et de son apprentissage est donc idéologisée jusqu'à l’absurde. Au lieu de réfléchir à ce qui peut améliorer la mobilité internationale des jeunes, et leur ouvrir des portes, on enrage à propos de quelques affiches et de cours en anglais dans les écoles de commerce.
Les Danois, les Hollandais et les Suédois, qui sont presque tous bilingues, ont-ils perdu leur «identité», sont-ils devenus des valets de l'impérialisme américain? Ils ont un modèle social bien distinct des États-Unis, et pourtant ils parlent anglais, tout bêtement car s'ils ne parlaient que danois, ils limiteraient leurs horizons. Rappelons que par rapport aux autres Européens, les Français ont toujours été les plus protecteurs vis-à-vis de leur langue.
L’universitaire britannique Robin Adamson, qui a notamment comparé la situation avec l’Allemagne et l’Italie, note que l’utilisation de termes anglais provoque dans ces pays bien moins d’«hystérie» qu’en France. De même, alors que les constitutions espagnole et italienne protègent les langues minoritaires, en France la constitution protège le français. Nous sommes peut-être les seuls à autant utiliser le vocabulaire de l’amour pour parler du français, avec le sempiternel: «c’était un grand amoureux de la langue française». Si les Français sont plus stridents, c’est aussi parce qu'ils occupaient autrefois une position dominante, quand il fallait apprendre le français pour briller dans les salons européens du XVIIIè siècle.
La langue française, toujours en vogue à l'étranger
Les défenseurs du français devraient relativiser un peu leur désarroi. Au pays de l’anglais, le français a toujours la cote, même s’il est en déclin. Pensez aux mots en anglais de la gastronomie et de la mode: soufflé, bisque, haute couture, baguette, croissant n’ont pas été remplacés par des néologismes anglais. Et pourtant, quelle invasion!
Après l’espagnol —qui concurrence l’anglais aux États-Unis même—, le français est la deuxième langue la plus apprise dans les universités américaines. L'Institut Français annonce sur son site que c'est aussi la deuxième langue la plus enseignée. Alors certes, un département de français vient de fermer récemment aux Etats-Unis (à l'université d’Albany), ce qui a conduit le philosophe Jean-Luc Nancy à répliquer avec sarcasme: «Enseignons ce qui s’affiche sur nos panneaux publicitaires et sur les moniteurs des places boursières. Rien d’autre!».
Partout, la France continue de se vendre comme la terre de la mode, du champagne, de l'amour et de la culture. Nous avons protégé le repas gastronomique français à l'Unesco pour célébrer «l'art du bien manger» et du «bien boire». Nous avons des quotas pour la chanson française à la radio. Jusqu’où veut-on aller pour préserver cette bonne vielle France en français? Jusqu’à empêcher les élèves d’apprendre l’anglais à l’école? C’est ce que vient de proposer un sympathisant Courriel sur un blog de nouvelobs.com, avec l’idée de quotas d'élèves par langue pour favoriser les idiomes moins populaires. En effet, seul ce type de programme dirigiste pourrait radicalement réduire le nombre de «carpettes anglaises» du pays. Alors, peut-être qu’enfin la France sera libérée de ces terribles mots en anglais qui menacent notre identité et nos valeurs… Help!
Claire Levenson
Mis à jour le 04/03/2011 à 3h43














































J'aimerai simplement remettre l'église au milieu du village : Il est temps que les français arrêtent de croire que l'image de la France à l'étranger est bonne, et que l'accent français lorsque l'on parle anglais et "cute" et distingué !
La vérité est là : Les américains et les britanniques voient les français comme des personnes arrogantes, incapable de parler une autre langue que le français, et se moquent sans arrêt de ce stupide accent français en anglais...
Je vous en prie, regardez la vérité en face, la France de la révolution est terminée depuis bien longtemps et tout le monde s'en rend compte (à part peut-être les français eux-mêmes).
En effet, je ne voulais pas dire que les français seuls étaient arrogants et incapables d'apprendre d'autres langues... et vous avez raison de souligner que les anglo-saxons sont les champions du monde de la paresse lorsqu'il s'agit de s'exprimer autrement qu'en anglais.
Seulement j'ai l'impression que certains français se gargarisent encore avec cette illusion que le français (la langue et le citoyen) est noble et si bien outre atlantique... or, l'image des français aux USA et en GB n'est pas si belle que ça.
voilà pour quelques précisions
Je ne vois aucun mal à ne pas vouloir d'anglais à tout prix dans notre vie quotidienne. Que l'on tourne au ridicule l'extrémisme de certains dans sa volonté de garder sa langue, pourquoi pas... mais, n'y a t il pas une part de raisonnable dans cette demande ?
Peut être que le souhait de garder son identité propre lié à ses racines fait parti de cette demande ? comme mes enfants apprennent le breton qui est considéré par l'UNESCO comme une langue en danger de disparition...
Inutile de cracher sur l'anglais, mais pardonnez moi, je pense que les personnes qui refusent de voir mourir notre français ont le droit de l'exprimer sans pour autant être ridiculiser... sinon... il ne vous reste plus qu'à faire un article sur tous ses dialectes qui disparaissent dans le monde remplacé par l'espagnol, l'anglais ou le français et d'essayer de me prouver que ceux qui se battent pour qu'on reconnaisse leur langue sont des idiots ou des extrémistes.
Considérez vous que les Québécois qui refusent l'anglais sont si idiots que cela ??? Accepter les autres, c'est apprendre leurs différences, ainsi que leur langage, sans que pour autant l'un prenne le dessus sur l'autre... enfin... je crois.
Merci pour cet intéressant débat.
Pour un étranger venir en France étudie notre belle langue ne veut pas dire s'y installer. Il y a énormement d'étrangers qui aiment le français mais qui ne peuvent pas venir l'étudie à cause de cette France qui confond étudiant et immigration.
Certaines réponses à mes commentaires ont été hystériques avec des relents xénophobes et pires.
Mais en dehors des statistiques (très contestés)et les sentiments patriotiques, peu ont relevé le fait qu'une langue est faite tout simplement pour communiquer. Et pour communiquer il faut que la personne en face comprenne ce que vous dites - que ça soit en français, anglais, breton ou serbo-croate.
On ne dicte pas quelle langue vous devez parler. Beaucoup ont essayé. L'écrivain Swift a essayé en Angleterre sans aucun succès. 'Préserver' la langue française est un des principaux rôles de l'Académie Française. Des envahisseurs de nombreux pays ont essayé d'imposer leur langue dans le temps, généralement sans succès, pour des raisons évidentes.
Las, ce sont les peuples eux-mêmes qui décident à la fin quelle langue ils vont parler – et tant mieux!
Il est évident qu'une langue fait partie d'une identité nationale ou régionale mais elle ne s'impose pas. Personne m'a imposé le français. Je ne suis pas 'colonisé' par la France. Mais je suis très heureux de pouvoir parler votre langue même imparfaitement. Cela a élargit considérablement mon champs de vision et ma compréhension du monde dans lequel nous vivons.
Essayer de repousser des mouvements linguistiques spontanés est comme essayer d'empêcher la marée de monter. Un exercice futile pour des crétins.
le «refus» de l'apprentissage de l'anglais est liée, à mon avis, à notre histoire tant économique, social, politique, culturel que colonial. C'est donc un peu plus compliqué que ce que vous laissez entendre.
«Impossible n'est pas Français» Mr Wright, c'est mon grand père chaudronnier qui me disait que lorsqu'il était en camp de travaux forcés en Allemagne pendant la seconde guerre c'est ce petit adage qui lui à permis d'être assez créatif pour s'évader, de veiller sur sa femme et ses enfants en France et par la même occasion de ne plus construire de bombes pour l'ennemi. S'il faut empêcher «la marrée de monter» nous le ferons...
Vous nous présentez une critique simpliste et n'apportez aucune analyse digne de ce nom. Quitte à me répéter vous avez passé 30 ans en France mais n'avez au fond rien appris de ce qui forge notre identité. On ne peut donc pas compter sur vous pour nous délivrer une analyse distanciée.
Cette article est d'une mauvaise foi toute Française (un vrai régal!). Sidartha souligne un point important qui se traduit comme ceci dans l'article : «De même, alors que les constitutions espagnole et italienne protègent les langues minoritaires, en France la constitution protège le français.».
La langue française a permis d'unifier le royaume en faisant qu'il puisse, lorsqu'il s'adresse au peuple, être compris de tous. Puis elle a été inscrit dans la constitution et elle a mis au rebut toutes les langues régionales, interdites d'enseignements.
C'est l'idée d'Universalisme qui forge notre modèle démocratique. Les langues régionales étant parfois utilisées dans un but communautariste. Ce passage d'une multitude de langage à une langue unique ne s'est pas fait dans la douceur. La langue a été imposée, condition sine qua none à la réussite de la création de la Nation France. De plus si le français est si présent dans le monde c'est parce qu'il a été imposé à coup de fouet, il ne faudrait pas l'oublier.
Les Italiens se définissent avant tout comme Sicilien, Piémontais...et les Espagnoles comme Andalou, Basque… Dans ces deux pays le communautarisme régional est très fort et crée des dissensions. Un Français ne se présente pas comme étant Breton ou Auvergnat. je vous laisse apprécier la différence d'approche.
Peut être que dans l'imaginaire des Français un parallèle entre ces situations (Région/Nation et colonisation), qui ont fait du Français la langue qu'elle est aujourd'hui, et celle que nous vivons actuellement (Nation/Monde) explique ce rejet. En même temps que le français s'est imposé il a nié tout ce qui existait.
Cependant l'Universalisme se doit d'être unification et non pas une uniformisation réductrice. Il a fallut faire quelques «aménagements» comme diraient certains et ce seulement après avoir atteint l'objectif premier.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_r%C3%A9gionales_ou_minoritaires_de_France#Langues_minoritaires_de_France
Mais ce parallèle ne va pas. L'oppresseur ne vient pas à nous pour réprimer notre langue afin de mieux imposer la sienne, c'est nous qui sommes obligés d'aller à lui pour survivre. Et là la fierté des Français en prend un coup.
En d'autres termes (et comme vous le soulignez) les Américains n'ont nullement l'intention d'obliger les autres pays à apprendre l'Anglais. Et ça ne pose aucun problème à tout un tas de pays que vous citez régulièrement que la langue internationale soit l'Anglais.
On ne peut donc pas raisonner sur la seule Amérique mais on doit prendre en compte toutes les nations anglophones, ou pas, et s'inscrire dans un développement Mondial où l'on ne peut plus s'imposer à coup de fouet.
Je pense qu'il est important pour les Français que leurs idées soient développer sur la plan Mondial. Ils croient en ce qu'ils proposent, que leur philosophie est une bonne chose pour tous les peuples et sont de toute façon contre la pensée unique.
Pour cette dernière raison une unique voix ne peut être suffisante et nous estimons que la nôtre compte. Le Français n'est pas non plus du genre à sauter en avant tête baissée. Il est prudent et réfléchit, parfois trop sans doute, car il est facile de faire tout et n'importe quoi mais beaucoup plus difficile de revenir en arrière. L'idéal étant de faire les choses bien du premier coup.
Comme vous le précisez ce qui est fait est fait et la langue Anglaise est bien la langue internationale. Le paradoxe est désormais le suivant. Pour développer notre langue à l'international et que l'on puisse à la fois l'exporter et resté «maitre» de ces influences il faut apprendre l'Anglais.
Je rappel que l'enseignement de l'Anglais est obligatoire en France. Que j'ai moi même fait dix ans d'Anglais et que mon niveau ne dépasse pas celui d'une vache Espagnole. Deux choses s'opposent à son apprentissage.
Il faut une volonté d'apprendre (comprendre la nécessité d'une langue internationale et arrêter de voir l'impérialisme Américain à tous les coins de rue).
Il faut revoir la pédagogie d'enseignement des langues et développer leur pratique. Autant dire que ce n'est pas gagné!
Un crétin qui vous aime bien.
PS : vous vous battez sur la Slate's Arena comme un lion ces derniers temps mais vous n'avez pas participer au jeu des 7 citations. Pour ma part je trouve Molière bien plus fin que Shakespeare à ce petit jeu là. Mais j'ai trouvé une Fable De La Fontaine rien que pour vous!
LE LION S'EN ALLANT EN GUERRE
Le Lion dans sa tête avoit une entreprise : Il tint conseil de guerre, envoya ses prévôts, Fit avertir les animaux. Tous furent du dessein, chacun selon sa guise : L'Eléphant devoit sur son dos Porter l'attirail nécessaire, Et combattre à son ordinaire; L'Ours, s'apprêter pour les assauts; Le Renard, ménager de secrètes pratiques; E le Singe, amuser l'ennemi par ses tours. «Renvoyez, dit quelqu'un, les Anes qui sont lourds, Et les Lièvres, sujets à des terreurs paniques. - Point du tout, dit le roi; je les veux employer : Notre troupe sans eux ne seroit pas complète. L'Ane effraiera les gens, nous servant de trompette; Et le Lièvre pourra nous servir de courrier.»
Le monarque prudent et sage De ses moindres sujets sait tirer quelques usages Et connoit les divers talents. Il n'est rien d'inutile aux personnes de sens.
C'est ce que les Français disent lorsqu'un auteur non francophone écrit en français. Qu'il ait renoncé à sa propre langue ne pose aucun problème aux Français. Il est vrai que le français est la langue de la "Déclaration Universelle etc..." qui ne peut qu'émanciper celui qui la parle et le libérer, contrairement à l'anglais qui ne peut que le rendre esclave des dogmes ultra-libéraux.
En ce qui me concerne, j´ai étudié en France puis en Suède (totalement d´accord avec votre analyse de la société suédoise) puis après avoir obtenu mon diplôme, suis parti de suite travailler en Allemagne (Stuttgart-Munich) pour une entreprise Japonaise. Je travaille tous les jours en Anglais (pas le choix avec le Japon) et en Allemand. J´apprends un peu le Japonais car cela m´amuse et à la maison, je parle indistinctement français et Allemand avec mon amie puis qu´elle est allemande mais parle très bien le français.
Ce n´est pas parce que je pratique 3 langues quotidiennement que le français ne me passionne plus ni que je mixe l´ensemble. Quel bonheur pour moi d´écouter (et de comprendre) une chanson de Serge Gainsbourg et de passer de suite à Blumentopf (très vieux groupe de hip-hop allemand)!
Une langue vit et s´imprègne de cultures. En Bavière, on dit "Merci" comme en français. ;-)
Certains mots utilisés dans leur contexte ne sont pas gênants. L’utilisation permanente de mots anglais dans toutes les phrase est pédant.
On en vient parfois, lorsqu’on demande l’explication d’une expression anglaise dans un document de travail, à s’apercevoir que celui qui l’a écrit… ne sait ni la traduire, ni même, ce qui est plus grave, en donner le sens.
On pourrait presque en conclure qu’il est préférable que certains massacrent la langue anglaise plutôt que la langue française.
J-L
“Les américains et les britanniques voient les français comme des personnes arrogantes, incapable (sic) de parler une autre langue que le français, et se moquent sans arrêt de ce stupide accent français en anglais...” Pas seulement les Américains et les Britanniques (majuscules SVP - pour les Français aussi d'ailleurs!). Le contraire est aussi vrai, croyez-moi!
“je pense que les personnes qui refusent de voir mourir notre français ont le droit de l'exprimer sans pour autant être ridiculiser...”(sic)
“Considérez vous que les Québécois qui refusent l'anglais sont si idiots que cela ??? Refuser oui – quand on est 2M de francophones sur un continent de 350M d'anglophones....
“Savez-vous que les problèmes des jeunes élèves en mathématiques ou dans les matières scientifiques proviennent d'abord d'un manque de maîtrise de la langue française ?” Non je ne savais pas. Ça doit expliquer l'absence de prix Nobel chez les Inuits
« Défendre la langue française, ce n'est pas empêcher les enfants d'apprendre l'anglais dans les petites classes. C'est exiger que tout au long de leur scolarité on leur enseigne le français correctement. » Certainement. Mais pourquoi 'défendre'? On n'enseigne pas pour 'défendre' quelque chose mais pour former et informer.Après les enseignés choisissent.
« Un vrai anglophone en impose toujours beaucoup plus à son auditoire ». Ayant travaillé plus de 30 ans sur tous les continents je peux vous assurer que les Anglo-saxons n'ont pas le monopole dans ce domaine.
Je réserve le palmarès pour
« à croire que les anglais n'empruntent rien au français "rendez-vous" "cul-de-sac"... bref j'arrête avant de m'énerver' » Oui. 'Time out' (ou peut-être 'penalty', 'corner', 'basket', avant de partir en 'weekend').
Et une mention spéciale pour « Cette politique a un double avantages (sic) d'une part elle crée un tourisme à la culture anglaise et d'autre part crée une obligation à l'utilisation de l'anglais dans de nombreux secteurs d'activité à l'étranger ce qui a pour effet d'acheter anglais les biens et les services. »
Et moi qui pensais tout bêtement qu'on donnait des cours d'anglais en Grande Bretagne pour gagner des sous – faute de charbon, du pétrole et même 'des idées'!
L'article est intéressant car il pointe à juste titre le reflexe de fermeture des français par rapport à leur langue et les crispations qui en résultent. En revanche, il manque franchement de lucidité par rapport à un certain nombre de phémomènes
- les titres des films anglais et US sont de moins en moins traduits. Certains sont changés par rapport à la version originale mais reste en anglais. - les marques et les noms de produits en France ont tendance à adopter majoritairement une consonnance anglo-saxonne. - l'ensemble du marketing s'effectue par défaut en anglais.
On n'est plus ici dans le snobisme de quelques parisiens ou autre "top manager" qui aiment à agrémenter leur discours par du jargon mais à une véritable accoutumance lente et en profondeur. Comme l'article le dit, il n'y a pas un sombre lobby secret pour imposer l'anglais en France. La réalité me se semble plus banale. Il doit y avoir plusieurs milliers d'analyses ou de thèses sur le sujet. Mon avis au doigt mouillé est le suivant :
- tout d'abord il faut reconnaître que le "génie" de la langue américaine réside en grande partie dans son sens de la formule. Le fait qu'elle soit ouverte à tout les vents et influence permet la formation de "mot outils", néolologismes et autres formules terriblement efficaces pour désigner un nouveau concept par un simple mot là ou il faut une périphrase en français. C'est donc la langue rêvée pour créer des noms de produits. - ensuite, il me semble qu'il y a en France de 2010 une déprime et une HAINE DE SOI et de manque de confiance qui conduit certains à hair l'autre et d'autres à avoir un léger mouvement de dégout vis à sa propre langue.
Si le français doit perdurer en tant que langue, il faut que les créatifs s'en resaisissent MAIS SURTOUT QUE LES FRANCAIS EUX-MEME L'AIMENT. Aucune académie, gouvernement ou autre ne pourra rien changer.
Là où je me permets d'exprimer mon désaccord avec l'article, c'est que s'il ne faut pas avoir de réaction caricaturale anti anglais, on peut s'offusquer à juste titre du jargon que certains milieux (management, marketing) nous matraquent. Il me semble aussi naturel que si la connaissance de l'anglais est nécessaire, il doit être possible dans la majorité des cas de continuer à travailler en français en France.
Merci pour la profondeur intellectuelle de cet éclairage et la finesse de l'analyse. En « matière d'outrance langagière »...
On dit comment « déontologie » en anglais déjà , chère(?) journaliste ?
Cependant il ne s'agit pas de défense ou d'attaque, mais du simple mouvement de balancier des puissances doublé de la mondialisation, deux phénomènes de fond contre lesquels il est totalement vain de vouloir lutter. L'anglais est aujourd'hui dominant - depuis bien moins de temps que le français l'a été - et sa maîtrise est tout simplement indispensable pour quiconque espère travailler dans une grande partie du secteur privé. Refuser cela, c'est se mettre des bâtons dans les roues, pas défendre sa langue natale. Ne pas promouvoir son apprentissage est en revanche presque criminel et en tous cas inconscient.
Au demeurant, qui peut sincèrement soutenir que l'anglais est en progression constante dans l'usage privé ? En dehors de quelques "snobs" qui calent des mots anglais inutilement dans leur français aucune famille ne s'est jamais mis à parler anglais au détriment du français. Il faut faire la part des choses entre vie publique et vie privée. Les Français ne sont pas prêts de se mettre à parler anglais et le français a encore de beaux jours devant lui. Quitte à se préparer à une nouvelle ligne maginot contre le mandarin, futur "péril jaune" linguistique.
http://www.grandpoitiers.fr/c__18_60__Vie_etudiante.html.
Sans doute les responsables qui ont inventé ce slogan le trouvent plutôt « cool ». Peut-on imaginer une université anglo-saxone avec un pareil slogan - "Harvard pour tou jours" ? Quel étudiant étranger veut avoir affaire avec une université qui est incapable de trouver un slogan accrocheur dans la langue maternelle et, qui plus est, n'est même pas en bon anglais ?
Je me contenterai de vous rappeler que j'avais parlé de la "belle langue" qui est le français. Une langue qui mérite mieux, il me semble, que des défenseurs parfois paranoïaques et/ou tatillons.
Je suis très attaché au régionalisme et à ses diverses formes d'expression dont les langues régionales. Par contre en tant que Européen convaincu je m'oppose à toute forme de nationalisme en Europe. Vos propos concernant le développement de la nation Française et sa langue (développement qui n'a rien d'original, disons en passant, la plupart des nations européennes étant passés par là) ne m'attirent pas beaucoup.
Il se peut que mes 30 ans en France n'ont pas suffit pour apprécier toutes les nuances de votre culture mais j'en connais un peu votre pays et son peuple. Je citerais à titre d'exemple mes nombreux amis bretons qui ne partagent certainement pas vos sentiments concernant la langue et la région bretonne quand vous dites “Un Français ne se présente pas comme étant Breton ou Auvergnat. je vous laisse apprécier la différence d'approche” Eux ils apprécient, et comment, la différence!
Je terminerai en soutenant que la précision à 100% en langues n'a pas l'importance que certains puristes prétendent à condition que la personne en face comprend ce que vous dites. Shakespeare et Molière utilisaient chacun des versions très approximatives de leurs langues respectives.
Permettez-moi de vous dire amicalement que, comme moi, vous faites pareil par moment!
Ensuite, vous minimisez l'impact de l'invasion grandissante de l'anglais dans notre culture. Ce ne sont pas que quelques mots, car après tout, Baudelaire a volontiers fait entrer des mots anglais dans notre langue, pour enrichir cette dernière.
Aujourd'hui, il ne s'agit pas d'enrichir, mais de remplacer. Les titres des films ne sont même plus traduits (fini "la guerre des étoiles", place à "star wars", et les exemples sont nombreux). C'est effectivement assez caricatural dans le monde du travail : dans les magasins, on ne fait pas du "rangement", on fait pratique un mot en -ing, que j'ai oublié depuis, puisque ce n'était rien d'autre que du rangement ; dans l'hotellerie, on fait des check-in et check-out, et plus d'arrivées ni de départs. Dans l'ensemble des entreprises, on "check" ses "mails"...
Et on a tous assisté, au travail ou ailleurs, à ces singes s'amusant à parler globish entre eux, parce qu'alors ils se croient plus intelligents, plus "cools", plus drôles. Ils sont fiers d'eux parce qu'ils débitent des absurdités en anglais, alors qu'ils ne prendraient même pas la peine de le dire en Français, se rendant compte de la trivialité de leurs propos. Voilà ce qu'il faut comprendre quand on avance l'idée qu'on réfléchit mieux dans sa langue maternelle, et qu'il vaut mieux en maîtriser très bien une seule, que très mal beaucoup...
Personnellement, je parle anglais, mais ça reste un outil, pas un objet de frime. J'aime aussi beaucoup la culture anglaise et américaine (grand admirateur de Wilde et Poe par exemple), mais sincère ennemi de cette sous-culture globalisante dans laquelle on ne se grandit pas.
Voyant la frénésie actuelle pour l'anglais, langue d'aucun pays du continent européen (hormis Gibraltar) mais supposée le meilleur outil pour sa communication internationale, on se demande pourquoi n'est pas plus développée la langue qui se comprend le plus et le mieux en Europe de l'ouest (et sans étude supplémentaire) : le latin moderne.
Et pourtant cette langue existe bien, réapparaissant de temps en temps au gré des réflexions (depuis certains humanistes de la Renaissance jusqu'à la publication de l'"interlingua" en 1951, puis l'association actuelle Interland.eu, qui l'améliore et l'applique à divers secteurs de la communication). Fondé sur les multiples points communs entre les langues modernes dérivées de l'antique latin, le latin moderne les synthétise en un véritable outil linguistique, compris en quasi-totalité par tout locuteur de la famille latine. Puisque vous en faites partie, vous pouvez en lire (ou en écouter) un échantillon, sachant que son accent est à mi-chemin de l'italien et de l'espagnol, ce qui lui donne un peu l'allure du français parlé par les bandits mexicains dans les westerns doublés. Sen contesta, es dificil aprender e parlar anglese, specialment pro nos, habitantes del Europa non germanic. Rememora vos vostre centenas de horas perdite estudiando su multe diformitates : pronunciation aleatori, vocabulos latin mal reconoscibile oralment, oltros (germanic) identificabile ni quando escripte ni quando dicte, exceptiones gramatical, numerose expressiones idiomatic a memorisar... E qual fu vostre resultato in anglese al "bacalaureato" o a un oltre examen ? (question in un tono ironic) Alora, por que? persister in venerar este instrumento qui nos es plus "de tormentos" que "de comunication" ? Por que? passar per Londres pro conecter Paris a Barcelona, Roma a Bruxeles, Lion a Madrid, Lisbona a Marselia ? Le solution logic es utilisar nostre substrato latin, clarment visibile so le faciadas national, e de-que le diverse linguas neo-latin son solment variantes, certo complicate per evolutiones divergente, ma reunite per un abundantia de punctos comun : le latino moderne. E si se considera le massa demografic del populos del familia linguistic latin (aproximo 900 miliones in le mundo occidental), se deduce un rason concrete pro aplicar este lingua, in plus del patriotismo europee : le dimension economic de un instrumento apte a contactar un population enorme (quasi tan vaste como ello del anglese), qui entende le latino moderne in quasi-totalitat e sen lo haver estudiate. De a presente, le association Interland.eu lo experimenta in tote ocasiones in-que importa transmeter un message unic a un publico de varie idiomas neo-latin : per exemplo, afin de traducer textos (tecnic o literari), o sure internet, o in publicitat, o pro auxiliar le television trans-frontier, non obliviando le teatro... E vos aprendera plus del latino moderne per le adresse : www.interland.eu