Politique

Tout le monde a son mot à dire sur la Sarkolangue

Temps de lecture : 2 min

L'article «Petit précis de Sarkolangue» paru mardi 31 mars a suscité de nombreuses réactions. Les commentaires témoignent d'une réflexion sur les techniques de communication du chef de l'Etat, et plus largement, sur la vocation du journaliste.

«Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement»

De nombreux internautes ont utilisé la phrase de Nicolas Boileau, comme la ptite blan, qui note: «Si Sarkozy pensait clairement, il s'exprimerait mieux! Donc, oui cela m'inquiète de le voir s'exprimer aussi mal». Quétinois partage cette opinion: «La fonction présidentielle doit être respectée et elle l'est par chacun de nous dès lors que le titulaire de la charge ne la dévalorise pas sur la base d'expressions atypiques et vulgaires. La balle est donc dans le camp de l'élu pour nous surprendre et corriger la trajectoire stylistique empruntée.»

Tactique de communication

«Le plus préjudiciable dans cette attitude est l'écart entre la crédibilité des discours officiels et les raccourcis populistes auquel ce langage donne cours. Pour parler Sarkozy, sans prendre trop de pincettes, il se devrait d'y avoir une distance qui évite les familiarités et les clins d'œil et laisse la place à une acceptation par la raison et non l'assentiment ou la sympathie à double tranchant», explique jlamo75. Il qualifie les écarts de langage du président de «parfois intolérables, et parfois tristement burlesques». Gico émet des soupçons: «Et si Nicolas Sarkozy savait parler un français impeccable et que ses fautes n'étaient qu'une tactique supplémentaire pour faire croire qu'il est le peuple, dont il supposerait qu'il parle nécessairement mal le français?» La question reste en suspens.

Soliste propose «un comparatif entre les styles oraux des différents présidents de la Vème République, tant dans leurs discours préparés et autres interventions prévues que dans leurs réponses aux questions qui leur étaient posées. Nous aurions ainsi des éléments de comparaison».

De l'intérêt de ce relevé

Jean Girel taxe cet article de «"journalisme" (!) facile qui s'adonne au degré zéro de la critique, portant sur l'apparence, la personne, la culture, le phrasé». Il ajoute qu’il faut accorder à Nicolas Sarkozy «le droit de bafouiller, de s'énerver (pas trop souvent, on l'espère), de commencer une phrase d'une certaine façon et de la terminer d'une autre parce que distrait ou inspiré par une idée nouvelle». Cet avis est partagé par Marianne Arnaud, qui se dit «atterrée» et qui réserve ce genre d'analyses au Canard enchaîné. «La volonté de nuire n'est pas bonne conseillère», estime Borth Gérard. Got trouve lui tout au plus à l'article «un petit peu de satyre certainement un peu sadique».

Enfin Jean Girel affirme aussi que «le premier acte de toute transcription orale enregistrée, chez tout bon journaliste de la presse écrite, c'est de corriger les approximations langagières propres à l'exercice». C'est justement cette question soulevée par Rue89 quia donné l'envie à Slate.fr de composer cet article.

Le droit à la critique

El Gato répond à Marianne Arnaud qui avait jugé «minable» l’initiative de Slate.fr. Il affirme qu'il s'agit «d'exercer son droit critique». «La forme et le fond sont indissociables dans la communication de l'homme politique», argumente-t-il. Soliste le reprend sur un point très juste: ce n'est pas à travers les analyses des seuls journalistes que l'on se forge une opinion.

AS

Photo Reuters

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