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Kate Middleton: Qu’on lui coupe les cheveux!

Simon Doonan, mis à jour le 12.12.2010 à 13 h 40

Kate Middleton a besoin de changer de coiffure —et de quelques conseils pour survivre à son futur statut de princesse.

Kate Middleton et le Prince William le 16 novembre 2010. REUTERS/Suzanne Plunkett

Kate Middleton et le Prince William le 16 novembre 2010. REUTERS/Suzanne Plunkett

Si Kate Middleton était un nain trapu pourvu d’une épaisse moustache, et le prince William le sosie de Marty Feldman, leurs vies seraient infiniment plus simples. Au premier coup d’œil, les méchantes fées se seraient exclamées: «Oooh non! Pas notre tasse de thé!» et seraient retournées fouiller dans Hello! pour dégoter leur prochaine victime. Le couple hideux mais heureux serait ensuite libre de convoler en toute simplicité sous des flots d’alcool, après quoi ils pourraient se pelotonner amoureusement et dédier le reste de leur vie à se reproduire ou à se déproduire ou toute autre activité à laquelle s'adonnent les membres de la famille royale.

Les méchantes fées et le couple royal

Mais ils ne sont pas moches. Le problème est que Wills et Kate, tout comme la princesse Diana, correspondent parfaitement à leurs rôles. Ils sont, tant par leur apparence que par leur conduite, l’archétype même du prince et de la princesse. Véritable version générée par ordinateur du parfait jeune couple royal, ils sont l’incarnation du cliché à la Danielle Steel. Il est fringant, sympathique, et il porte beau sur un cheval de polo ou arborant l’uniforme. Sans aucune vulgarité, elle est souple, gentille, parfaite: Cendrillon en personne. Leur place est en couverture d’une revue de tricot des années 1980. Ils sortent tout droit du catalogue de la boutique Spiegel (oui, je l’ai dit!)

Ce charme de conte de fée est un véritable drapeau rouge agité sous le nez de l’univers entier, et déclenche tout un tas de trépignements, de rires sous cape, de projections malsaines et de spéculations en tous genres: «La bague de fiançailles de Lady Di transmettra-t-elle la malédiction des Spencer?» «Pourquoi des toilettes portables ont-elles été livrées chez la maman de Kate? Est-ce qu’elle prépare une fête?» Pendant ce temps, les méchantes fées se lèchent les babines. Elles adorent les archétypes. C’est simple, elles s’en repaissent au petit déjeuner. Avec une pincée de chaumière, un archétype bien grillé, ça glisse tout seul.

Le précédent princesse Margaret/ Antony Armstrong-Jones

Comme vous l’avez constaté, l’annonce des fiançailles m’a propulsé en mode association d’idées en roue libre. Et depuis, je gambade dans l’allée des souvenirs en me remémorant les royales épousailles du temps passé. En 1960, par exemple, je me souviens parfaitement avoir regardé la retransmission télévisée du mariage de la princesse Margaret et d’Antony Armstrong-Jones, en grande partie parce que ma mamie lobotomisée est restée debout devant la télé, droite comme un i pendant toute la durée de la cérémonie, «par respect».

Le mariage de Margaret et Antony fut d’une élégance toute naturelle. La mystérieuse Maggie aux yeux de chat —elle portait une robe à la Lady Macbeth, dessinée par le fabuleusement grandiose Norman Hartnell— et son beau mari, un photographe de mode dans le vent, formaient un couple glamour et énigmatique. On était loin de la «princesse du peuple». Consciente de ses intérêts, adepte de la nicotine et hédoniste, la princesse Margaret possédait cette qualité indéfinissable que les Français appellent le chien. C’est une marque de fabrique coriace que les méchantes fées ont toujours trouvé plutôt effrayante. Elles n’aiment pas ça: elles ont peur de se faire mordre.

Une coupe de cheveux qui aurait du chien

Au moment où elle affronte la plus gigantesque de toutes les attaques par les médias jamais recensées, Kate pourrait s’inspirer de Maggie, la buveuse de gin, et de son chien. La Middleton doit adopter une apparence plus blindée, qui dise: «Me faites pas chier les gars. C’est pas mon premier rodéo» (même si nous savons tous que si). Je prescris un changement de look anguleux style art déco. Genre Louise Brooks. Ou Catherine Zeta-Jones en Velma Kelly dans Chicago. Qu’on lui coupe les cheveux!

À ceux d’entre vous qui pensent que j’ai perdu la tête, je veux dire ceci: souvenez-vous que la vamp des années 1920 a été inventée pour permettre aux femmes de s’assumer et pour les sortir du tranquille bourbier des anglaises de mijaurée à la Mary Pickford. Ratiboiser les longues mèches de princesse de Kate contre un petit carré coquin serait un véritable doigt d’honneur aux méchantes fées: je les vois d’ici, cramoisies et furax du slip.

Une robe de mariée by Victoria Beckham

Et en parlant de lingerie, qui est le mieux placé pour imaginer la robe de mariée de vamp de Kate? Je propose une autre brunette, Victoria Beckham. Elle en est à sa sixième saison de création de robes de cocktail qui en mettent plein la vue, et elle a à maintes reprises montré les capacités requises en termes de piment et de drapé de robe de mariée. VB peut aussi filer à Kate des tuyaux de première main sur la manière de gérer la célébrité, les fluctuations de popularité et la colère des femmes jalouses (les supportrices scandent régulièrement: «Posh Spice takes it up the Arsenal [NDT: La Spice snobinarde se le prend dans l’Arsenal – jeu de mot avec «arse» qui signifie «cul»]» à l’intention de Madame B. quand elle fait ses emplettes sur Bond Street. Enchantée, vraiment!)

La reine, modèle ultime

Mais bien sûr, celle dont Kate doit avant tout s’inspirer, c’est la reine en personne. Bon, d’accord, ses ensembles robe-manteau assortis ne sont pas franchement le dernier cri, mais admettez que rien n’arrête la monarque régnante. Jamais elle n’a flanché, ne s’est affichée dans le show d’Oprah Winfrey, ni n’a cédé à une mièvre sentimentalité d’aucune sorte. Après avoir réussi à ne pas s’éparpiller —et à tenir les méchantes fées à distance— pendant plus de 58 ans, elle sait que la noblesse n’est pas un concours de miss popularité ni une opportunité de briller dans les médias. Est-ce qu’elle pourrait davantage se tamponner le coquillard de ce qu’écrit le magazine Grazia à son sujet? Ca m’étonnerait.

Coquillard mis à part, je suis assez optimiste en ce qui concerne Kate. Comme moi et Posh, c’est une roturière et par conséquent elle est bien plus futée que l’aristo de souche moyen. Sa capacité notoire à supporter des surnoms suggère une faculté de résilience prometteuse: elle et sa sœur Pippa étaient surnommées «Les Wisteria Sisters» par l’entourage de Will (vous voyez le rapport? Elles sont parfumées, charmante et elles grimpent bien [NDT: jeu de mot avec wisteria, qui signifie glycine].) Les mêmes dandys snobinards appelaient aussi Kate «Désarmement des toboggans», allusion méchante à sa mère, ancienne hôtesse de l’air. Et puis son opiniâtreté à rester malgré vents et marées lui a valu le sobriquet de «Waity Katy [Katy la patiente]» (les Britanniques de la haute, comme vous l’aurez compris, aiment au moins autant les surnoms que les méchantes fées aiment les archétypes).

Pour conclure, laissez-moi exprimer une dernière inquiétude: je croise les doigts pour que la future madame Willy Windsor ne se fasse pas siliconer les lèvres. Bien qu’elle soit toute jolie et parfaitement acceptable pour moi, sa lèvre supérieure est, au vu des normes actuelles louant les sourires de morue, un tantinet trop fine. Va-t-elle succomber à cette vilaine marotte, ou sa lèvre va-t-elle garder la ligne? Les méchantes fées et moi prenons les paris.

Simon Doonan

Traduit par Bérengère Viennot

Les italiques signalent que le mot était en français dans le texte original.

Simon Doonan
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