France

Un ministre, ça démissionne?

Quentin Girard, mis à jour le 08.02.2011 à 10 h 08

Avant la présidence Sarkozy, les ministres quittaient le gouvernement pour se défendre. Aujourd'hui, le geste ressemble à un aveu de culpabilité. Retour en images sur les démissions célèbres.

Michèle Alliot-Marie MAM

Michèle Alliot-Marie, sortant de l'Elysée le 2 février 2011. REUTERS/Philippe Wojazer

Avant, les ministres démissionnaient pour se défendre, aujourd’hui, ils restent en poste car «ils n’ont rien à se reprocher». Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et Eric Woerth en son temps ont tous trois développé sensiblement le même argumentaire:

«Je n’ai rien fait de mal, vous avez mal compris mes propos, du coup, pourquoi je quitterai mon poste, je n’ai pas de temps à perdre avec ces polémiques, il faut que je continue de travailler pour le bien de la France et des Français.»

Au contraire, le secrétaire d’Etat Alain Joyandet avait reconnu «avoir pu choquer» avec l’utilisation d’un jet privé à 116.500 euros pour se rendre à une conférence sur Haïti, tandis que Christian Blanc avait «convenu» avec le Premier ministre qu’il devait rembourser ses cigares consommés aux frais de la République.

Du coup, la règle semble être la suivante: celui qui se déclare innocent reste au gouvernement et reçoit le soutien plus ou moins ardent du Président. Celui qui reconnaît une faute se fait sortir.

Mine de rien, cela marque une certaine évolution avec les gouvernements précédents. Démissionner n’est pas rare sous la Ve République. Sous chaque mandature, un ou deux ministres se retrouvent avec des casseroles un peu trop bruyantes pour rester dans l’arrière-cuisine. Le plus souvent, il est question de polémique sur le train de vie ou d’une mise en examen. Un ministre démissionne beaucoup plus rarement pour des raisons idéologiques, l’exemple le plus célèbre restant Jean-Pierre Chevènement.

Avant la présidence Sarkozy, les ministres avaient tendance à démissionner pour se défendre, pour prouver leur innocence, la fameuse «jurisprudence Bérégovoy-Balladur». DSK, Longuet ou Tapie se sont retrouvés dans ce cas, les trois ayant bénéficié au bout du compte d’un non-lieu.

Aujourd’hui, l’Elysée et Matignon mettent régulièrement en avant la présomption d’innocence des membres du gouvernement mis en cause politiquement ou judiciairement. Une posture qui tranche avec celle affichée au sujet des faits divers et qui illustre actuellement la guerre ouverte qui sévit entre les magistrats et Nicolas Sarkozy.

Diaporama des neuf dernières démissions forcées, dans l’ordre antéchronologique.

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