Discours sur l'état de l'Union: l'instant PowerPoint d'Obama
«Conquérir l'avenir»: dans son discours sur l'état de l'Union, Obama s'inspire du jargon du monde de l'entreprise.
- Discours de l'état de l'Union, devant le Congrès, mardi à Washington. REUTERS/Jim Young -
«Conquérir l'avenir.» Tel fut le slogan d'Obama, repris (à quelques variantes près) 11 fois lors de son discours sur l'état de l'Union du 25 janvier. Le Président a fait un appel du pied aux entreprises américaines en recourant aux phrases choc qu'affectionne le marketing. On aurait presque dit le titre d'un séminaire de développement personnel, avec Obama dans le costume [du gourou du genre] Tony Robbins.
Dans un discours qui s'adressait à ceux «qui ont le sentiment que les règles ont été changées en milieu de partie», le Président a d'abord esquissé le portrait d'un rêve américain menacé: la promesse de prospérité est mise en danger par les technologies et la concurrence internationale. Mais après cette teinte d'incertitude, Obama a vite repris la couleur de l'optimisme, exhortant le pays à renouer avec sa grande tradition de persévérance et sa capacité éternelle à façonner sa destinée. On avait pratiquement là un programme en douze étapes pour réconcilier le peuple américain avec le rêve dans lequel le pays puise ses racines.
Au cœur du projet, un appel aux investissements dans l'éducation, les infrastructures et l'indépendance énergétique. Avant même le discours, les républicains avaient dénoncé cette vieille tendance démocrate à vouloir toujours augmenter les dépenses publiques. Mais Obama a tenté d'exposer une vision plus précise de ces dépenses, décrivant un gouvernement qui encouragerait l'investissement plutôt que de décider d'emblée qui y a droit ou pas. Il a affirmé vouloir faire «jaillir» l'innovation. Il souhaite inciter les États à présenter des programmes d'amélioration du système éducatif, et pousser les entreprises à concourir pour les subsides fédérales en rivalisant d'innovation.
«Nous ne faisons pas que distribuer de l'argent, nous lançons un défi.»
L'idée est de motiver, et non de réglementer, afin de gagner le soutien – ou du moins de ne pas être dans l'affrontement – des grands acteurs de l'économie tels que la Chambre de commerce américaine. Alors qu'il sera jugé sur son aptitude à faire baisser le chômage, le Président espère que les entreprises entendront ce message et dépenseront les réserves accumulées en constatant que le climat économique est plus propice. Autre indice de la bienveillance d'Obama envers le monde des affaires, il n'a pas décoché de flèches à l'endroit de Wall Street ou des banques comme il l'avait fait lors de son précédent discours sur l'état de l'Union, ou devant le Congrès peu après son intronisation.
Le Président espère prouver aux Américains qu'il se concentre sur l'économie. Et il avance ses pions dans le débat politique qui l'oppose depuis deux ans aux républicains à propos du rôle du gouvernement fédéral: l'importance qu'il doit prendre; ce qu'il fait bien ou pas; la gestion des priorités. (En ce sens, on s'approche du discours de campagne pour 2012.)
Obama estime que doit prévaloir un équilibre entre investissement avisé et réduction du déficit. Pour les républicains, seul compte le volume de réduction du déficit. À leurs yeux, la baisse des dépenses publiques et des réglementations coûteuses libère le secteur privé, et lui permet d'investir dans des activités qui rendent le pays plus productif.
Si la bataille avec les républicains consiste à réduire le plus les dépenses, Obama sera toujours perdant; il n'a d'ailleurs pas cherché à se battre sur ce terrain. Il a néanmoins annoncé un gel des dépenses sur cinq ans, mais des dépenses qui représentent une faible part du budget puisqu'il s'agit de postes discrétionnaires, qui ne concernent ni la Défense ni les prestations sociales fédérales. Le Président s'est ainsi montré moins hardi que ce que préconisait sa commission du déficit (qu'il semble prêt à ignorer).
Le problème du budget ne se règlera pas seulement par la réduction des dépenses, mais la croissance portée par l'investissement sur laquelle compte Obama ne suffira pas non plus. Le Président a d'ailleurs reconnu que pour juguler sérieusement le déficit il faudrait s'attaquer aux dépenses obligatoires [qui assurent les prestations sociales fédérales], mais il n'a pas expliqué comment. «Nous faisons de grandes choses», a-t-il dit à propos de l'Amérique. Il faut croire que la formule ne s'applique pas en matière de déficit. En tout cas, pas dans son discours. «C'était d'une déprimante approximation», juge Maya MacGuineas, du Center for a Responsible Budget [Centre pour la maîtrise du budget]. «Si le Président compte miser son capital politique là-dessus, on risque d'être rattrapé par le temps.»
L'approche d'Obama n'est cependant pas si mal pensée. S'il avait annoncé des coupes drastiques dans le budget fédéral, c'est ce qui aurait été retenu de son discours, et cela aurait brouillé l'optimisme du message. Par ailleurs, quelles que soient les coupes que le Président envisage, mieux vaut, comme technique de négociation, prétendre que l'on vise bas pour avoir des concessions en réserve face aux républicains. De même qu'il a finalement accepté d'élargir aux plus riches les réductions d'impôt accordées sous Bush, ce afin d'obtenir une deuxième série de dépenses de relance, peut-être cédera-t-il un peu sur la réduction des dépenses publiques afin d'avoir les mains plus libres pour les dépenses qui lui tiennent davantage à cœur.
Jamais le Président n'avait autant plaidé pour un gouvernement fidèle à l'esprit du peuple et de l'histoire des États-Unis, mais la forme n'était pas inédite. Dans son dernier discours sur l'état de l'Union, Obama avait ainsi invoqué la Guerre de Sécession et la Seconde Guerre mondiale pour inviter la nation à faire preuve de détermination et de bravoure. Cette fois-ci, il a parlé d'un nouvel «instant Spoutnik», en référence au premier satellite lancé par l'Union soviétique, qui entraîna la création de la Nasa. Un des problèmes de cette analogie est que les enjeux ne sont pas si élevés.
Que les Soviétiques aient été les premiers dans l'espace impliquait qu'ils maîtrisaient mieux les technologies qui risquaient, un jour, de servir à fabriquer des armes à même de nous détruire. Tel n'est pas le sentiment vis-à-vis de la Chine, enfin pas encore. De plus, la référence a peut-être échappé à ceux qui n'ont pas vécu cette période de l'histoire américaine. Mais heureusement pour le Président, son analogie avec le passé n'engage pas forcément sa vision de l'avenir.
John Dickerson
Traduit par Chloé Leleu
Mis à jour le 27/01/2011 à 10h17













































Question en préambule, la traductrice Chloé Leleu a-t-elle regardé et écouté le discours d'Obama avant de traduire l'article ?
En regardant la prestation de Barak Obama , j'ai lu "winning the future". "Conquérir" est une des traduction possible, mais pas nécessairement la meilleure, ou la plus fidèle. J'ai entendu un Obama plutôt soucieux du futur que conquérant du futur. "Winning the future" c'est plutot gagner le futur en étant le premier. Comme il l'a dit à propos du chapitre sur l'éducation dont curieusement aucun commentateur ne parle. Les Etats-Unis doivent passer de la 9ème à la première place dans les 10 ans qui viennent au classement international des résultats scolaires avant le bac proclame Obama. On appréciera aussi cet appel à devenir enseignant, en invoquant le plus grand respect que devrait recueillir les enseignants, en tant que ceux qui ont la charge de former les enfants avec le plus haut niveau possible. Pour former les 100000 scientifiques dont le pays va avoir besoin face au retrait des baby-boomers. Si les Etats-Unis se veulent évidemment premiers c'est aussi pour conjurer la montée de l'Inde et de la Chine. Non, en écoutant Obama il n'y avait pas d'esprit de conquête, plutôt un discours affiché de challenge à relever. Et ce "spoutnik moment" dont Obama a parlé est à mon sens justifié par la formidable (r)évolution que va connaitre le monde avec la place de plus en plus grande que prendront les technologies du numérique dont nous ne sommes encore qu'à l'aube. Ce que j'ajouterai en contre-point du discours de Barak Obama et qui devrait nous faire beaucoup réfléchir c'est l'absence totale de l'Europe dans son discours. Il semble évident que vu de l'autre coté de l'Atlantique nous n'existons pratiquement pas. Nos responsables politiques devraient méditer là-dessus, et trouver des voies qui donnent au peuple français notamment une vision qui dépasse la problématique de la récidive des délinquants sexuels et regarder un peu plus loin que le coin de la rue du commissariat.
A suivre... Patrick Altman
Merci pour votre remarque. Il est toujours délicat de justifier ses choix de traduction, mais je vais me plier à l'exercice puisque je suis directement interpellée.
Ce terme m'a semblé le plus juste car :
- Il correspond à l'angle de l'article (jargon de l'entreprise et marketing). - Il me semble coller au discours d'Obama dans la mesure où le Président "remonte le moral de ses troupes" en parlant de sacrifices, de luttes, de concurrence mondiale, de temps difficiles. - Le "spoutnik moment" est une référence directe à la conquête de l'espace. - Cela me semble coller à l'esprit de compétition américain.
L'esprit de conquête n'étant pas forcément revanchard, si c'est ce qui vous gêne dans ce terme.
Mais encore une fois, toute traduction est affaire de sensibilité et d'interprétation qui aboutissent à un choix, lequel n'est pas toujours celui qu'aurait fait les autres. J'ajoute que toute traduction est perfectible, bien sûr.
Cordialement,
La traductrice
Dans la série télé 24 heures chrono – 24 tout court pour le titre de la version originale – le premier président noir des Etats-Unis est assassiné, malgré les efforts désespérés de son fidèle garde du corps Jack Bauer. Il y a trois semaines un homme de 22 ans a tiré sur une réunion politique à Tucson en Arizona, tuant 6 personnes dont une fillette, en blessant une trentaine, dont la Représentante démocrate Gabrielle Giffords, « Gaby », comme on l’appelle affectueusement, d’une balle dans la tête, aujourd’hui sortie du coma, mais encore à peine consciente. C’est le président Barack Obama qui, lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de la tuerie, l’a annoncé : « Je viens de voir Gaby à l’hôpital universitaire, et elle a…(un temps) ouvert les yeux ! ». Ovation debout de la salle, rapporte la correspondante sur place de la BBC qui ne peut masquer son émotion. Ce crime est-il la répétition générale du meurtre que tout le monde attend, à commencer par la victime elle-même ? Car n’en doutons pas, B. Obama a vu 24 h chrono diffusé pour la première fois en novembre 2001. Cette série l’a-t-elle conforté dans son ambition – et celle de sa grand-mère maternelle – de devenir Président des Etats Unis d’Amérique, son premier président noir, malgré les risques ? Sans doute. Mais elle a surtout préparé le pays plus grand consommateur d’images au monde – en même temps que leur premier producteur – à cette première d’un président noir, mais aussi à sa fin tragique – même si l’assassinat de président aux Etats unis n’est, lui, en rien une première... Juste un risque (élevé) du métier ! Et en prononçant l’éloge funèbre des victimes de Tucson, B. Obama ne pouvait pas ne pas y penser. Mais il y a tout de même bien des différences avec la fameuse série télévisée. Que s’est-il passé à Tucson en effet ? D’abord, là pas de réseau serbo-croate, avec mafia centre-Europe, et autres étrangers que l’Amérique a voulu sauver des décombres du communisme en leur assurant le marché et la démocratie. Non, là c’est un jeune Américain, un « bon » américain, pur jus, convaincu de le suprématie des blancs-protestants-anglo-saxons, lecteur, on le sait, de Mein Kampf, qui a tiré sur une femme politique qui, cela est important, se revendique juive. Mais ce meurtrier, finalement prévisible, n’a pas poussé comme un champignon dans une Amérique sereine. Il est apparu dans un grand pays en crise de trois façons : économique, de déclin relatif - alors que la Chine est en ascension, relative elle aussi -, de valeurs enfin alors que le rêve américain, reboosté par la fin du communisme dans les années 90, a été sérieusement écorné par le 11 septembre (9/11) et la tournure de la guerre en Irak et en Afghanistan. Sur le plan intérieur, la seul vraie bataille n’est pas seulement la remise en ordre du système financier et la relance économique, mais l’abrogation du plan de sécurité sociale pour les plus pauvres qu’a fait adopter l’an dernier, après bien des affrontements et des concessions, B. Obama. La discussion de ce plan et son adoption ont donné lieu à la plus formidable campagne de lobbying qui ait jamais eut lieu. Une campagne d’une violence inouïe. Tous les coups ont été permis pour le groupe de pression formé par les labos pharmaceutiques, les institutions privées de santé, les compagnies d’assurances…
Chercher la femme C’est là que paraît Sarah Palin. Ex-colistière du candidat Républicain McCain malheureux aux dernières élections, désavouée à plusieurs reprises (entre autres pour achat d’une garde-robe mise sur le compte des frais de campagne : représentation…) et gaffeuse multirécidiviste, ignorante des bases de la politique nationale et internationale, même si elle essaie visiblement de s’y former, sans toutefois, abandonner pour autant son image de « femme de bon sens, de mère de famille nombreuse qui connaît la vie réelle, contre les technocrates qui gouvernent dans l’abstraction machiste ! ». Cette image populo-féministe la porte dans bien des strates de la société américaine. Mais contre vents et marées, l’élue de l’Alaska peaufine sa stature de première femme jamais élue à la présidence. Et pour assurer sa marche au pouvoir, elle a constitué, en marge du Parti républicain, un énorme réseau de supporters, organisé et financé, plus ou moins ouvertement, par le lobby anti-sécu universel prêt à tout pour arriver à ses fins. Ce lobby est pour ce elle un peu ce que fut l’Etat major de la Reichswehr pour Hitler au début des années 30. Mais là, retour à Obama. En fait, son élection a montré une première chose : c’est que la société US est plus misogyne que raciste. Madame Palin voudrait bénéficier du réflexe de normalisation suivant un rejet si patent. Derrière Sarah Palin, et le Tea Party se cache certes les fondamentalistes de la santé privée et leurs intérêts, mais surtout l’échec que nul n’aurait prévu une année avant, d’Hilary Rodham Clinton. Les Américaines, même celles qui ont voté pour Obama, ont été frustrées d’une victoire. Leur victoire enfin dans une société où entre hommes et femmes, c’est la guerre permanente. Sans quartier ! Ajouter à cela le sentiment plus ou moins confus d’un prête à se jeter dans les bras du premier populiste venu, surtout si c’est une populiste déclin sensible, mais inéluctable, un fossé croissant entre très riches et classes moyennes en voie de paupérisation, et vous avez tous les ingrédients d’une société présentant tous les signes à la fois des desesperate house wives, et du simplisme du « eux et nous » contre le reste de la planète : « Nos boys meurent pour faire la police d’un monde qui nous vole nos emplois… ». Alors l’assassinat programmé de Barack Obama ouvrira-t-il la voie à l’élection de Sarah Palin pour entre autres venger, de bien inquiétante façon, la défaite d’Hilary Clinton en 2008, pour le plus grand bien des assurances privées et des labos ? Qui peut le dire ? Tout comme personne ne peut dire si cela suffira pour que le pays retrouve l’optimisme et la foi dans l’avenir qui ont fait « l’exceptionnalisme » américain depuis près de deux siècles. Mais tout semble désormais en place pour une dénouement que rien, Jack Bauer ou pas, ne peut arrêter.
(Serait-il possible de disposer d un lien direct vers l article originale quand il sagit d une traduction? Il m arrive souvent de devoir basculer sur Slate.com et d operer une recherche par auteur pour retrouver l article en question.)
Bref, j ai lu l article (originale)ainsi que quelques commentaires laisses par les utilisateurs de Slate.com (donc en grande majorite americains). Le plus interessant a mon sens c est la contradiction profonde qui anime aussi bien l administration Obama que beaucoup de citoyens americains: comme le notait Krugman avec l utilisation d un lolcat dubitatif (http://krugman.blogs.nytimes.com/2011/01/25/sotu/), la premiere partie du discours d Obama s attache a decrire un Etat profondement interventioniste qui doit relever le challenge de l innovation, de l education et de la modernisation des infrastructures. Dans le meme temps il faut geler les depenses. Ce moment contradictoire est resume de facon lapidaire par Krugman: "Nous allons investir dans le future - mais nous allons egalement geler les depenses publiques" ("We’re going to invest in the future — but we’re also going to freeze domestic spending.")
Une des reponses a ce SOTU est celle du citoyen "irrite" (sans forcement aller jusqu a "en colere", "angry", qui qualifierait plutot les supporters du tea-party et donc la reponse est bien plus radicale, mais non moins contradictoire) qui deplore une reponse molle d Obama (a la crise et au chomage notamment) tout en affirmant que la reprise economique ne doit pas etre impulse par le gouvernement (rejet de la premiere partie du discours qui est concu comme trop etatiste). Le moment contradictoire vient ici d un rejet d une inventuelle intrusion d Obama dans "l economie des individus" qui s accompagne d une critique du gouvernement pour son impuissance.
Les americains paraissent donc deboussoles, incapable de re-envisager le monde de facon rationnel face a ce qui s apparente a la chute (au moins partiel) d un systeme (la "faillite" (dans le sens d echec) de l economie financiere et l arrivee d un chomage structurel vont laisser d enormes sequelles). J en viens donc a mon ressenti sur le discours d Obama: il est quasi parfait, dans sa capacite a ouvrir les yeux du peuple americain ("les regles du jeu ont change") tout en delivrant une necessaire charge optimiste avec des debuts de solution pour l avenir qui ne pouvait pas etre mieux soulignees que par l equation "education+innovation".
Le manque de coherence dans le propos souligne par Krugman demeure mais il est evident qu il s agit la d une contrainte politique. En somme, il fallait bien menager les Republicains. Obama s engage dans le reflexion bi-partisane (ca a de toute facon toujours ete sa came) me ne manque pas d imposer le sujet.
Meme si les retours sur le discours sont plutot mitiges (notamment grace au travail de sape incessant de quelques Republicains relous), Obama confirme son statut non pas d homme provientiel mais de president malin et optimiste qui ouvre les horizons en orientant vers de grandes thematiques, tout en prenant soin de laisser l espace necessaire au debat democratique, aussi chaotique soit-il (il fait une reference explicite a ce chao democratique dans le discours).
Je ne resiste pas a l envie de faire le parallele avec Sarkozy dont l attitude est absolument antagoniste: des horizons etriques, aucune vu, aucun souffle qui puisse inspirer un avenir national (ou europeen), et d autre part un mepris evident pour le debat democratique, la place du parlement et l importance de politiques concertees. Obama est un grand Democrate dont on pourra voir le role benefique (notamment en diplomatie, rien que sur ce plan le bilan Obama depasse deja celui de Bush I et II) sur le long terme; Sarkozy se distingue par ses visions courttermistes (la Tunisie l illustre) et son incapacite a "sortir de la melee", pour reprendre une image que l on affectionne particulierement en France (cf. L obsedee emotionnel http://www.slate.fr/story/33273/nicolas-sarkozy-obsession-emotion).