Indignez-vous si vous voulez, mais...
Stéphane Hessel nous exhorte à nous «indigner» contre la société capitaliste, contre le règne de l’Argent, qui imposent une régression sociale et la remise en cause du modèle républicain. A mes yeux, cette analyse est fausse.
- Se tromper de cible... REUTERS/Carlos Barria -
Les réponses à mon article sur le livre de Stéphane Hessel, très critiques en général, sont intéressantes car elles portent sur ce que certains estiment être l’essentiel du malaise français, sur les «valeurs», sur le creuset de la République et de la France. Le fond de la divergence est celui-ci: Stéphane Hessel nous exhorte à nous «indigner» contre la société capitaliste, contre le règne de l’Argent, qui imposent une régression sociale et la remise en cause du modèle républicain. A mes yeux, cette analyse est fausse.
A nouveau, je n’ai rien contre la personnalité de Stéphane Hessel au contraire. A nouveau, je n’ai rien contre l’indignation, au contraire. Je voulais d’abord souligner mon irritation contre une évidente indignation-spectacle à la française. A Noël, il faisait bien d’offrir à tout le monde le petit livre de Hessel. Voilà qui vous classait dans noble catégorie «des indignés». C’est peu coûteux, 3 euros le livre, mais ça rapporte gros en affichage poitrinal de ses «valeurs». Moi, Monsieur, je suis pour la solidarité! Le succès du livre m’a irrité pour cette solidarité en toc, ces valeurs en carton-pâte. Le sentiment d’indignation est salutaire, en effet. Il est premier, instinctif, il part de sa morale intérieure. Très bien. Mais les 500.000 lecteurs de Hessel ne devraient pas louper le passage du livre où l’auteur rappelle sa formation intellectuelle sartrienne et souligne que la suite nécessaire de l’indignation est «l’engagement». En France, Noël 2010, la belle indignation sera-t-elle suivie d’un minimum de conséquence ou le noble mais facile sentiment se suffira-t-il à lui-même? La France souvent se paie de mots… Mais OK, j’ai tort. Je minimise le phénomène, je le résume à tort à son côté médiatique et «bobo».
Le succès du livre dit bien autre chose: il est une sorte de salutaire rappel aux valeurs françaises, républicaines et sociales, à l’heure où, justement, on a l’impression que tout cela vole en éclat. Nous voici au fond: ces valeurs et leur érosion. L’idée de Hessel à laquelle adhère donc une grande majorité des lecteurs-commentateurs de Slate est que le libéralisme, la mondialisation, l’économie de marché, la finance, Nicolas Sarkozy etc, conduisent à la destruction de ces valeurs auxquelles sont attachés les Français, valeurs qui sont l’ADN de la France depuis la Libération. Il est temps de «s’indigner» et de se lever pour les défendre!
Pour le dire directement:
1) Ces valeurs «françaises» de la Résistance sont mythifiées.
La France n’a pas de quoi se vanter tant que ça. Il suffit de voir ses échecs: l’intégration loupée, les banlieues ghettos, les 150.000 enfants abandonnés sans aucun savoir scolaire ou professionnel, le chômage persistant depuis trente ans, le sort ignoble fait aux jeunes, les prisons immondes. Etc. La France est un pays égalitaire en théorie, inégalitaire en vrai, découpé en statuts et maintenant une forte reproduction sociale de ses castes (j'en ai déjà parlé dans cet article sur polytechnique).
2) Les valeurs de solidarité ne sont pas attaquées «en tant que telles» par la mondialisation, la finance, Sarkozy et tutti quanti.
Il faut sur cette question être beaucoup plus nuancé. Le thatchérisme, les déréglementations, l’ouverture des frontières ont libéré des forces considérables qui font pression à la baisse sur les salaires et sur le social en général. C’est vrai. Mais c’est sans doute le prix à payer pour sortir de la misère des milliards d’habitants du sud. Est-ce de cela qu’il faut s’indigner? De voir nos avantages d’hommes blancs un peu rognés pour laisser une part des richesses aux pays émergents? Surtout, cette «pression» du capitalisme n’a rien de terrible en vérité. Si cela était, on aurait assisté à une baisse générale et massive des prélèvements depuis trente ans. Or, les impôts et taxes ont cru dans l’ensemble de l’OCDE (pays développés) de 29% du PIB en 1975 à 32% en 1985 et 35% en 2008 et en France de 35% à 43% en 1985 pour plafonner ensuite. On ne peut pas dire que le niveau de socialisation soit en régression. D’ailleurs la Scandinavie, modèle social, aurait dû être rayée de la carte. Elle est toujours là avec une forte croissance et avec un taux de chômage bas. Il est faux de parler d’un «complot de la mondialisation et des riches contre le progrès social».
Prenez les retraites. Elles ne sont pas menacées dans leur existence ni par Sarkozy, contrairement à ce que dit trop vite Hessel, ni par la mondialisation. Elles ont un déficit de financement qui provient de l’allongement de la durée de vie.
Prenez le lourd problème des inégalités. Elle croissent, c’est vrai, récemment, d’abord à cause de la pointe des hauts revenus qui ont explosé. Ce phénomène-là est lié à l’argent: les actionnaires ont pris le pouvoir dans les entreprises et ils gratifient les dirigeants. La solution est fiscale donc politique. A souligner quand même que les actionnaires sont souvent des fonds de pension qui gèrent l’argent… de retraités. Il y a là une «financiarisation» qui a à voir avec le vieillissement de nos populations développées: nous privilégions les dividendes parce que nous privilégions les vieux! Les inégalités croissent aussi à cause d’un phénomène beaucoup plus vaste et plus difficile à corriger: le pincement des classes moyennes dont l’origine est technologique. Dans les pays industriels, les métiers de qualifications moyennes sont robotisés, informatisés. Est-ce attribuable au «règne de l’argent» ou au progrès technique? Encore une fois, il faut nuancer.
3) Ce qui mine les valeurs sociales est beaucoup moins l’ouverture à la mondialisation que l’immobilisme, le renoncement aux réformes, le refus de tout changement.
La France craque dans ses habits d’hier, trop usés. Voilà le fond de notre divergence: pour moi, le social français adapté à l’économie taylorienne de l’après-guerre «protège» encore les emplois à vie et à temps plein, mais laisse en déshérence les nouvelles souffrances de l’économie-monde d’aujourd’hui. Il ne prépare pas les enfants, il ne «protège» pas les salariés qui doivent changer de job, il ne fait rien pour faciliter la mobilité, pour donner une nouvelle chance, etc.
Les Hesseliens pensent que le problème, c’est le social. Ils clament que le capitalisme libéral voudrait le détruire parce qu’il serait trop coûteux. Ils se trompent.Le problème ce n’est pas le social, c’est son efficacité. Je dirai la même chose des autres valeurs morales, le respect des autres, la laïcité, l’éducation... que la France n’a pas su défendre face aux changements des modes de vie d’aujourd’hui, à l’individualisme, aux divorces, à l’immigration. Le modèle républicain, qui a été établi en 1945 par Stéphane Hessel, n’est pas remis en cause per se mais parce qu’il n’a pas su s’adapter. La France défend aujourd’hui si mal ses belles valeurs qu’elle se ruine, les perd et se mine le moral.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 08/01/2011 à 17h07















































Des personnes plus qualifiées que moi pourraient-elles réfléchir plus précisément sur le mot de "valeurs morales", trop souvent employé.
De façon plus pragmatique, ne vaudrait-il pas mieux utiliser le terme de "conviction" ?
Je repose les deux questions qui me semblent importantes :
1 - Quelles sont les convictions auxquelles je suis le plus profondément attaché ?
2 - Que suis-je prêt à faire pour les mettre en oeuvre, concrètement, dès aujourd'hui, sans tambour ni trompette ?
Et il est faux de dire que la Scandinavie est loin de la mondialisation : tout au contraire, elle y est très insérée, en témoigne la multitude d'entreprises scandinaves fortement présentes à l'international dont Ikea n'est pas la moindre. Ou bien la pénétration de l'anglais dans la société.
Ces pays ont fait le pari - qui me semble intéressant - de s'adapter à la mondialisation plutôt que de se battre contre le reste du Monde dans le but de préserver leurs acquis sociaux qui sont réels et leur apparaissent fondamentaux.
C'est même une nécessité pour eux, pour préserver leur niveau de vie, d'avoir de telles entreprises, étant donné le faible bassin de consommateurs que l'on trouve au Nord... Impossible d'y vivre en autarcie à long terme dans une économie de type capitaliste...
C'est peut-être une attitude dont nous devrions nous inspirer nous autres Français...
Et ce n'est pas parce qu'on se trouve dans une situation périphérique au niveau géogaphique qu'on l'est pour autant à l'échelle du Monde. Sinon l'Afrique serait en plein cœur de la mondialisation vue sa position géographique centrale, or ce n'est pas le cas, loin s'en faut...
Dans une France indignée et pessimiste, il reste les solutions masochistes: Se mettre la tête dans le sable, ne rien faire et pointer du doigt le voisin plus riche, refuser d'agir et se payer de mots.
Il n'y a pas, en ce moment, de solution possible pour vraiment changer les choses: on ne peut réapprendre aux gens a vivre sans un système monetaire ou quelque chose d'equivalent, permettant une diffusion mathématique du merite. Il est illusoire de dire au peuple qu'il est responsable de lui meme, et que la volonté de chacun compte.
Le problème est plus complexe qu'il y a 20-30-40 ans, pourquoi ? Parce que les avancées sciences et les technologies ont continué leur chemin, et ont accomplis des montagnes, alors qu'en politique, en économie et en sociétal, on a très peu ou pas progressé du tout.
Le problème est que la sociologie, un peu comme la psychologie, ne sont pas des sciences pures, donc leur resultat est bien moins convaincant et applicable. Il est plus facile de convaincre un idiot de l'existence de l'électricité avec une machine a laver ou une television, qu'en lu parlant de sécurité sociale. Le probleme est amplifié par l'explosion démographique, qui est essentiellement relative au progrès technologique.
Pourquoi Hessel a t il "tort" ? Hessel ne détient pas plus de solution que les religieux tentent de nous convertir en de meilleurs citoyens.
La solution ne pourra venir qu'en court-circuitant le liberalisme et le capitalisme, exactement comme les valeurs du socialisme francais l'ont deja fait graceaux divers systèmes d'aide financieres qui allegeaient les inegalités.
La solution viendra directement, a mon sens, du capitalisme lui meme: il faudra attendre que des entreprises privées remplacent le gouvernement dans son role socialiste, car les gouvernement en plus de s'etre mis de meches avec la finance, sont maintenant tout simplement incapables de resoudre ensembles les problemes posees par un monde qui va beaucoup plus vite qu'eux.
Comment ? Ces solutions n'existent pas, elles devront
1. s'affranchir de l'avis d'un gouvernement qui n'a plus la confiance des ses electeurs. Ceci vaut autant concernant les accord et/ou les lois. L'exemple le plus simple est cette absence de liberté a construire une yourte sur un terrain privé ou une myriade d'autre exemples ou le gouvernement est toujours tout puissant, et rend souvent impossible l'inovation sociétale. Autre exemple: pourquoi serait il mal vu d'habiter dans une caravane ? Le gouvernement se voit il imposer politiquement son point de vue comme quoi il est standard et mieux venu d'habiter dans un appartement ou un pavillon ?
2. s'organiser d'elle memes. Le capitalisme etant deregule, il n'y a plus a esperer du gouvernement pour qu'il puisse se charger de les resoudre.
1er Exemple: maintien de l'ordre. Trouvez vous normal que vous puissez vous faire aggresser devant tout le monde sans que personne ne tente d'arreter votre aggresseur ou d'empecher sa fuite, en attente des vraies forces de l'ordre ? Le gouvernement, s'il perd sa credibilité, est tout simplement incapable d'assurer l'ordre (je ne parles pas de la justice qui est un autre sujet): ce doit etre le role des citoyens eux meme, lors de situations immediates, qui doivent faire preuves de bon sens et de courage, choses dont les gens doutent aujourd'hui.
2nd exemple: la vie en societe. Laisser les groupes mis en bourses regner sur les aliments, le logement, l'electricité, l'eau, l'industrie et autres premieres necessités doit etre remis en cause en faveur de methode de management et d'entreprise differentes. C'est un des problemes les plus profondement enracines dans notre societe moderne, mais c'est celui qui tombe sous le sens: pourquoi une entreprise devrait elle adherer a un modele de hierarchie en particulier ? Pourquoi une entreprise ne propose t elle qu'un produit a la fois ? Pourquoi y a t il si peu d'entreprises qui appartiennent aux salariés ? Les chaines de distribution alimentaires doivent etre complement repensees: si Aldi y arrive, il n'y a pas de raisons que d'autres entreprises n'y arrive pas.
Voila, j'espere que sera fera plus reflechir q'un livre a 3 euros, et je ne suis pas Normalien.
"les tenants de la pensée unique totalitaire et mercantile..." Je pense que vous devriez ajouter "issue d'un complot judéo-maçonique ourdi en haut lieu". Ca ferait plus véridique... Ainsi, vous auriez une transition toute trouvée vers le "pouvoir basé sur la peur" et les "populations [qui] vivent vivent dans cette peur organisée".
Ainsi, si je vous lis bien, nous sommes dans un système totalitaire? Il y a en France, EU, GB, des escadrons de la mort, on se cache dans sa cave de peur de les voir arriver?
Mauris, vous voyez bien que je me moque de vous. Mais quand même, n'allez vous pas trop loin? Qui est le dirigeant occidental qui veut le mal de son peuple?
et quelle place occupe ce tout petit livre ?
rien du tout sauf l'expression indignée d'une génération pourrie gâtée, celle des baby boomers incapables de s'occuper d'autre chose que de leur nombril et des avantages dont ils ont bénéficié toute leur vie, leurs études, leur santé, leur insertion professionnelle, leur retraite et l'inflation qui leur permet de partir en camping car à cinquante cinq ans sans avoir eu à payer leur crédit immobilier, j'en oublie et pour évoquer la mondialisation, cette génération prête à soutenir Che Guevara mais qui hurle des que l'essence augmente;
oui c'est bien de partager la richesse du monde avec les autres et ça ne nous prive pas mais ça nous oblige à ne plus se croire le continent élu, l'occident a perdu ce qui a fait sa singularité depuis deux ou trois siècles, tant mieux, puisque brésiliens , indiens et chinois revent de vivre comme nous au chaud et rassasiés en regardant des inepties sur un écrans, bienvenus aux nouveaux!!
pour le reste , j'attends d'entendre ces indignés proposer de travailler un peu plus que vingt heures par semaines ou de gagner 15% en moins pour réduire les déficits publics !!!
Quel talent de communicateur ! Un homme de marketing pur sang n’aurait pas fait mieux. Un livre destiné aux Français, champions du monde de l’indignation (et paraît-il du pessimisme…), qui ne coûte que 3€ et qui ne prend que 10 minutes de son temps pour lire ! A peine le temps de s’enfoncer dans son fauteuil de railleur pour s’énerver!
Et quel parcours – résistant (indigné et pour cause), Gaulliste de la première heure, diplômât accompli.
Mais grand philosophe? Interprète avisé du déroulement de la société ? ‘Sartre nous a appris à nous dire « vous êtes responsable en tant qu’individus » Parfait. Mais comment expliquer qu’on devait être à la fois ‘individu’ et communiste, le communisme à priori exigeant la soumission de l’individu à la volonté d’une classe donnée ? Stéphane Hessel n’y voit aucune contradiction.
Stéphane Hessel nous assure qu’il lui a fallu (après une première hésitation) ‘s’opposer à cette forme insupportable de totalitarisme’. Mais n’était-il pas son idole Sartre qui a mis tant de temps à reconnaître le totalitarisme des USSR ?
Et ne voit-il pas de contradiction entre « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grands banques », soit le système audacieux mais désastreux économiquement et moralement des URSS, et le naufrage qui a suivi ?
Stephan Hessel en tout cas ne se pose pas la question du POURQUOI de ce désastre. Serait-il possible que c’est le système lui-même qui est la cause ?
Du haut de ses 93 ans Stephen Hessel a dû pouvoir observer, comme Eric Le Boucher observe, que c’est plutôt dans les sociétés libérales que la démocratie a fleuri - en même temps que les économies du marché qui ont enrichi la plupart de leurs citoyens. A-t-il déjà oublié les scènes de joie quand les murs des ‘paradis ouvriers’ sont tombés ?
Mais j’ai bien aimé son petit livre comme j’admire son parcours. Cela ne fait pas de mal de s’indigner de temps en temps. Il faut simplement bien choisir les objets de son indignation. La Palestine certainement (et d’autant plus crédible venant d’un Juif), les traders et les spéculateurs de ce monde ensuite. Mais quand on parle de la crise et l’endettement de nos pays où nous avons laissé nos gouvernements dépenser pour nous sans compter, avons-nous le courage et l’honnêteté de s’indigner contre………..nous-mêmes ?
Et qu'on le reconnaisse ou non, ce sont de véritables inégalités sociales. Et depuis 20 ou 30 ans, elles augmentent. Certes, elles sont peut-être moins importantes qu'il y a 50 ou 60 ans mais vu leur rythme de croissance, on pourrait bien se retrouver, dans 20 ou 30 ans, dans une situation sociale similaire à l'après-guerre...
Et quand à ceux qui jouent les martyrs en tentant de culpabiliser ceux qui vivent dans la pauvreté et non la misère, je dirais que je reconnais vos souffrances passées et peut-être présentes mais j'estime que ce n'est pas une raison pour autant de vous faire moraliste et de vous en prendre à ceux qui ont un peu plus que ce que vous avez eu et qui réclament davantage.
Je trouve ça d'une indécence et d'une mesquinerie sans nom ! C'est comme si vous reprochiez à un smicard ou à un allocaire social d'être reconnaissant de ne pas mourir de faim comme un Africain ! Ou comme si on ne devait pas se plaindre de voir nos droits et nos libertés bafoués en démocratie en arguant que c'est pire dans les dictatures ou les totalitarismes !
On va continuer à jouer à celui qui pisse le plus loin en comparant celui qui a le plus souffert ou connu de malheurs dans sa vie ?
Serait-ce une fierté de dire : " J'ai connu la misère et j'ai survécu ! Faites comme moi ! " ?
Je répondrais : " Grand bien vous en fasse mais y'a que vous que ça rend orgueilleux ! "
Car voyez-vous, certaines personnes ont des exigences de niveau de vie un peu plus élevées qu'au XIXe siècle, c'est ça aussi le progrès...
Enfin, je suppose...
Oui, le niveau des prélèvements sociaux en France est historiquement très élevé. Oui, le monde est en forte croissance mondiale et cette croissance profite au plus grand nombre. Oui, dans un monde qui change plus vite que jamais, l'immobilisme statutaire des français est suicidaire.
Oui, il y a bien en effet des raisons de s'indigner contre la mentalité d'héritier des Français, leur nombrilisme et leur égoïste.
La protection toujours plus étendue dont disposent une très large majorité d'entre nous empêche de voir ceux qui en sont exclus, en France et surtout hors de France. Les médias et les hommes politiques tiennent un discours de peur, les premiers pour accroître leur audience, les seconds pour apparaitre utiles, voire providentiels.
Nos voisins allemands, plus que nous, regardent l'évolution du monde avec lucidité et ont mené depuis 10 ans des politiques courageuses dont ils tirent aujourd'hui les bénéfices. Est-ce la prise en charge de la dépendance qui va donner des perspectives d'emploi aux jeunes français ?
Il n'y a qu'une indignation à avoir: celle nécessaire face au refus de la réalité, encouragé par nos gouvernants, et à l'absence d'action, alors qu'il est possible d'agir si on a du courage.
Indignons-nous contre tous ces pleurnicheurs qui n'ont jamais connu, comme vous gwirione et moi, la vraie pauvreté et pour qui le grand discours sur l'écart entre le plus riches et les plus pauvres n'est qu'un prétexte pour râler et jalouser l'autre.
Je préférerais de loin être un pauvre aux USA qu'un riche à Mali et je sais de quoi je parle quand il s'agit de pauvreté.
Que ceux qui n'ont jamais vu leur mère pleurer parcequ'elle ne savait pas comment finir la semaine la ferme!
Ca y est, je suis indigné!
La crise financière de 2008 ? Quelle crise financière ? Ses conséquences sur l'économie réelle ? Si il y en a eu, elles sont sans doutes bénéfiques.
Cette spéculation qui permet l'enrichissement des plus riches et rend les denrées de première nécessité inabordables aux plus pauvres ? C'est rien, c'est le marché qui se régule.
La part croissante des revenus du capital au détriment des revenus du travail ? Z'avez qu'à vous constituer un capital, au lieu de bosser.
Un nombre croissant de personnes mal nourris, mal logés, mal soignés ? ça va s'arranger, le même marché s'en occupe, la croissance profitera à tous, on vous le dit, on vous le répète, il-faut-le-croire. Et si c'est pas demain, beh ce sera après-demain, même si on l'avait déjà promis pour avant-hier.
Les "miracles" irlandais et islandais ? En voilà qui ne se sont pas "payés de mots" et qui ont signé la joie au coeur le saccage de leur économie. Alors bien sûr aujourd'hui, il se trouve quelques râleurs qui s'indignent en constatant qu'on leur taille des croupières et qu'on fait peser sur leurs enfants la faillite d'un système glouton, mais ce sont sans doute des crypto-communistes vitrifiés dans leur immobilisme.
On apprend avec joie que, pour que le chinois, l'indien et le brésilien s'enrichissent, pardon, s'endettent, en toute quiétude, il va falloir qu'on continue à leur filer nos jobs de nantis. En gros, ceux qui nous disent depuis un siècle que la croissance est infinie, qu'elle ne se divise pas mais se multiplie, et que c'est pareil pour le travail, nous disent aujourd'hui que non, c'était pas vrai.
Continuons donc à nous défaire de nos oripeaux bourgeois comme M. Le Boucher nous y exhorte, car c'est seulement une fois qu'on sera totalement à poil, qu'on pourra le mieux "s'adapter" aux recommandations du FMI et sortir enfin de notre immobilisme.
Quant à vos arguments, laissez moi rire. "Dans les pays industriels, les métiers de qualifications moyennes sont robotisés, informatisés. Est-ce attribuable au «règne de l’argent» ou au progrès technique? Encore une fois, il faut nuancer." Essayez de robotiser sans progrès technique, vous m'en direz des nouvelles !
"Le problème ce n’est pas le social, c’est son efficacité. Je dirai la même chose des autres valeurs morales, le respect des autres, la laïcité, l’éducation... que la France n’a pas su défendre face aux changements des modes de vie d’aujourd’hui, à l’individualisme, aux divorces, à l’immigration" Ah l'efficacité !!!! L'efficacité des valeurs morales, même !! Vous y allez fort ! Inventez nous un critère mesurant l'efficacité de valeurs morales !
Vous écrivez des articles incohérents d'un point de vue intellectuel. Vous ne faites qu'exprimer des opinions et une façon de voir le monde : celui des "dominants". Vous êtes du côté du manche, Monsieur Le Boucher.
Merci de ne pas déformer la réalité. L'échec dont vous parlez est celui de la génération qui a hérité de tout le confort créé par la société mise en place avec les valeurs sociales qui sont maintenant à refaire si on veut éviter une autre révolution