Peut-on élire un Président juif en France?
La question que certains sous-entendent dans la polémique lancée par Christian Jacob est, hélas, une vieille rengaine française.
- DSK en mars 2010 à Bucarest. REUTERS / Bogdan Cristel -
Dimanche 13 février 2011, sur Radio J, Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, a déclaré que Dominique Strauss-Kahn n'incarnait «pas l'image de la France, l'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des territoires, celle qu'on aime bien, celle à laquelle je suis attaché». Au mieux, cette phrase, largement commentée depuis, est maladroite; au pire, carrément nauséabonde.
Depuis, le responsable UMP a précisé ses propos en expliquant qu'à ses yeux, DSK incarne davantage «les bobos» que la «France rurale». Mais la strauss-kahnie, elle, les a interprétés autrement, dégainant illico le point Godwin. Sortie «profondément malsaine» pour Pierre Moscovici qui craint d'y retrouver «un peu une rhétorique de l'extrême droite de l'entre-deux-guerres». Déclaration «indigne» pour Jean-Christophe Cambadélis, estimant que «dire que DSK n'est pas à l'image de la France, c'est sous-entendre qu'il est un étranger, un apatride, membre du “parti de l'étranger”, voire malheureusement bien autre chose».
Au-delà de la polémique politique, l'affaire Jacob-DSK soulève une interrogation indirecte: les Français votent-ils pour un candidat en tenant compte de sa confession, juive dans le cas de Dominique Strauss-Kahn, ou de ses origines? Difficile de répondre clairement tant la question a toutes les caractéristiques du tabou. Une chose est sûre: à ce jour, aucun président de confession juive n'a été élu sous la Ve République. Si la question d'une éventuelle incompatibilité semble avoir peu de sens en 2011, elle en a eu pendant longtemps. Chercheuse au Centre d'études européennes de Sciences-Po et spécialiste de l'extrême droite, Nonna Mayer rappelle que «la possibilité qu’un président de la République soit juif (...) paraissait choquante à un Français sur deux en 1966».
Durant l'entre-deux-guerres, le débat a été encore plus violent et les exemples politiques nombreux, surtout à l'encontre de figures de la gauche attaquées par l'extrême droite de l'époque. En 1936, Xavier Vallat, député nationaliste et antisémite, futur «commissaire général aux questions juives» sous le régime de Vichy, déplorait notamment qu'avec la nomination de Léon Blum à la présidence du conseil, «la France, vieux pays gallo-romain, soit désormais dirigée par un juif». Plus tard, Pierre Mendès-France, figure de la gauche morale, se verra lui aussi reprocher de n'avoir «pas assez de terre française à la semelle de ses souliers». Que dire enfin de la sortie en 2010 de l'ancien baron socialiste de l'Hérault Georges Frêche contre la «tronche pas catholique » de Laurent Fabius?
Une réalité française
L'antisémitisme en France est-il vraiment de l'histoire ancienne? Pas sûr si l'on se réfère à une étude commandée en 2009 par l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur «la circulation des préjugés» dans notre pays. Selon ce sondage qui fait un tour d'horizon de préjugés types concernant différentes minorités (les arabes et le vol, les femmes et la compétence professionnelle, les noirs et la force physique...), 42% des personnes interrogées estiment «pas grave» de déclarer que «les juifs ont plus d'influence que les autres dans la finance et les médias». Elles sont même 18% à estimer que ce n'est «pas du tout grave», de quoi accréditer l'idée d'un noyau dur d'environ 20% de Français prompts à nourrir des réflexes antisémites.
Dominique Strauss-Kahn lui-même semble avoir envisagé par le passé ses origines juives comme un possible frein pour sa carrière politique. Dans un article du Monde paru en octobre 2006, il expliquait avoir «longtemps pensé qu'être juif serait un handicap dirimant. Aujourd'hui, je crois que si être juif est un handicap, cela ne l'est qu'auprès de la frange très marginale des électeurs de gauche antisémites».
L'hostilité serait désormais cantonnée à une marge de l'électorat dépassant le clivage droite-gauche classique. Au printemps 1991, DSK qui est alors ministre délégué à l'Industrie dans les gouvernements Cresson puis Bérégovoy, donne une interview à la revue de géopolitique Passages. Dans cet entretien publié en pleine guerre du Golfe et des menaces de Saddam Hussein contre Israël, le socialiste déclare:
«Je considère que tout Juif dans la diaspora, et donc c'est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C'est pour ça d'ailleurs qu'il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. Tout le monde ne pense pas la même chose dans la Communauté juive, mais je crois que c'est nécessaire. Car, on ne peut pas à la fois se plaindre qu'un pays comme la France, par exemple, ait dans le passé et peut-être encore aujourd'hui, une politique par trop pro-arabe et ne pas essayer de l'infléchir par des individus qui pensent différemment en leur permettant de prendre le plus grand nombre de responsabilités. En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l'ensemble de mes actions, j'essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d'Israël.»
Ces cinq phrases ne cessent depuis d'être commentées sur internet, et les attaques sont multiples: forums, sites ou blogs d'extrême droite comme d'extrême gauche, islamistes comme altermondialistes... Ceux-là y voient la preuve du communautarisme juif du leader socialiste français et celle d'un complot de la finance mondialisée et cosmopolite, vieilles thématiques du discours antisémite.
La fin d'un phantasme
Mais d'autres études pondèrent ce niveau général inquiétant d'un antisémitisme de France et développent au contraire l'idée d'une plus grande tolérance de la société. Chaque année, le rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) sur «le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie» pointe un recul constant des opinions ouvertement hostiles aux minorités, y compris à la minorité juive.
Dans celui publié en 2009, la CNCDH précise même que «90% de la population (soit +2 points par rapport à 2008) considère que les Français juifs sont des Français “comme les autres”». Ce «niveau le plus bas» des opinions antisémites s'expliquerait par «le renouvellement générationnel, la hausse du niveau d’études et la diversité croissante de nos sociétés».
Le politologue Jean-Yves Camus, spécialiste des extrêmes droites, confirme «une normalisation du fait juif dans la vie politique française». «Cette question ne se pose plus, mais elle se posait encore jusque dans les années 1980 avec par exemple la personne de Simone Veil qui appartient à la dernière génération politique victime d'antisémitisme de la part d'une fraction de la population», précise le chercheur.
Le préjugé négatif concernerait davantage aujourd'hui la minorité musulmane. Dans le rapport de 2009 de la CNCDH, 30% des sondés avaient une mauvaise image de l'islam, un chiffre élevé mais en baisse (ils étaient 39% en 2007). «Pour beaucoup de Français, voter pour un candidat musulman fait plus débat que voter pour un candidat juif», explique Nonna Mayer, qui cite le rapport de la CNCDH selon lequel «de toutes les religions, (la religion musulmane) serait celle qui suscite le plus d'images négatives» dans l'Hexagone.
A l'inverse, si la judéité n'est plus un handicap politique, elle pourrait être, à l'instar d'autres «marqueurs» de minorités, un atout.
Jérôme Sainte-Marie, de l'institut de sondage CSA, y voit «un possible effet valorisant pour le candidat». «D'un côté, c'est quelque chose de bon pour l'estime de soi de l'électeur qui peut se prévaloir de voter pour un candidat issu d'une minorité –juif, noir ou femme par exemple– même si en privé, il développe des comportements antisémites, racistes ou machistes. De l'autre, c'est un élément de protection pour le candidat lui-même, avec un effet bouclier contre d'éventuelles basses attaques», explique le sondeur.
En ce sens, les propos de Christian Jacob contre DSK sont du pain béni pour le responsable du FMI. Ils le victimisent au point même d'obliger l'ensemble du PS à faire bloc derrière lui.
L'effet Sarkozy
L'élection présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 semble avoir été un pas de plus en avant. Même s'il n'est pas juif au sens religieux du terme –il n'est pas né de mère juive ou ne s'est pas converti au judaïsme– le chef de l'Etat a néanmoins mis en avant durant la dernière campagne électorale ses origines familiales hongroises et juives par son grand-père paternel, allant jusqu'à se présenter comme un «petit Français de sang mêlé». Dans une interview au quotidien israélien Haaretz en 2006, Christian Estrosi, l'un de ses soutiens, l'a même présenté comme «le candidat naturel des électeurs juifs».
Cette élection aurait fait bouger les lignes, y compris dans son propre camp. Dans leur biographie fouillée de Jean-François Copé, publiée en 2010, les journalistes Solenn de Royer et Frédéric Dumoulin expliquent que la victoire de Nicolas Sarkozy a levé sur ce point comme sur beaucoup d'autres, les doutes de «l'homme pressé» de la droite et désormais patron de l'UMP (et chroniqueur sur Slate.fr). Avant de s'appeler Copé, la famille du député-maire de Meaux s'appelait jusqu'aux années 1950 «Copelovici». Des racines juives au double patrimoine ashkénaze et sépharade: la Roumanie et la Bessarabie (actuelle Moldavie) du côté de son père; l'Algérie, la Tunisie et le Maroc du côté de sa mère.
Selon ses biographes, l'ancien ministre du Budget a toujours fait part de la plus grande pudeur, voire d'une certaine gêne, à l'égard de ses origines.
«Jean-François Copé, élevé dans l'univers très bourgeois – et très largement catholique – des VIIe et VIIIe arrondissements de Paris, est longtemps resté discret sur sa judéité, quand il ne l'a pas carrément tue.»
Peu après l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé se serait confié à un ami, cité dans le livre. «Tu sais, l'élection de Sarko a brisé pas mal de tabous...», lui aurait-il dit. «De quoi veux-tu parler?» lui demande son proche. «Il avait un grand-père juif», aurait répondu Copé.
Bastien Bonnefous
Article modifié le 24 février 2011: contrairement à ce qu'il était indiqué, Nonna Mayer ne travaille plus au Cevipof mais au Centre d'études européennes de Sciences-Po
Mis à jour le 24/02/2011 à 10h51















































Je n'ai rien contre les juifs. Je n'ai rien contre les riches. Je ne vois pas d'incompatibilité entre le fait d'être riche et socialiste.
Mais le populisme socialiste a toujours désigné comme bouc émissaire les riches. Et quoi qu'on en pense ce populisme est beaucoup plus prégnant dans l'opinion française que l'antisémitisme d'extrême droite.
Le vrai handicap de DSK n’est pas son origine, mais son train de vie.
Pour le moment DSK est loin, intouchable. Dès qu'il se jettera dans l'arène, alors la droite exhibera les signes extérieurs de richesse du couple DSK-Sainclair, qui feraient passer Lilianne Bethencourt pour une petite bourgeoise de province.
De 2 choses l’une : Soit il fait évoluer la gauche française du populisme vers la maturité, un modèle plus européen et moins marxiste, ce qui serait une chance pour la France dans un monde ouvert ; soit il se fait bananer dans les 2 premiers mois, laissant les socialistes français dans leur repli hexagonale.
DSK, dernier espoir de la France ?
Nous devons sortir de ce discours béni oui oui. La réalité est ce qu'elle est et ce n'est pas en la niant qu'on va aider les peuples à mieux s'entendre. C'est plutôt en acceptant nos différences et en attelant les talents de chacun que nous avancerons vers la construction d'une société cohérente.
Les religions, quelles qu'est soient, sont les systèmes de croyances suprêmes qui régissent la vie des hommes plus qu'aucune autre force. Même un athée comme moi, fait découler ses principes de vie et sa relation aux autres sur la base de ses croyances religieuses ou de leur absence. Alors, les choix et croyances religieuses ( musulman, athée, juif, catho, protestant, bouddhiste etc...) du future président de notre république laïque, au delà du sectarisme et de l’intolérance instinctive et imbécile, sont bien évidement des critères de choix primordiaux.
Forcément, puisqu'il est loin de la France en ce moment puisqu'il doit se préoccuper du monde entier. De plus, sa culture n'est pas vraiment enracinée dans un terroir. Comme Sarkozy et la majorité des français, c'est un homme de la ville. Mais bon on ne peut plus rien dire sur personne. Il suffit que quelqu'un ait une goutte de sang provenant d'une minorité, remontant X générations, pour que l'on s'agite dès qu'on le critique ! C'est à marcher sur la tête cette polémique !
Quand à votre sondage et à ce que vous en déduisez, le moins que l'on puisse dire c'est que c'est complètement inepte : "42% des personnes interrogées estiment «pas grave» de déclarer que «les juifs ont plus d'influence que les autres dans la finance et les médias». Elles sont même 18% à estimer que ce n'est «pas du tout grave», de quoi accréditer l'idée d'un noyau dur d'environ 20% de Français prompts à nourrir des réflexes antisémites."
Et si je dis que les noirs et les arabes ont moins d'influence dans la finance et les médias, vous allez aussi dire que j'ai des "réflexes" racistes ? Mais qu'est-ce que c'est que cet incroyable raisonnement ? En quoi émettre un tel jugement est raciste ?
Dire que les juifs ont plus d'influence dans la finance et les médias n'est pas antisémite. C'est juste vrai. Il suffit pour cela de compter le nombre de juifs en France, et de compter ceux qui travaillent dans les médias ou la finance, et de comparer ce taux au taux moyen des français. Et alors ? En quoi cela est-il antisémite que de dire que les juifs réussissent mieux que la moyenne dans ces métiers ? Quel est le problème ? En quoi est-il raciste de dire que les noirs réussissent mieux que la moyenne dans certains sports ? Et si je dis que les noirs prennent moins de coups de soleil que les blancs, je suis aussi raciste ? :D :D
Le constat est clair, irréfutable, tout le monde le fait. Nier ces évidences c'est refuser de voir la réalité en face, et l'UEJF se couvre de ridicule avec leurs conclusions fantaisistes de ce sondage (bon eux on les comprend, ils ont intérêt à faire croire que les français sont antisémites, sans cela ils n'auraient plus de raison d'être).
Après, une fois le constat fait, là où peut commencer le racisme/antisémitisme, c'est quand on cherche à trouver des explications :
- si ces explications sont sérieuses et argumentées, et qu'elles sont d'ordre sociologique ou historique (pauvreté d'où investissement personnel plus important dans le sport, peau plus sombre grâce à une mutation pour résister au soleil de certaines régions du globe, noirs et arabes sont plus souvent délinquants parce qu'ils sont plus souvent pauvres, juifs traditionnellement banquiers car le principe d'usure était interdit par la religion catholique, etc.), il n'y a rien de raciste là-dedans. Et comme nous sommes des êtres un peu intelligent, on doit être capable d'avoir ce type de raisonnement dans des articles de journaux. Un cerveau ça sert à cela, à trouver des explications cohérentes à des phénomènes visibles. Un journaliste ne sert QU'A cela ! Informer !
- par contre si ces explications sont idiotes et s'arrêtent au niveau de la non analyse ("les noirs sont sportifs parce que ce sont des singes", "les noirs/arabes sont des délinquants parce qu'ils sont plus méchants"), là c'est sûr qu'on tombe dans le racisme stupide.
On ne combat pas le racisme en niant des évidences et en se mettant un sac sur la tête. En faisant cela on se ridiculise, et on pert toute crédibilité. Au contraire, il faut utiliser son intelligence et ses connaissances pour trouver les vraies raisons des différences de réussite des différentes minorités (visibles ou non). Et il faut donner ces explications à tout le monde, pour que chacun puisse comprendre. Comme cela, on élève l'intelligence des gens, et on leur donne les moyens de mieux comprendre le monde. Et lorsqu'on devient intelligent, forcément on devient beaucoup moins raciste...
"Dire que les juifs ont plus d'influence dans la finance et les médias n'est pas antisémite. C'est juste vrai. Il suffit pour cela de compter le nombre de juifs en France, et de compter ceux qui travaillent dans les médias ou la finance, et de comparer ce taux au taux moyen des français. Et alors ? "
Voici la phrase qui m'a le plus gêné, en effet, il est interdit par la loi française de pratiquer des études statistiques basés sur l'origine ethnique des individus. Je doute que vous ayez réalisé votre propre sondage, à l'encontre de la loi, bon citoyen que vous êtes. Quand bien même cela fut-il le cas, permettez moi de douter de son bon déroulement. Donc il ne nous reste malheureusement qu'une seule option, votre analyse est pétrie de préjugés. Un des faits auquel vous croyez, miraculeusement travestit en fait scientifique par vous. Non monsieur/madame, rien, rien de rien dans toutes la littérature scientifique, excepté celles d'Alexis Carrel et autres, ne stipule que "Les juifs réussissent mieux que la moyenne dans ces métiers [finance et média] ", comme vous l'écrivez. Et je me permet de supposer, que vous non ne croyez pas à l'eugénisme. Mais alors ! Ce sont donc des critères socio-culturels qui favorisent les juifs dans ces milieu selon vous, je comprend enfin votre raisonnement, et j'espère qu'avec moi vous en saisissez le poids. En assimilant ainsi toute une partie de la population, à un même stéréotype, oui monsieur, vous faites de l'antisémitisme. J'espère que vous vous rendrez compte de cette maladresse, et que vous puissiez présenter des excuses pour vos propos mal formulés. Merci.
Pour en être sûr à 100 %, il faudrait effectivement faire des statistiques, mais c'est interdit d'une part, et d'autre part inutile. Voici un raisonnement simple, qu'a sûrement choisi Jaggyfree.
Dans la société française, les juifs sont très minoritaires. Personne ne le nie, pas même les juifs eux-mêmes, et cela s'observe de diverses manières, par exemple par la religion : tous les sondages d'opinion indique qu'il y a environ 1% de gens de confession juive en France ; on pourrait aussi compter le nombres de synagogues. Tous les juifs ne sont pas religieux, mais cela donne une estimation, un peu inférieure au nombre réél. On pourrait aussi compter les quartiers juifs, les restos juifs etc. J'entends par juif les gens qui se considèrent comme appartenant à la communauté juive (parce que sinon, c'est quoi être juif ? avoir un grand parent juif ? être circoncis ? c'est compliqué). Bref, les juifs sont clairement très minoritaires en France. C'est un fait.
Pour les médias, c'est facile. On allume sa télé. Et là, si on creuse un peu, de très nombreux animateurs/présentateurs/etc. sont juifs (pas la peine de les citer, on s'en fout qui, mais ils sont connus, ne s'en cachent pas et ont bien raison). Tous ne sont pas juifs. Ce n'est peut être même pas la majorité. Peu importe. Mais ils sont nombreux, beaucoup plus représentés que dans la société. C'est vrai aussi dans la presse papier. Ca ne veut pas forcément dire qu'il y a un lobby ; ils ne sont pas forcément là parce qu'ils sont juifs ; ils ont des tas de différences entre eux, d'ailleurs, leur seul point commun pour certains d'entre eux, c'est leurs origines. Mais il y a plus de juifs à la télé que de roux. C'est un fait.
Je pense donc, que de bonne fois, oui, les juifs jouent un rôle important dans les médias. Et alors ? Ce n'est pas être antisémite de le dire. Arrêtons le politiquement correct. De nombreux juifs reconnaissent ca aussi. Strauss-Kahn est d'origine juive, Sarkozy hongroise, Aznavour arménienne, d'autres sont des français « de souche », et alors ?
C'est donc bien qu'il y a une idée comme quoi être juif "implique" quelque chose dans le cadre de sa profession que n'impliquerait pas les autres.
Enfin l'éternel débat, celui de la définition de "juif" : Je remarque que personne n'en a la même quand il s'agit de juger quelqu'un. C'est d'ailleurs la même problématique lorsqu'on parle des "musulmans". On sait très bien ce que ça signifie au niveau religieux. Mais la définition "culturelle" est vraiment multiforme.
Si je m'appelais "Cohen", ce n'est pas parce que mes ancêtres étaient tous de confession juive et vivaient entre eux (volontairement ou non) selon des coutumes établies que j'aimerai qu'on m'associe nécessairement à eux. Et qu'on me qualifie de "juif" alors que je serai athée et ne me sentirait pas proche d'un groupe ethnique donné.
Ce n'est pas parce que je m'appelle "Azoulay" que ma famille ou moi faisons partie d'un "réseau d'entraide" me permettant d'être favorisé dans mon milieu professionnel.
Ce n'est pas une honte c'est tout simplement le droit à être considéré en fonction de son identité actuelle et réelle, pas celle supposée ou "héritée" malgré soi. J'imagine que tous les Trapani et Gimenez de France ne seraient pas forcément d'accord si on disait d'eux "c'est un italien" ou "c'est un espagnol", "il fait partie d'une communauté qui privilégient leurs culture et leurs membres" etc.
DSK caressait il son électorat à Sarcelles dans le sens du poil... je ne me rappelle pas exactement, mais mon sentiment est qu’à cette époque dire ces choses là ne choquait que peu de monde et la majorité des Français était probablement bien plus bienveillante à l'égard d’Israël qu'elle ne l'est aujourd'hui. Depuis, aussi bien chez les Palestiniens avec l'apparition du Hamas; que du côté Israélien, avec la montée en puissance de la droite dure ( Avigdor Liberman etc), la situation s'est radicalisée. C'est donc un peu l'histoire de Tintin au Congo, nous jugeons en 2011 des idées de 1991.
Que beaucoup y voient un frein à la candidature de DSK, c'est hélas en effet bien consternant...Mais il ne faut pas tout confondre!
Francité et confession religieuse ou origine ne sont pas synonymes et il est triste et déplorable qu'on puisse, à la faveur du moindre propos, déterrer les vieux démons dans notre pays.
Dreyfus, reviens leur expliquer.
Je ne suis pas juif, mais je sors mon pistolet "Bic" ou "Remington" car je suis touché dans mon orgueil de Français, citoyen du "Pays des Droits de l'Homme" pour dire toute ma nausée.
Ici, je ne réagis pas à l'article, je connais mon pays et je sais que de mes compatriotes, il en encore qui confondent homme et religion, citoyen et origine.
Quand je donne mon sang pour sauver un blessé, nul ne m'a encore dit que j'étais trop blond ou trop blanc. Alors, le bon président !
Mes frères en francité - pardon je ne suis pas curé - devraient faire leur examen de conscience et vivre en parfait accord avec l'âme de ce pays que nous aimons tant et montrer au monde que les dons que nous avons faits à l'humanité dans "l'Histoire des Idées" ne sont pas d'un passé révolu, oublié et enterré.
L'homme doit être considéré dans son humanité, dans sa capacité à penser et à agir.
Mon cœur n'est ni de Gauche ni de Droite mais je vote et, dans l'isoloir, peu m'importe la confession ou l'origine de celui que j'ai CHOISI.
Il me semble par ailleurs qu'en France on peut voter pour un candidat qui a des origines étrangères (de vraies origines étrangères) et que ça n'a gêné personne en 2007.
D'ailleurs cela s'écrit différemment. Juif prend une majuscule quand on parle d'un des membre du peuple juif et quand on cite la religion on dit "un juif" avec une minuscule, tout comme on pourrait écrire "c'est un Français et un bouddhiste".
Tiens en cherchant les références de mes citations approximatives, je trouve ce texte de Bacri ou il dit "Je suis engagé, je suis athée, je suis juif."
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-rex/290111/jean-pierre-bacri-sadresse-israel-par-sandrine-ben-david
Votez Bacri !
Sondage sur le site expression-publique.com, et ce n'est pas un panel de 150 personnes, mais de quasiment 4000 à l'heure qu'il est et vous pouvez toujours répondre. : à la question : "Pour chacune des caractéristiques suivantes de DSK, diriez-vous que dans la perspective de la présidentielle de 2012 il s'agit pour lui d'un atout, d'un handicap, ou ni l'un, ni l'autre ? Le fait d'être juif : Un atout 6 % Un handicap 17 % Ni l'un, ni l'autre 71 % Sans opinion 6 % Non réponse 1 %
Donc atout+ni l'un ni l'autre+sans opinion = 83% des gens s'en foutent de sa religion ou presque. Mais les politiciens et journalistes aimeraient, semble t-il, tellement que cela est de l'importance pour nous.
DSK est président du FMI, compagnon d'Anne Sinclair, un poil arrogant dans son approche de certains sujets ... bref, pas spécialement un gars du terroir.
C'est plutôt le fait de faire le lien entre la phrase citée (sauf s'il y a eu d'autres choses de dites non mentionnées ici) et l'antisémitisme qui me paraît un peu limite.
le citoyen veut une politique sociale, économique, sécuritaire, écologique qui sera menée à bien afin de ne pas continuer à sombrer dans une société qui est en perte de repères, d'intérêt collectif, de priorités. le citoyen veut manger à sa faim, se loger décemment, pouvoir partir en vacances après avoir travaillé toute l'année, pouvoir se faire plaisir ainsi qu'à ses proches, ne pas payer 60,40 euros/mois pour pouvoir se déplacer uniquement dans paris intramuros !
l'arbre généalogique des candidats(e)n'intéresse que les plus primitifs d'entre nous qui ne veulent finalement ni avancer ni évoluer mais se complaire dans une misère intellectuelle.
l'utopie est que tout chef d'état qui représente son peuple (élu au suffrage universel) mette de côté ses origines (ethniques, religieuses, sociales, claniques) honore son costume de chef d'état, applique ce pour quoi son peuple l'a élu.
comme par exple (actualité oblige)limoger par la grande porte tout ministre, secrétaire d'état, préfet etc qui se fait payer ses vacances ou ses petits caprices par un autre état (certains diront pas grave ce n'est pas notre argent ! c'est pire c'est l'argent du peuple hôte ! je vous rassure ce n'est ni ben ali ni moubarak ni untel qui a sorti "son" argent pour régler les notes ! conflit d'intérêt quand tu nous tiens pas! l'argent du contribuable français ne vaut pas mieux que celui d'un quelconque autre peuple d'autant plus si celui-ci se fait voler, spolier ce qui lui revient de droit)
de vieilles expressions de la langue française sont amenées à disparaitre les principes n'ont pas suffi.
mais c'est purement un problème un religion, de religion et rien que de religion, et être juif ou musulman n'est pas la pire des choses en politique. Combien de politiques osent se revendiquer athés ? Imaginez le scandale si un politique annoncait publiquement être sataniste, ou bien de chez nous, déciderait de vénérer Toutatis ou Jupiter, je pense qu'il subirait une telle charge de cette minorité integriste d'une France catho(Heureusement la plus part des catho n'ont rien contre les athés, c'est même un plaisir (pour un athé) de discuter théologie avec certains catholiques qui connaissent bien leurs religion), que sa carrière aurait du mal à s'en remettre.
Les "catho" en France prennent "cher", ne pensez vous pas? Regardez page 47 "L’irréligion est devenue une réalité dominante au sein de la nouvelle génération Française."
http://www.scribd.com/doc/47078014/2011-la-jeunesse-du-monde
C'est peut être pour ça que "83% des gens s'en foutent"?
Et si pendant que j'y suis je fais un petit parallèle sur la question de la place de l'Islam en France, c'est la même que celle du Catholicisme ou du Judaïsme. La sphère privée. Tout le monde semble le savoir. Enfin...
Toutes ces questions ne méritent pas de réponse. On doit dans tous les cas privilégier le fond et non l'origine. Peut on élire un raciste en FRANCE serait une vraie question ?