Les taxis parisiens en guerre contre Autolib'
Les taxis parisiens n'aiment ni les Vélib', ni les motos taxis, ni les «taxis pirates». Ils s'attaquent maintenant à Autolib'. Mais qui s’attaquera aux taxis parisiens?
- Un taxi londonien devant la Tour Eiffel. REUTERS / Charles Platiau -
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Le taxi parisien est un mythe. D'abord parce qu'il est légendaire dans le monde entier, au sens où New Yorkais ou Barcelonais passés par la capitale française ont tous une histoire de taxi introuvable le samedi soir à raconter, mais surtout un mythe au sens où il n'existe pas vraiment. Car si la définition universelle du taxi correspond à un véhicule avec chauffeur acceptant de vous conduire d'un point A à un point B contre rémunération, force est de constater que ce concept n'est encore qu'à l'étude à l'intérieur du Périf'...
Ah, il y a bien une sorte de marché gris de la licence de taxi sur lequel acheteurs et vendeurs organisent la pénurie en protestant énergiquement dès qu'il est question d'en abolir le numerus clausus, mais on est plus dans l'investissement spéculatif que dans le transport de personnes.
Bon, ok, j'exagère un poil: on recense
effectivement quelque 15.000 taxis à Paris, mais c'est un effectif inférieur à
celui de 1920 (20.000) et l'on imagine que les besoins en déplacements ont
légèrement augmenté depuis les Années Folles. Du coup, inutile d'en chercher
en sortant du cinéma ou du restaurant, voire pour vous rendre à un rendez-vous
professionnel à 9h00 du matin.
Vous pouvez toujours, si vous en avez les moyens, vous abonner à l'un de ces services exclusifs que proposent les
grandes centrales type G7 ou Taxis Bleus et être prioritaire en réservant par
téléphone mais, on le voit, on s'éloigne encore un peu plus de l'idée de la
bagnole ultra-disponible que l'on hèle depuis le trottoir, London style.
On sait néanmoins, depuis Aristote, que la nature a horreur du vide et que, lorsqu'un besoin n'est pas satisfait, débarque toujours un petit malin pour tenter sa chance. Le petit malin est d'ailleurs parfois un gros rusé, comme dans le cas de JCDecaux et de ses Vélib', mais il peut aussi être l'un de ces flibustiers indépendants qui vous achemine de la gare de Lyon à Roissy à califourchon sur une Honda GoldWing 1800 cc.
Ont aussi fleuri, ces dernières années, les services de navettes collectives vers les aéroports qui permettent de réduire les coûts, ainsi qu'une poignée de taxis clandestins.
«Taxis pirates»: les pouvoirs publics luttent contre les chômeurs
A chaque initiative de ce genre, les professionnels ont bruyamment manifesté leur colère, la valeur des licences étant logiquement affectée par ce surcroît de concurrence. On est pourtant fasciné par le fait que les autorités préfèrent renforcer les équipes de chasseurs de «taxis pirates» au lieu de transformer ces derniers en taxis véritables. Lorsqu'un chômeur décide d'aller draguer les malheureux qui font le pied de grue le soir place de l'Opéra, c'est peut-être qu’il s'est inventé un job, pas un moyen de nuire à la société…
Mais voici que les syndicats de taxis s'inquiètent de l'arrivée prochaine d'Autolib', un réseau de petites autos électriques en libre-service conçu sur le modèle du Vélib'. Ils sont d'ailleurs venus manifester mardi devant l'Hôtel de Ville, profitant de l'occasion pour protester contre la piétonnisation des voies sur berges.
Bertrand Delanoë, on s'en doute, ne mettra pas ce projet à la poubelle parce que les taxis sont en pétard. L'édile PS pratique évidemment le tri sélectif et il ne saurait sans doute pas dans quel bac le verser... Mais l'on peut craindre que, cherchant l'apaisement, il se fasse l'avocat des taxis auprès de la préfecture pour le maintien du numerus clausus à son niveau actuel.
Quoi, les taxis auraient autant de pouvoir? Eh bien oui: en 2008, il avait suffit d'en mobiliser quelques dizaines porte Champerret pour forcer François Fillon à se désolidariser des propositions de libéralisation du secteur contenues dans le rapport Attali, les syndicats professionnel obtenant même, en bonus, une augmentation de 4% de leurs tarifs!
Fameux lobby, que ces taxis parisiens… Encore que: s'il faut vraiment s'étonner du poids politique d'une corporation aussi anodine, c'est plus plutôt vers Marseille qu'il faut se tourner, où les taxis locaux ont réussi à faire interdire les huit vélos-taxis électriques qui promenaient les touristes autour du Vieux-Port au titre de la concurrence déloyale!
Allez, encore un effort, les parigots: tous ces marchands de chaussures, quelle terrible provocation!
Hugues Serraf
Mis à jour le 23/04/2011 à 17h05














































Histoire de défendre les "loueurs" exploités cela dit, la pénurie est surtout flagrante les nuits de weekend entre 2 et 4h, et le fait qu'un milliard de taxis soient en permanence stationnés dans les aéroports n'aide pas pour le reste. Mais en effet, vivement qu'on les concurrence.
vous aimez critiquer car c'est tres tres vendeur, je doit dire comme tout journaliste vous savez vous placez pour sortir gagnant ! bref sachez que les parisiens ne prennent le taxi que le weekend ce qui créé un désiquilibre entre l'offre qui est abondante pendant 90% de la semaine et la demande qui afflue le samedi soir, donc votre histoire de numerus clausus ne tient pas debout et ne pourait regler le probleme sinon d'augmenter l'offre en semaine qui est déja énorme...
Bref les solutions sont rares a ce sujet, déja l'une d'elles est l'obligation de commencer le travail entre 15h et 18h fin de service entre (2h et 5h du matin) pendant 3ans pour les chauffeur ayant bénéficié de la plaque verte...
parlant de mythe, souvent on fait l"éloge des taxi londoniens et de son offre toujours disponible, aller a londre vous rencontrerez le MEME PROBLEME LE SAMEDI SOIR ! c'est la loi de l'offre et de la demande le marché est ainsi fait il ya des moments ou le désiquilibre se fait.
Je vis à Londres depuis 4 ans et ça n'a rien, mais alors rien à voir avec la situation à Paris, ie c'est 10 fois mieux.
Aussi le Samedi soir à Paris, 4 taxis sur 5 refusent de vous emmener au delà du périph...
Les taxis parisiens sont pour moi la meilleur raison de garder ma voiture et de les éviter.
Ce que cette profession n'a pas compris, c'est que plus il y a de taxis, plus il y de clients. Si je sais que je peux trouver facilment un taxi pourquoi garder ma voiture? Mais si je sais que je ne peux pas compter sur eux, alors je garde ma voiture ce qui limite le marché de cette profession.
Parce que la réalité est bien ce qui est décrit dans les autres commentaires : oui le samedi soir, il est impossible de trouver un taxi, mais le vendredi soir, le jeudi soir, en journée... c'est la même galère. Ce que vous dites n'est qu'un honteux prétexte pour que les courses du samedi soir soient passées en tarif C.
Oui j'ai marché 2h sous la pluie glaciale un mercredi soir pour trouver un taxi, oui j'ai payé 30€ pour faire bastille->daumesnil parce que le taxi laissait tourner son compteur pour programmer son GPS, oui je me suis fait insulter par un taxi pour avoir osé lui dire de prendre le périph dans l'autre sens parce que c'était plus court, oui je suis descendu en plein milieu d'une course parce que le mec hurlait au portable avec la zik à fond, oui j'ai du payer 20€ de supplément pour court-circuiter les 300m de queue gare montparnasse un dimanche soir.
Et que dire de cette conversation édifiante avec ce chauffeur qui avouait ne déclarer que 700€ par mois pour éviter de payer les impôts, ce qui expliquait au passage pourquoi les taxis ne prenaient quasiment jamais la carte bleue ?
Des taxis, il y en a trop peu et ils sont trop chers, et comme le dit le cours n°1 d'économie de classe de seconde, il faut augmenter l'offre. Mais non, rien à faire, c'est de pire en pire, et on doit en plus supporter leurs rengaines sur les "connards en vélib" dans leurs grosses berlines hypertunées.
Je voudrais rejoindre une association qui fasse un peu bouger les choses, monter un mouvement pour montrer le mécontentement des usagers, il faut que nous nous exprimions car je pense que les attaques à la batte de base-ball vont se multiplier.
-- un écoeuré
Par example pour aller de la Gare de de Lyon a Velizy a 9h du matin (situation vecue encore hier matin) BON COURAGE pour trouver un taxi qui veuille bien vous emmener. Leurs geremiades du genre : "si je vais a Velizy , je ne peux charger personne la bas , donc je peux pas vous emmener" je m'en fous , ca ne m'interesse pas je suis LE CLIENT.
Pour moi (deplacements professionels) ca n'est meme pas une question de prix, juste de professionalisme et d'attitude. Je voyage dans le monde entier, et partout on trouve des taxis immediatement. Quand mes collegues Americains viennent en deplacement a Paris, ils ont tous des histoires d'horreur a raconter avec les taxis Parisiens, quelle honte pour notre pays et quel accueil deplorable.
Vivement la concurence, la seule facon de faire changer votre attitude.
Outre ceux déjà évoqués, il est un aspect dont on parle peu à Paris qui est une ville de DINKs, c'est l'utilisation du taxi en famille. Demander à un taxi s'il a un siège enfant, voire appeler une centrale pour réserver une voiture avec siège-auto est une expérience à faire. Ce serait un peu comme demander à une nonne si elle a des préservatifs. Un truc totalement incongru.
Fort de tous ces griefs, j'en ai discuté un jour avec chauffeur qui avait l'air ouvert. Il appuyé sur ce paradoxe : "oui c'est vrai les taxis sont chers, oui ils sont introuvables et pourtant je ne gagne pas ma vie." Ah oui tiens, il est vrai qu'on se plaint de leur tarif et pourtant les chauffeurs de taxis se payent rarement des duplex sur l'ile Saint-Louis.
Alors que faire ?
Il me semble qu'on est en face d'un cercle vicieux : les taxis sont chers, alors les Français les utilisent peu ce qui les obligent à augmenter encore leurs tarifs. Mon chauffeur me parlait de la "culture du taxis" qui existerait par exemple à New-York. Là-bas, quand un taxi dépose un client il est quasi-certain de retrouver quelqu'un dans la minute. A Paris, ce n'est pas le cas et ce phénomène est accentué par la construction centrifuge de la cité : les gens prennent des taxis depuis le centre vers la périphérie.
Amsterdam = le nombre de taxi en service à un moment T est géré par un ordinateur qui, basé sur les stats du passé fait en sorte qu'il y ait toujours le bon nombre de taxis dans les rues. Point de vue usagers ça marche super. Apparemment les chauffeurs sont contents; ils ont une bourse d'échange des tranches horaires. Les prix sont raisonnables. Toujours des supers bagnoles, souvent américaines.
Londres = deux ans minimum d'études pour assimiler "The knowledge". C'est à dire 60 000 kilomètres d’itinéraires dans la ville géante. Ils sont toujours plus efficaces et plus rapide que le meilleurs des Tom Tom. La mémoire des "cabbies" a fait l'objet d'une étude neuro-biologique pour la compréhension de la maladie d'Alzeimer. Traditionnellement du East End ( Cockneys), le cabby est cool et, une fois sa licence repayée, ne bosse pas plus de 25 heures par semaine. Très longtemps, fief des émigrants Ashkénazes qui vivaient à Whitechapel ou Bethnal Green, encore très présent dans la profession, surtout chez les chauffeurs âgés. Le Cabby londonien est un personnage : souvent un peu bandit, mais toujours gentil. Quand même assez cher, ils sont les seules à pouvoir prendre des clients dans la rue. Leur concurrents, 1/ les minicabs, des vielles caisses pourries conduites par des gens qui n'ont des fois pas le permis de conduire 2/ les limos, pas beaucoup plus cher et infiniment plus sexy, surtout quand vous sortez de chez Brown's à 3 plombes du mat avec deux super models au bras et un découvert de £10000 à la NatWest... demain il fera jour ;-)
Lisbonne: des taxis par centaines, toujours libres, jamais plus de €10 pour traverser la ville ou aller à l'aéroport... paradis des vielles Mercedes rafistolées à mort avec 1 million de KM au compteurs. Trop d'offres, pas assez de demande. La nuit, le chauffeur est raide défoncé ( coke, héro, pinard alentejano suivant l'age du chauffeur) à 120 dans Lisbonne, frissons garantis!
D'autres exemples?
Ici point de queue ni d'attente. Vraiment! Quelque soit le jour ou l'heure, vous êtes toujours sûr de trouver un taxi. Les tarifs sont relativement cher (comme la vie ici). Il existe plusieurs compagnie de taxis, qui se distingue par la couleur des véhicules.
Du coté de Ginza, shimbashi (quartier de bureau), il n'est pas rare le soir de voir des embouteillages de taxis!! Il faut dire que les tokyoites utilisent peu la voiture (chère et compliquée) et préfèrent largement le système ultra performant de train et les taxis passé minuit.
Pour revenir à ceux-ci: Les chauffeurs sont courtois et aimables, le GPS est présent dans tous les véhicules, les portes s'ouvrent et se ferment automatiquement... Bref, un service impeccable!
Au Japon, le pays du service par excellence, le client est roi, l'offre pour le satisfaire (dans tous les domaines) est excellente, et la concurrence fonctionne assez bien.
J'ai vécu dix ans à Paris, et j'ai entendu et vécu un nombre d'histoires parfois drôle (comme ce chauffeur qui descend pour m'ouvrir la porte) mais souvent pathétique (trop pour raconter ici!)
Alors oui, à quand une véritable décision politique pour offrir un service de qualité digne de ce nom.
Et quelqu'un saurait il comment fonctionne le lobby/syndicat des taxis parisiens? Ce serait intéressant d'avoir des infos.
Il faut le lire pour le croire ! Je propose aux chauffeurs de taxis de prendre de cours de marketing et de commerce puique c'est un fait : les taxis parisiens ne sont pas capable de satisfaire la demande. Autrement dit, il y a bien une supériorité de la demande, mais les taxis ne veulent pas partager. Tout pour eux. C'est un droit ! Pas touche au grizzbi ! Mais, finalement, la stratégie actuelle (quasi marché noir des licences, reventes qui ne rapportent rien à l'Etat, usagers pris en otage, qualité du service à minima puisque pas de concurrence...) peut encore fonctionner qqs décades.... puisque nos politiques (élus par nous ? ) ne souhaitent pas se facher avec les puissants syndicats. Bref, les seuls avantages restent pour cette grande corportation professionnelle qui finalement se moquent du service rendu au client. Ce serait interessant de calculer le CA potentiel si toute la demande était satisfaite.... Et on parle d'emploi, de chomage, de pouvoir d'achat...
Je suis un chauffeur de taxi débutant, indépendant et sans radio. J'ai acheter ma licence 200.000€ en passant par un organisme qui s'occupe de trouver un vendeur, contrairement à ce qu'avance "comedienne", j'ai du faire un chèque de 5.500€ à l'ordre du trésor publique pour ce transfère.
Certain soir le travaille est là, les clients sont content d'avoir enfin trouver un taxi mais les journées sont longue, après une courses à 25€ pour Orly, j'ai attendu 90 minutes pour revenir sur Paris. Je gagne tous juste le SMIC horaire, par chance je peux faire 11h par jours, s'ajoute à ça un temps pour l'aller et le retour "au travaille". Si je gagne 250€ dans la journée pour 250km, je sais que 100€ vont dans les charges (Usure du véhicule, carburant, comptable, téléphone...) sur les 150€ restant je paye l'équivalent des charge sociale patronale et salariale soit 50%, donc après 11h de travaille je gagne 75€ sur le qu'elle je vais encore payé des impôts (Comme tous le monde). Mon crédit est aussi considéré comme un revenue.
Au final on se dégage un revenue agréable mais pour un fort nombre d'heure.
Ajouter des licences je ne suis pas contre mais pas n'importe comment. Le samedi soir, il y a un réel besoin, les autres jours de semaine ça va être une catastrophe pour ceux qui on un crédit sur le dos !
Je trouve que le client paye chère ! C'est un truc de fou, j'ai à peine fait 1km en 4/5 minutes qu'il y à 5/6€ au compteur, mais au final j'ai gagné combien ?
Pour info, je suis un chauffeur en chemise et pantalon habillé, je vais ouvrir la porte au client si j'ai le temps (Le client est habitué à ce débrouillé alors ça les surprend d’être assisté), je dit bonjours, j'enclenche mon tarif seulement après que mon GPS est calculé l'itinéraire (D’ailleurs certain client râle car eux il veule allez vite !). Je suis dans l'optique que l'on ne doit pas refusé de courses, car si c'est le cas alors une concurrence à raison d'exister, d’ailleurs elle existe, ce n'est pas Vélib ou encore nouvellement Auto-lib mais d'autre société qui sorte uniquement sur réservation.
Il reste quand même des aberrations au niveau de la réglementation. Surtout le samedi soir, si un client demande d’aller en banlieue il se verra refusé et pourquoi donc ? Avez vous cherché à comprendre pourquoi ? Tous simplement car contrairement à la semaine, nous n’avons pas "d'indemnité" pour le retour. Par exemple en journée, vous roulé en A, vous passer le périf en B puis quand on sort du 92/93/94 (Je simplifie) on passe en C. Le retour est donc payé par le sur-cout du C. Alors que le samedi soir, le client paye C dans Paris et en dehors, intérêt de sortir de Paris ? Aucun ! Si le seul, c'est que enfin vous pourrez vous poser deux minutes pour faire "pipi"...