Prolifération nucléaire, crise financière, réchauffement... Cherchez les autres erreurs
Du danger de la prolifération nucléaire et autre chimères.
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L'époque est à l'écroulement des certitudes. Je ne parle pas des platitudes qui changent au gré des vents médiatiques, mais des présupposés très largement partagés par toute l'étendue du spectre politique. Les grandes vérités qui mettaient d'accord les experts, et l'homme de la rue, jusqu'au jour où elles se sont avérées fausses.
Quelques exemples. Avant 1989, la quasi-totalité des soviétologues affirmaient que l'URSS était un pays profondément stable. Avant 2001, très peu de spécialistes du Moyen-Orient pensaient que les Etats-Unis pouvaient subir une attaque terroriste de grande ampleur. Avant 2003, tout le monde, des faucons néoconservateurs aux gauchistes français, était persuadé que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive. Avant 2008, très peu d'analystes s'interrogeaient sur la solidité du système financier américain. Et sur chacune de ces questions, l'opinion publique suivait celle des experts. Les rares personnes à sortir du rang, comme le dissident soviétique Andrei Amalrik, le spécialiste de la lutte antiterroriste John O'Neil, l'ancien inspecteur des Nations Unies en Irak Scott Ritter ou l'économiste Nouriel Roubini, étaient considérés comme des provocateurs, des excentriques ou, dans le cas de Ritter, comme des menteurs.
Puisque ce qui nous semblait indiscutable est aussi facilement remis en cause, il n'est peut-être pas inutile de faire preuve d'un peu de scepticisme et de se demander quelles autres «vérités établies» méritent d'être examinées de plus près.
La prolifération nucléaire est dangereuse. Il peut sembler évident que la multiplication des nouveaux entrants dans le jeu nucléaire, Inde, Pakistan, Corée du Nord, et peut-être l'Iran, augmente mécaniquement le risque de guerre atomique, ou même de lancement accidentel. Mais dans un article désormais célèbre publié en 1981, le politologue Kenneth Waltz affirme que la course au nucléaire préserve la paix car ces armes «dissuadent les Etats de se lancer dans des guerres qui pourraient déboucher sur leur utilisation.» Ces bombes seraient des armes essentiellement défensives et les pays qui cherchent à les obtenir ont raison de le faire. Pour Waltz, l'entrée dans le club très fermé des détenteurs de l'arme nucléaire oblige à faire preuve de mesure et de prudence, ce qui pousse les régimes irresponsables à devenir plus raisonnables, argument qu'il applique à la Corée du Nord et à l'Irak (où il était persuadé lui aussi qu'on trouverait des ADM). De plus, l'idée selon laquelle «la dissémination progressive des armes nucléaires protégera la paix et la stabilité internationale» est renforcé par un constat simple: il est impossible d'empêcher la prolifération.
Le changement climatique aura des conséquences catastrophiques. Nos civilisations sont condamnées si nous ne réduisons pas nos émissions de carbone, n'est-ce pas? Le physicien Freeman Dyson n'est pas de cet avis. Dyson, qui par ailleurs est un adversaire acharné de la prolifération nucléaire, ne remet pas en cause le fait que l'activité humaine est à l'origine du réchauffement. Par contre, il s'oppose au consensus selon lequel ce réchauffement représente une grave menace. Il se méfie notamment des simulations informatiques car il estime que «ces modèles ne décrivent que très imparfaitement le monde tel qu'il est.» Dans un essai publié par la New York Review of Books, Dyson explique que le réchauffement affecte surtout «les régions froides, bien plus que les régions chaudes.» Ainsi, les émissions de gaz carbonique pourraient rendre la terre plus fertile et nous protéger d'un autre danger, qui échapperait cette fois à tout contrôle, le retour d'une ère glaciaire. Enfin, il affirme que si le problème devenait vraiment grave, des arbres génétiquement modifiés capables d'absorber le carbone pourraient très bien arranger les choses.
La Chine est stable. Les analyses produites par les spécialistes de ce pays ressemblent étrangement à celles qui vantaient la stabilité de l'Union soviétique avant son effondrement, l'admiration béate en plus. Vingt ans après Tiananmen, l'autorité et le pouvoir du Parti communiste chinois semblent absolus. L'économie croît au rythme de 9% par an depuis 1978, ce qui a permis à la Chine d'accéder au rang de grande puissance. Dans le pays, aucune opposition réelle ne se fait entendre. Mais il serait bon de ne pas oublier que l'augmentation du niveau de vie a toujours été à l'origine des contestations politiques qui favorisent la naissance de la démocratie, en Asie comme ailleurs. Voilà pourquoi Samuel Huntington affirme que la Chine va très bientôt atteindre le niveau de revenu moyen à partir duquel les régimes autoritaires deviennent vulnérables à la révolte populaire. Ainsi, le développement fulgurant de l'économie de marché et de l'accès à l'information rendent de plus en plus difficile la légitimation des abus de pouvoir du régime. Pourquoi la Chine serait-elle immunisée aux pressions et aux changements que l'on trouve à l'origine de toutes les démocraties?
Etre propriétaire de son logement est toujours bénéfique. L'idée selon laquelle il faut absolument devenir propriétaire est au cœur des politiques sociales américaines depuis le New Deal, quand le Congrès décida d'assurer et de subventionner les emprunts immobiliers à travers la Federal Housing Administration et Fannie Mae, dont on connaît les récents déboires. De même, sur le plan fiscal, la déductibilité des intérêts, censée encourager l'investissement productif, a été étendue aux prêts immobiliers. Le bon sens veut qu'un propriétaire se sente davantage impliqué dans la vie de son immeuble ou de son quartier. Mais même si cela était vrai (aucune étude ne le prouve), en quoi cela compenserait-il les désavantages évidents de la propriété? Comme de plus en plus de gens sont en train de le constater, devenir propriétaire revient à prendre un énorme risque financier. Cela réduit considérablement la mobilité du marché du travail. Cela encourage le développement anarchique des villes et l'allongement des trajets. Et une étude montre même que cela entraîne le stress et la prise de poids.
A long terme, les actions rapportent plus que les obligations. La thèse centrale du livre de Jeremy Siegel, Stocks for the Long Run, est devenue un des lieux communs les plus répandus de la vulgate financière. En s'appuyant sur certaines données historiques, Siegel montre que, depuis 1802, les actions ont rapporté environ 7% par an, un résultat dépassant ceux de toutes les autres classes d'actifs, et avec moins de risque. D'autres analystes ont affirmé que, depuis le début du XIXe siècle, les actions font mieux que les obligations sur des périodes de vingt ou trente ans. Pas si vite. Dans un article récent, deux universitaires affirment que «les actions sont en fait plus volatiles sur le long terme», et que leurs performances dépendent très largement de circonstances historiques déterminées. On pourrait également conclure que si les actions ont toujours rapporté davantage avec un risque moindre, cela signifie qu'elles ont toujours été sous-évaluées. Une conclusion qui pourrait prêter à sourire aujourd'hui. En effet, les investisseurs devraient se jeter sur cette classe d'actifs miraculeuse au lieu de la vendre à tout-va comme ils le font. Plus réaliste, ce graphique publié par Bloomberg montre que l'indice des obligations du Trésor américain (échéance à trente ans) fait mieux que tous les indices d'actions... depuis 30 ans.
Detroit n'a aucune chance. Personne n'est optimiste sur l'avenir des constructeurs automobiles américains. Depuis plusieurs décennies, ils reculent face à des adversaires qui parviennent à construire des voitures plus solides, plus économes et meilleur marché. Les Big Three (General Motors, Chrysler, Ford) ont négligé l'efficacité énergétique et les petits modèles et on voit aujourd'hui où cela les a menés. Enfin, l'incapacité des deux premiers à présenter au gouvernement un plan de redressement convaincant semble confirmer que Detroit souffre d'un mal incurable. Là encore, méfions-nous des conclusions hâtives. Ces dernières années, nos trois constructeurs ont considérablement amélioré leurs méthodes de fabrication et le coût de la main-d'œuvre a nettement baissé. Shanghai GM est devenu le plus grand constructeur chinois et les modèles de Buick et Jaguar (Ford) viennent d'être placés en tête du classement des voitures les plus solides. Enfin, Ford semble avoir mis au point le meilleur hybride à l'heure actuelle, la Fusion 2010. D'aucun en concluent que le vrai problème de Detroit est d'ordre financier. Trop de dettes, trop de frais d'assurance santé et de retraites. Or ces problèmes peuvent être réglés par une restructuration et ne signifient pas que les Big Three sont incapables de fabriquer des voitures qui se vendront.
Les sources d'énergie fossile se tarissent. Quand le prix du baril a atteint 147 dollars l'été dernier, la question pertinente semblait de savoir s'il restait assez de pétrole pour les 40 ou les 100 prochaines années. Mais certains experts pensent qu'il y en aura toujours assez. Un essai de George Dyson sur les hérésies scientifiques m'a fait découvrir les théories de Thomas Gold, un astronome autrichien mort en 2004. Selon Gold, le pétrole et le gaz ne sont pas des combustibles fossiles issus de la décomposition des matières végétales, mais plutôt le résultat de réactions géologiques qui se produisent à des profondeurs très importantes. La pression ferait ensuite remonter le pétrole et le gaz vers les réservoirs naturels.
Une expérience réalisée par des chimistes du Carnegie Institute à Washington semble étayer cette hypothèse. Elle a montré que le méthane, c'est-à-dire le gaz naturel, peut être produit par l'interaction d'éléments géologiques existant à des kilomètres sous terre, si l'on reproduit les conditions de pression et de température dans lesquelles évoluent ces éléments. Dyson estime que «l'expérience menée au Carnegie Institute montre qu'il est possible que Thomas Gold ait eu raison, et donc que les réservoirs de gaz naturel soient alimentés par des réactions qui ont lieu en grandes profondeurs.» En d'autres termes, nous échapperons peut-être à la panne d'essence.
Jacob Weisberg
Article traduit par Sylvestre Meininger
Mis à jour le 07/04/2009 à 17h16













































Voilà un article très réjouissant qui mettra du baume au coeur de Claude Allègre et des scientifiques qui pensent comme lui, qui n'ont pratiquement plus droit de cité dans nos grands médias.
En ce qui concerne la prolifération nucléaire, il est paradoxal que chaque pays estime que son arme nucléaire personnelle est défensive tandis que celle des autres pays serait offensive. Force est de constater que depuis Hiroshima et Nagasaki, c'est à dire depuis plus de soixante ans et malgré la prolifération, il n'y a plus eu d'attaque nucléaire.
Pour ce qui est de la Chine, peut-être que la révolte populaire est déjà engagée. Sinon comment expliquer toutes ces détentions et exécutions dont le bruit filtre parfois jusqu'à nos oreilles ?
La notion d'idées reçues est assez vogue depuis quelques mois. Preuve en est les émissions de France Culture de l'été 2007, les mutliples livres au titre évocateur (50 idées reçues sur l'état du monde, P. Boniface, oct07; 50 idées reçues sur les Etats-Unis, toujours de Pascal Boniface, oct08; Le grand livre des idées reçues, M.-L. Dubray, oct08; voire Petit Lexique des idées fausses sur les religions, O. Vallet, 2002). En vogue mais pas nouvelle (cf. Flaubert).
L'oeuvre de décortiquer ces idées reçues est effectivement salutaire et riche d'enseignement.
Reprenons à notre compte le septicisme revendiqué par l'auteur.
De manière générale, et cet article ne le dément pas, il faut bien noter la faiblesse d'ensemble des arguments avancés pour contrer les "idées reçues". Recenser 7 idées reçues et en démonter les tromperies en 3 pages me laisse assez dubitatif. L'illusion du recours à 200 pages d'annexe (exclusivement à charge) ne comblent pas le déficit de la pensée.
Ramener le cas de l'industrie automobile américaine aux problèmes d'assurance et de retraite est très simplificateur et pourrait, à son tour, devenir une idée reçue pour peu qu'elle soit assénée suffisamment. Il suffit de se documenter dans la presse américaine pour s'apercevoir de la multiplicité des raisons amenant à cet échouage (R&D, méthode de commercialisation, diversité de la gamme, gestion des brevets...).
Le reste des problématiques est hélas un peu traité à l'avenant, uniquement à charge, avec comme élément probatoire, une seule étude.
2 options mériteraient d'être étudiées :
1. Définition d'une idée reçue ? est-elle obligatoirement fausse ? s'agit-il seulement de simplifications ?
2. Réfléchir et avancer des hypothèses sur le circuit de création et de diffusion des idées reçues (actions des lobbies, du
marketing, du politique; poids exagéré des "experts" dans la presse prodiguant une nouvelle "pensée magique"; poids exagéré donné aux études, statistiques, chiffres dont l'objectivité, l'orientation, les lacunes ne sont guère analysés; action de scepticisme dans les médias, de travail de fond; conformité des esprits; simplification de la pensée...)
La science et la médecine sont des champs d'investigation intéressants mixant certains lieux communs (augmentation des naissances les jours de pleine lune...) et certaines grandes vérités récentes (le vin comme protecteur des maladies cardio-thérapiques...).
Il est vrai que ces domaines, dont la vérité "ultime" semble plus facile à atteindre, semblent plus propice à l'exercice du septicisme que la politique ou l'économie dont l'union avec le mot science devrait parfois être remplacé par le mot idéologie (les sciences "dures" ne sont pas exempts de ce reproche).
3. Proposer au présent auteur de fouiller son approche, par exemple par une série d'articles détaillant chacun des thèmes survolés ici, et de prendre les éléments à charge et à décharge de chacun des postulats. Il se pourrait que certaines idées fausses ne soient pas si fausses que cela.
Cordialement.
Cet article iconoclaste à l'égard des vérités officielles est très intéressant mais il repose sur le seul constat d'un laisser faire sur de fortes thématiques et sur lesquelles cependant il est utiile d'élargir la reflexion stratégique :
Nucléaire : Tous les abus sont énoncés pour suggérer l'inanité de la prolifération du nucléaire militaire et civil. L'arme nucléaire va évidemment servir un jour et la position de Barak Obama sur ce désarmement particulier n'est pas si utopique (au nom de la négation des évidences établies que cet article argumente assez bien) considérant qu'il ne fixe aucune échéance à cette évolution ; le sens moral et et l'instinct de survie peuvent animer les politiques militaires futures. Entendre dire aussi que le nucléaire est écologique est un autre cliché destiné à masquer des logiques et idéaux productivistes et non pour protéger la planète et encore moins les hommes. Plus de production garantit plus de pollution et un "idéal de vie" (le vrai bonheur sur terre ?) des peuples difficilement reproductible. Les nucléaires civils et militaires sont hautement dangereux du fait de l'erreur humaine inéluctable, des actes de terrorisme irrationnels et de la nature foncièrement agressive de l'homme. Le récent G20 est une illustration des effets mondiaux de la théorie avérée du "doux commerce" (cf le modèle de la construction européenne) qui peut sans doute retentir, à terme, sur les stériles "efforts" de guerre (cf pour illustration notre si beau, si efficace, si "cher" porte-avion). Rappelons aussi que les centrales nucléaires ne sont que des machines à vapeur aux chambres de compression très fragiles !
Le changement climatique : sans se référer à une version particulière et "scientifique" de l'évolution des climats, on peut simplement chercher à éliminer la pollution de nos lieux de vie pour répondre à des règles basiques de santé publique : la pollution de l'air urbain diminue sans conteste la durée moyenne de vie de plusieurs années, augmente très sensiblement le nombre de prématurés, dégrade la qualité et quantité des spermatozoïdes... Agissons donc en ces domaines mesurables et tangibles qui alimenteront incidemment les "grandes rivières" environnementales de la planète.
La stratégie géopolitique : les jeux olympiques ont révélé les rivalités régionales en Chine et le souci du pouvoir central de ménager ces identités locales en pavoisant les festivités de leurs couleurs respectives. Même divisée politiquement, la Chine deviendra une économie et une force militaro-politique redoutable. Mais le financement du déficit américain et la recherche d'une monnaie de compte solvable et universelle d'entraide financière des états indiquent aussi, de la part de ce puissant pays, une prévention raisonnable des risques conflictuels liés à la mondialisation inexorable de l'économie.
Ce sera aussi la fin de l'illusion d'une couverture des déficits publics par l'inflation (cf les écrits de J. Attali et T. Piketty sur ce site).
La Chine a également su se tourner industriellement vers l'Afrique mais pas l'Europe et encore moins la France (sauf le "village gaulois" méritant dans ses actes et discours récent -à lire attentivement- de Charente-Poitou).
La construction automobile américaine : l'histoire nous a appris la grande capacité de l'industrie américaine à répondre de manière exemplaire, donc novatrice et pragmatique à des situations d'urgence. C'est sans aucun doute la caractéristique dominante de cette nation construite sur une grande cohérence et un profond engagement de son peuple. L'inflexion politique donnée par Obama quant à une croissance plus respectueuse de l'environnement peut susciter la création de nouveaux produits "phares" de la production automobile.
Les dirigeants de Citroën se plaignent de n'avoir pas un nouveau modèle de 2 CV à proposer à notre époque et constatent sans aucune réaction que la Tata Nano à 1600 € a en commun avec la défunte deudeuche la même cylindrée de moteur... Et pendant ce temps Renault s'engage, après la réussite de la Logan low cost, dans cette voie de la voiture pratique, utilitaire et actuelle (donc attendue) à 1800 €...
Les énergies fossiles : elles se régénèrent sans doute ou sans doute pas mais elles ne sont plus si faciles et rentables à exploiter. Il semble que cette "page" de consommation comme celle passée du charbon soit entrain de se tourner à la faveur d'autres pistes énergétiques : du méthane gratuit utilisé pour chauffer, éclairer des habitations (avec des leds moins gourmands ? des "frigos" magnétiques ?...) ou faire avancer des véhicules de service, des batteries de dernières générations à recharge très rapide et de plus longue durée, de la production ou de la disponibilité de plus en plus banalisée d'électricité, des techniques plus performantes d'utilisation de l'air comprimé....
Donc, il ne s'agit plus de chasser des chimères scientifiques mais bien de ne pas manquer le train de la révolution industrio-culturo-politique qui se profile et qui est encore largement à portée de main !
Si tu veux la paix, prépare la guerre
Cette citation latine est-elle fondée ? L'idée sous-jacente est de préparer la guerre pour avoir une position de force ou la position dominante de façon à ne pas avoir à l'utiliser. D'où la paix.
Peut-être vrai au plan nucléaire – pour l'instant – mais pas au niveau des conflits locaux ou géographiquement limités (Irak, Iran, Afghanistan, etc.)
A moins que dans notre société, la " guerre économique " soit un moyen d'avoir la paix ? A en croire certains articles, les jeunes, les salariés des pays en voie de développement envieraient le mode de vie occidental et devraient à terme par leurs " revendications ", se rapprocher de nos standards.
Question ? Plutôt que d'instaurer un blocus sur un pays, ne vaudrait-il pas mieux l'inonder de jeans, boissons gazeuses, restaurations rapides, téléphones portables, musiques à gogo et autres gadgets certainement essentiels de nos sociétés de consommation ?
Serait-on plus près de la réalité avec cette formule : si tu veux la paix, prépare la guerre commerciale ?
Il est très stimulant de trouver cet article sur les « idées reçues » qui nous inondent et qui visent à un formatage de masse sur les grands sujets de société....paresse intellectuelle des véhiculeurs de telles idées ou truquage délibéré pour servir de noirs desseins?
« L’homme peut savoir, donc il peut être libre » a écrit A. Camus.
Par contre, petite critique, cet article nous fait une revue par trop hétéroclite de domaines très (trop) variés. L’intention est bonne, mais pour être sérieux, il faudrait traiter chacun des domaines évoqués avec des argumentaires plus étoffés et mieux exposer les démarches contradictoires qui amènent à l’émergence d’une « idée reçue ». Ne pas tomber abusivement dans les travers que l’on critique. Témoignages à charge et à décharger doivent être mieux explicités.
La grande presse adore véhiculer les « idées reçues »…..et fustiger ou ostraciser les « mal pensants »….alors que personne ne lui interdit (théoriquement) de respecter ses lecteurs en leur fournissant des informations enrichissant débats et argumentaires de tous bords. Respecter le lecteur.
Gros problème. Une « idée reçue » doit-elle être caricaturale pour être comprise par le plus grand nombre. Nous orientons-nous vers le règne de la pensée sommaire ?
Quels critères appliquer pour évaluer la scientificité d’une proposition quelconque ? Qui va décider les critères de signification et de vérifiabilité des propositions ? Comment appréhender falsifiabilité et falsification délibérée ? Comment discriminer les bons des mauvais experts, les honnêtes des stipendiés. Pour rester sur un sujet à la mode, comment savoir où sont les bons économistes innovants dans la cohorte qui s'exprime dans la presse. Comment discriminer ceux qui pensent des perroquets qui rabachent des leçons mal apprises, les génies autoproclamés des compétents discrets ?…Vaste programme, tâche insurmontable. Comment survivre? Diversification des sources, recoupages multiples et vigilance pour lutter contre le formatage. Qui a le temps de se mettre dans une telle disponibilité mentale régulièrement?
En fait, comment s’élabore une "idée reçue"…quels sont les créateurs, puis les diffuseurs des "idées reçues "? Dans le champ de la recherche scientifique, les théories scientifiques changent continuellement. Certaines « idées reçues » acquièrent le statut noble de « théories explicatives de tel ou tel phénomène physique ou biologique » …tant qu’elles n’ont pas été remplacées par une nouvelle « idée reçue » assise sur un argumentaire plus élaboré qui est capable d’intégrer l’ensemble des connaissances du moment. Face à la complexité des démarches, la grande tentation est la simplification caricaturale.
Comment lutter ? Rester vigilants et ne pas oublier que des évènements singuliers non-reproductibles n’ont pas de signification pour la science.... Peut-on étendre une telle précaution à la sociologie, l'économie, la géopolitique?
Une différence à faire entre idées reçues et pensée originale, entre la réflexion et la pensée, entre le Sens et les représentations mentales.
Votre question est particulièrement cruciale au moment où le trafic des idées reçues rassemble en l'ignorant celles du passé comme celles d'un présent prolifique.
La réponse est à chercher du côté du discernement des Sens (intelligence symbolique) au-delà des idées et des représentations (intelligence mentale) qui ne sont pas le Sens. Mais seul le Sens engage l'homme. (Même si cela en agace certains). Discerner le Sens de ce qui se fait ou se dit est plus important que les formules auxquelles on a trop prêté des vertus sacrés à l'époque moderne, y compris sur le plan scientifique qui devra revoir tôt ou tard ses principes épistémologiques.
Excellent article.
Tous les points que vous mentionnez ont un point commun : la théorie du chaos.
Toutes ces questions relèvent de systèmes très sensibles à des changements de paramètres d'entrée. Stabilité des conflits humains, stabilité des marchés, stabilité du climat, stabilité des régimes politiques... Le point commun de tout ça c'est que justement ils n'ont rien de stable ! Pour être stable un système a besoin d'être controlé. Or tous ces systèmes sont dans un état de "dérégulation" ou de "misrégulation" notoire...
Concernant les marchés financiers, cf Mandelbrot, Taleb sur la théorie des fractales (grosso modo la théorie du chaos) appliquées aux marchés.
En particulier merci pour le passage sur le risque concernant l'achat de son logement. En effet acheter son logement revient à "mettre tous ses oeufs dans le même panier" C'est donc évidemment un énorme risque contraire à tout bon sens. (en payant simplement un loyer on ne paie pas le coût du crédit de plus les gens tendent à surinvestir dans le logement qu'ils achetent par rapport à une location justement à cause de ce sentiment de non dépense d'argent)
Bref, du point de vue des systèmes dynamiques et des systèmes de contrôle votre papier est très intéressant. En effet vous parlez de contrôle, de stabilité, de risques, de simulations. Autant de sujets passionants.