Un ministre, ça démissionne?
Avant la présidence Sarkozy, les ministres quittaient le gouvernement pour se défendre. Aujourd'hui, le geste ressemble à un aveu de culpabilité. Retour en images sur les démissions célèbres.
- Michèle Alliot-Marie, sortant de l'Elysée le 2 février 2011. REUTERS/Philippe Wojazer -
Avant, les ministres démissionnaient pour se défendre, aujourd’hui, ils restent en poste car «ils n’ont rien à se reprocher». Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et Eric Woerth en son temps ont tous trois développé sensiblement le même argumentaire:
«Je n’ai rien fait de mal, vous avez mal compris mes propos, du coup, pourquoi je quitterai mon poste, je n’ai pas de temps à perdre avec ces polémiques, il faut que je continue de travailler pour le bien de la France et des Français.»
Au contraire, le secrétaire d’Etat Alain Joyandet avait reconnu «avoir pu choquer» avec l’utilisation d’un jet privé à 116.500 euros pour se rendre à une conférence sur Haïti, tandis que Christian Blanc avait «convenu» avec le Premier ministre qu’il devait rembourser ses cigares consommés aux frais de la République.
Du coup, la règle semble être la suivante: celui qui se déclare innocent reste au gouvernement et reçoit le soutien plus ou moins ardent du Président. Celui qui reconnaît une faute se fait sortir.
Mine de rien, cela marque une certaine évolution avec les gouvernements précédents. Démissionner n’est pas rare sous la Ve République. Sous chaque mandature, un ou deux ministres se retrouvent avec des casseroles un peu trop bruyantes pour rester dans l’arrière-cuisine. Le plus souvent, il est question de polémique sur le train de vie ou d’une mise en examen. Un ministre démissionne beaucoup plus rarement pour des raisons idéologiques, l’exemple le plus célèbre restant Jean-Pierre Chevènement.
Avant la présidence Sarkozy, les ministres avaient tendance à démissionner pour se défendre, pour prouver leur innocence, la fameuse «jurisprudence Bérégovoy-Balladur». DSK, Longuet ou Tapie se sont retrouvés dans ce cas, les trois ayant bénéficié au bout du compte d’un non-lieu.
Aujourd’hui, l’Elysée et Matignon mettent régulièrement en avant la présomption d’innocence des membres du gouvernement mis en cause politiquement ou judiciairement. Une posture qui tranche avec celle affichée au sujet des faits divers et qui illustre actuellement la guerre ouverte qui sévit entre les magistrats et Nicolas Sarkozy.
Diaporama des neuf dernières démissions forcées, dans l’ordre antéchronologique.
Quentin Girard
Mis à jour le 08/02/2011 à 10h08















































Aujourd'hui on a le triste spectacle d'un Ministre des Affaires Étrangères, muni pourtant par ses responsables des services de renseignements des rapports précis sur l'état du pays en ébullition où elle choisit de passer ses vacances, qui y va quand même, voyageant en jet privé 'd'un ami'.
Pire, elle est défendu par son Premier Ministre - avant que celui-ci prenne le soin de nous dire qu'il a fait pareille mais en Égypte!
Sont-ils cyniques à ce point? Non hélas! Ils sont tout simplement bêtes. Rendus bêtement inconscients de ce qu'ils font par des années d'isolement au ciel dans les couloirs du pouvoir. Les pauvres.
Mais Sarko a mis de l'ordre dans tout ça, on avait appris. Quand on voyage à son compte on doit payer le prix d'un billet (Low-cost? Eco? Classe affaires? First class?) en récompense.
Ainsi Sarko se présente avec sa famille à New York en vacances en jet de luxe (lequel avion a dû se rendre inutilement à Bruxelles pour les amener par la suite outre atlantique) mais il a payé ses billets lui-même nous jure-t-on.
Quel était le coût réel de l'avion? Combien a-t-il payé ses billets? Silence en haut lieu.
Si seulement ils affichaient l'indifférence, le cynisme, le mépris! Mais non, ils prétendent, je pense avec une vraie sincérité comme MAM, que c'est normal, que nous avons mal compris!
Cynique non. Bête, très bête, si!
Pour mettre fin à honteuse polémique sur l'histoire des voyages de l'élite française politique je propose qu'on offre ces prix-là à nous tous.
Bien sûr ça dépasserait les moyens d'un certain nombre des citoyens (et les low-costs n'y vont pas). Mais un grand nombre des citoyens mettraient le prix si ce n'est que pour s'asseoir dans les mêmes fauteuils que le Président et Carla.
Je pense à Copé déjà si pressé de bénéficier des avantages réservés aux présidents - même au tarifs draconiens imposés dernièrement par Sarko.
Le même Copé trouve exaspérant tout ce tralala parmi le peuple au sujet de ces voyages des ministres. Il considère qu'il y a des sujets bien plus importants à traiter. Il pense certainement à 2017.
Et même le très respectable Badinter trouve de tels voyages normaux – c'est dire à quel point les politiciens aujourd'hui sont divorcés des réalités de la vie des citoyens. Il est vrai qu'il n'avait pas hésité à accompagner Mitterrand en Egypte dans le temps.
Slate.fr ne pourrait-il pas ouvrir un guichet dédié aux voyages en Falcon pour ces lecteurs?
Pas besoin de faire de la pub. Les politiciens le font eux-mêmes chaque fois qu'ils partent en vacances. On pourrait néanmoins penser à des tarifs spéciaux dans certains cas – accompagnement d'un politicien crétin par exemple...