Culture

Oscars: Je voudrais remercier mon faire-valoir

Temps de lecture : 2 min

Un hommage en vidéo aux performances d'acteurs subtiles des faire-valoir hollywoodiens, qui permettent à leur partenaire à l'écran tapageurs d'obtenir un Oscar.

REUTERS/Brendan McDermid
REUTERS/Brendan McDermid

Dans son discours de remerciement lors des Golden Globes de janvier, au cours desquels il a reçu le prix du meilleur second rôle pour son interprétation électrique de l’ancien boxeur drogué Dicky Eklund dans Fighter, Christian Bale a salué celui avec qui il partage l’affiche, Mark Wahlberg.

Mais plutôt que de lui passer une typique pommade, il a élaboré sur la relation yin-yang qu’ont les acteurs à l’écran: «On peut seulement jouer de façon tapageuse comme je l’ai fait quand on a un pilier silencieux», a-t-il dit, faisant référence à la performance stoïque de Wahlberg dans le rôle de Micky Ward, le petit frère d’Eklund et ancien champion dans la catégorie poids super-légers. «J’ai joué un de ces rôles à de nombreuses reprises, et on ne le remarque jamais. Bravo pour cette performance, parce que sans elle on ne s’en serait pas tiré.»

En prenant exemple sur Bale, nous avons décidé de regarder de plus près des performances d’acteurs qui, par comparaison, sont sobres et élégantes, et ont rendu acceptables les plus tape-à-l’œil appâts à Oscar.

Ce n'est pas un secret, les récompenses de meilleures performances d'acteur vont souvent à ceux qui jouent le plus —d'où l'amour du jury pour les acteurs qui jouent des fous, des malades, des handicapés, des étrangers, ou des cas sociaux. Cela ne signifie pas qu'une performance démesurée ou hors-normes ne peut être superbe. Bale tente une échappée solo avec sa performance dans The Fighter, mais tire bien au dessus de la transversale.

On reconnaît rarement que, sans un personnage normal pour rééquilibrer la balance, une performance grandiose ne serait pas supportable: il faut que l'on puisse se rapporter à une réalité identifiable. Même le plus subtil, le plus faible des seconds rôles peut rééquilibrer une performance spectaculaire, et offrir ainsi à l'audience une contrepartie à laquelle elle peut s'identifier, face à un personnage outrageant ou fou.

Tout le monde se concentre sur Bale dès qu’il apparaît à l’écran, mais Wahlberg est le cœur tranquille de Fighter. Il porte le film sur ses épaules, en internalisant ses démons là où Bale se bat ouvertement avec eux. Notre diaporama s’intéresse à 10 performances en ton mineur, sans tambour ni trompettes, qui ont accompagné de célèbres gagnants majeurs des Academy Awards.

Eric Hynes

Traduit par Cécile Dehesdin et Clément Larrivé

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