Quand la voix de la France s'éraille
Après les juges, les policiers, les gendarmes, ce sont les diplomates qui considèrent que leur mission est trahie et que la façon de conduire les affaires de l’Etat ne les met pas en situation de bien faire leur métier.
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Quand ça veut pas, ça veut pas! Et là, ça ne veut vraiment pas! Je parle bien sûr du gouvernement et du président de la République.
Après les juges et les militaires, c’est un autre grand corps de l’Etat, un corps composé de hauts fonctionnaires par nature policés, réservés, mesurés, chargés de défendre les intérêts de la France et de porter sa parole à travers le monde, une parole spécifique… Celle d’un pays qui s’enorgueillit d’avoir offert à l’univers la Déclaration des droits de l’homme.
Eh bien c’est ce corps, les diplomates, qui exprime maintenant son malaise par un texte publié le 22 février sur le site du Monde et signé du pseudo collectif «Marly».
Les révolutions arabes ont servi de catalyseur, la France n’a pas su trouver les mots pour accompagner les peuples qui se libéraient et les diplomates n’acceptent d’être tenus pour responsables de la sidérante atonie de Paris.
L’argument des diplomates n’est pas d’ordre corporatiste ou défensif. Souvent, c’est vrai, ce corps assez conservateur, parfois compassé, ne brille pas par son audace. Mais là, il s’agit de dénoncer une politique élaborée à l’Elysée, exprimée par le chef de l’Etat et portée par une ministre disqualifiée et qui s’accroche.
Les diplomates ne veulent pas être tenus pour responsables d’une politique qu’ils jugent guidée par «l’impulsivité, l’amateurisme et les préoccupations médiatiques à court terme».
Un échec politique
Cette description très sévère de la façon de gouverner rappelle d’autres critiques récentes venues d’un autre corps d’Etat pas vraiment réputé lui non plus pour ses penchants insurrectionnels échevelés… Les juges en grève auraient pu prononcer ces mots. Et l’on pourrait ajouter à la liste certains policiers ou gendarmes exaspérés par une politique de l’affichage.
Alors il y a deux hypothèses: la première, ces grands corps d’Etat censés obéir, servir, ces fonctionnaires qui ont la sécurité de l’emploi et ne tirent leur légitimité d’aucune élection, outrepassent leur pouvoir.
Ça voudrait dire qu’une partie des militaires et policiers, que la quasi totalité du monde judiciaire et maintenant une partie indéterminée de diplomates a perdu le sens de l’Etat, oublié ses devoirs de neutralité et est devenue une bande d’activistes politiques mus par un sentiment d’opposition envers le président de la République.
Autre hypothèse: ces fonctionnaires et hauts fonctionnaires considèrent que leur mission est trahie et que la gouvernance, la façon de conduire les affaires de l’Etat ne les met pas en situation de bien faire leur métier.
Ce faisant, ils refusent d’endosser la responsabilité d’un échec qui serait purement politique. Le président est responsable, non seulement des idées qu’il veut mettre en œuvre, mais aussi de la manière de les mettre en œuvre. Quand on se tape sur les doigts, ce n’est pas la faute du marteau.
La diplomatie, la justice, la sécurité, c’est, avec les finances publiques, le cœur de l’Etat. Dans tous ces domaines qui composent la sphère régalienne du pouvoir, il y a pour l’instant un large sentiment d’échec.
Mettre en cause l’action des grands corps de l’Etat peut peut-être aider à gagner une élection présidentielle. Mais pour être réélu, pas élu, réélu président, ça paraît disons, inadapté.
Ce n’est pas cohérent avec la fameuse opération de «présidentialisation» de sa personne, lancée en septembre par Nicolas Sarkozy... en vue des élections de 2012. Pour être réélu président, encore faut-il être président.
Thomas Legrand
Mis à jour le 23/02/2011 à 14h30













![G20, Otan, Europe, Syrie, Iran, ce qui attend François Hollande [Les dossiers du quinquennat] G20, Otan, Europe, Syrie, Iran, ce qui attend François Hollande [Les dossiers du quinquennat]](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/afghanistan_4.jpg)
































Oui, mais pas seulement ! Elargissons le panorama :
- Les enseignants, bientôt devenus décurions au vu de la taille croissante des classes,
- Les personnels médicaux et para-médicaux, qui connaissent de mieux en mieux les soins palliatifs pour les adminsitrer certes, mais aussi les subir,
- les agents d'établissements chargés de missions de services publics : Pôle emploi, CAF, qui en raison de la nature privée des établissements gestionnaires échappent à la gestion statutaire corps de fonctionnaires de l'Etat ce qui est bien pratique pour noyer le poisson de la réduction des moyens au service des politiques publiques
- Les fonctionnaires des filières administratives de l'Etat, masse immergée et invisible de l'iceberg, avec qui l'Etat s'épargne les frais d'un plan social en profitant de l'épisode démographique du "papy boom".
Avez-vous entendu parler, Monsieur Legrand du grand chantier de la RGPP qu'on dit terminé ou suffisamment avancé du moins pour lancer son épisode 2 ?
Certains rentrent dans la catégorie des "jeunes cadres dynamiques" et le "travailler plus pour gagner plus", c'est leur vie de tous les jours: leur choix électoral me paraît un peu égoïste, mais du moins, logique...
Ce qui m'attriste infiniment plus, ce sont les personnes âgées qui vivent sur une petite pension et qui sont surtout un peu dépressives, aigries et amères.. Lorsqu'ils sont devant leur télé et qu'on leur rapporte un acte, une décision, ou une déclaration un peu "martiale" de notre grand populiste national, leur visage prend un aspect de bouledogue et ils frétillent comme si on venait de leur jeter un os à ronger... Peu importe que ce soit réaliste, réalisable, efficace... que cela soit destiné à être mis en pratique ou rester un simple fantasme, cela leur apporte une sorte de "réconfort" au fond de leur détresse...
Mais si Mr Nicolas Sarkozy ne peut plus compter que sur cette frange de la population pour l'année prochaine, il serait prudent qu'il songe à sa reconversion...
De même quand on méprise les travaux diplomates pour faire une politique du coup de menton, répondant le plus souvent à l’émotion, afin d’en obtenir un bénéfice politique immédiat, pourquoi l’opposition ne devrait-elle pas stigmatiser un tel comportement ?
J’entends ce que vous dites, et il faudrait réformer cette omnipotence présidentielle pour tous les présidents à venir. Ceci étant dit, on ne peut fermer les yeux et s’empêcher de toute critique, surtout quand des sbires se définissant comme des « produits Sarko » vont jusqu’à imiter les mauvais côtés du maître (postures théâtrales grand-guignolesques, coups de menton ubuesques et pathétiques).
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-diplomates-marly-pourquoi-l-89436
Pas la peine de me remercier. C'est gratuit.
Avoir le courage de ses opinions c'est aussi le courage de reconnaître ses torts Comme quoi A bon entendeur salut