Life

L’histoire du corset, de l’os de baleine au Lycra

DoubleX, mis à jour le 21.12.2010 à 10 h 59

Ce n’est que depuis les années 60 que les femmes préfèrent dessiner leur silhouette par des régimes et du sport plutôt que par des vêtements armaturés. Petit tour des instruments de torture qui ont précédé le Lycra.

Une visiteuse dans un corset cuir et latex au «Latexpo 2010», à Hambourg, le 22 août 2010. REUTERS/Christian Charisius

Une visiteuse dans un corset cuir et latex au «Latexpo 2010», à Hambourg, le 22 août 2010. REUTERS/Christian Charisius

A la fin du Moyen-âge, les femmes portaient des bustiers lacés très serrés et empesés avec de la colle pour maintenir et lisser leur silhouette. Mais au 16e siècle, un nouveau matériau servant à donner forme aux corps et aux vêtements s’est popularisé, à la faveur des découvertes de nouvelles pêcheries de baleines lors des grands voyages transatlantiques et des importations d’Italie et d’Espagne de soies et de velours somptueux, qui  réclamaient un maintien plus ferme. Il s’agit de l’os de baleine, également connu sous le nom de fanon.

Ce n’est en réalité pas du tout de l’os: c’est la kératine qui se trouve dans les mâchoires supérieures des baleines à fanon et qui sert à filtrer le plancton et le krill. Robuste mais flexible, on peut la couper en de très fines bandes. On les insérait dans la doublure des vêtements pour former des bustiers baleinés (encore appelés bodys) qui moulaient le buste en un V rigide. Au 17e siècle, ces doublures à fanons sont devenues des sous-vêtements distincts, appelés «corps à baleine». Le mot «corset» n’a été utilisé au sens actuel du terme qu’à partir du début du 19e siècle, alors que cet objet –et la silhouette très marquée en forme de sablier qui va avec–  régnait à la fois sur la mode et sur les discours concernant la bonne santé et la moralité des femmes.

Au début du 20e siècle, les «os de baleines» ont été remplacés par des spirales en acier plates, meilleur marché, et dans les années 1920 et 1930, le corset a laissé place à des gaines plus légères. N’empêche que sous toutes ses formes, celui-ci a été porté par quasi toutes les femmes, quels que soient leur âge et leur classe sociale, jusqu’aux années 1960. Ce n’est qu’à ce moment-là que les femmes ont préféré dessiner leur silhouette par des régimes et de l’exercice physique plutôt que par des vêtements armaturés –avec tout de même toujours un petit coup de main des nouveaux tissus élastiques comme le Lycra.

Les photos de ce diaporama montrent des pièces de la vaste collection de sous-vêtements conservés au musée Victoria et Albert de Londres et ont été publiées dans mon livre «Underwear: Fashion in Detail».

Par Eleri Lynn

Traduit par Aurélie Blondel

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