Economie

La crédibilité du programme du G20

Diogène, mis à jour le 18.02.2011 à 13 h 40

Réformer le système monétaire et contrôler les prix des matières premières devraient rester des voeux pieux.

Devant le ministère des finances à Paris Charles Platiau / Reuters

Devant le ministère des finances à Paris. REUTERS / Charles Platiau

Les économistes du «Groupe Diogène» ont été sollicités pour donner leur opinion à la fois sur l'importance et le réalisme des trois objectifs et 13 sous-objectifs que la Présidence française du G20 a dégagés pour 2011. Ces opinions sont synthétisées dans le tableau ci-dessous. Les économistes ont donné une «note» de 1 à 5.

Deux éléments surgissent immédiatement de ce tableau: une opinion sur l'urgence relative des tâches, une autre sur l'efficacité attendue du processus multilatéral à l'œuvre.

Urgence: la première colonne ordonne bien le sentiment d'urgence relative - compte tenu de ce que le «G20 ne peut pas faire tout, tout de suite»: la poursuite de la régulation est ainsi considérée comme l'emportant nettement sur les deux autres objectifs (prix des matières premières et système monétaire international) retenus par le Président Sarkozy. Et, parmi les sous-objectifs, les coordinations des politiques monétaires et prudentielles, la réforme des normes comptables et la supervision des agences de notation font clairement la «course en tête».

En revanche, s'il faut choisir - et choisir il faudra -, l'institutionnalisation du G20, une accentuation de la contrainte de fonds propres sur les banques, et la supervision des hedge-funds peuvent être ... laissés, s'il le faut, à la présidence suivante.

Efficacité: la deuxième colonne donne une opinion nette sur l'anticipation de voir obtenues des avancées significatives sur divers sujets dans les trimestres qui viennent - opinion sur une échelle relative, bien sûr.

Sont ainsi en tête le secrétariat du G20, le renforcement des fonds propres des banques - suivis de la coordination des politiques prudentielles, de la réforme de la version de ces normes malgré leur «jeunesse», et la supervision des agences de notation.

On retrouve ainsi deux faits guère rassurant mais corrélés: que le probable est éloigné du souhaitable, que le souhaitable est ingrat à l’aune de la communication ou frustrant en matière de résultats à court terme.

Mais, heureusement, un examen plus attentif apporte un élément nouveau: pour les neuf thèmes les plus souhaités, le passage au filtre de l'anticipation «rationnalisée» n'est pas d'une sévérité extrême; pour deux d'entre eux (la coordination des politiques prudentielles et la supervision des agences de notation), l'écart est même, pour un exercice de cette nature, sinon faible du moins très modéré - «bridgeable».

Surtout: il apparaît clairement que l'affinement de la régulation de la sphère financière stricto sensu parait moins illusoire que les espoirs mis dans les autres domaines - par exemple la coordination fiscale, ou le contrôle des prix des matières premières.

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