Homoparentalité: le danger de la dépossession de la filiation
Quels sont les principaux arguments d'un des adversaires de l’homoparentalité, le psychanalyste Jean-Pierre Winter?
- REUTERS/Philippe Wojazer -
Qui a voix au chapitre pour dire ce qui doit être autorisé ou interdit en matière de procréation médicalement assistée et de filiation?
Pour l’heure, le législateur français a choisi: l’assistance à la procréation est «médicale»: réservée aux couples composés d’un homme et d’une femme souffrant de stérilité ou d’hypofertilité.
Quant au Conseil constitutionnel, il vient de choisir de ne pas répondre à la question qui lui était posée, celle d’un véritable «mariage» entre deux personnes du même sexe.
C’est ainsi dans la France de 2011. Pour autant, les interdits n’interdisent nullement de débattre. En témoignent les énergies développées par tous ceux qui estiment que dans ces domaines la France est «en retard»; que le «pays des droits de l’homme» bafoue les nouveaux droits auxquels prétendent aujourd’hui certaines personnes homosexuelles: le droit de se marier, avec son corollaire le droit d’adopter –à deux– des enfants. Nous sommes ici, on le sait, dans le champ de cette nouvelle entité –mi-concept, mi-bannière— qu’est l’«homoparentalité».
Débattre de l’homoparentalité certes, mais avec qui? Les partisans de l’inscription de ces nouveaux droits dans le marbre de la loi tricolore recrutent sans mal dans différentes disciplines. On retrouve ainsi des sociologues, des juristes, des anthropologues, des psychanalystes qui soutiennent le milieu associatif en développant différentes catégories d’arguments.
Ces nouveaux croisés nous disent tous qu’il faut en finir au plus vite avec un corsetage législatif et moral datant d’un âge qui n’est décidemment plus le nôtre.
Leurs adversaires sont généralement plus discrets. Pourquoi? Soit parce qu’ils redoutent d’être publiquement qualifiés de «réactionnaires/rétrogrades» par ceux qui s’autoproclament «progressistes/éclairés»; soit –ce qui est plus vraisemblable— parce qu’ils n’ont que très difficilement accès à des espace médiatiques.
Ces derniers sont de longue date plus ouverts aux «sans-culotte» de façade en quête de nouveaux droits qu’aux partisans du maintien de l’existant.
Et dans ce contexte, les représentants du corps médical sont peu présents dans le débat. Le sont-ils qu’ils expriment majoritairement leur opposition à ce qui est de l’un des corollaires de l’entreprise: la dépénalisation de la pratique des «mères porteuses»; gestuelle ici indispensable que des couples homosexuels masculins puissent un jour venu devenir parents.
Débat impossible donc? Peut-être pas. Et ce grâce notamment au psychanalyste «lacanien» Jean-Pierre Winter et à son dernier ouvrage intitulé Homoparenté. L’homme assure n’être en rien «homophobe». Pour autant, il est radicalement opposé à l’«homoparentalité».
Il dénonce le fait que de nombreux spécialistes ayant joli pignon sur belle cour estiment que les psychanalystes n’ont pas, ici, voix au chapitre: des «sociologues comme Eric Fassin», des «juristes comme Marcela Iacub ou Daniel Borrillo» et même «des personnes qui se réclament de la psychanalyse comme Sabine Prokhoris».
Les raisons d’une telle excommunication? Le psychanalyste ne saurait, par définition, jouir du statut de l’«expert». D’où ce thérapeute autoproclamé de la thermodynamique individuelle des inconscients humains saurait-il produire des normes sociales? Et si cet atypique doit être présent dans le débat public, c’est au mieux pour accompagner les «avancées sociales», en aucun cas les contester. Tel n’est pas, euphémisme, le point ce vue de l’auteur.
On sait qu’il n’est pas un psychanalyste qui ne s’intéresse aux mots; aux mots qui «donneraient sens». Jean-Pierre Winter débute son dérangeant propos avec celui de «parentalité», concept se substituant aujourd’hui régulièrement à celui de «parenté»; concept qui est selon lui hautement plus important que le terme «homo» auquel il est associé.
«Pourquoi remplacer un mot par un autre? L’introduction du terme de “parentalité” annonce une transformation, sinon une déformation de la notion de parenté. Elle signifie tout aussi clairement un déni, le déni des enjeux de cette “novlangue” familiale qui semble s’imposer aujourd’hui chez certains sociologues et dans les médias, et qui est reprise par les politiques. L’usage du terme de parentalité indique un déplacement de sens. La parenté est un système de places centré sur la différence des générations, c'est-à-dire sur la reconnaissance du fait de la procréation: il y a eu relation sexuelle entre deux êtres, l’un masculin, l’autre féminin, il y a eu du désir et un engagement des corps (…). “Parentalité” prend ses distances par rapport à cette signification première et met l’accent, un accent presqu’exclusif, sur le rôle éducatif des parents. Alors que le vocable parenté recouvre tout autre chose.»
On peut passer rapidement sur l’un des arguments régulièrement avancé par les partisans du fait accompli. Ces derniers font valoir qu’il existerait aujourd’hui en France entre 30.000 et 300.000 enfants d’ores et déjà élevés au sein de l’intimité de couples homosexuels. Comment, dès lors, le législateur pourrait-il ne pas suivre l’évolution des mœurs? On invoque ici notamment l’intérêt de ces enfants sinon le «droit» des couples homosexuels à être reconnus en tant que couples parentaux de plein droit.
Suivre l’évolution des mœurs? On le retrouve ainsi pour ce qui est de la pratique des mères porteuses, de la commercialisation des ovocytes ou encore du suicide médicalement assisté.
Résumons: puisque des citoyens français peuvent bénéficier de telles pratiques à l’étranger pourquoi ne pas les autoriser dès maintenant en France? Dans le même ordre d’idées, il est fait état aujourd’hui en France d’un nombre de 50.000 à 150.000 enfants vivant dans des foyers polygames sans que personne ne songe pour autant à légaliser la polygamie, observe Jean-Pierre Winter.
Ce dernier prend soin de prévenir l’émergence de quelques remugles. Aussi souligne-t-il d’emblée que nul ne doute ni des capacités pédagogiques ni de l’amour que les couples homosexuels sont à même de mettre au service d’enfants dont ils auraient la charge.
Mais il ajoute aussitôt qu’élever un enfant ne saurait suffire à l’inscrire dans une filiation.
«Il ne s’agit pas dans cet ouvrage d’essayer d’empêcher les homosexuels d’élever des enfants! Le problème que nous voulons faire entendre n’est lié qu’à ce que certains d’entre eux réclament, à savoir le titre légal de parents par l’inscription de l’homoparentalité dans la loi.»
Se fait-il entendre? L’entend-on quand il explique que vouloir inscrire dans l’état-civil qu’un enfant est né (non plus de son père et de sa mère) mais bien d’un parent A et d’un parent B du même genre revient à déposséder volontairement cet enfant d’une moitié de sa filiation?
Nous ne sommes plus là dans le champ de l’«homoparentalité» sectorielle mais bien dans celui de l’«homoparenté» collective.
Et, paradoxe ou pas, cette dépossession volontaire d’une fraction de la filiation est souvent prônée par une fraction de ceux qui réclament (pour d’autres enfants) le droit à la transparence sur les origines biologiques.
On peut le dire autrement: modifier dès aujourd’hui la loi afin de cautionner de tels arrangements généalogiques saperait les structures de la parenté telles que nous les connaissons.
Pour l’auteur, l’urgence est à la fois de maintenir les interdits tout en réfléchissant collectivement aux conséquences qu’entraînerait le déni du fait que la parenté est –ne peut être que– le fruit de l’hétérosexualité.
Une erreur majeure consiste ici à brouiller (volontairement ou pas) les pistes en entretenant la confusion entre la question de l’«homoparenté» et celle de l’homosexualité et de la place de cette dernière dans notre société. Ces deux questions sont régulièrement confondues alors même qu’elles ne sont pas de même nature.
«La demande des "homoparents" déborde sur une autre question qui, elle, concerne tout le monde: celle de la filiation, dans sa dimension à la fois symbolique et biologique, celle des répercussions de toute perturbation de ces liens, particulièrement si elle est volontaire ou légale, souligne Jean-Pierre Winter. Il n’y a évidemment aucune certitude sur ce qui pourrait en résulter dans l’avenir, mais le présent ouvrage est destiné à réfuter l’idée qu’il suffirait d’émettre une proposition de nouveauté pour qu’elle soit considérée comme progressiste et démocratique.»
Débat impossible? Sans doute pas comme en témoignent les récents échanges réalisés entre l’auteur et certains de ses plus solides adversaires, comme Serge Hefez psychiatre et psychanalyste ou Sabine Prokhoris psychanalyste et militante de l'association des parents et futurs parents gays et lesbiens.
Débats potentiellement violents et stériles dira-t-on. Peut-être. Mais débats d’autant plus nécessaires que la question de l’acceptation collective de l’«homo/parenté/parentalité» s’inscrit dans un contexte autrement plus large; un contexte doublement issu des avancées médicales et scientifiques.
D’abord avec le développement de la contraception hormonale qui a très largement ouvert la voie à la dissociation progressive entre relations sexuelles et procréation (suivis par la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse).
Ensuite avec les progrès majeurs réalisés dans la lutte contre la stérilité humaine qui ont permis de multiplier à l’infini les possibilités de procréation avec tiers.
De ce point de vue, le chapitre de l’«homo/parenté/parentalité» ne peut être dissociée de l’ensemble des problématiques contemporaines concernant la filiation (accouchement sous X, mères porteuses, anonymat des donneurs de sperme, commercialisation des cellules sexuelles féminines etc.) qui, de diverses manières, remettent toutes en cause quelques interdits fondamentaux.
On ne pourra certes pas faire ici l’économie des violences inhérentes aux affrontements entre désirs individuels et tabous collectifs. On peut aussi espérer que dans ce domaine l’heure des échanges éclairés et démocratiques n’est pas, déjà, révolue.
Jean-Yves Nau
















































Jean-Yves Nau, sous prétexte de poser les termes d'un débat passionnel qui opposerait tenants de la parenté et tenants de la parentalité, reprend une définition de la parenté donnée par J-P. Winter qui me paraît étrangement biaisée : en effet, si l'on peut être d'accord sur la fait que "la parenté est un système sur la différence des générations, c'est-à-dire sur la reconnaissance de la procréation", ce qu'il rapporte ensuite est UNE POSSIBILITE mais pas nécessairement une REALITE y compris dans un couple hétérosexuel. Il rapporte donc, à la suite du psychanalyste, que dans la procréation "il y a eu relation sexuelle entre deux êtres, l'un masculin, l'autre féminin". C'est plus que contestable: il conviendrait de dire qu'il y a eu mise en relation de gamètes féminins et masculins sauf à considérer que les naissances avec tiers donneur ne sont pas de la procréation... Quant à la fin, de la définition elle est simplement stupide et chacun peut le mesurer : "il y a eu du désir et l'engagement des corps". Chacun peut avoir fait l'expérience qu'il peut y avoir désir sans engagement des corps et engagement des corps sans désir". A mon avis cela se saurait si ceux qu'on appelle les enfants du viol étaient nés de désir ou si tous nos ancêtres d'avant la pilule étaient nés d'un désir...
A partir d'une définition aussi sujette à caution comment peut-on prétendre raisonner avec rigueur? Personnellement j'ai un parti pris, d'homosexuel et père d'un bébé de sept mois qui n'a toujours pas de papiers français (alors qu'il a un acte de naissance indien apostillé avec mon seul nom - ce qui est un cas de figure qu'on peut parfaitement trouver en droit français parce qu'une femme française a, elle,le droit de ne pas vouloir que son nom apparaisse sur l'acte de naissance de l'enfant qu'elle met au monde mais que notre MERE PATRIE ne reconnaît pas ce droit aux femmes indiennes -)et qui souffre du fait que CERTAINES FEMMES, CERTAINES FEMINISTES ET CERTAINS PSYCHANALYSTES SAVENT CE QU'EST LA PARENTE ET CE QU'EST UNE BONNE FILIATION. Jusqu'à preuve du contraire ce sont EUX, ces EXPERTS qui privent mon fils d'accès à sa filiation, à sa nationalité française puisque je suis français, au droit de vivre sur le sol de la République ou de voir son père l'élever dans le cadre d'un congé parental puisque mon ministère - le bien nommé, l'éducation NATIONALE - se demande si j'ai droit à un congé parental pour élever mon enfant en Inde.
Cela c'est du concret, pas de la "réflexion" d'experts auto-proclamés qui s'interrogent sur des droits de l'enfant à sa filiation ou du droit à l'enfant (des homosexuels célibataires ou en couple) mais qui ne s'interrogent pas sur le droit de l'enfant à sa filiation quand une femme a accouché sous X.
Ainsi, il est totalement faux d'affirmer que les représentants du corps médical qui s'expriment sont majoritairement opposés à la légalisation de la Gestation pour autrui. Le CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) a mené une réflexion sur l’autorisation éventuelle en France des gestations pour autrui. Il a ainsi fait connaître son avis favorable, publié le 25 juin 2009 et consultable sur son site : http://www.cngof.asso.fr/D_PAGES/MDIR_67.HTM
Cet avis ne faisait que confirmer les résultats d'une étude réalisée auprès de 600 praticiens par le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France et le Groupement pour l’étude de la fécondation in vitro en France qui montre que 62% des personnes interrogées sont favorables à la légalisation de la GPA.
Autre erreur de taille : l'état civil n'indique pas du tout de qui est né l'enfant, mais qui sont ses parents au regard de la société. Nul part il est inscrit "né de", ce sont les mentions "père" et "mère" qui indiquent la filiation. Ainsi, un enfant adopté a le même état civil envers ses parents que s'il était issu d'une relation sexuelle de ces parents. Donc il est particulièrement faux d'affirmer que la filiation est d'ordre biologique.
Enfin, Sabine Prokhoris n'est pas une militante de l'Association des Parents Gays et Lesbiens comme l'affirme le lien que vous avez mis à son sujet, mais une psychanalyste. J'observe que ce lien qui cite un article du NouvelObs est celui de l'association Familles de France, aux positions très catholiques traditionalistes. Exactement comme celles de JP Winter. C'est pourquoi je trouve déplacé l'utilisation du qualificatif de "croisés" que vous mettez aux personnes qui militent pour la reconnaissance de l'homoparentalité, alors que la démarche de JP Winter dont les virulences contre toute forme de reproduction médicalement assistée avec tiers sont nombreuses et reprises par les media cathos, relève bien de la croisade religieuse.
Fondements naturalistes : je suis un être humain donc je dois avoir des enfants ? Survie de l'espèce ? Fondement "humaniste/libéraliste" : tous le monde doit pouvoir avoir des enfants ? Fondement "libéraliste pur" : la technique le permet donc les gens font ce qu'ils veulent ? Fondement indivudalsite : en tant qu'individu j'ai le droit de faire ce que je juge bon, et reconnu comme individu je dois pour voir jouir des même droit égaux que les autres individus ?
J'ai envie de dire que il faut assumer ses choix, et j'espère que la mère indienne sus mentionné n'est pas retourné croupir dans son "slum" de Bombay ou d'ailleurs pendant que vous vivez l'idylle avec votre enfant légal. Pourquoi ne pas avoir adopter plutôt que de vouloir forcément "un enfant" à son image narcissisme poussé à l'extrême s'il en est.
Je suppose que c'est à mon post que vous réagissez alors je me permets de vous répondre et j'arrêterai là car il ne sert à rien de polémiquer sur ces questions.
Je pense parfaitement assumer mes choix puisque je m'exprime à découvert, sous mon vrai nom contrairement à beaucoup de gens qui font la même chose que moi de manière cachée. Ce que je dénonce ici, c'est qu'on fasse payer à des enfants des choses dont ils ne sont pas responsables mais visiblement vous avez répondu un peu vite, sur une question que vous pensez philosophique sans en maîtriser les tenants et les aboutissants juridiques.
Il y aurait fort à dire sur l'adoption et c'est évidemment la solution à laquelle j'ai pensé en priorité mais sans doute n'avez-vous, vous jamais réfléchi au parcours du combattant que cela représente pour un célibataire homme qui n'a pas l'intention de mentir sur son orientation sexuelle.
Ce qui me fait réagir ce sont vos questions à propos de la GPA: je trouve fort de café que ce genre de questions vous les posiez à un homosexuel célibataire ou en couple mais pas à un couple hétérosexuel. C'est vrai de quelles qualités, compétences, nature spécifiques un COUPLE HETEROSEXUEL dispose-t-il pour avoir droit à un enfant sur la base d'une procréation médicalement assistée? Je reprends vos questions et je les parodie - je les trouve simplistes - car ELLES PEUVENT/DOIVENT SE POSER ET PERSONNE NE LES POSE:
"Fondement naturaliste? nous sommes un couple donc nous devons avoir des enfants? Survie de l'espèce? Fondement humaniste/libéral? Tout le monde doit pouvoir avoir des enfants? Vous êtes stériles (médicalement) assumez donc votre condition humaine et adoptez. Fondement libéral pur : la technique le permet donc nous faisons ce que nous voulons... Posez la question aux couples stériles qui procèdent à une AMP et vous verrez s'ils font ce qu'ils veulent. Personnellement oui je crois que puisque la technique permet un certain nombre de choses elle doit être utilisée pour améliorer la vie des individus et quel que soit le cas de figure, la technique mise au service de l'enfantement donc de l'apparition d'une nouvelle vie me paraît plus justifiée que quand on l'emploie à la fabrication d'armements ou à ma mise au point de gadgets inutiles dont déborde notre société de consommation. Fondement individualiste : en tant qu'individus nous avons le droit de faire ce que nous jugeons bon et en tant qu'individu nous pouvons jouir de droits égaux aux autres individus... Cela me paraît le minimum dans une société démocratique qui a pour devise "Liberté, égalité, fraternité" ou alors vous fabriquez un apartheid soft. Au risque de choquer, je rappellerai qu'au moment du scandale du sang contaminé, les hémophiles ont revendiqué le droit de sauter à l'élastique et que personne n'en a fait un drame. Dans le même groupe de questions que vous soulevez, la question du narcissisme me fait sourire : faire un enfant seul c'est NARCISSIQUE, mais à deux?.. C'EST NORMAL, C'EST NATUREL, j'oubliais ces deux beaux mots que la société brandit lorsqu'il s'agit d'hétérosexualité. Mon bébé est blanc, par accident, j'aurais préféré qu'il fût métis pour qu'on sache que la femme qui lui a donné la vie était indienne, pour que des gens comme vous soient obligés de renoncer à leur accusation de narcissisme. Le hasard en a décidé autrement, nous ferons avec, mon bébé, mon ami indien et moi.
Pour terminer enfin, et puisque, in cauda venenum, vous voulez lancer l'argument qui tue, l'exploitation de la mère porteuse et de sa sortie ou son retour dans le slum, je vous répondrai que le plus court chemin pour en sortir est sans doute de devenir mère porteuse. Je ne sais pas ENCORE ce qu'est devenue la femme qui a porté mon fils mais je vous conseille de retrouver l'archive d'ENVOYE SPECIAL intitulée "les mères porteuses deux ans après..." On y voit la même jeune femme indienne qui avait très mal vécu sa grossesse (du point de vue médical) installée dans un appartement très "classe moyenne indienne", indiquant à son enfant que c'était grâce à l'argent obtenu par sa GPA qu'elles vivaient ainsi et précisant aux journalistes qu'elle voulait recommencer. Je ne sais ce que vaut ce témoignage, je souhaite simplement que la somme qui est revenue à la femme qui a porté mon fils (entre 10 et 15 ans de salaire moyen indien) lui ait permis de changer de vie. Le peu que j'ai perçu de sa personnalité à travers nos - trop rares (à mon goût) - échanges montrait une très grande volonté, une très forte personnalité. J'espère que ses deux fillettes sans père auront bénéficié de la naissance de mon fils.
Vous avez le droit d'être choqué, de vous interroger mais de grâce essayez d'intégrer à votre questionnement le commencement de réponse que je viens d'essayer d'y apporter.Souvenez-vous des réactions liées à la naissance du premier bébé éprouvette et regardez comment les choses ont évolué. Faites confiance à la nature humaine et à ceux qui ont conçu des enfants par GPA pour les élever avec amour, du mieux qu'ils pourront, sans leur mentir sur leurs origines.
Bonne journée à vous et à tous ceux qui liront ce post.
On ne peut pas se prétendre porteur d'un droit à un enfant, fondant la marchandisation actuelle et à venir des bambins. pour la simple et seule raisons que si la technique ne le permettait pas les personnes stériles, ou les couples homosexuels ne pourrait avoir d'enfant à leur image (sauf circonvolution avec une tierce personne). La seule solution était l'adoption. Reste que le fait d'aider des couples à palier face à une défaillance naturelle est bien différent du fait de faire porter son enfant par quelqu'un d'autres ou se permettre d'inséminé une tiers contre rétribution. Un enfant né de la sorte (et je ne doute que vous aimiez profondément le votre) reste un enfant d'un individu et sa volonté, non d'une création commune fondé en principe sur l'amour. Il faudrait assouplir les règles de l'adoption c'est indéniable et permettre aux homosexuels de bénéficier d'un statut "rigide" d'engagement mutuel le mariage.
Reste que la GPA est quelque chose de moralement inique, à mon sens, surtout dans le cas où ce sont les femmes pauvres qui font cette pratique. Vous avez l'exemple d'une femme qui s'en soit sortie, moi j'ai l'exemple d'une femme qui à 8 mois 1/2 se retrouve lâché par le couple (hétéro en passant) qui venait de se séparer et dont ni l'un ni l'autre ne voulait l'enfant, la femme en question a laissé l'enfant à son sort à l'hôpital... Donc bon, excusez moi si je préfère considérer qu'il est inacceptable que de telle situation puisse impunément se produire. Ce n'est parce que c'est une avancée "technique" que c'est une bonne choses, le "progrès" c'est aussi la bombe H, les gaz toxiques, les Camps etc... donc tous progrès n'est pas bon à prendre.
Et je n'ai absolument rien contre les homosexuel ni l'adoption par ces dernier d'enfants, j'ai quelque chose contre leur ouverture à la GPA (que je trouve déjà pbtique pour les hétéro), car c'est une négation supplémentaire de l'importance du lien biologique entre procréateur et l'acte de procréer (le lien génétique ne suffit pas). Mais encore une fosi ça rest emon point de vue.
Donc une base très solide, au contraire de ceux qui veulent restreindre ces mêmes droits au nom d'une morale paternaliste souvent d'inspiration religieuse.
Quant à votre raisonnement sur l'histoire du couple qui se sépare et qui laisse l'enfant à l'adoption, je pense qu'on ne peut absolument pas en tirer une justification de la prohibition de la GPA. Tout d'abord parce que des séparations avant la naissance entrainent aussi des accouchements sous X suivi d'adoption chez des couples qui n'ont pas recours à la GPA. Et qu'aussi la loi peut très bien déclarer la parenté avant la naissance envers le couple infertile pour que ces parents ne puissent se soustraire à leurs responsabilités envers l'enfant. C'est la cas dans beaucoup de pays et surtout dans la proposition de loi déposée par 70 sénateurs en vue de légaliser la GPA.