Peut-on sauver quelqu'un qui s'immole par le feu?
Si le suicidé ne meurt pas immédiatement par manque de sang, il faut intervenir avec précaution.
- Un homme tente de s'immoler à Taean, au sud de Séoul, en 2008. REUTERS/Jo Yong-Hak -
Une professeure a tenté de s'immoler par le feu ce jeudi 13 octobre 2011 dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers, l'établissement le plus important de la ville, selon Europe 1. Les pompiers étaient encore sur place pour lui prodiguer des soins peu avant 11h00, précise le site.
Nous republions notre article paru en janvier au moment des immolations en Tunisie et en Algérie.
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Le 17 décembre, à Sidi Bouzid en Tunisie, alors que la police municipale lui confisque sa marchandise, Mohamed Bouazizi vendeur de fruits et légumes de 26 ans, s’immole par le feu. Deux semaines après, le mardi 4 janvier, il meurt des suites de ses blessures. Considéré comme le déclencheur de la «révolte de jasmin», son acte est imité en Algérie. En l'espace de 48h, El Watan relève plusieurs tentatives de suicide par le feu en signes de protestations. Un homme de 40 ans, agent de sécurité, s’asperge d'essence «pour protester contre son exclusion de la liste des bénéficiaires de logements sociaux de sa localité».
Peut-on sauver quelqu'un qui s'immole par le feu?
Brûlé vif, mort par manque de sang
La cause principale de la mort lors d’une immolation est l’hypovolémie —une fuite plasmatique (plasmorragie) qui engendre ensuite une hypotension artérielle conduisant à un arrêt cardiaque. Si l’hypovolémie est un des phénomènes les plus fréquemment observés lorsque la victime subit d’intenses brûlures, il existe néanmoins d’autres causes de mortalité.
Ainsi la mort par asphyxie est envisageable dans deux situations. Si les brûlures affectent certaines parties du corps —le visage ou le cou—, les tissus attaqués par les flammes se rigidifient et compriment la trachée. On peut aussi observer la création d’un oedème (gonflement d’un organe ou d’un tissu) qui obstrue totalement la trachée et devient un obstacle aux échanges gazeux par les voies respiratoires. Là encore, la mort survient par asphyxie. Un cas récurrent tant les victimes ont le réflexe de verser le produit inflammable sur leur tête.
En cas de brûlure dans un milieu fermé (situation rare lors d’une immolation, puisqu’elle diminuerait radicalement la portée symbolique d’un tel geste) la mort peut aussi être provoquée par une asphyxie: la victime est contrainte d'inhaler du monoxyde de carbone (issu d’une combustion), un gaz hautement toxique qui finira par la tuer. C’est une des premières causes de mortalité lors d’un incendie.
L'issue de l'immolation peut aussi dépendre du liquide inflammable utilisé. Par exemple, l'essence est un produit plus volatile que le white spirit ou le gazole qui pénètreront de manière plus profonde, tout en conservant une durée de combustion plus importante. Le produit le plus dangereux reste le napalm. Un gel militaire hautement adhésif et capable d'infecter de façon plus rapide le corps de la victime.
De l’intervention au traitement, pas de risque zéro
Il faut prendre quelques précautions si l'on se retrouve face à une personne venant de s'immoler par le feu. Éteindre les flammes à l'aide de couvertures anti-feu ou de l'eau et tenter de retirer les vêtements imprégnés. Les équipes d'urgence doivent ensuite préserver les voies aériennes supérieurs de la victime, généralement endommagées, en l'intubant.
Il faut refroidir les brûlures en sachant qu’une exposition prolongée à l’eau froide peut entraîner une crise d'hypothermie. S'il est parfois nécessaire de réchauffer la victime, il convient d'éviter les couvertures composées de matières synthétiques qui pourraient coller à la peau et provoquer des infections. Certaines substances présentes dans les extincteurs (poudre corrosive) peuvent aussi être une menace pour la victime, en attaquant les plaies.
Lorsque les victimes d’une immolation sont encore en vie au moment de l’intervention, il est très difficile de les sauver. Après leur geste, elles succombent généralement à leurs blessures après hospitalisation. Pour rappel, il suffit d'appliquer de l'eau à 70°C pendant une seconde pour que les protéines de la peau soient dénaturées au 3e degré. Le centre des grands brûlés de l'hôpital militaire de Percy accueillle en moyenne 200 patients par an. Parmi eux, une quinzaine est hospitalisée pour tentative d'immolation. C'est la première cause de mortalité des brûlés.
Après intervention, la mort peut arriver 24h ou une semaine après, selon l’ampleur des lésions, leur degré d’irréversibilité et la réaction du patient au traitement. Plus le corps a été longtemps au contact du feu, plus le taux de mortalité est élevé. D'autres paramètres, comme la quantité de liquide inflammable versé, entrent aussi en ligne de compte.
Les règles du diagnostic
Avant de commencer le traitement, il est nécessaire d’établir le degré de brûlure de la victime et l’étendue des zones touchées. La surface se mesure en pourcentage selon la règle des neuf de Wallace (chaque partie du corps représente une zone et un pourcentage —bras droit 9%, bras gauche 9%, torse 18%, etc.). À partir de 20%, la brûlure est jugée grave et nécessite une intervention. Dans le cas des brûlés à 80%, les chances de survie s'amenuisent considérablement. Et la brûlure, en fonction de son exposition et du moment de l’intervention, peut osciller entre les 3e et 4e degrés.
La seconde étape consiste à transfuser du sérum physiologique. La transfusion doit se faire selon les proportions suivantes: 4ml de sérum physiologique par kilogramme de poids corporel et pourcentage de surface brûlée (la règle de Parkland). La moitié des volumes prévus sur 24h doit être perfusée en moins de huit heures.
Cette méthode n’est pas infaillible. Les coeurs fatigués peuvent ainsi mal réagir. De la même manière, sous-estimer la quantité de sérum peut avoir des conséquences mortelles pour le patient.
Des soins particulièrement lourds
La suite de l’hospitalisation se déroule selon l’évolution des blessures. Il faut surveiller le bon fonctionnement des organes et éviter tout risque de septicémie. Les lésions internes sont souvent fatales. Insuffisance rénale ou détresse respiratoire peuvent nécessiter l’intubation du malade ou un séjour en réanimation. On observe des cas fréquents de lésions d'inhalation quand la victime a respiré des gaz et des vapeurs incandescentes capables d'endommager son arbre bronchique.
Les médecins ont recours aux antalgiques et à la réhydratation pour soulager la victime. Le patient subit généralement des greffes de sa propre peau pour renouveler le tissu brûlé qui a été retiré. Il existe d'autres méthodes, comme la culture d'épiderme autologue, pour créer de la peau à partir des cellules du patient. Mais son coût élevé, les mauvais résultats fonctionnels et le risque (rare) de cancérisation des nouvelles cellules la rendent minoritaire.
Les pansements sont changés quotidiennement pour favoriser la cicatrisation. Les médecins soulignent l’importance d’un accompagnement psychologique des patients immolés pendant leur convalescence car l’immolation par le feu est avant tout une tentative de suicide.
Alexis Ferenczi
L’explication remercie Marie-José Brunel, co-auteure de S’immoler à vingt ans, une infirmière française en Afghanistan et membre d'Humaniterra International, le Centre des brûlés de la ville de Marseille, l'hôpital Cochin à Paris et le Dr Hervé Le Bever, chef du service du centre de traitement des brûlés de l'hôpital militaire de Percy à Clamart.
» Tous nos articles sur la Tunisie sont consultables ici
Mis à jour le 13/10/2011 à 11h02



















































En suivant le lien Wikipédia fournit dans cette phrase, on se rend compte qu'il s'agit bien d'hypotension, et non hypertension.
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L’aigle a déployé ses ailes.
Alors que les salariés ne connaissent de l’entreprise que le poste qu’ils occupent, l’aigle, lui, survole toutes les pistes de son territoire et explore toutes les voies qui mènent à eux.
Le survol de cet aigle c’est celui du maître des lieux qui fait sa tournée comme un propriétaire fait le tour de ses terres, serrant des mains, opinant du bonnet ici et là. Jamais il ne se pose. Toujours en mouvement à l’écoute des rumeurs, à la recherche du moindre malaise et des conflits larvés.
Quand on surprend son vol, les rares fois où l’on pense à lever la tête, il annonce une nouvelle distribution des cartes qui célébrera bientôt l’apothéose de la vie accoucheuse de stratégies aussi surprenantes qu’inattendues, en un tour de main, jusqu’à rendre méconnaissables et les lieux et le travail qui y est effectué.
Son survol peut être celui d’un prédateur cherchant sa nouvelle proie l’appétit au ventre, affamé : les rêveurs, les tire au flanc, les faux culs, les fumistes, ceux qui ne doivent rien à eux-mêmes et tout à ceux qui les ont nommés.
Pour tous ceux-là, ce sera grandeur et décadence ou bien, grandeur et déchéance. C’est selon et… c’est du pareil au même.
Autre objet de son attention : le peuple silencieux. Toujours en retard sur la vie de leur travail, ces travailleurs candides, puisqu’ils n’en contrôlent ni les bouleversements ni les adaptations. Un jour, on leur signifiera leur congé définitif et en attendant, on se contentera de les conduire inévitablement et à leur insu, à leur perte et ce, bien avant que l’heure de la retraite ne sonne.
Sur eux, la pression s’est accrue : horaires chaotiques, contraintes de résultats, menaces de licenciement. Outils de discipline au travail par excellence cette pression ! On leur parlera de flexibilité, d’autonomie et de polyvalence - comprenez : isolement et solitude -, sans oublier de mentionner des changements permanents qui nécessiteront de nouveaux comportements.
Cet aigle, c’est aussi un sourcier céleste fouillant du regard, scrutant, maladif, le sol, le sous-sol et ses plus petits interstices, en annonciateur de déluges qui viendront balayer tous les pauvres bougres en deçà de leurs attentes et au-delà de leurs craintes ; et les autres aussi : ceux qui se croyaient à l’abri.
Nouvelles exigences des temps modernes : le retour à l’instabilité généralisée et permanente du monde. Il est tous les glissements de terrain purificateurs cet aigle blutoir qui tamise cette poudre farineuse que sont ses effectifs. Cette instabilité a pour nom : meurtre productif... si vous l’interrogez dans l’intimité de sa retraite, c’est à voix basse qu’il vous fera cette confession, le regard inquiet de peur qu’on ne l’entende alors qu’il ne souhaite être entendu de personne.
Il poursuit partout et sans relâche la liquidation de l’ancien monde, celui d’hier matin et prépare déjà celle de demain. Cet ancien monde, c’est le monde tel qu’il ne lui convient pas mais qui pourrait tout aussi bien lui convenir si d’aventure ce monde devait servir ses intérêts.
Le territoire (1) de cet aigle a pour le nom : DRH ! Et son occupation : gestion des ressources humaines, ou GRH.
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1 - Territoire dirigé et occupé dans une majorité écrasante des cas par des femmes.
Mais qu'est-ce à dire ? Des femmes, des mères dévoreraient alors leurs propres enfants ; mères étouffantes, abusives, castratrices, telles des mantes religieuses coupant des têtes...
Les femmes, hier encore dominées, seraient-elles les mieux à même de servir les intérêts des dominants qui sont majoritairement des hommes ?
Et si le pouvoir était bi-sexuel ? Ou... bien encore : et si le pouvoir n'avait pas de sexe ? A la fois eunuque, frigide et stérile mais brutal... d'une brutalité à la hauteur de sa propre impuissance et infirmité physiques...