Faire de la Côte d’Ivoire un exemple
Nous n'avons pas de leçon à donner et il ne s'agit pas de faire prévaloir un ordre «civilisationnel» mais tout simplement de rappeler le droit: Ouatarra a gagné les élections.
- Laurent Gbagbo Luc Gnago / Reuters -
La Côte d’Ivoire vit une tragédie. Celle d’avoir organisé un processus électoral dont le dénouement lui est volé. C’est grave pour la démocratie en général; c’est terrible pour l’un des plus éminents pays du continent africain. L’ONU avait donné des garanties sur le bon déroulement du scrutin. Elle paraît hélas incapable d’assurer, au-delà de la proclamation du vainqueur, son installation dans le fauteuil présidentiel.
La faute est d’abord celle de Laurent Gbagbo et de son système. Héritier d’un processus électoral contesté, il a, pendant 10 ans, dirigé son pays sans légitimité démocratique, autre que celle de sa première élection. Certes, il a affronté une rébellion dans le nord. Certes, il a connu lui-même la violence. Certes, il fut un opposant courageux à Houphouët-Boigny, quand celui-ci présidait la Côte d’Ivoire sous un régime de parti unique.
Mais rien ne pouvait justifier qu’il puisse utiliser le thème de l’«ivoirité» pour écarter pendant des années son rival. Rien ne pouvait expliquer, sauf la peur d’être lui-même renversé, le recours à des milices ou à des commandos pour terroriser ses adversaires. Rien ne pouvait commander au nom de l’habileté, dont il était, paraît-il passé maitre, l’instrumentalisation des difficultés de son pays pour reporter une élection présidentielle tant de fois entrevue. Et je n'oublie pas les opérations qu'il a menées contre les troupes françaises qui étaient là au nom de l'ONU pour séparer les belligérants. Toutes ces raisons font que, comme Premier secrétaire du Parti socialiste en 2004, j’ai considéré que Laurent Gbagbo était devenu «infréquentable». Il est dommage que certains, y compris au PS, ne s’en soient pas rendu compte suffisamment tôt et aient continué à lui prodiguer encore récemment je ne sais quel signe de cordialité, pour ne pas dire de soutien. Du côté de l’Elysée, comme du gouvernement, il y a eu sûrement la tentation de négocier et de parvenir, par je ne sais quel compromis, à une forme de tolérance mutuelle. Et il faut bien le dire, le scrutin du mois de novembre dernier a pu donner des raisons d’espérer en une issue paisible. C’était mal comprendre que Gbagbo, comme hélas d’autres chefs d’état en Afrique, a instauré un système fait d’arrangements commerciaux, financiers, politiques, d’utilisation du clanisme, du communautarisme voire de la religion.
La pression doit être maximale
Nous en sommes là aujourd’hui: un président élu, Alassane Ouattara, dont les amitiés sont connues à l’endroit de Nicolas Sarkozy, mais qui a gagné de façon incontestable l’élection. Mais qui, malgré les proclamations, les menaces, les injonctions, est aujourd’hui menacé, y compris pour sa propre vie.
La Côte d’Ivoire est donc devenue un exemple pour l’autorité des Nations unies, pour la démocratie en Afrique, pour les relations entre la France et ce continent. Je souhaite que la pression internationale soit maximale, qu’elle ne se relâche pas, que les sanctions à l’égard des dirigeants de l’équipe Gbagbo soient prononcées et deviennent effectives. Car si, d’aventure, rien ne se produisait et que la force revenait à la force ou que la partition du pays soit la résultante de l’impuissance, alors il s’en trouvera sur le continent africain, comme partout dans le monde, pour continuer à faire prévaloir leur dictature, leur mépris du suffrage universel et leurs combinaisons affairistes. Nous n'avons pas de leçon à donner et il ne s'agit pas de faire prévaloir un ordre «civilisationnel» mais tout simplement de rappeler le droit.
Car, soyons justes: il n’y a pas que la Côte d’Ivoire dans le monde. Au même moment, des votes ont eu lieu en Biélorussie et chacun sait qu’ils sont biaisés. Des élections sans valeur ont eu lieu en Birmanie. Et à Cuba, en Corée du Nord, voire en Chine, il n’est même pas question d’organiser quelque consultation pluraliste que ce soit. Et je n’oublie pas Mougabe au Zimbabwe qui, paraît-il, envisage de se représenter en 2011. Faut-il parler aussi des régimes de la péninsule arabique? Mais la liste serait trop longue. Le problème du monde, tel qu’il est aujourd’hui, c’est que ses indignations sont à éclipse, que ses performances démocratiques sont très relatives et que, surtout, sa persévérance à vouloir faire prévaloir les principes est modulée selon la puissance des Etats considérés. Pour autant, soutenons la Côte d’Ivoire dans cette période tumultueuse et dangereuse et faisons en sorte que le vainqueur de l'élection devienne son prochain président.
François Hollande
Mis à jour le 21/12/2010 à 3h48

















































En complément, voici le lien du blog de Colette Braeckman et ses analyses sur la crise en ivoirienne : http://blog.lesoir.be/colette-braeckman/2010/12/17/cote-divoire-quelques-questions/
Ainsi que la lettre adressée par les français de CI à Sarkozy : http://www.afriquejet.com/afrique-de-l'ouest/cote-d'ivoire/cote-d'ivoire:-les-fran%C3%A7ais-de-cote-d'ivoire-appellent-sarkozy-a-la-neutralite-2010121564332.html
Pour finir, je voudrais saluer l’extraordinaire force morale de mes compatriotes qui font face à cette situation. La vie reprend peu à peu son cours à Abidjan. Et cela est le plus important ; il convient en effet de ne pas se laisser enfermer dans une logique partisane. La CI et ses habitants sont pleins de forces et de ressources et il est dommage que nos dirigeants ne pensent qu’à leur pouvoir et leurs comptes en banques plutôt qu’au pays.
moi la question que je me pose, pas tellement sur le contenu de votre billet mais sur une simple phrase écrite " Il est dommage que certains, y compris au PS, ne s’en soient pas rendu compte suffisamment tôt et aient continué à lui prodiguer encore récemment je ne sais quel signe de cordialité, pour ne pas dire de soutien." c'est Mais quelles vont etre les sanctions que vous allez prendre contre ces socialistes là et quand?
Reconnaissez François, que si Gbagbo avait été un partisan de Sarkozy et non Ouattara, vous critiqueriez le gouvernement pour sa gestion sur la crise ivoirienne. Là, justement c'est votre propre parti qui en sous-main a agit pour renforcer la conviction de Gbagbo à conserver le pouvoir. Henru Emmanueli et l'autre socialiste dont j'ai oublié le nom et heureusement pour lui devrait etre radié de votre mouvement. COmment un parti français peut-il tolérer que des membres eminents puissent favoriser ou tout du moins cautionner un tel outrage aux fondements de la République?
Vous avez été bien aise de critiquer durement Georges Freche, il etait une sorte de bouc-emissaire mais pour les amis de longues dates tel qu'Emanuelli, là, rien ne se passe. Or c'est grave, Tres grave meme.
Ce président ivoirien, jamais élu, un peu comme votre ex-femme d'ailleurs qui s'est auto-proclamé gagnante au soir du verdict des urnes, devrait ne pas obtenir le moindre soutien. Et le moindre soutien au sein de votre parti devrait amener le relevement de la carte de ce membre.
Si un parti n'a aucune conviction, que toutes les idées se valent mais qu'il n'est jamais ferme sur telles ou telles decisions (AH si sauf pour G.Freche, bien sur) ce n'est plus un parti mais un courant de pensées et dans ce cas là il faut arreter de tromper les français sur le statut qu'est votre "parti".
Donc pour clore, soutenir un dictateur, soutenir une président auto-proclamé, c'est anti-républicain, et si vous n'etes pas capable, vous le parti socialiste, de sanctionner fortement les dissidents dans votre camp, vous n'avez pour moi plus aucune légitimité.
Le 25 novembre dernier, M. Campaoré, l'assassin de Thomas Sankara, rempilait pour un 4ème mandat de 5 ans, après avoir déjà modifier la Constitution pour le 3ème en 2005.
Qu'on ne me dise pas qu'on s'en moque : des dirigeants africains, il occupait la place d'honneur le 14 juillet dernier, siègeant au beau milieu de la tribune entre Sarkozy et Fillon.
Le 25 novembre, ça a été silence radio.
Aucun média, aucun politique, rien.
Il était où M. Hollande ?
Silence.
Comme on se tait pour Bongo, N'Guesso invité au Sénat, Gnassinbé et tant d'autres, qui doivent rirent aux larmes en ce moment de "la France défendant la démocratie en Afrique".
Le gouvernement français n'a jamais défendu la démocratie en Afrique, il suffirait de rappeler l'assassinat de Ruben Um Nyobe au Cameroun pour s'en souvenir. Ca n'est pas une fatalité, ça peut changer, mais alors qu'on décide franchement de dénoncer toutes les entraves au principe démocratique que ce soit en Afrique ou au Honduras.
Preuve est fait que ce n'est absolument pas ce qui se passe.
Aujourd'hui, on défend des politiques de circonstances, des connivences et sans doutes des contrats. Bref, le profit, le reste n'a aucune espèce d'importance, et fait partie du langage mythique, sans doute pour se donner bonne conscience.
En réalité on a déjà confisqué le contrôle du pays depuis 2002 au gouvernement démocratiquement élu, il leur faut seulement achever l'élimination des poches de démocratie et de résitance démocratiques restantes en légitimant par tous les moyens ce retournement de l'ancien système. A part la France, Gbagbo, l'ONU et SORO, tous les autres acteurs ne sont que des élément intermédiaires provisoirs. Comme ce fut le cas au Congo sous LUMUMBA.
Mes questions à ce Mr Holland qui semble profiter de cette situation grave pour faire parler de lui en interne:
Quel est le sort qui est réservé en France pour un manipulateur de votes, un bourreur d'urnes, pour quelqu'un qui avec armes aux poings auraient intimidé, bastonné voire tué des électeurs?
y a-t-il il eu des fraudes au Sud de RCI contrôlé par Gbagbo? y a-t-il eu confiscation par Gbagbo de la CE qui devaient être indépendante? y a-t-il eu confiscation d'urnes? Gbagbo a-t-il tué 500 personnes lors d'une élection quelconque? Est-ce gbagbo qui a écarté Ouatara pour question d'Ivoirité? N'était-ce pas Bédié? Gbagbo n'était-il pas le seul allié de Ouatara en ce moment difficile? N'est-ce pas Gbagbo qui a levé les dispositions empêchant Ouatara de se présenter?
Est-ce Gbagbo qui a porté les armes contre la première élection vraiment démocratique qui ait jamais lieu sur le sol ivoirien et qui a, qu'on le veuille ou non débouché sur un gouvernement démocratique?
Votre communauté occidentale - oh j'allais dire internationale - n'a t-elle pas promis de désarmer les mutins-rebelles saboteurs de leur démocratie?
S'il est vrai qu'il y a eu des fraudes massives au Nord sous contrôle des mutins-rebelles protégés de toutes forces par qui nous connaissons, histoire de licorne et machin qui ne peut pas ne pas nous rappeler une certaine opération turquoise ayant fini par protéger les génocidaires Rwandais...pourquoi ne réclamer vous pas d'abord que le premier responsable notamment Ouatara soit traité comme il se doit: un destabilisateur et un truyant? Comment pouzvez-vous nous garantir qu'une fois au pouvoir il ne purgera pas l'armée régulière, confisquera pas le pouvoir comme ses autres paires protégés par qui nous savons...
Aux ivoiriens qui jouent au philosophe dans cette histoire, je voudrait dire: nous sommes en train d'assister à un 2e feuilleton de LUMUMBA. J'ose espérer que le monde ne puisse plus dire cette fois que c'est les ivoiriens eux-mêmes qui l'auraient voulu ainsi. Comme dans le cas Lumumba, Ouatara ne restera pas au pouvoir, mais c'est Soro le guerrier muet qu'on va vous plaquer là-bas et vous pourriez alors rêver de démocratie en critiquant la Franceafrique. Il faut que les africains sâchent être du bon côté de nos peuples et de l'histoire. Il nous faut savoir qui défend nos intérêts.
vous l'avez dit, déjà en 2004, alors que la côte d'ivoire était attaquée par la rebellion et que dans un sursaut de dignité le Président laurent GBAGBO avait réagi, vous aviez estimé qu'il était peut fréquentable.
c'est dommages que l'on mette autant d'intelligence à la destruction non pas d'un individu, parce que ce n'est pas GBAGBO que vous essayez d'assassiner, mais d'une nation.
je me rappelle encore cette phrase d'un dirigeant françait" la france n'a pas de pétrole, mais la france à des Zidane"
on voit bien que l'époque des ZIDANE est derrière la france, il lui faut des Côte d'Ivoire.
on vous a compris.
MAIS TENEZ LE POUR DIT UNE FOIS POUR TOUTE: LA COTE D'IVOIRE NE SERA PLUS JAMAIS LE LABORATOIRE DE LA FRANCE.
les ivoiriens ont choisi Monsieur LAURENT GBAGBO comme leur Président. si vous aimez tant ouattara, placez le à la tête de votre pays.
pourquoi vous voulez pour les autres ce que vous n'acceptez pas vous même, monsieur le socialiste? est-ce parce que la démocratie est un lux pour nous autres noirs?
Vous êtes totalement dans l’erreur et vous faites un raisonnement sur une base fausse car ce n’est pas Gbagbo qui a envoyé l’ivoirité mais bel et bien Bedié. Alassane a toujours été écarté à cause de sa nationalité douteuse et non à cause de l’ivoirité. La preuve, il a fallu prendre un décret express pour l’autoriser à se présenter aux élections. Honte à vous pour votre mauvaise foi!
Ouattara a gagné quelles élections? Il n’ya pas pire aveugle que celui qui réfuse de voir! Avec toutes ces fraudes massives qui se sont déroulées au nord, vos yeux de donneurs leçons n’ont pas vu??? Le decompte electronique des PV en refuse près de 2000 car manifestement le nombre de votants depasse celui d’inscrits et cela donne des % très élevés à Alassane, mais apparemment ça vous vous en fichez! Gbagbo vous dit d’envoyer une commission internationale impartiale et neutre pour reverifier les PV et recalculer les voix, si vous êtes si surs que Alassane a gagné, vous devriez sauter sur l’occasion pour lui faire honte. Mais ça aussi vous vous en fichez. Cuba? Corée du Nord, Chine, Biélorussie: toutes ces nations sont militairement puissantes et il ne viendrait pas à la France même en rêve d’envisager de les attaquer militairement ou de leur imposer quoique ce soit! C’est peut-être ça qui fait la différence avec la Côte d’Ivoire.
Honte à vous pour votre ignorance ou mauvaise foi!!!