Les Français must speak english
Il faut faire de la maîtrise des langues étrangères une priorité en France, estime Jean-François Copé.
- Un élève français. REUTERS/Charles Platiau -
A l’occasion d’un déplacement dans les Vosges, lors d’une table ronde avec des chefs d’entreprises locales, j’avais rencontré une entrepreneuse jeune et énergique qui dirige une de ces PME qui sont le creuset de notre économie. Alors que nous abordions la question de l’export, j’avais senti chez elle une réticence. Je l’avais alors interrogé:
«Vous avez du mal à obtenir l’accompagnement financier? Vous n’avez pas une offre adaptée?»
Elle m’avait répondu spontanément que les problèmes n’étaient pas du tout de cet ordre:
«Au contraire, la qualité de la chocolaterie française est reconnue à l’international. Nous bénéficions du prestige de la gastronomie nationale. On m’a même sollicitée à plusieurs reprises pour participer à des salons internationaux mais je n’ose pas y aller… Je ne parle vraiment pas bien anglais. Les langues étrangères, ça n’a jamais été mon point fort!»
Bien sûr, le cas de cette chocolatière des Vosges n’est pas représentatif de toutes nos PME, mais il est à mon sens symptomatique du complexe que les Français –notamment lorsqu’ils sont nés avant les années 1990– entretiennent avec les langues étrangères. Cela peut paraître anecdotique mais en fait, c’est à mon sens un véritable problème qui nous pénalise terriblement.
Cette méfiance n’est pas nouvelle. D’ailleurs le manque d’études à ce sujet dans notre pays trahit en lui-même un désintérêt pour l’apprentissage des langues étrangères. L’évaluation de nos compétences en langues étrangères est l’angle mort de nos statistique sur l’enseignement: dans «l’état de l’école», le document qui produit chaque année des indicateurs de performance et de statistiques sur l’Education nationale, il y a 29 indicateurs (dont le niveau en lecture ou en mathématiques) mais pas un sur la maîtrise des langues! L’étude la plus récente à laquelle j’ai eu accès sur notre niveau de langues date ainsi de 2002…
Cette étude comparait la maîtrise de l’anglais chez les élèves de 15 à 16 ans en France, au Danemark, en Finlande, aux Pays-Bas, en Norvège, en Espagne et en Suède. Notre pays arrivait bon dernier avec en moyenne 30,6% de bonnes réponses aux questions posées aux élèves contre 38,3% à leurs homologues espagnols, 59,7% pour les Finlandais, 61,6% pour les Hollandais et plus de 70% pour les Suédois et les Norvégiens! Pire, notre niveau avait même baissé par rapport à 1996, date à laquelle une étude comparable avait été menée: à l’époque notre niveau était proche de celui des Espagnols.
Ces lacunes doivent évidement beaucoup à notre histoire: pendant des siècles la France a été la langue de la diplomatie et de la culture. C’est Charles Quint –alors que son empire hispano-autrichien était à son apogée et avant même le grand siècle de Louis XIV– qui disait «la langue française est langue d'Etat, la seule propre aux grandes affaires». Les Français en ont tiré une fierté légitime et ont longtemps estimé que c’était aux autres de faire l’effort de parler notre langue, et pas l’inverse. Ce réflexe est compréhensible: les «anglicisants» ont le même réflexe aujourd’hui, ils parlent encore moins de langues étrangères que les Français!
Mais les temps ont changé. Qu’on le veuille ou non, c’est l’anglais –ou au moins, une forme d’anglais– qui a supplanté le français comme langue véhiculaire dans le monde. On peut le regretter, mais on ne peut pas se permettre de ne pas en tirer les conséquences. Notre mauvaise maîtrise des langues nous coûte trop cher à au moins deux niveaux:
- 1/ Au niveau économique, comme le montre cette expérience vosgienne. Beaucoup de marchés à l’international échappent à nos PME, freinés par la barrière de la langue, quand les Allemands gagnent des parts de marchés notamment parce qu’ils ne rechignent pas à parler un bon anglais!
- 2/ Mais cela limite aussi notre capacité à nous ouvrir au monde. Comment les Français peuvent-ils comprendre les défis nouveaux du monde en ne comprenant que leur langue? Bien souvent, nous nous replions alors sur des comparaisons historiques –la France de 2010 par rapport à celle de 1981– plutôt que de faire des comparaisons internationales –la France d’aujourd’hui par rapport à nos voisins. On le voit encore dans le débat sur les 35 heures que j’ai voulu relancer: pour comprendre les enjeux de ce débat, il est préférable d’avoir une vision de la compétition internationale.
Je ne suis bien sûr pas le premier à faire ce constat. Depuis une dizaine d’années, l’Education nationale a fait des efforts importants pour développer les langues vivantes dès le primaire. Ainsi, en 2002, 24,7% des classes de CE2 bénéficiaient d’un enseignement d’une langue étrangère. En 2010, la proportion est passée à 99,7% (dont 90% apprennent l’anglais)! C’est un progrès impressionnant qu’il faut saluer: il montre que l’Education nationale peut faire la preuve d’une faculté d’adaptation remarquable!
Il est encore trop tôt pour tirer un bilan de ce tournant spectaculaire pris par l’Education nationale. Nous devrions en voir tout le bénéfice dans les années à venir. Mais, avant même ce bilan, je crois que nous devons aller encore plus loin dans notre action en faveur des langues étrangères. L’étude de 2002 sur la comparaison des niveaux de langues en Europe pointait notamment deux lacunes de l’enseignement des langues en France:
1/ L’enseignement commence trop tard
Cette faiblesse a été corrigée puisque quasiment 100% des élèves de CE2 sont initiés à une langue étrangère. La familiarisation avec l’anglais se fait aussi –par le jeu et les chansons– dans des classes maternelles. C’est une option qu’il faudra généraliser au-delà des établissements «favorisés». Mais ce qui compte, c’est aussi la méthode d’apprentissage. On a souvent pointé du doigt la focalisation de l’enseignement scolaire sur la grammaire et l’écrit, au détriment de l’oral et de l’amélioration de l’aisance. En mettant la barre assez haut sur les règles à maîtriser, on complexe parfois les élèves qui n’osent plus prendre la parole de peur de se tromper. L’évaluation systématique des méthodes d’apprentissage pour voir celles qui marchent et celles qui ne marchent pas est désormais indispensable à l’échelle nationale. Au-delà de la formation initiale, il faut que les entreprises comprennent l’avantage qu’elles auraient à développer massivement l’apprentissage/le perfectionnement de leurs salariés en anglais. Des cours d’anglais de qualité dispensés à des salariés motivés pour partie «à la conquête du monde» peuvent offrir un retour sur investissement considérable. Mais là aussi, l’évaluation des méthodes est primordiale: attention aux charlatans!
2/ Les élèves français étaient moins «exposés» que les autres élèves européens à une langue étrangère
Les Français ne sont confrontés à l’anglais qu’en cours, alors que les élèves des pays nordiques ou des Pays-Bas regardent fréquemment à la télévision des films ou des émissions en VO et sous-titrées dans leur langue maternelle –les coûts de postsynchronisation n’étant pas rentables pour les langues les moins parlées. Cette différence est décisive! Pourquoi aujourd’hui n’adopterions-nous pas la même politique en France? Les films ou les séries anglo-saxonnes qui sont diffusées à la télévision française pourraient l’être en anglais et sous-titrées en français, au moins sur le service public. Ce serait d’ailleurs l’occasion de faire «d’une pierre trois coups»: les Français amélioreraient mécaniquement leur maîtrise de l’anglais mais aussi leur niveau de français via la lecture des sous-titres, tandis que les malentendants pourraient enfin profiter plus de la télévision! Il faut d’ailleurs noter que, parmi les jeunes générations, ils sont déjà de plus en plus nombreux à regarder en VO les films et séries sur internet.
Je crois que cette proposition –même si elle ne peut pas changer toute la donne à elle seule– mérite d’être étudiée sans tabou, d’autant qu’elle ne coûterait pas un euro à l’Etat français et pourrait enrichir beaucoup à nos enfants!
J’entends déjà les critiques des ardents défenseurs de la francophonie: «Qu’ils maîtrisent déjà le français!». Ce n’est pas moi, qui aime passionnément notre langue, qui vais leur donner tort: la maîtrise du français n’est évidemment pas négociable! C’est d’ailleurs pour cela que j’ai proposé d’introduire un examen à la fin du primaire pour vérifier que les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) sont acquis avant l’entrée en sixième. Mais la maîtrise du français et d’une langue étrangère ne sont pas incompatibles. Bien au contraire!
A ce stade, il ne s’agit que de pistes de réflexion. Avec l’UMP, nous allons organiser une réflexion en profondeur pour proposer un plan de bataille sur ce thème. Je souhaite que, dans la perspective de 2012, nous fassions de l’apprentissage des langues étrangères un chantier majeur pour notre pays. Le développement et l’influence de la France dans le monde dépendent d’abord de notre capacité à comprendre et à être compris!
Jean-François Copé
Mis à jour le 03/02/2011 à 17h06

















![Dix défis pour Obama II [9/10]: Passer un accord commercial avec l'Europe Dix défis pour Obama II [9/10]: Passer un accord commercial avec l'Europe](http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/bloc-alaune/omc2011.jpg)



































J'ai la chance (ou la malchance c'est selon) d'être un de ces 'enfants issus de l'immigration' (sic), ce qui veut dire que j'ai eu la chance d'apprendre deux langues maternelles.
Cette conformation à utiliser plusieurs langues relativement jeune m'a permis par la suite d'apprendre l'Anglais sans difficulté, ainsi que l'Espagnol.
Je parle aujourd'hui courrament 4 langues et pourtant:
Durant mes études, le seul moment où cela m'a servi c'est quand j'ai passé un diplome étranger (MBA....), c 'est aussi le seul moment ou je me suis senti valorisé pour ma maitrise de langues étrangères.
En 20 ans de carrière professionnelle en France, JAMAIS les langues dont je dispose n'ont éte considérées comme un atout! On se demandera ensuite pourquoi j'ai monté ma société de consulting ailleurs qu'en France.....
Enfin, il est démontré scientifiquement depuis belle lurette que l'apprentissage des langues doit commmencer vers 3 ans pour avoir un maximum d'effet, et pour que les enfants acquierent:
- Une vraie aisance écrite et orale
- Un accent digne de ce nom qui ne vous identifie pas dès que vous ouvrez la bouche comme étranger.
Je ne commencerai pas ici la liste des avantages à parler plusieurs langues, mais par exemple, je ne me contente plus des versions françaises, souvent je lis l'info venue d'ailleurs, ce qui me donne un regard plus objectif sur l'actualité.
Je ne parle pas des avantages business.....
Bref, quand est-ce qu'un politique digne de ce nom va enfin prendre les mesures qui s'imposent?
Pour finir MR Copé, un exemple:
En Espagne ou j'habite il y a deux ans une partie des profs de la Communauté de Madrid ont été obligés de se former à l'Amglais pour donner des cours en langue étrangère.
Bien évidemment vous imaginez la difficulté pour des pèrsonnes d'une quarantaine d'années de se mettre à l'Anglais, pour ensuite enseigner....
L'experience a été un tel succès du point de vue des résultats scolaires, qu'elle a éte étendue à l'ensemble des établissements scolaires.
Que se serait-il passé en France? Vraisemblablement personne dans l'EN n'aurait voulu faire cet effort de formation personelle pour acquerir de nouvelles compétences à transmettre aux enfants... On aurait sans doute eu droit a quelques journées de grève pour négocier des hausses de salaire correspondant a ces nouvelles compétences à avoir!!!
Ici, ils ont tous saisi l'opportunité sans rechigner. Encore 10 ans et ils vont nous donner des leçons les Espagnols!
(Je travaille dans les RH, aussi bien je dispose d'autres exemples du même acabit, la France est desesperante!)
A bon entendeur!
Mais monsieur, vous parlez de ce que vous ne connaissez pas . En France aussi, des stages de perfectionnement ont été proposés, et un certain nombre d'enseignants en ont profité. L'institutrice de ma fille a donc passé 15 jours en Angleterre pour des cours intensifs, et sans grogner. Malheureusement, "ça côute", donc on n'a pas pu en faire bénéficier tout le monde...
Il faudrait revoir un peu vos clichés sur les enseignants avant de parler d'eux avec tant de mépris et d'arrogance.
Avant de vouloir pousser nos compatriotes à parler mieux une langue étrangère (ce qui ne serait pas un luxe, il est vrai), commencons par nous relire en français ! avant de poster à tout va sur les divers blogs du net... rien que cet article:
-"Cela peut paraît anecdotique"... l'infinitif me paraît plus adapté ;)
-"L’évaluation de nos compétence en langues étrangères" Tant pis pour le S incompétent !
Et en ce qui me concerne, bien que parlant 4 langues, j'aimerais plus que la majorité des français sache parler et écrire notre langue maternelle un peu mieux. Je suis dépité lorsque je reçois une lettre de motivation pour une embauche, corrigée sans sens critique par MS Word. Cela me fait pleurer de voir que ceux nés après 1990, n'arrivent pas à aligner 10 mots sans faire 5 fautes. Et que dire de l'oral ? Ecoutez-vous ce qui se dit à la TV ? Ecoutez-vous ce que l'on vous dit ? Qui met "ne-pas" dans une phrase aujourd'hui. Le NE a disparu depuis longtemps. Et ne parlons pas de la concordance des temps. C'est quoi cà ? Très certainement une langue étrangère pour beaucoup d'entre nous.
Voilà ! le français est une langue étrangère pour la majorité des français ! Commencons par y remédier avant de lancer des projets dont on ne verra les résultats que dans 15 ans, c'est à dire quand ceux qui les auront lancé (nos politiques), seront bien au chaud, en retraite et totalement étrangers aux résultats, car ce concept n'est même pas intégré dans leur propre culture ! A se demander sur quelle planète nos politiques vivent à part leur vue égoïste sur la prochaine échéance électorale qui leur permettra de conserver avantages sur le dos des contribuables. Faites bouger les impôts, modernisez l'Etat, balayez devant votre porte avant de vouloir vous occuper de nous et de notre capacité à nous adapter à un environnement global !
Les coquilles ont été corrigées... merci
C'est l'éternelle histoire de l'arroseur arrosé :
- "commencons par" --> "commençons par" (ça sonne mieux);
- "[...]nous relire en français ! avant[...]" --> point d'exclamation bizarrement placé;
- "j'aimerais plus que" --> pas très élégant --> "je préférerais que";
- "ceux nés après 1990," --> virgule inutile, voire incorrecte;
- "Ecoutez-vous [...]" --> "Écoutez-vous" (on doit accentuer les lettres capitales);
- "Qui met [...] aujourd'hui" --> qui met des points d'interrogation à la fin des phrases interrogatives aujourd'hui ?
- "C'est quoi cà ?" --> "ça";
- "Voilà ! le français [...]" --> "Voilà ! Le français[...]";
- "la majorité des français" --> "la majorité des Français";
- "c'est à dire" --> "c'est-à-dire" (merci à mon professeur de français qui me l'a fait copier 50 fois en seconde il y a 30 ans);
- "ceux qui les auront lancé" --> "ceux qui les auront lancés";
- "A se demander" --> "À se demander" (capitale accentuée);
- "qui leur permettra de conserver avantages" --> "leurs avantages" ?
- "l'Etat" --> "l'État".
Mon propre message n'est lui-même probablement pas exempt de coquilles, c'est tout le jeu de l'arroseur arrosé.
Quel plaisir de lire ce billet!
Les avis divergent malheureusement au sujet de l'intérêt éducatif de la VO sous-titrée. Pour ma part j'en suis un grand fan et comme M. Copé le souligne très bien, les avantages sont multiples.
Ne serait-ce que parce que cela introduit la langue étrangère (l'anglais en l'occurrence) de manière concrète et utile dans la vie des gens.
Ce qui est certain c'est qu'une approche trop scolaire, comme c'est aujourd'hui le cas dans l'immense majorité des cas, est catastrophique: on se focalise sur les erreurs (inévitables!) ce qui a pour effet de rebuter n'importe quel individu normalement constitué. On n'apprend pas une langue dans un cadre scolaire classique avec son attirail d'évaluations taillées pour des matières qui s'y prêtent mieux. Si tant est qu'il y en ait, mais c'est un autre débat ...
Ces difficultés d'apprentissage sont bien connues de Suisse où nous devons systématiquement apprendre deux langues nationales dès le plus jeune âge et, par la suite, nous apprenons l'anglais, l'espagnol, etc. Cependant, malgré notre situation enviable -des personnes de langue maternelle différente à 1h de route, il y a un gouffre entre l'Allemand que nous apprenons en classe et la langue parlée à Zürich et surtout parce que nous ne pratiquons pas assez l'échange avec nos voisins Suisse-allemands ou Tessinois.
Partant de ce constat, je comprends que l'emploi de l'anglais ne soit définitivement pas assez encouragé en France. Cependant, étant donné que les élèves français n'ont -pour ainsi dire- que cette langue à apprendre en plus de leur langue maternelle, ils parviendront certainement à un aussi bon niveau que les élèves suisses et ce assez rapidement.
Enfin, je peux confirmer que, d'après les forums francophones sur le cinéma que je fréquente, la vaste majorité des internautes sont en faveur d'une plus grande diffusion des séries en version originale (sous-titrée ou non), la postsynchronisation étant souvent de piètre qualité, quand elle n'est pas risible.
Bien à vous,
CH.
Faisons les comptes : 28 élèves pour un cours de 56 minutes = 2 minutes de parole ( au mieux ) par élève...C'est peu, pour maîtriser une langue ...
Et si on commençait par ne plus supprimer de postes, afin de créer de plus petits groupes d'élèves , où chacun pourrait parler un peu plus ?
Ouh, la vilaine , qui pense qu' on ne peut pas faire mieux avec moins ...
Et pourquoi ne pas imposer dans l'éducation des cours effectués en langue étrangère dès le primaire? Cela se fait déjà au Luxembourg, et leurs résultats sont impressionnants (ils ont plusieurs langues nationales).
Je n'ai jamais appris une langue avant de devoir la parler ou l'utiliser.
Au moins, elle flotte, celle-là !
Non, les coquilles n'ont pas toutes été vidées après relecture
mais priorité doit peut-être échoir au fond. Et là, quand "ça"
commence par "pas représentatif mais symptomatique", "anecdotique
mais véritable problème...", n'est-il pas un peu normal de s'inter-
roger sur la naissance et la conception de la priorité à l'oeuvre
ici avant de discuter une énème fois - de quoi ? - de la pratique
ou de l'apprentissage des langues étrangères ?
Et seulement à but commercial ? Sans très bien savoir si le cas
particulier de la chocolatière des Vosges construira le lot général
comme un fait divers tragique au possible commande le réveil immédiat
du législatif d'émotion ou si le général doit gouverner le particulier.
Résultat ? Une impression confuse de : " - Et si, pour exister
cette semaine, on rejouait la carte des langues étrangères ?"
Fairplaisanterillement.
Je ne suis pas assez calé pour juger de l'exactitude de vos propos, M. Copé, même si de toute manière dire qu'aujourd'hui mieux vaut connaître l'anglais paraît aller de soi.
Cependant, attention à ne pas verser dans le fanatisme trop absolu : les règles typographiques que vous utilisez sont celles de la typographie anglo-saxone.Puisque votre texte est en Français, je ne saurais que trop vous recommander de faire usage de la typographie... française.
Pour ":" -> Un espace avant, un espace après
Pour "!" -> Un espace avant, un espace après
Ce sont les anglais qui négligent les espaces précédant ces deux signes.
En espérant vous avoir appris quelque chose...
Cher JohnKriek,
Sur Slate.fr, nous avons choisi de coller les ponctuations.
En typographie française, on utilise des espaces insécables, et plus précisément des cadratins ou espaces fines (en typo, l'espace est féminine).
Ceci est pratiqué en presse écrite, les logiciels de mise en page étant faits pour, ce qui n'est pas le cas sur le web.
Nous avons donc décidé de coller les ponctuations, histoire qu'elles ne se baladent pas toutes seules en début de ligne.
En effet, je considère que les règles typographiques sont en premier lieu là pour aider à la compréhension du texte. Un guillemet seul en fin de ligne ou un deux points seul en début gênent la lecture.
Sinon, pour votre information, Jean-François Copé (comme tous les contributeurs non permanents de Slate) n'intègre pas lui-même ses articles sur Slate.
Cordialement
CC
"et pourrait enrichir beaucoup à nos enfants!"
Avant d'apprendre l'anglais il ne serait peut-être pas mal d'apprendre à parler français correctement (surtout quand on se vante d'aimer passionnément la langue française).
Très bonne observation que celle des jeunes qui regardent les films et les séries sur internet, mais on peut difficilement éviter de les opposer aux sanctions contre le téléchargement illégal.
Il est certain que s'il était possible de voir en Français tous les films étrangers, bien peu les verraient en VO !
Mais pourquoi ne pas rebondir sur l'idée en proposant, par exemple, 2 films en Anglais (ou autre) chaque semaine, à voir légalement en streaming ?
Le streaming, à la différence de la télévision, n'impose pas d'horaire et permet de les regarder spontanément et de manière flexible.
Il est tellement plus agréable d'apprendre une langue devant un film intéressant et prenant, plutôt que de se forcer à terminer des exercices dans des livres ennuyeux et seulement affublés de pâles illustrations...
Certes, les français ne sont pas bons en Anglais, surtout comparés aux pays scandinaves (contrairement à ce qu'on croit généralement ici, les Allemands ne sont pas si forts que cela).
La situation s'améliore tout de même lentement, mais progressivement, sous la poussée de la "culture mondialisée" (oxymore ?), c'est-à-dire largement américanisée.
Peut-être faut-il chercher du côté de notre longue histoire des conflits avec la perfide Albion, la source de cette résistance linguistique ?
Toutefois, comment demander au peuple de mieux parler anglais, quand on voit l'indigence de notre classe politique à ce sujet ?
Que penser de l'accent anglais de M. Sarkozy ?
Et de son "sorry for the time" lorsqu'il reçoit Hillary Clinton sur le perron de l'Elysée, et qu'il s'excuse pour le temps qu'il fait (comme si cela était de la faute du peuple parisien) ?
http://1pic1day.com/nicolas-sarkozy-sorry-for-the-time-video
Ah ça, M. Copé parle un français sans pareil, à l'image de notre président. Florilège...
« l’angle mort de nos statistique »
« les «anglicisants» ont le même réflexe aujourd’hui, ils parlent encore moins de langues étrangères que les Français! » → pourquoi parler d'anglophone alors qu'un substantif qui n'existe pas vraiment est à disposition ?
« Mais la maîtrise du français et d’une langue étrangère ne sont pas incompatibles » → la syntaxe n'est pas bancale, elle est audacieuse.
« pourrait enrichir beaucoup à nos enfants » ...
Et sans parler d'une élégance de style... digne de Proust ou de Flaubert :
« une entrepreneuse jeune et énergique qui dirige une de ces PME qui sont le creuset de notre économie »
Et comment ne pas admirer cette lucidité terrifiante de logique, cette perspicacité quasi panglossienne :
« Ce serait d’ailleurs l’occasion de faire «d’une pierre trois coups»: les Français amélioreraient mécaniquement leur maîtrise de l’anglais mais aussi leur niveau de français via la lecture des sous-titres, tandis que les malentendants pourraient enfin profiter plus de la télévision! » :D
Quant au fond de l'article, il ne répète pas du tout ce qui s'écrit depuis des lustres dans toutes les revues pas très inspirées. Je trouve merveilleux qu'un si jeune parti, fraîchement parvenu au pouvoir, se penche sur cette question, ce problème de fond qui vient tout juste de faire son apparition. Merci M. Copé pour cette vision, ce point de vue original, et surtout, ce beau style d'une grâce presque surnaturelle.
jeune français vivant à l'étranger, j'ai fait un parcours honorable pendant mes études, et travaille dorénavant dans un hebdo francophone, dans une grande métropole d'Amérique du Nord.
Mon anglais s'est largement amélioré et je peux totalement travailler en anglais maintenant. Mais d'où part-on!!!
Quand je vois les amis allemands, scandinaves, et plus globalement internationaux, c'est assez fou la qualité d'enseignement dont ils ont pu bénéficier. en gros, une heure de grammaire, une heure d'application à l'oral. Apprendre à écrire sans comprendre ne sert à rien. je me rappelle apprendre par coeur l'ordre des "much many" à mettre dans les trous (qu'un ami d'une autre classe qui avait la mm prof nous passait gracieusement!!)
Aucun élève ne comprend une langue écrite au tableau. Savoir utiliser un temps nécessite des exemples parlés, des circonstances. En France, les profs de langues ont globalement failli à leur mission. Faute de moyen ou pas je ne sais pas. Mais j'ai aussi fait 10 ans d'allemand, et je parle comme un gamin de trois ans ( et encore). Tout ça c'est du fric public gaché.... on ferait mieux de revoir le système. Pourquoi ne pas passer des accords avec des facs anglo, qui enverraient leur étudiants volontaires enseigner qq temps en France. Comment voulez-vous qu'un prof qui a étudié l'anglais à la fac et a fait 6 mois de stage en Angleterre quand il avait 22 ans sois performant.... la blague...
"So take your book page 30", avec l'accent anglais de Chirac... LOL
quand les dirigeants français se rendront compte que tous les jeunes diplômés qui seraient bien utiles en France se barrent, il sera trop tard. Tous les français que je rencontre sortent de grandes écoles, ont des masters en fac... ont coûté les yeux de la tête à former à l'État. mais celui-ci ne faisant rien pour eux, ils se tirent... l'herbe est toujours plus verte ailleurs.
Sur ce, je vais méditer le fait que je viens de me perdre ma virginité de droite, putain je suis d'accord avec Copé....
Allons au bout de la réflexion : le "véritable problème qui nous pénalise terriblement", c'est l'hégémonie de l'anglais. Si on la regrette, pourquoi l'accepter à long terme ? Les dirigeants français n'ont-ils donc plus aucune ambition autre que le suivisme zélé au mépris de nos intérêts de long terme ? Pourquoi accepter ce désavantage compétitif considérable vis à vis des Anglo-saxons, cette pénalisation automatique qui nous force à dépenser des fortunes pour l'apprentissage d'une langue étrangère (et ça ne va pas s'améliorer si M. Copé obtient gain de cause) quand eux consacreront cet argent à des matières plus fondamentales ou à des baisses d'impôts sur les entreprises ? La mondialisation est une course, où chaque pays non-anglophone a aux pieds le boulet de l'anglais à apprendre : qui accepterait de concourir dans de telles conditions ? Faire apprendre toujours plus l'anglais aux Français et aux autres, c'est accepter de s'engager dans cette fuite en avant du tout-anglais -- déjà trop entamée.
Les pays nordiques rechignent moins car leur langue est proche de l'anglais. Si l'espagnol était la langue commune, les Français auraient de meilleurs résultats que les Danois, avec le même système scolaire qu'aujourd'hui !
Bien sûr, une langue commune internationale est nécessaire, et il n'en existe aucune d'officiel : un vide a été soingeusement laissé par nos hommes politiques à courte vue (européens notamment, puisque l'UE aurait dû résoudre cette question). Pour combler ce vide, dans la pratique, la langue la plus forte du moment s'est imposée : l'anglais. Cela ne changera pas tout de suite, je ne dis pas qu'il ne faille pas apprendre l'anglais du tout, mais il faut vite mettre en oeuvre une alternative crédible au lieu d'accepter l'inacceptable par facilité et courte vue. De même qu'on a choisi l'euro comme monnaie européenne, et pas le dollar (pourtant monnaie internationale) ou le franc, pourquoi ne pas officialiser une langue commune européenne (et non anglaise ou française), par exemple le latin sans déclinaison ou l'espéranto ? Parions que le monde suivrait, surtout les Chinois qui n'ont pas non plus intérêt à devoir apprendre une langue que les Américains ne paient pas pour apprendre.
Mais beaucoup préfèrent le suivisme bêta. Aucune ambition.
Que nous cache-t-on ? Notre pays a été offert en cadeau aux Etats-Unis ? Et il devient nécessaire ainsi de tuer notre langue en la remplaçant par la langue des nouveaux proprios ? Oublie-t-on qu'une langue n'est pas un simple moyen d'expression, mais une façon de voir le monde, un support d'une culture ? D'ailleurs ce fol engouement pour l'anglais s'accompagne d'un tsunami de films, séries et musiques anglo-saxons, comme quoi l'anglais n'est pas une langue neutre, la langue du monde entier, mais bien une langue d'une culture ! M. Copé veut-il aussi supprimer le système métrique au profit des pieds et des pouces, qui nous envahissent déjà dans les magasins ?
L'anglais a été rendu incontournable, indispensable pour trouver un emploi en France ? Eh bien, un autre comportement est possible, un comportement de résistance devant une invasion : rendons-le contournable, pénalisons les entreprises qui osent demander une autre langue que le français pour travailler avec d'autre Français !
Rappelons également ces mots de David Rotkopf "il y va de l'intérêt économique et politique des EUA que le monde adopte l'anglais comme langue commune et les valeurs dans lesquelles les Américains se reconnaissent" ! En tout cas, certains lui obéissent au doigt et à l'oeil !
Connaître plusieurs ou beaucoup de langues est sans nul doute un avantage. Ce n'est pas Georges Kersaudy qui le contesterait, puisqu'il a été amené, durant sa carrière de fonctionnaire international, à en parler, écrire et traduire une cinquantaine de l'Europe et de l'Asie. Toute personne curieuse en la matière lira avec profit son ouvrage "Langues sans frontières" dans lequel il présente 39 langues de l'Europe (éd. Autrement, Paris). C'est excellent pour éveiller la curiosité des langues, d'autant plus qu'il donne, en outre, de précieux conseils pour prendre le goût à leur étude.
"Si l’apprentissage des langues étrangères est poussé à fond de manière à profiter à l’esprit, il demande un temps immense. S’il est superficiel, il n’apporte rien à la culture intellectuelle."
Cet avis fut exprimé dès 1918 par l'un des plus grands linguistes français, Antoine Meillet, dans "Les langues dans l'Europe nouvelle". La leçon n'a pas été retenue par nos décideurs. Même avec les techniques modernes, l'apprentissage des langues étrangères exige encore beaucoup de temps et de longs séjours dans le où les pays où elles sont pratiquées. Ce n'est pas brillant en rapport qualité-prix, encore moins par l'aspect démocratique. De plus, cet apprentissage se fait inévitablement au détriment d'autres disciplines.
On en arrive aujourd'hui à être plus exigeants en connaissance de la seule langue anglaise qu'en matière de compétence professionnelle. Respectivement PDG de Renault et de Sanofi-Aventis, Louis Schweitzer et Jean-François Dehecq ont eu des désillusions sur la communication seulement en anglais dans des entreprises multinationales. Ce n'est qu'après avoir reçu le prix de la Carpette anglaise 1999 que Louis Schweizer s'est rendu compte que l'application du tout-anglais dans sa société n'avait pas eu les résultats escomptés. En avril 2001, il avait avoué à l’AFP : “ La langue a été une difficulté un peu supérieure à ce que nous pensions. Nous avions choisi l’anglais comme langue de l’alliance mais cela s’est avéré un handicap avec un rendement réduit de part et d’autre.“ Quant à Jean-François Dehecq, il avait répondu au journaliste de "L'Expansion", qui lui demandait quelle était la langue de son groupe : “Ce n’est sûrement pas l’anglais. Une multinationale est une entreprise dans laquelle chacun peut parler sa langue. Dans une réunion, c’est du cerveau des gens dont on a besoin. Si vous les obligez à parler anglais, les Anglo-Saxons arrivent avec 100% de leurs capacités, les gens qui parlent très bien, avec 50%, et la majorité, avec 10%. A vouloir tous être anglo-saxons, il ne faut pas s’étonner que ce soient les anglo-saxons qui gagnent“ (28 octobre 2004).
Bien plus récemment, la firme Porsche, mondialement renommée, a osé regarder les choses en face : l'anglais peut être handicapant et de ce fait contre-productif pour diverses raisons, entre autres le fait que des personnes dont la compétence professionnelle est indéniable ne s'exprime plus ou alors trop maladroitement. Voir à ce sujet la traduction d'un article du quotidien allemand "Süddeutsche Zeitung" (11 novembre 2008), sur le site de l'Observatoire européen des langues : http://plurilinguisme.europe-avenir.com/index.php?option=com_content&task=view&id=1171&Itemid=36
Derrière la politique hypocritement baptisée "d'enseignement des langues" se cache un enseignement du tout-anglais atteignant des taux supérieurs à 90% et même proches de 100%, un pourcentage qui à toujours fait rêver les pires dictatures appuyées par des assemblées-bidons. La dictature du tout-anglais se renforce avec l'appui actif ou passif de nos hommes politiques. Des obsédés du tout-anglais, tels que le fut Darcos et tel que l'est Luc Chatel (né dans le Maryland), nous conduisent à devenir une colonie des puissances dominantes de l'anglophonie qui imposent leur modèle économique, politique, social et culturel désastreux à l'échelle planétaire, ce qui n'est pas sans contre-coups pour la France.
Une langue, comme l'a dit Henriette Walter, c'est une façon de voir le monde. Nous sommes condamnés à voir le monde à travers le filtre de l'anglais, à avoir une vision déformée du monde. Ce qui est pitoyable, pas seulement en France, c'est que pour des raisons bassement utilitaristes, tout le monde est poussé vers le tout-anglais alors que, du point de vue propédeutique, il n'y a pas plus désastreux que l'anglais, la langue que les enfants britanniques sont les derniers à savoir écrire en Europe et qui est à l'origine du taux le plus élevé qui soit de dyslexie. Certes, l'apprentissage des langues devient plus facile à partir du moment où l'élève en a appris une. Mais c'est mettre la charrue devant les boeufs que de faire apprendre précisément en premier lieu une langue reconnue comme difficile par des natifs anglophones tels que l'étaient Theodore Roosevelt, Bernard Shaw et Andrew Carnegie qui furent à l'origine d'une société pour la simplification de l'anglais, la Simplified Spelling Society, fondée en 1908.
L'anglais conduit la France et les autres pays contaminés au suivisme. Il est clair que, dans l'esprit de nos décideurs et responsables irresponsables, le mot "suis" dans l'expression "Je pense, donc je suis" ne signifie pas "être" mais "suivre". Il n'y a pas de remue-méninges et de tempêtes dans leurs cerveaux, selon l'expression anglaise "brainstorming" dont le principe est de "permettre de rechercher en groupe et en toute liberté un maximum d'idées sur un sujet donné ou d'inventer". Seul François Grin, professeur de d'économie au département français de traductologie et de traduction à l'Université de Genève, a osé admettre que l'espéranto doit être pris en considération dans la recherche d'une solution. Et ceci dans un rapport commandé par Haut conseil de l'évaluation de l'école et qui a été publié en 2005 sous le titre "L'enseignement des langues étrangères comme politique publique" (disponible sur le site de La Documentation française).
Il y a longtemps que des gouvernements français ont fait barrage au remue-méninges en matière de communication linguistique internationale. C'était au début des années 1920, au moment où 14 nations, dont plus de la moitié hors d'Europe, notamment la Chine, l'Inde, le Japon, la Perse, l'Afrique du Sud, le Brésil, le Chili, la Colombie, Haïti, dont quelques uns jouent déjà un rôle croissant à l'échelle mondiale, avaient présenté des résolutions proposant "que la Société des Nations recommande l'enseignement universel de l'espéranto dans les écoles comme langue auxiliaire internationale". L'opposition farouche du gouvernement français, qui était alors celui d'une puissance coloniale rêvant de redevenir une puissance impériale, eut pour effet de laisser le champ libre à l'anglais sans pour autant relever la position du français. Le ministre de l'instruction publique alla jusqu'à interdire l'usage des locaux scolaires pour les cours d'espéranto, ce que fit son homologue nazi à partir de la décennie suivante. Et ceci alors que, en France, l'idée d'une langue neutre conçue pour jouer le rôle de langue internationale — ce qui n'est le cas d'aucune langue nationale — était remarquablement bien acceptée, notamment dans le milieu des chambres de commerce. Le nom d'André Baudet apparaissait déjà dans le rapport du secrétaire général-adjoint de la Société des Nations publié en 1922 sous le titre "L'espéranto comme langue auxiliaire internationale". Ce document, qui permet de se rendre compte que l'on fait fausse route depuis près de 90 ans, n'est accessible au grand public que depuis peu : http://vortareto.free.fr/argumentaire/sdn/sdn_index.htm
En 1924, 42 savants de l'Académie des sciences émirent un voeu en faveur de l'enseignement et de l'utilisation de cette langue reconnue comme "un chef-d'oeuvre de logique et de simplicité" : http://www.esperanto-sat.info/article207.html
Après la crise boursière étasunienne de 1929, c'est à André Baudet, président de l'Assemblée des Présidents de Chambres de Commerce de France et d'Algérie, que revint la lourde tâche d'organiser la défense de la France et des pays européens contre le protectionnisme impitoyable des EUA. Très rares sont les personnes qui le savent. Mais encore moins nombreuses sont celles qui ont connaissance d'une conférence qu'il présenta en 1931 devant l'Assemblée des Présidents de Chambres de Commerce sous le titre "L'espéranto dans le commerce". Oui, ceci au moment où les relations étaient critiques entre la France et les EUA. Le texte peut être lu sur http://www.ipernity.com/blog/32119/241361 avec le voeu voté par l'Assemblée des Présidents de Chambres de Commerce le 2 juin 1931.
Il existe aussi un rapport de 142 pages intitulé "Raportoj kaj konkludoj" concernant la conférence internationale sur le thème "Esperanto en la moderna vivo" qui eut lieu du 14 au 17 mai 1937 à Paris sous le patronage du président Albert Lebrun dans le cadre de l'Exposition internationale des Arts et des Techniques dans la vie moderne". Dans sa résolution, les participants demandèrent : "l'introduction obligatoire de l'espéranto pour les enfant de 12 à 14 ans", vue à cette époque comme "le dernier pas de l'enseignement de premier degré : amélioration de l'enseignement de la langue maternelle et possibilité d'intercompréhension avec les autres peuples". Il s'agit là d'une question qui doit être réexaminée d'urgence.
Aujourd'hui, alors que rien ne s'oppose à l'enseignement de l'espéranto dans des pays comme la Hongrie et la Chine, le ministre français de l'Éducation nationale y fait encore barrage sur la base de prétextes fallacieux et pitoyables, du même niveau que celui par lequel quiconque justifie de noyer son chien.
Monsieur Copé, ma femme aussi est une "entrepreneuse jeune et énergique qui dirige une de ces PME qui sont le creuset de notre économie". A la différence de votre référence, elle a eu l'intelligence de prendre quelques cours d'anglais à fin de rafraichir ses connaissances scolaires avant de participer à son premier salon étranger.
Pour ma part, je participe régulièrement à des colloques internationaux et force est de constater que bien souvent les seuls à ne parler qu'une seule langues sont les Anglais, les Australiens ou les Américains.
Ce phénomène se retrouve malheureusement au sein de ma société, d'implantation mondiale, ou au sein d'institutions européennes avec les quelles nous commerçons.
Par pitié, arrêtez de prendre pour référence l'Amérique ou l'Anglais.
Le seul fait d'avoir pu échanger cinq mots en japonais avec mon hôte et de connaitre quelques références à sa culture à suffit à me rende bien plus sympathique et raffiné que le Yankee arrogant qui m'accompagnait. Pourtant mon anglais est loin d'être parfait surtout avec mon accent du Sud Ouest.
Les affaires, cela ne se résume pas qu'à l'anglais, même si vous et vos mentors d'outre Atlantique tentez désespérément de le faire croire.
Bien cordialement
Hello, j'écrirai ce message en français pour être sûr d'être compris par nos compatriotes qui n'ont pas eu la chance de commencer l'anglais à 3 ans et ne sont hélas pas bilingues.
Nous nous félicitons bien sûr des récentes propositions de Luc Chatel et de M. Copé, la France avance enfin dans la bonne direction.
Hier, anglais en CE1 puis en CP, bientôt, espérons, à la maternelle. It's good, bravo, Mr Chatel ! Il ne nous restera plus que quelques mesures courageuses à prendre pour que la France devienne un vrai pays anglophone, comme le sont le Danemark, l'Ouganda, le Rwanda depuis peu, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Ghana et j'en passe !
Ces mesures sont :
- lancer des quotidiens d'information en anglais : The World, Today in France, The Team ... remplaçant les quotidiens dans cette langue compliquée, rigide, passéiste qu'est le français
- remplacer France Télévision par France 24, chaîne française pour l'international qui émet déjà en anglais. Les Français regardent beaucoup la télé, qui malheureusement leur parle en français. Il est temps que cela change. Pourquoi le JT est encore en français, cette langue coloniale sclérosée et inutile ? Cela ne suffit pas que certains films soient en anglais, sous-titrés en plus !! Tous les programmes doivent être en anglais. L'immersion, il n'y a que ça de vrai. Si les téléspectateurs ont le choix, il risquent de rester sur les programmes en français, par paresse intellectuelle.
- supprimer les allocations familiales pour les enfants qui sèchent les cours d'anglais
- ... et également pour les parents qui continuent à vouloir parler français à leurs enfants, les idiots !
- délocaliser les écoles françaises en Angleterre, en Irlande du Nord, au Liberia, au moins pendant quelques années
- et surtout remplacer ces incapables de profs d'anglais français par de vrais profs anglais, born in the UK, des native speakers, quoi !! Comment voulez-vous apprendre l'anglais avec un M. Lecas, un prof français qui passe son temps dans l'Hexagone ??!
- enfin et surtout, la langue officielle de la République doit devenir l'anglais. A quoi sert de conserver le français, cette langue inutile et compliquée, qui n'est plus parlée à l'étranger, qui est un fardeau pour nos enfants ?
Don't forget to follow our blog: http://agirpourlanglais.blogspot.com/
Goodness me! Je ne crois à peine my ears! Je smell le poudre. Tu vas te faire lynched si tu continues like that!
Il serait quand même a pity de voir s'éteindre cette belle langue qui est le French - et du reste rendrait inutile mes années d'efforts pour maîtriser cette langue (et les Français d'ailleurs).
Il ne reste pas moins qu'il y a des archaïsmes et bizarreries avec la langue de Molière. Pourquoi une chaise est-elle feminine mais un foulard masculine? Pourquoi quand je veux designer la chaise d'un monsieur c'est 'sa chaise' mais quand je veux parler du foulard à madame c'est 'son foulard'?
Voilà. Je throw un pavé dans le pond pour prolonger le débat!
Je me demande si la meilleure manière d'enseigner l'anglais aux enfants dès leur plus jeune âge, ne serait pas de consacrer dès le CP, une journée entière d'étude en anglais, dispensée par un professeur des écoles de langue maternelle anglaise, qui prendrait la suite de tout le travail des autres jours : calcul, histoire, géographie etc, mais en anglais, et où seule l'étude du français serait remplacée par celle de l'anglais.
Has this idea any chance to be agreed by the think-tank ?
Good idea Marianne mais j'ai un autre encore plus simple et encore plus efficace.
C'est un Suédois qui me l'apprise : en Suède, pour des raisons économiques, les dessins animés destinés aux très jeunes enfants à la télé ne sont pas doublés en suèdois.
Ce monsieur, qui parlait bien sûr couramment anglais, m'a assuré que la qualité de l'enseignement de l'anglais dans ce pays n'est plus brillant qu'ailleurs.
"J'ai tout appris assis devant la télé à l'age de 3-4 ans" il m'a assuré! Aujourd'hui il parle ma langue aussi bien que moi!
La TV must be en anglais only
@Peter Wright (2011-02-07 14:41)
La télé doit être uniquement en anglais.
Les dessins animés, bien sûr, les séries, les films ... mais aussi les journaux télévisés, les émissions, la Star Ac, la New Star ... Tant qu'on laissera aux gens le choix, le soir, fatigués, il préfèreront par paresse - intellectuelle - des programmes en français. La télé doit participer à l'effort d'immersion linguistique. Une langue s'apprend le mieux par IMMERSION. Pas juste par saupoudrage. Am I not (w)right ?!
Remplaçons France Télévisions par la BBC, why not ?!
I (Total) recall our blog: http://agirpourlanglais.blogspot.com/
Hej !
"Slate", votre nom annonce la couleur. Slate, ardoise en français, ardezo en espéranto.
Comme l'on bien mieux dit que moi, quelques intervenants, la langue est un sujet politique très sensible, l'un des plus sensibles, voir ce qui se passe en Belgique.
En fait, la solution la plus juste mais aussi la moins chère pour la France, comme pour l'Europe et comme pour le monde, c'est l'usage d'une langue régulière, facile à apprendre, comme par exemple l'espéranto. Cette langue est en effet dix fois plus facile à apprendre que l'anglais. Dix fois plus facile, c'est dix fois moins d'argent à dépenser. L'espéranto est étudié au lycée en Hongrie et par plusieurs dizaines de milliers d'étudiants, notamment en Chine.
Cette langue n'est pas soumise à un ou à quelques Etats (Washington, Londres ou Paris). L'anglais est approximativement la langue maternelle de 5% de la population mondiale selon le site de la CIA. Et les 95% autres % ? Et bien pour ces 95%, l'espéranto est fait pour eux. D'ailleurs, le monde anglophone possède aussi quelques brillants espérantophones. Le regretté poète écossais William Auld, la professeur d'Oxford Marjorie Boulton, et bien d'autres encore.
Saluton donc et à bientôt
Bonjour M. Copé,
puisque c'est ainsi, "thing-tankons". Pardons, réfléchissons ensemble.
Tout d'abord comme vous le précisez "(...)la maîtrise du français n’est évidemment pas négociable!".
(Par contre nous remettre sur le couvert votre examen de fin du primaire est un peu osé. L'idée est défendable mais la mise en application... Juste un exemple, un examen de "fin" de primaire en "milieu" d'année... c'est comme "l’angle mort de nos statistique", le saviez vous, lorsque qu'un marin est (malheureusement) perdu en mer on le recherche par monts et par vaux...sacrés journalistes.)
Création de l'Académie Française en 1635 :"Selon les termes de Marc Fumaroli, Richelieu a fondé l’Académie pour « donner à l’unité du royaume forgée par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent »." De plus les recommandations de l' Académie ne sont pas toujours "mises en application par voie impérative et notamment par circulaire ministérielle ». Tout en souhaitant « que ces simplifications et unifications soient soumises à l’épreuve du temps »" En gros c'est surtout l'usage qui détermine l'évolution de notre langue. Sage ces Académiciens.
http://www.academie-francaise.fr/langue/index.html
Un exemple (pour M. Wright) on dit "un" ou "une" éclair(e)?
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20090725144515AAauHzg
Ne nous inquiétons pas pour notre belle langue, les Sages veillent au grain. Ca c'est fait! Revenons à nos moutons.
"2/ Mais cela limite aussi notre capacité à nous ouvrir au monde."
Exacte M. Copé mais pas uniquement :
http://www.tradonline.fr/blog/2010/07/pourquoi-vous-dites-ma-jambe-gauche/
Cet article se résume en une phrase : "Si vous changez la manière dont les gens parlent, cela change la façon dont ils pensent."
Je n'ai pas grand chose à ajouter si ce n'est que pour aller plus loin ne nous arrêtons pas au développement de l'apprentissage d'une seule langue étrangère mais à toutes (et pourquoi pas le Mandarin, la langue la plus parlée au monde?). Cela permettra peut être à notre pays de rayonner de nouveau sur la plan international, qui sait?
Et pour aller encore plus loin savez vous jouer de la flutte à bec :
http://ownimusic.com/2010/09/21/leducation-musicale-en-france-une-partition-discordante/#
Best regards
Nico Pedia
PS : Pour votre prochaine réflexion vous pourriez peut être vous interroger sur la nécessité de rajeunir nos gouvernants et nos businessmans. Le choc des générations M. Copé! Et oui il y a bien 20 lettres entre le D et le Y :
http://blog.viadeo.com/fr/la-generation-y-dans-le-monde-de-lentreprise/2009/12/02/
M. Copé, dans dix ans c'est ma génération qui va prendre le pouvoir (sauf si l'espérance de vie de la population ne cesse d'augmenter...et la date de départ à la retraite également). Dans son excellent compte rendu, Fabienne Gallaire (moi de mauvaise foi!) conclut par une petite douceur lorqu'elle parle des prévisions de William Ogburn :
"«Les travailleurs non qualifiés seront cultivés. La rapidité et le volume des changements sociaux seront bien plus grands qu'aujourd'hui.»
Vraiment?"
Au vu de la révolution Tunisienne dont un des éléments majeurs est le niveau d'éducation de ce peuple, attention de ne pas vous brûler les ailes, car éduquer le peuple ne sous-entend il pas qu'il se mette à réfléchir de plus en plus...et vous M. Copé saurez vous tenir le rythme, avoir des (bonnes) idées et surtout saurez vous les mettre en oeuvre?
Un petit conseil, ce matin le journal Metro nous explique qu'il a mis en place un "twittoscope" pour prendre la température sur le Web de nos politiques en vu des futures élections. Vous êtes dans le milieu de ce classement.
Pour 2017 ouvrez un compte Twitter mais surtout sachez vous en servir ;).
"Vous ne voulez pas de l'Espéranto ? Vous aurez l'anglais. Bien fait pour vos gueules !" écrivais François Cavanna dans un roman en 1993.
Nous ne serons pas aussi pessimiste que Cavanna. Depuis 1993, une invention technique s'est popularisée avec la croissance d'internet. De véritables communautés espérantophones communiquent tous les jours au moyen de cet outil sur des centaines de sites aux objets les plus variés à travers les cinq continents.
Notamment, le moteur google, le site wikipedia montrent que cette langue internationale fait une excellente figure à côté des quelques grandes langues nationales.
10 fois plus facile que l'anglais !
Et quand de plus en plus de monde aura connaissance de ce fait les choses évolueront. La Chine qui sait que le chinois aura sensiblement du mal à devenir une langue de communication internationale à depuis longtemps une politique favorable à l'espéranto. Cela remonte même au gouvernement de Sun Ya Tsen au début du siècle dernier. Ce qui n'empêche pas la traditionnelle université d'été d'espéranto en Californie. En Hongrie, c'est plusieurs milliers d'élèves qui ont pris en 2009, l’option esperanto à leur bac. Et en plus l'espéranto est une langue propédeutique. Vous voulez progresser en Anglais ? Commencez par faire de l'espéranto !
Hej ! Saluton Kaj kuraghon (Allons ! Je vous adresse mon salut et du courage)
Le ministre de l’Éducation nationale, Luc Chatel, veut instaurer l’enseignement de l’anglais dès la maternelle, c’est-à-dire, dès l’âge de trois ans pour nos enfants. Force est de constater que les critiques, à l’encontre de cette mesure, sont pour la plupart axées sur le manque d’effectif ou la non-formation à l’anglais des professeurs, mais jamais sur le fait colonial de cette mesure.
Dans la foulée, Jean-François Copé renchérit en souhaitant que la Télévision publique diffuse en VO (en anglais)les séries et les films anglo-américains. Tout cela pour que la population, du nourrisson jusqu'au vieillard, s'imbibe d'anglais.
Pourtant, inculquer massivement l’anglais à toute la population dans le but de transformer le pays, en 1 ou 2 générations, en un pays bilingue français-anglais, relève bien d’un basculement linguistique tel qu’on peut en rencontrer en pays occupé ou colonisé.
En Louisiane, dans le Vermont, dans l’Ouest canadien, il y eut une époque où les populations étaient francophones, puis, par faiblesse politique ou militaire, elles passèrent au statut bilingue français-anglais. Aujourd’hui, elles ont toutes basculé à l’anglais. Le bilinguisme est donc bien une période transitoire en attendant que la langue du plus fort l’emporte sur l’autre.
Ne nous y trompons pas, dans 50 ans, ou peut-être moins, si nous acceptons aujourd’hui que nos enfants apprennent l’anglais dès le berceau, de la maternelle en passant par la télévision, nous perdrons le français comme les Franco-américains l’ont perdu.
La question, sur les mesures anglicisantes de Luc Chatel et de Jean-François Copé, n’est donc pas de savoir s’il y a assez de professeurs dans les maternelles, s’ils sont assez bien formés pour y enseigner l’anglais, ou si la télévision doit diffuser les films en version originale anglaise, mais la question est plutôt de savoir si nous acceptons le fait colonial d’introduire massivement l’anglais partout, si nous acceptons de disparaître en tant que nation francophone, si nous acceptons de laisser mourir la Francophonie, qui, soit dit en passant, est notre chance de vivre en français la mondialisation, bref, si nous acceptons d’être fondus dans le moule anglo-américain et de n’être plus, par conséquent, que l’ombre de nous-mêmes.