Stéphane Hessel s'attaque à des moulins à vent
Le succès impressionnant du livre «Indignez-vous!» du très respectable Stéphane Hessel ne gomme pas ses faiblesses et ses erreurs. Une vision simplissime de l'histoire et une analyse construite sur une succession de raisonnements économiques et politiques bancals.
- Moulins à vent aux Pays-Bas. REUTERS / Michael Kooren -
C’est entendu: Stéphane Hessel est une personne admirable. Gaulliste de la première heure, résistant, arrêté, déporté à Buchenwald, évadé, il deviendra haut fonctionnaire, diplomate et sera toute sa vie un digne représentant du bel idéal de la Résistance contre le nazisme. Ses combats pour les droits de l’homme, la décolonisation et toutes les injustices sont eux aussi admirables.
C’est entendu aussi, Hessel a raison sur beaucoup de points dans son petit opuscule Indignez-vous! qui devenu en quelques semaines ce qu’on appelle «un phénomène d’édition» avec plus de 500.000 exemplaires vendus (3 euros). On partage son indignation contre le traitement infligé aux immigrés, aux sans-papiers, aux Roms. Dans une société qui paraît si désunie, où chacun semble perdu et livré seul à son combat contre les autres, un rappel «aux principes et aux valeurs» de solidarité est bien utile.
Est encore plus utile, cette référence de Stéphane Hessel à Jean-Paul Sartre, dont la pensée a formé le jeune normalien qu’il était en 1939. «L’engagement sartrien»: «Vous êtes libres et responsables en tant qu’individus», disait le maître à penser existentialiste de toute cette génération (et aux suivantes): «Il faut s’engager au nom de cette responsabilité.» Beau message en effet et judicieusement rappelé aujourd’hui. L’indignation conduit à l’engagement, redit Hessel, et non à l’indifférence: «je n’y peux rien, je me débrouille»… Beau message donc à l’heure aussi où les responsabilités individuelles se replient derrière les «j’ai droit à»…
Mais c’est justement le problème. Comme le souligne le politologue Stéphane Rozès dans Libération, «l’indignation est nécessaire mais pas suffisante. Le danger est que les individus s’indignent et qu’ensuite ils se replient sur eux-mêmes». Encore faut-il présenter des solutions. La perspective morale ne peut se substituer à la politique sous peine de déboucher sur l’abstention.
On ne demande pas bien entendu à Stéphane Hessel, 93 ans, de présenter un programme de gouvernement. Encore une fois, le vieil homme s’indigne, cela suffit. Mais encore faudrait-il s’indigner à bon propos. C’est là que son texte dérange.
«C’est aujourd’hui le socle des conquêtes sociales de la résistance qui est remis en cause.» Tel est le fond de l’indignation de l’auteur. La société est livrée aux puissances de l’argent, l’argent «insolent, égoïste», «avec ses serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat» (Suivez son regard…). D’où une destruction systématique de la solidarité et l’abandon de l’intérêt général.. Et Hessel de nous donner au passage sa vision simple de l’histoire: ce qui a causé le fascisme, dit-il, est la peur des possédants, qui ayant tellement craint la révolution bolchevique, «se sont laissés guider par leurs peurs». On croyait l’origine du nazisme un peu plus compliquée que cela… On croyait aussi le monde actuel un peu plus compliqué que cela, et Hessel l’admet lui même d’ailleurs.
Cette description caricaturale est sûrement à l’origine du succès du livre. Mais la vision va trop de la caricature à l’erreur. Ainsi: «L’écart entre les riches et les pauvres n’a jamais été aussi important. C’est une innovation des XX et XXIe siècles.» Et l’écart entre César et un esclave? Entre Louis XIV et un paysan de Corrèze? L’OCDE note une augmentation des inégalités dans onze pays sur vingt depuis les années 1980. Le PNUD estime que le nombre de personnes vivant avec moins de l'équivalent d'un dollar par jour a diminué de près de 250 millions entre 1990 et 2000. Cela correspond à une réduction d'un quart de la part de la population vivant sous ce seuil de revenu dans les pays en développement (de 27,9% à 21,3%).
«L’actuelle dictature internationale des marchés financiers menace la paix et la démocratie.» Mais où Hessel a-t-il vu cela? On peut critiquer les marchés financiers et penser d’eux pis que pendre mais nous n’en sommes plus à l’heure du Chili et des complots d’United Fruits et de la CIA. Justement! Les marchés financiers cherchent d’abord, en général, la sécurité donc la paix et le respect des droits des investisseurs donc la démocratie.
«Nous avons eu cette crise économique mais nous n’en avons pas davantage initié une nouvelle politique de développement.» Mais les milliards de Chinois, d’Indiens, de Brésiliens et d’Africains qui sortent de la misère grâce à la mondialisation? Mais ces classes moyennes qui grossissent par centaines de millions dans ces pays? C’est là le «point aveugle» immense de l’indignation de Stéphane Hessel. La mondialisation déchire sans doute notre modèle social hérité de 1945 mais elle enrichit le Sud! En voilà une politique du développement réussie! Et autrement réussie que celle imaginée dans tous les beaux discours occidentaux tenus à l’ONU depuis l’après-guerre!
C’est le fond de l’affaire: l’indignation est légitime, encore une fois. Mais elle ne doit pas conduire à la glorification des acquis de la Résistance qui, par parenthèse, n’étaient pas si doux et partagés que le dit Hessel. Depuis, le monde a changé radicalement, la solution n’est sûrement pas de «résister» pour défendre les acquis sociaux d’hier. Il s’agit précisément de faire l’inverse et de faire évoluer le modèle social pour l’adapter à la mondialisation et sortir du travail précaire, du mauvais sort fait aux jeunes et aux femmes, d'une école défaillante pour 150.000 enfants, etc, etc.
«Indignez-vous!» Oui ! mais dans le sens inverse demandé par Hessel. Pourquoi la France tarde tant à récuser un modèle social qui, dépassé par le monde actuel, ne crée plus que les inégalités et de la défiance? L’indignation, si elle s’accroche à un passé à bout de souffle, devient indigne.
Eric Le Boucher
Mis à jour le 08/01/2011 à 23h33














































Merci de votre article qui ose aller à contre-courant.
"Se révolter, c'est courir à sa perte, car la révolte, si elle se réalise en groupe, retrouve aussitôt une échelle hiérarchique de soumission à l'intérieur du groupe, et la révolte, seule, aboutit rapidement à la soumission du révolté... il ne reste que la fuite."
Henri Laborit, Eloge de la fuite, 1976
S'indigner, se révolter, résister, certes. Mais est-ce suffisant ? Je suggère de s'interroger et de répondre simplement à ces deux questions : 1 - Quelles sont mes convictions aujourd'hui ? 2 - Que suis-je prêt à faire pour les défendre et les mettre en oeuvre, concrètement ?
Mais il tombe à son tour dans la panneau de l'idéologie, dont le moins qu'on pouisse en dire est qu'elle est le contraire d'une réflexion et d'argumentaire construits.
Bonne année à vous. JF Bonnin
Quand au modele francais qui soit disant, est mauvais, doit etre reformé, je vous répondrais monsieur que si des jeunes cagoulés ne sont pas venu pillé votre appartement, et que vous continuez bien sagement a écrire des articles plus ou moins bien renseignés,c'est grace a ce systeme francais. Certes il n'est pas parfait, mais entre un systeme américain ou 25% de la population est en dessous du seuil de pauvreté, et un Etat redistributeur qui permet a des centaines de milliers de personnes de vivre ( et oui car les entreprises que vous defendrez surement (je pense connaitre a ce que vous ecrivez votre tendance politique, désolé) n'embauche plus, et si oui avec des contrats precaires)
Alors oui une reforme mais pas celle de la LOLF ou la performance et la rentabilité rentre dans le cercle des hopitaux, et les universités. Une reforme basée sur l'éfficience, mais aussi et surtout par la réelle imposition des plus riches de notre bon vieux pays car les montages fiscaux, (et vous ne me donnerez pas tort la dessus) permettent d'avoir des taux d'imposition a ces personnes moins élévés qu'un smicard. Je reprendrais le cas de la suede ou j'ai vécu pour vous dire qu'une société égalitaire, et ou il fait bon vivre, est une société de la redistribution et donc dans laquelle les riches payent (je ne parle de classe moyennes superieurs comme vous monsieur, mais comme les 300 premieres fortunes francaises)
Enfin, et désolé d'etre un peu long, mais je n'ai pas du tout aimé, le ton parisianiste, du "je sais tout". Pensez dans l'incertitude monsieur, et vivez une vie à la stephane hessel, vous ecrirez, peut etre, des articles fondés, avec un minimum de recherches et de culture....
La sécurité et la paix je suis d'accord mais concernant la démocratie c'est ironique non ? Cf Chine même si le pays devient l'investisseur, pays africains où les groupes occidentaux ou chinois s'accommodent des dictatures etc...
Dans "Le capitalisme est-il moral ?" André Comte-Sponville à démontré qu'ils étaient étranger aux principes de la morale. Ils recherchent stabilité et liberté d'échange c'est certains mais cela ne fait pas la paix pour autant. La dictature tout autant que la démocratie offre stabilité et liberté d'échange. La paix sous entend l'absence de conflit, de guerre, de violence. Hors tout a chacun le constate les conflits sociaux sont légions et la violence économique omniprésente et ceci pas uniquement dans les pays du G20 mais également dans le quart monde. Quand à la démocratie il implique un choix des citoyens or je ne vois aucun choix dans les marchés financiers.
Je me permets de vous corriger sur les 3 points centraux de votre démonstration:
1/ Vous dites que SH va "trop de la caricature à l’erreur" lorsqu'il affirme que les inégalités ont augmenté dans le monde. Malheureusement, il a raison. Vous vous en sortez avec quelques chiffres bien trouvés, mais comparaison n'est pas raison. Je vous renvoie à l'ouvrage "Worlds Apart, Measuring International and Global Inequality" de Branko Milanovic (Princeton University Press) qui fait référence. Aujourd'hui, si la distribution des revenus était celle de 1820, il y aurait 6 fois moins de personnes vivant avec moins de 1$ par jour qu'actuellement. Thomas Picketty a également publié des articles définitifs sur le sujet. Les inégalités ont augmenté, c'est un fait.
2/ Vous êtes très agressif sur l'affirmation de M. Hessel que les marchers financiers apportent de l'insécurité. Le FMI a pourtant récemment parlé de "guerre" des monnaies, et l'histoire de France, et notamment de la Révolution Française, a montré que parfois la guerre était la seule solution pour faire face à une crise importante de la dette. Plusieurs analystes aujourd'hui prédisent une défiance et une insécurité entre Etats si la crise actuelle de la dette faisait boule de neige. Or ce sont les marchers financiers et la spéculation qui sont les moteurs de cette boule de neige pour une raison simple : ils ne raisonnent qu'à très court terme et ne prennent pas en compte les conséquences à moyens termes avec un adage bien connu en finance "I'll Be Gone, You'll Be Gone".
3/ Vous fustigez enfin M. Hessel pour ne pas reconnaître les politiques de développements qui ont fait se développer le Sud, en balayant les "beaux discours tenus à l'ONU dans l'après-guerre". Comment expliquer alors que les évaluations récentes sur les Objectifs Du Millénaire sont mauvaises et indiquent que l'on n'arrivera pas à réduire la pauvreté en 2015 comme on s'y était engagé ? Encore une fois, les statistiques sur les inégalités montrent que l'on est bien loin d'une "mondialisation heureuse" : l'indice de Gini reste au-dessus de 0.6 en moyenne dans le monde, ce qui est énorme. Même chez les BRIC que vous citez comme exemple de développement réussi (alors que, encore une fois, comparaison n'est pas...), les inégalités restent colossales.
Les grands journalistes dont vous faites partie pourraient-ils être un peu moins idéologues et un peu plus informateurs ? Merci par avance.
Sans doute Mr Le Boucher, qui mange dans la soupe des puissants, ne peut il plus s'indigner... "intelligemment" lui ...
S'indigner n'est certe pas suffisant... mais c'est déjà une révolution dans nos conforts occidentaux... une résistance face aux indignations à bon compte de intellectuels asservis à l'interêt télévisuel... Bonne année
Les problèmes d'hier sont bien différents de ceux d'aujourd'hui, mais ca ne veut pas dire que nous avons des problèmes plus faciles et moins conséquents... Je trouve ca un peu facile de dire que "puisque nous nous sommes reconstruits depuis la guerre, nous en sommes bien loin et avons bien retenu notre leçon, le plus dur sera toujours derrière nous.".
Le vrai problème, si on compare les indignations d'hier avec celles d'aujourd'hui, c'est que celles d'aujourd'hui sont beaucoup plus pernicieuses. Les horreurs d'hier étaient violentes et aiguës, ne se souciant guere des droits de l'homme ou d'autres valeurs que nous trouvions si arrierees.
Aujourd'hui, le monde a grandement appris de ses erreurs, mais ca ne veut pas dire du tout que les maux sont "soignés". Les maux, les problèmes et toutes les horreurs et indignations de ce monde finissent malheureusement par trouver un chemin, et ce non pas a cause du laxisme, mais du manque de vigilance et de l'insouciance ambulante.
La ou hier le mal s'attaquait aux gens de front, aujourd'hui il s'immisce dans l'économie pour retourner le systeme contre les gens. Stephane Hessel ne l'a peut être pas compris lui non plus, mais au moins son livre a le mérite d'en parler et de faire réfléchir les gens, ce qui est deja beaucoup pour quelqu'un qui a vécu pendant les années 30: c'est quelqu'un que les gens sont plus suceptibles d'ecouter.
Hessel s’indigne d’une attaque générale des droits acquis en 1945, lui qui a contribué à les créer à cette date. C’est cette vision, sa vision, qui est, à mes yeux, fondamentalement fausse.
L’Etat social doit être non pas «défendu» tel un droit intouchable et sacro-saint mais adapté aux nouvelles conditions imposées par la mondialisation ou les technologies. Faute de réforme, et c’est ce qui se passe en France, l’Etat providence coûte de plus en plus et marche de moins en moins. On peut dire que c’est un point de vue «libéral», comme Herpin, on peut aussi dire exactement l’inverse: en bon marxiste, un droit social ne vaut que s’il s’appuie sur une analyse objective des conditions de production faute de quoi il ne tiendra pas.
Je ne propose rien en détail comme solution, Olivier. Vadebout et Fastmoving on raison, mais ce n’est pas l’objet de cet article. Je pense en revanche que l’Etat providence peut être pour l’essentiel sauvegardé en Europe, Marianne Arnaud, la seule solution n’est pas son rétrécissement face à la pression chinoise. Le «modèle européen» peut survivre, à condition de se moderniser.
Sur les différents points que je décris comme des erreurs d’Hessel, il me fallait sans doute être plus précis. Les inégalités augmentent récemment au sein des pays développés, relève Estève. Il a raison. Mais ce qui est faux est de dire que les inégalités sont «une innovation du 20e et 21e siècle».
La mondialisation n’est pas heureuse, Funisgood. Ni malheureuse. Tout ce que je dis est que la réalité est complexe et que les pensées sommaires ne font pas avancer les choses. Les indignations sont indispensables. Mais les analyses objectives, précises et sans tabou en sont les compléments. Et les révérences à un passé mythifié de 1945 sont plus inutiles qu’utiles.
ELB
Le Venezuela en 2002, la Bolivie en 2001, le Honduras en 2009, la future guerre en Iran, la pression internationale sur la côte d'Ivoire, la guerre du Golf 1, le Kossovo, la Guerre du Golf 2, l'Afghanistan.... L'ingérence des multinationale à travers le gouvernement américain continue. Le nier, c'est collaborer.
M. HESSEL ne défend donc pas une idée sur-année mais l'idée même qui fait le progrès : l'indignation de l'exploitation des uns par les autres. S'indigner de l'Etat providence comme vous le faites est la réaction des nobles pendant la restauration ou des Césars qui ne comprennent pas que des esclaves puissent vouloir s'affranchir. Vous trouvez ça moderne vous??? Où est le modernisme quand il s'agit d'une croissance qui fasse régresser les droits à une vie correcte, le droit à l'émancipation après une longue durée de travail nécessaire pour vivre, le droit à la santé, etc...? Allez dire aux millions d'expropriés étasuniens que le libéralisme est un progrès et qu'il est une garantie de paix et de prospérité. Il est dommage que vous ne le compreniez pas et que vous restiez dans votre bulle idéologique néo-libérale.
Mais, ce que veut dire ELB, c'est que ce système n'est pas assez adapté à notre nouvel environnement afin de financer notre modèle (admirable). Or, rien n'est jamais gravé dans le marbre. S'adapter est indispensable. C'est là que nous pêchons. Garder dogmatiquement un modèle sans le réformer est voué à l'échec. Et nous pouvons voir ici que les gardiens du temple sont nombreux.
Le monde change, avec ou sans nous. Il ne faut certes pas tout jeter sous prétexte de modernité, mais il faut être assez volontaire, ingénieux et dynamique afin d'éviter que le monde progresse sans l'Europe et la France. Contrairement à ce que pensent la plupart des commentateurs, la France n'est pas une ile. Nous dépendons des autres et de leur système s'impose à nous.
A la vue du nombre de personnes qui commentent les propos de Mr le Boucher, le chemin sera long... Vu le nombre d'opposant systématique à l'article, je trouve décidément que les personnes qui ont du courage ne sont pas celles qui le croient. Etre a gauche n'est pas forcément être courageux.
Bien cordialement.
Mais au-delà des termes, que l'on ne peut expliciter en si peu de lignes, HESSEL ne fait que rappeler des valeurs qui valent le coup de se battre, des valeurs universelles, éternelles, des valeurs motrices du progrès dans toute l'histoire. Il rappelle que lorsque les "réformes" consistent à revenir sur ces progrès, lorsque ces "réformes" consistent à piétiner ces valeurs essentielles à la société, il est alors utile voire nécessaire de s'indigner et que cette indignation doit mener à une réaction. Il ne centre pas son propos sur le marché mais sur la négation de l'homme dans ce qui est proposé comme "moderne". C'est en cela que la pensée d'HESSEL est réellement moderne. Elle va dans le sens du progrès, elle rappelle que toute réforme n'est pas bonne et que sous ce mot peut se cacher la destruction du vrai progrès, d'une vraie société moderne. Car une société est-elle moderne si elle consiste à désolidariser, à déstructurer, à supprimer les avancées sociales...?
Alors oui M. LE BOUCHER a le droit de s'exprimer et de penser que M. HESSEL a tort mais il a le devoir de le faire en ne détournant pas les propos fondamentaux de l'auteur. Il a le devoir de ne pas faire de la propagande pour une idéologie dépassée qui nous a mené à bien des catastrophes et continue de le faire pour le bien être de seulement 1% de la population (plusieurs études le montrent assez clairement comme l'évolution du pouvoir d'achat selon l'INSEE ou encore les recherches de PIKETTY). M. LE BOUCHER a le droit de ne pas se révolter du fait que M. COPE gagne 20000 euros par mois pour 2 après-midi par semaine alors qu'il voudrait augmenter le temps de travail des SMICards. M. LE BOUCHER a le droit de ne pas s'indigner du fait que l'on supprime les droits des citoyens à s'émanciper du travail et d'avoir la liberté de développer des activités non commerciales à partir de 60 ans sous prétexte de financer... ces mêmes droits. M. LE BOUCHER a le droit de ne pas s'indigner du fait qu'un ministre des finances ait été en même temps trésorier du parti majoritaire ce qui est un conflit d'intérêt manifeste qu'il y ait eu ou non malversation. ...
Mais M. HESSEL et tous ceux qui subissent ces manquements à l'éthique et aux valeurs humaines ont aussi le droit et même la légitimité à s'indigner !
... Sauf que vous caricaturez encore la pensée de Mr Le Boucher.
Concernant au moins deux de vos trois derniers points de révolte (le salaire de Mr COPE, et l'affaire WOERTH) nul trace d'une quelconque approbation de sa part. A propos de la retraite, je ne me permettrais pas non plus de me prononcer (mais il ne semble pas non plus que sa pensée soit aussi catégorique).
Ensuite, je suis effectivement d'accord sur une chose, ou plutôt deux: - impossible de s'exprimer convenablement en si peu de lignes - toutes les réformes ne sont pas forcément bonnes. Le progrès social et la possibilité pour l'homme de s'émanciper est bien entendu une chose merveilleuse que nul (de censé) ne regrette. Mais d'une part, il ne me semble pas que nous vivions une époque où l'homme est nié à ce point. Et d'ailleurs, je pense même que globalement l'homme s'émancipe. Bien que le système soit inégalitaire (mais citez-moi en un qui ne le soit pas...) et qu'il faille le corriger, je reste persuadé qu'une plus grande masse aujourd'hui d'individus au niveau mondial ont accès au savoir, contrairement aux années passés... que vous regrettez (les trentes glorieuses ne le sont que pour les occidentaux)
Enfin, pour finir, il est utile de dénoncer et s'indigner, mais encore faut-il être capable de faire des propositions viables (hors du "y'a qu'a imposer les riches", "y'a qu'à trouver le trésor que le gouvernement nous cache", ...) pour que le système que vous soutenez puisse survivre. Car ce système se finance depuis 20 ans grâce à la dette d'état, qui, si elle profite aux baby-boomers, est un poids considérable que devront assumer les générations futures. Les gouvernements successifs n'ont jamais osé remettre en cause cette course à la dette à cause d'électeurs comme vous qui pensent que toutes remises en causes est néfaste.
Ah... Si l'argent pouvait tomber du ciel...
Sincèrement.
Etes-vous sérieux lorsque vous dites que : "Les marchés financiers cherchent d’abord, en général, la sécurité donc la paix et le respect des droits des investisseurs donc la démocratie."?
Je vous croyais mieux informé :-)
De plus, dans la partie de votre texte que je relève, j'ai du mal à comprendre votre enchaînement. Relevons par exemple ceci : - "Les marchés financiers cherchent d'abord (....) le respect des investisseurs DONC la démocratie." Le respect des investisseurs n'est en rien corrélé à la démocratie. L'exemple de la crise des subprimes et de l'imbroglio politico-financier américain en est la preuve la plus actuelle. Le vrai scandale de cette crise est sûrement l'attaque directe contre la démocratie américaine.
Bonne année à tous. r