France

Strauss-Kahn, le Petit Poucet candidat

Thomas Legrand, mis à jour le 21.02.2011 à 14 h 28

Oui, DSK est candidat, en tout cas aujourd'hui. Mais sa stratégie des «petits cailloux» permettant de dire sans dire devient lassante.

Dominique Strauss-Kahn sur France 2, le 20 février 2011. REUTERS

Dominique Strauss-Kahn sur France 2, le 20 février 2011. REUTERS

Peut-être que, comme moi, vous avez regardé Dominique Strauss-Kahn, dimanche soir, au JT de France 2… Peut-être aussi avez-vous lu sa rencontre avec les lecteurs ce lundi matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France. Pour autant, en sait-on un peu plus sur sa possible candidature?

Franchement ça devient un petit peu lassant pour tout le monde cette stratégie, dite des «petit cailloux». C’est Jean-Christophe Cambadélis, député strauss-kahnien, qui utilise toujours cette expression du «petit caillou» quand le patron du FMI fait un signe, hausse l’un de ses sourcils broussailleux, quand son épouse cligne son l’œil de velours. Cambadélis, Le Guen et les porte-parole autoproclamés de celui qui ne peut rien dire, traduisent les intentions de leur mentor avec des airs de ceux qui-savent-mais-qui-ne-peuvent-pas-en-dire-plus-mais-quand-même-(petit-caillou)-j’dit ça-j’dit-rien…

Alors on va faire simple. Dominique Strauss-Kahn est candidat. Tout comme Nicolas Sarkozy.

Peut-être que l’un ou l’autre ne le seront plus cet été ou début 2012 pour tout un tas de raisons mais aujourd’hui, ils le sont.

Dominique Strauss-Kahn l’est tout simplement parce que s’il n’était pas candidat, il pourrait nous dire: «Je ne suis pas candidat.» Il en aurait parfaitement le droit et même le devoir vis-à-vis de ses camarades socialistes qui sont dans une position dominante, certes, mais assez inconfortable. Le board du FMI serait ravi, la question serait réglée et les choses seraient claires.

Il n’est en rien responsable de cette situation, mais le fait de ne rien dire équivaut à un «je suis candidat». Alors, encore une fois et pour la dernière fois, promis, (après on attendra la déclaration de candidature), décryptons le message savamment mis au point par DSK et ses pros de la com’.

Parce que, dimanche, ce n’était quasiment que de la com’. Le seul propos politique, c’était d’affirmer qu’une politique plus juste était possible. C’est tout, et c’est logique puisqu’il ne peut pas parler de politique, ça lui est interdit.


DSK - Interview du 20 Février 2011
envoyé par Khalemvideo. - L'info internationale vidéo.

S’il vient à la télé ou s’il choisit de répondre aux lecteurs du Parisien ce lundi matin, c’est pour faire acte de présence, pour dire «je suis là».

Dimanche, le patron du FMI nous a dit que la crise financière avait été réglée, que la crise économique était en passe d’être derrière nous (sauf peut-être en Europe) mais que la crise sociale, elle, était toujours là.

Une description de la situation qui induit le raisonnement suivant: si les crises financières et économiques ont pu être surmontées par les Etats, si, dans ces deux domaines, le FMI a eu, effectivement, un rôle central, la question sociale –la plus douloureuse et la plus complexe– relève non plus des techniciens mais uniquement des politiques, des politiques nationales et européennes.

DSK a beaucoup insisté sur l’Europe, à tel point qu’à un moment on pouvait se demander si ce n’était pas le poste de Van Rompuy, le président du Conseil européen, qu’il visait.

Suivez le raisonnement du «petit caillou»: après avoir contribué à résorber la crise financière, puis économique depuis le FMI, pour résorber la crise sociale il faut passer du FMI à la présidence de la France, d’un rôle de technicien majeur à un rôle politique majeur…

Voilà le message, ajoutez quelques petites pépites de nostalgie, «la France me manque», une saine colère en réaction à la déclaration plus que douteuse de Christian Jacob pour nous montrer qu’il ne se laissera pas faire, qu’il est prêt à la bataille et vous avez beaucoup plus qu’un petit caillou, vous avez, disons tout le gravier blanc de la cour de l’Elysée!

Dominique Strauss-Kahn devrait quand même se méfier: trop de com’ nuit gravement à la santé politique, Nicolas Sarkozy l’a déjà appris à ses dépens.

Thomas Legrand

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