La France dans un état critique
Langueur, manque de compétitivité, impuissance à créer des emplois et comptes publics au bord du gouffre: voilà la triste réalité du pays.
- A l'aéroport de Tokyo, en 2009, un écran de contrôle de la température des passagers, pendant la grippe. REUTERS/Yuriko Nakao -
Une croissance de 1,5% seulement, contre 1,7% pour la moyenne en zone euro. Un déficit extérieur qui replonge à 51,4 milliards d'euros. Un chômage en hausse de 80.000 (+3%) qui touche au total 2,7 millions de personnes (catégorie A). Un déficit budgétaire de près de 150 milliards d'euros, 7,7% du PIB. Le bilan 2010 de l'économie française est mauvais et franchement inquiétant.
«La France a bien passé la crise», s'était vanté Nicolas Sarkozy l'an dernier. C'était vrai. Les gigantesques dépenses sociales ont amorti le choc. Mais elle repart mal. Langueur, manque de compétitivité, impuissance à créer des emplois et comptes publics au bord du gouffre: voilà la triste réalité du pays.
A seize mois de l'élection présidentielle, il serait temps que les Français et leur classe politique en prennent conscience et que le débat public sorte des faux sujets (les faits divers et les conflits de personnes) et porte sur le ressaisissement.
La France n'est pas la Grèce et c'est bien dommage. Car un électrochoc serait salutaire aux hommes et femmes politiques pour comprendre que notre pays conserve beaucoup d'atouts de travail et de capital, mais qu'il subit une érosion longue de ses «fondamentaux».
Des réformes pas à la hauteur
Cette érosion ne cesse de s'accélérer et les réformes engagées depuis 2007, aussi nécessaires qu'elles soient, ne sont pas à la hauteur pour en inverser le cours, loin de là.
L'examen des moteurs de la croissance est révélateur. La France, petite Amérique à cet égard, a profité cette dernière décennie d'une bonne consommation, elle-même appuyée sur des évolutions positives des salaires, en gros de +3% l'an avec inflation réduite. Mais c'est fini.
D'abord parce que les salaires réels vont être rognés par le coût des matières premières qui flambent et par les impôts inévitables (la seule question encore ouverte porte sur la modalité: directs ou indirects). Ensuite parce qu'il faudrait, en bonne politique, tenter maintenant de limiter les hausses sur moyenne période pour regagner en compétitivité et pas seulement face à l'Allemagne: nos coûts salariaux et plus encore les charges salariales pénalisent lourdement l'emploi. Mais dilemme: le risque macroéconomique est d'en faire trop et d'étouffer complètement la consommation, donc la croissance.
D'autant que l'autre composante de la demande, l'Etat, les collectivités et les organismes sociaux sont clairement à l'heure de l'austérité. Sous le regard suspicieux des marchés financiers, la France va devoir cesser de plaisanter avec son déficit dès l'an prochain, et ce sera dur sur une longue période.
Le drame de l'investissement
Le principal des maux français est l'autre moteur de la croissance: l'investissement. Ici c'est un drame qui se joue autour du partage d'un faux diagnostic. Avec les énormes résultats du CAC 40 sous les yeux, les hommes politiques et l'opinion pensent que les entreprises gagnent trop d'argent en France et que tel est le problème.
La vérité est exactement l'inverse. Les marges des entreprises n'ont cessé de reculer, de 9% du PIB il y a dix ans à 6% aujourd'hui, alors qu'elles ont fait le chemin inverse en Allemagne.
Les quelque 85 milliards de profits du CAC 40 (+40%) faussent toutes les statistiques nationales. En outre, et ce n'est pas anecdotique, les groupes du CAC 40 font en vérité leur profit hors de France! Patrick Artus de Natixis, qui souligne cette faiblesse dramatique de nos PME «cachée sous des chiffres globaux trompeurs», en ajoute une seconde: les conditions d'accès au capital très difficiles. Pour investir, elles sont obligées d'avoir recours au crédit, ce qui est décourageant. Conclusion: les PME ont «une croissance faible de leurs chiffres d'affaires, de leur profitabilité, de leurs investissements et des emplois créés». Voilà pourquoi votre fille est muette.
Le déficit du commerce extérieur vient confirmer ce sombre tableau: la France souffre d'un positionnement «moyenne gamme» qui la rend fragile (notamment à la valeur de l'euro). Mais elle souffre surtout de voir baisser le nombre d'entreprises qui tentent d'aller vendre à l'étranger. La raison en est la même: les PME en ont de moins en moins les moyens financiers.
La politique économique française est entrée dans une contradiction: il faudrait procéder à un gigantesque changement de rive du courant de la croissance: de la consommation vers l'investissement. Pour les dépenses privées comme d'ailleurs pour les dépenses publiques.
Mais les conditions ne sont pas réunies et la France est en passe de se noyer au milieu du fleuve. Très pessimiste, Patrick Artus pense que la croissance 2011 ne dépassera pas 1,2% quand le gouvernement espère 2%. Peut-être sera-ce l'électrochoc nécessaire?
Eric Le Boucher
Chronique également parue dans Les Echos
Mis à jour le 21/02/2011 à 4h17













































Dans la fonction publique par exemple, entre une revalorisation annuel du point de 1%, d'une augmentation individuelle automatique du nombre de points de 1% (en réalité j'en sais rien, c'est peut-être plus) pour l'ancienneté et quelques promotions, on doit bien arriver à ces 3%, non?
Et n'oublions pas le SMIC qui a énormément augmenté au milieu des années 2000 pour cause d'effacement du fameux effet 6 SMIC créé par les 35 heures. En réalité c'est la droite actuelle qui a le plus augmenté les SMIC sur la période récente! Etonnant, non?
De nombreux français sont restés sur le bord de la route, car n'appartenant pas aux 3 catégories ci-dessus (riches, fonctionnaires, smicards), et ont vu passer le train des augmentations sans pouvoir monter dedans.
reduction des deficits: voila les ordres de grandeurs, depenses 350 milliards d'euros, recettes 250 , essayons d'arriver à un équilibre autour de 300
cela donne une augmentation des impôts de 20 % oui vous avez bien lu , TVA à 24 %, IR élargi à tous et majoré de 15% au moins, essence à 2 euros le litre et je dois oublier le reste, évitons de taxer les sociétés, elles ont besoin de ressources,
coté dépenses il faut une réduction de 15%, et là, ça fait très mal, car la réduction des emplois est un leurre vu que les pensions continuent de courir pour beaucoup et longtemps,alors ou va t on taper et sur qui ?
-investissement et fonctionnement , vu l'etat de certains batiments publics, il vaudrait mieux éviter, et les juges ou autres militaires ont besoin de papier et autres fournitures, comme les enseignants d'ailleurs
-la charge de la dette , vous rigolez, elle va plus surement augmenter que l'inverse;
il reste deux postes, -les dépenses d'intervention et les charges de personnel, soit 60% des dépenses, allez je vais faire court, il faudrait se mettre à dos tous les fonctionnaires d'état et tous ceux qui à un titre ou un autre touchent un salaire ou une subvention, nos maires , enseignants, cultureux et j'en oublie, qui ont l'habitude de réclamer toujours plus mis au régime, ça va faire du monde, mais qui peut accepter une réduction de 30% , quant dans le même temps les impôts vont augmenter de 20%, chacun peut imaginer les cris et hurlements plus ou moins justifiés car c'est vrai que ça fera mal
voila ou nous en sommes, une fonction publique trop chère et un train de vie trop élevé, pour être cynique , une belle illustration de l'égoïsme national, des jeunes au chômage et des fonctionnaires trop payés, oui, je l'ai écrit, des diplômés qui pourraient travailler dans les tribunaux ou dans nos collèges mais qui sont trop chers, alors que dans le même temps des bac+5 acceptent d'être magasinier chez amazon pour 800 euros nets temps partiel oblige. soyons complet, dans la fonction publique aussi il y a des emplois à 600 euros par mois. demandez à la dame qui s'occupe de vos gosses à la cantine.
je suis évidemment trop concis, il peut y avoir de bonnes surprises, après tout, la réduction de la dette, si le déficit est à zéro, donnerait des marges de manœuvre assez vite, de même que la croissance et l'inflation , mais il y a au moins cinq années difficiles pour tous et exécrables pour une partie des français qui rêvaient d'être fonctionnaires et y sont arrivés;
autre question, comment demander à ceux-ci de se "sacrifier", en jouant sur leur sens du service public ?
mais il y a un second chantier qui fait encore plus mal, les dépenses sociales,si l'État dépense 350 milliards, en en gagnant 250, les secu diverses en dépensent presque 500, avec un déficit plus faible qui est d'ailleurs plus un déficit de trésorerie qu'autre chose, mais vous avez raison , c'est trop, alors que faut il réduire, les retraites ?, les allocations en tout genre ? les remboursements ? les salaires des hospitaliers ?
là aussi, nous avons choisi de vivre au dessus de nos moyens, d'être un peu trop généreux avec nous même, en comptant sur notre bonne fortune, comme le prévoit Houellebecq, la France éternelle peut vendre son art de vivre, ses paysages et sa chance d'être une exception narcissique, mais le reste du monde n'en est pas convaincu, y compris nos chers voisins teutons qui persistent à penser que le travail est nécessaire et qu'on ne peut pas dépenser plus que ce que l'on gagne
Cher Monsieur Le Boucher, si vous aviez un peu plus de lucidité, vous écririez ce que vos lecteurs veulent lire et vous seriez directeur du Monde à cette heure, TOUT VA BIEN, bon dimanche cher Cassandre.
Si la croissance de la France est de 2% l'an, alors le pays s'enrichit de 2% chaque années. Mais si cette croissance est tirée par la consommation, et que cette consommation est soutenue par un déficit de 3%, alors le pays s'appauvrit de 1% chaque année.
Tout le reste de l'analyse de cet article découle de ce constat.
Permettez moi d'ajouter mon grain de sel politiquement incorrecte.
La raison de notre incapacité à nous réformer économiquement tient à notre culture catholique. Remarquez : on peut clairement délimiter les nations européennes qui gèrent leurs finances de manière pragmatique et frugale en traçant une ligne qui suit les frontières séparant les catholiques des protestants. Notez que les Britanniques ne sont pas protestants comme beaucoup le croient, ils sont Anglicans, qui est une religion plus proche du catholicisme que des églises Luthériennes et Calvinistes. C'est comme ça... c'est une réalité imparable et... indicible.
La France, c'est pas encore l’Espagne, Le Portugal ou l'Italie... mais ça n'en est pas loin. En tout cas, c'est Club Med.
A cet aspect religieux, vient s'ajouter l'alarmante allergie d'une toujours plus grande partie des français à la chose économique. Je suis effaré d'apprendre que 30% de mes concitoyens veulent en finir avec le capitalisme imposé par ces sales ultra-néo-libéraux dont je fais partie. Notons, que seuls les français, à ma connaissance, se croient obligés d'adjoindre les préfixes "ultra", dans un premier temps, puis plus récemment, "néo" devant ce mot finalement assez anodin qu'est "libéralisme". Je crois qu'il est aujourd'hui plus dangereux de se vanter d'être un "libéral" que d'être "pédophile" ;-)
Les français ne croient qu'en une seule chose: "leurs avantages acquis" (de hautes luttes)... ils ne réalisent pas que leur rigidité intellectuelle les conduit irrémé-diablement vers une phénoménale crise économique. Ils seront en train de danser dans des marathons de danse genre "on achève bien les chevaux" à condition que ce soit dans le cadre 35 heures, tout ira bien. Toute contribution comme la mienne ne peut être accueillie qu'avec "indignation".
"Pour investir, elles sont obligées d'avoir recours au crédit, ce qui est décourageant. Conclusion: les PME ont «une croissance faible de leurs chiffres d'affaires, de leur profitabilité, de leurs investissements et des emplois créés»"
D'une part je ne vois pas ce qu'il y a de problématique pour une entreprise de lever des capitaux pour investir. Ceci me semble tout à fait normal. D'autre part l'auteur ne parle absoluement de l'evolution des dividendes prélevées par les actionnaires sur les resultats des entreprises, du % du PIB consacré à la rémunération du travail et à l'investissemebt. S'il est vrai que le premier est en hausse constante et les deux autres en baisse (je ne connais pas les chiffres mais au vu des resultats des bourses et des groupes de luxe cela me semble assez probable), il y a là une hypothèse toute autre pour expliquer le "déclin" de la France.
Bref il est bien loin le temps ou tout le monde s'accordait á moraliser le capitalisme.
Quel qu'il ou elle soit, le nouveau président bénéficiera de l'aide d'excellents experts : il n'est donc pas indispensable d'élire un "gourou de la finance" modérément progressiste (suivez mon regard...) mais plutôt un chef de guerre comme de Gaulle en 1940 ou Bonaparte au pont d'Arcole : il me semble heureusement y avoir au moins deux ou trois candidats(es) qui en sont capables, mais les français auront ils, eux, le courage et l'audace de choisir parmi eux ? Nous avons actuellement au pouvoir un adolescent qui ne manque pas de bonne volonté mais qui se révèle trop immature, l'arrivée d'un gestionnaire pseudo-réformiste poserait sur notre pays une véritable chape de plomb, qui cependant ne serait probablement pas un couvercle suffisant pour éviter l'explosion...
Des exemples actuels en Amérique Latine montrent que des changements drastiques peuvent parfaitement se réaliser en restant dans le cadre national : la France a encore des frontières et avec la force que lui donne son passé historique sur la scène internationale, notre pays peut encore tout à fait agir en se moquant par avance des hurlements d'orfraie et des contorsions de Mr Barroso !
Le cercle vertueux pour un pays, c'est la combinaison des resources de capital et de travail qui generent de la prosperite. Ce doit etre l'unique preoccupation d'un gouvernement. Le constat est terrible: - Capital: En berne: Investissement a l'etranger, donc sous utilisation des resources de travail - Travail: Qualite: Sacrifice de l'education sur l'hotel des grands equilibres (consequence de la strategie adoptee) Quantite: non utilisation des resources existantes (chomage massif)
Dans le mesure ou on n'investit pas pour utiliser les resources, une reforme tel le retard du depart a la retraite est imbecile: ce n'est qu'une mesure d'accompagnement de la faillite programmee des classes moyennes Francaises.
Le gouvernement est responsable pour ameliorer l'offre de la France pas pour encourager les grands Groupes "Francais" a croitre a l'etranger. Alors que faire? Quelques mesures dans le bon sens: - Transferer les charges sociales du travail vers la consommation (TVA) afin de rendre le cout du travail en France plus competitif et de faire aussi payer les importations (ainsi Peugeot et Renault perdront leurs incitations a faire fabriquer les voitures vendues en France a l'etranger et Continental a rapatrier ses fabrications en Allemagne). Equilibrer l'equite devant l'impot avec les impots sur le capital et les revenus du capital - Gerer les equilibres budgetaires en sauvegardant l'education (notre investissement long terme). - Prendre les mesures pour reduire l'endettement en particulier crever la bulle immobiliere a travers plusieurs mesures par exemple limiter l'endettement des menages en limitant les durees d'emprunts a 15 ans et imposer le capital et les revenus du capital immobilier.
En effet, en ameliorant l'offre qualitative des resources de travail, en reduisant l'endettement et en faisant peser le cout du systeme social sur la consommation,(et bien d'autres mesures) on acculera les grandes entreprises a investir en France dans leur propre interet.
Une mesure prealable: rendre illegale la pratique criminelle des PPP (partenariat public prive)qui n'est qu'une grosse ficelle extremement couteuse (cout du capital, source de corruption...) pour faire plus de dettes en faisant semblant de croire que les marches financiers sont dupes et qui a mene la Grande Bretagne au gouffre, Tout le monde sait que le deficit reel du budget est tres superieur aux 150 milliards que vous evoquez!