Choisir entre les 35 heures et l'euro
La défiance dont sont victimes l'Europe et l'euro est le reflet de l'absence d'intégration économique. Faute de convergence et face à la lassitude allemande, l'éclatement de la zone euro est le scénario le plus vraisemblable.
- Lors d'une manifestation en France en octobre contre la réforme des retraites Stephane Mahe / Reuters -
Nous publions un courrier adressé par Jean-Pierre Rodier, ancien président de Péchiney, à Eric Le Boucher qui est une réponse à son dernier article reprochant à l'Allemagne d'être à l'origine de la crise de l'euro.
Cher Eric,
Vos derniers billets sur l’euro m’ont bien intéressé. Un commentaire, peut-être, sur le titre du second: «Il faut que l’Allemagne arrête ses bêtises». Je crois que ce n’est pas très pédagogique. Que les Allemands, comme Otmar Issing cette semaine dans le Financial Times, disent à leurs dirigeants qu’ils ne méritent pas le prix Nobel de la communication financière est justifié. Laisser croire au public français que tout cela est la cause de l’Allemagne nous éloigne des solutions.
Jusqu’à preuve du contraire, c’est en Europe l’Allemagne qui réussit le mieux à se sortir de la crise, comme elle l’avait fait après la crise du pétrole des années 1970. Une anecdote: j’entends encore Jean-Claude Trichet, en 1978, il y a plus de trente ans donc, après une présentation que j’avais faite devant lui sur le sujet, conclure: «Nous analysons brillamment pourquoi nous ne réussissons pas; les Allemands réussissent, mais ne perdent pas leur temps à comprendre pourquoi!»
Sur le fond je reste très favorable à l’euro, mais je suis aujourd’hui malheureusement moins persuadé que toi de son avenir dans la configuration actuelle. Ce ne sont pas les spéculateurs qui auront l’Euro, ce sont les gouvernements et les peuples qui risquent d’échouer. J’essaye de dire ici pourquoi j’en suis arrivé à cette conclusion.
La cause profonde de la crise européenne est bien connue et aujourd'hui largement documentée. Elle se situe dans l’économie réelle et la crise financière n’en est que le symptôme. Soigner les symptômes est indispensable, mais cela ne suffira pas.
Avant l’euro
1. Avant l’euro, les différents pays avaient des trajectoires économiques divergentes. Pour faire simple, ils perdaient tous de la compétitivité par rapport à l’Allemagne, certains plus que d’autres, et compensaient régulièrement par des dévaluations plus ou moins réussies. Il faut bien voir qu’une dévaluation corrige la composante «coût» de la compétitivité, mais pas les autres: qualité, innovation, dynamisme commercial… D’une certaine façon une monnaie faible tend à enfermer un pays dans le piège des produits à faible valeur ajoutée fabriqués par des travailleurs assez peu qualifiés. Le Japon et l’Allemagne ont montré au contraire qu’une monnaie forte obligeait à produire des biens à forte valeur ajoutée avec des travailleurs bien formés, enclenchant un cercle vertueux.
2. Préalablement à l’admission d’un pays dans la zone euro, il y a bien eu des critères de convergence. Mais ils portaient surtout sur quelques variables budgétaires, sur une période très courte. Il faut d’ailleurs noter et saluer pour la France la très bonne préparation faite bien en amont avec la politique de «désinflation compétitive» conduite par Jacques Delors et qui a permis à notre pays d’être en excédent commercial pendant très longtemps. Malgré un franc relativement fort.
3. Le
passage à l’euro a privé les pays de leur variable d’ajustement historique sans
que les trajectoires économiques des différents pays soient infléchies, sans
que les peuples (et la plupart des dirigeants?) prennent conscience qu’il
y avait une bombe à retardement. Je me rappelle d'une rencontre avec des
syndicalistes grecs auxquels j’essayais de passer le message que les
augmentations de salaire nominales ne pourraient plus être les mêmes
qu’avant; ils sont tombés de
leur siège.
Ceux qui étaient lucides espéraient qu’avec le temps l’approfondissement
politique se ferait, mais il n’en a rien été. Aujourd’hui, la crise a
considérablement réduit le temps dont nous disposons pour y parvenir.
La mécanique infernale
1. Très peu après l’introduction de l’euro, Chirac et Schroeder ont commis une erreur majeure en laissant leurs deux pays violer la seule règle qui existait, le Pacte de stabilité, et en mettant tout leur poids politique pour affaiblir la commission et ne pas recevoir de blâme. Toute idée de discipline collective a pratiquement disparu. Angela Merkel l’a reconnu publiquement il y a quelques mois.
2. Comme il faut bien que les déséquilibres s’ajustent quand même, ils se sont ajustés par le chômage et la dette publique et/ou privée, avec des coûts induits qui aggravaient la perte de compétitivité:
- Un chômage trop élevé est malheureusement la première variable d’ajustement pour les pays peu compétitifs. Les prestations pour en compenser les effets pèsent sur le coût du travail, dans un cercle vicieux.
- La dette, publique ou privée est devenue une drogue pour masquer et oublier les vrais problèmes. Elle permet de financer l’immobilier, grand consommateur de main-d'œuvre peu qualifiée; elle finance les prestations sociales de toute nature; elle finance la consommation pour maintenir un certain niveau d’activité. De plus, elle finance une consommation qui est largement importée, et pas seulement entre pays de la zone euro. On voit encore la France subventionner le travail peu qualifié, mais cependant cher à cause du smic, le tout financé par la dette. En clair la dette publique finance la consommation.
- Tout ceci dans un contexte où la notion de risque avait disparu et où on faisait comme si toute dette en Euro était garantie par l’Europe, contrairement à la lettre des traités. Les banques s’en sont donné à cœur joie. Tout le monde était complice pour accuser d’un manque de vision ceux qui, timidement, suggéraient que le risque pouvait un jour revenir.
3. A noter que sur cette période l’Allemagne a souffert aussi car elle a absorbé l’ancienne Allemagne de l’Est à une parité beaucoup trop élevée sur le plan économique, mais justifiée sur le plan politique. Le peuple allemand était bien entendu prêt à payer ce qu’il faudrait, aussi longtemps qu’il le faudrait, pour la réunification. Mais l’Allemagne a su se remettre en état de marche juste avant la crise, en tirant par ailleurs toutes les conséquences de la mondialisation de manière remarquable. La vision est simple: faire ce qu’il faut pour continuer à exporter vers la Chine et les autres pays qui viennent d’émerger au moins autant que ce qu’ils vendent vers l’Allemagne, sans fermer les frontières, et en se donnant la capacité de maintenir un niveau de vie très élevé grâce à la haute valeur ajoutée des biens et services vendus. J’ai bien dit «faire» et pas «dire qu’on fera»!
4. Aujourd’hui tout le monde est réveillé; le risque est à nouveau dans toutes les têtes. Les prêteurs redécouvrent que la possibilité de faire défaut sur la dette publique ou privée n’est pas réservée à quelques pays lointains, mais peut nous concerner. Ils comprennent aussi que la garantie de l’Europe, qui est en réalité celle de l’Allemagne, ne sera pas illimitée. En conséquence, certains pays européens ont de plus en plus de mal à se financer dans des conditions satisfaisantes, font appel aux pays encore mieux lotis et au FMI et mettent en œuvre dans l’urgence des programmes déflationnistes dont il est difficile de dire s’ils guériront le malade. Il y a un caractère de fuite en avant dans tout cela; voir que le Portugal contribue au sauvetage de la Grèce avant de demander lui-même de l’aide laisse pantois.
Que faudrait-il faire?
1. Chacun comprend qu’une union monétaire ne peut vivre que s’il y a des transferts financiers pour compenser les écarts de compétitivité temporaires. C’est ce qui est mis en œuvre aujourd’hui et c’est bien. On pourrait, beaucoup disent on devrait, aller plus loin en mettant une place un dispositif de mutualisation d’une partie de la dette des Etats européens; mais c’est déjà loin de faire l’unanimité.
2. Mais chacun doit comprendre que ces transferts ne peuvent pas être et ne seront pas à la fois massifs et permanents. Il faut donc trouver les moyens de rapprocher l’efficacité économique des différents pays, et pas seulement de leur secteur public. Non seulement il faut que les écarts cessent de s’amplifier, mais il faudrait les résorber pour qu’ils reviennent en ligne avec les parités d’entrée dans l’euro de chaque pays. Tâche gigantesque et certainement très longue!
3. Cela passe, dans chaque pays, par la formation, la recherche et développement, un coût du travail en ligne avec la productivité, un environnement fiscal, social et culturel favorable à l’entreprise et l’entrepreneur, une certaine mobilité des travailleurs malgré l’obstacle de la langue, une ouverture aux délocalisations intelligentes… Comme l’a dit Gérard Longuet, il faut choisir entre les 35 heures et l’euro.
4. Soyons conscients que ce qui est demandé aux pays les plus riches est considérable et très impopulaire. Il ne suffit pas de mettre en avant leur responsabilité historique vis à vis de l’Europe. Cela n’intéresse que les politiques et les commentateurs. Il faut convaincre les peuples que c’est dans leur intérêt d’aider leurs voisins moins favorisés alors que rien ne les y oblige.
Ceux-ci doivent absolument convaincre les plus riches qu’ils sauront faire dans la durée les efforts nécessaires pour contribuer positivement à la prospérité de l’Europe dans le monde tel qu’il est, ouvert et mondialisé. Si elle doute de la volonté des ses partenaires, l’Allemagne cessera un jour de les aider. C’est pour cela que j’ai réagi sur le titre d’un de tes articles. Wikileaks nous apprendra dans quelques années que l’ambassadeur d’Allemagne à Paris a déjà écrit à son gouvernement que si même Eric Le Boucher critique l’Allemagne, on peut douter du sérieux de la volonté française.
5. Tout cela peut paraître utopique… mais pas plus que la vision de l’amitié franco-allemande en 1945. En revanche, il est probablement encore plus utopique de croire y parvenir sans aller vers une certaine forme d’organisation fédérale, avec une commission à légitimité démocratique forte et un Parlement fort. Ma conviction est en effet que tout cela n’a aucune chance de se faire subrepticement par le bas, que le faire au moment des crises risque de tuer le malade et que la seule façon est de le faire par le haut, en disant ce qu’on fait et pourquoi on le fait.
6. L’histoire de l’Agenda de Lisbonne est éclairante à cet égard. En 2000, l’objectif n’était pas moins que d’être en 2010 l’économie de la connaissance «la plus compétitive du monde». Cet objectif était accompagné d’un plan d’action dont la réalisation était laissée à chaque État avec une vague coordination. Bien entendu il ne s’est rien passé, sauf en Allemagne et quelques pays du Nord.
Que peut-il se passer dans les faits?
1. Personne ne veut de coordination forte et contraignante, a fortiori aller vers le fédéralisme.
- Toute sanction automatique est refusée par la plupart des pays, France en tête
- On va au contraire de plus en plus vers une Europe des nations, avec une commission aussi faible que possible.
- L’Allemagne, en particulier, ne peut accepter d'aller vers le fédéralisme tant qu’elle n’a pas confiance dans ses partenaires. D’où son insistance incontournable pour que l’aide à un pays soit décidée à l’unanimité. C’est normal, c’est elle qui paye.
- Les peuples ne veulent pas en entendre parler. Même une mini révision des traités fait peur, comme on vient de le voir.
2. Le vrai test viendra si l’Espagne ou l’Italie n’arrivent plus à se financer dans des conditions acceptables, ou si la Grèce et/ou l’Irlande sont en défaut. Seule une reprise de la croissance mondiale franche, que l’Europe saurait saisir, peut nous éviter d’en arriver là, à condition d’être couplée à une amélioration crédible de la compétitivité publique et privée de ces pays et, pour être complet, à une hausse sensible de la monnaie chinoise pour atténuer la pression sur les industries en situation de faiblesse.
3. Si le test vient trop vite, l’Allemagne aura à choisir entre son envie d’Europe, incontestable, et la lassitude de ses citoyens. Elle verra qu’il lui coûte moins cher de renflouer ses propres banques impactées par les défauts de certains pays que de renflouer, implicitement, toutes les banques exposées à de la dette souveraine en Europe.
4. On dit que l’Allemagne de veut pas devenir une grande Suisse. C’est certainement vrai de ses élites, mais ne prenons pas nos désirs pour des réalités. Il y a un moment où le peuple allemand peut avoir sa propre opinion. Et c’est certainement une option viable pour l’Allemagne qui peut supporter une monnaie plus forte sans s’effondrer, contrairement à ce qu’on dit de ce côté du Rhin pour se rassurer.
5. Il peut donc y avoir un moment où les Allemands ne pouvant plus ou ne voulant plus payer, il faudra organiser un break up de la zone euro, probablement pas par un retour aux monnaies historiques, mais en deux zones plus homogènes culturellement et économiquement.
6. La zone faible verra une baisse de sa monnaie, facteur de relance, mais un appauvrissement lié au coût de la dette et des importations. Certains pays de cette zone faible feront défaut sur leur dette. Attention alors aux banques et aux risques systémiques! Ce ne sera une partie de campagne pour personne.
7. La France devra choisir; tous les messages subliminaux de nos responsables est qu’ils veulent rester dans le peloton des forts, un peloton restreint où l’Allemagne aura les moyens de peser politiquement sans avoir peur de l’influence des pays du Club Med.
Que faire aujourd’hui?
1. Compter sur un scénario rose, même si on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, serait irresponsable.
2. La priorité est de rechercher avec l’Allemagne les conditions d’une véritable intégration européenne. Il serait dramatique d’y renoncer sans avoir essayé. Cela veut dire se préparer à accepter des abandons de souveraineté significatifs. Cela veut dire inverser la tendance des dernières années. Pour moi, cela devrait être l’enjeu des grandes campagnes électorales à venir dans les deux pays. En le disant, je suis conscient que c’est malheureusement un message que les électeurs ne peuvent pas entendre aujourd’hui, d’autant plus que cela fait des années qu’on leur dit le contraire.
3. Si une sortie par le haut s’avère impossible dans un avenir prévisible, il faut se préparer à subir un éclatement de la zone euro, à un moment qui peut être très proche ou plus lointain si l’économie mondiale nous aide un peu. Il faut alors tout faire pour tomber du côté de l’Allemagne. Nos gouvernements en sont certainement convaincus; il reste à mettre en place et réaliser le plan d’action pour y parvenir. Cela reste à faire.
Terminons par une note optimiste: la zone euro réduite qui se serait formée pourra et devra rester ouverte à l’intégration d’autres économies, à condition de ne pas répéter les erreurs de la première tentative.
Jean-Pierre Rodier
Mis à jour le 09/12/2010 à 11h29















































Après la vieille rhétorique sur les 35 heures est des plus drôle, mais il est vrai qu'il est plus aisé de travailler pour des causes horaires en 6 heures ou en 8 heures, les trois fois huit ou les quatre fois six sont beaucoup plus aisé à mettre en place. Mais sa sert à quoi, car j'ai pas vu une myriade d'article pour mettre en avant le mode de vie allemand... tous les aspects, pas seulement ceux qui vous arrangent. Dans un même temps analyser à long terme selon les tendances actuelles, les politiques allemandes mener dans le sens de la compétitivité et mettre en avant ce qui se passerait si les autres pays suivaient le modèle. C'est vrai que dans ce cadre là, je suis un fan d'une idée de l'économiste institutionnaliste Aoki, la complémentarité institutionnelle. Et après on, peut rajouter plein d'auteur sur l'impact culturel. Les câbles wikileads ont le mérite de mettre en avant sur la place publique, une vieille croyance populaire peut être pas si répandue que sa, que c'est la politique qui dirige l'économie, que ces deux éléments sont étroitement liés. Je crois que la force de l'Europe est dans la différence qui la fonde mais que cette différence est aussi économique, et que les fondements de ces articles ne sont que des suppositions, et que les experts et les journalistes ont trop tendance à confondre supposition et réalité. Mais que dans ces dernières suppositions, il faut des idées pour changer et mettre en place et ces idées manquent. J'espère qu'elles ne manquent que de visibilités. Nous nous sommes enfoncés dans les "sentiers de la dépendance" aux idées économiques et en sortir en sera bien long ou la franchise et les long articles n'ont plus lieu d'être en journalisme? Il est parfois bon de mettre en avant des idées à long terme même si elles paraissent utopistes, c'est cela vraiment qui manque en Europe.Et la seule idée que dégage l'Europe c'est celle d'une vieille Europe libérale et l'Allemagne en fait partie,qui retourne dans le passé pour aller vers l'avenir, impensable! L'idée est mal vendue, périmée dans tous les sens du terme et loin d'être efficace à long terme.
je suis un lecteur lambda, et j'avais répondu, en commentaire de ce même article d'Eric Le Boucher, à un autre lecteur qui critiquait comme vous le fait que M. Le Boucher ferait de l'Allemagne un bouc émissaire facile.
J'aimerais simplement vous signaler que ce n'est pas l'Allemagne qui a "souffert" de son choix d'une parité de 1 mark ouest-allemand pour un mark est-allemand, mais c'est bien toute l'Europe ! Et singulièrement la France, premier partenaire, qui a payé plus que les autres, car l'arrimage du franc au mark a obligé la France à élever ses taux d'intérêts au-dessus de ceux de la Bundesbank. Cela nous a valu, selon toutes les études économiques faites depuis, de 600 000 à 1 million de chômeurs de plus.
Elle n'est évidemment pas la cause de tout, loin s'en faut, mais il y a d'autres reproches justifiés à l'Allemagne, comme celui de ne pas assez stimuler sa consommation intérieure et donc ne pas assez importer des autres pays européens, ce qui leur permettrait de bénéficier de sa richesse. Je me permets de vous recopier la partie de mon commentaire à l'autre article.
Bien cordialement,
Marc.
/////// " faut-il vous rappeler, à vous et aux Allemands, ce que nous a coûté la réunification allemande, à nous tous Européens, avec son taux de conversion choisi par le gouvernement Kohl de 1 mark RFA contre 1 mark RDA ? [...] Et également le fonctionnement de la BCE, totalement calqué sur celui de la Buba, et pas pour le meilleur. Ainsi que l'absence de gouvernement économique, refusé par les Allemands, et que l'on pleure à longueur de colonnes depuis des années.
Ca fait cher du "bouc émissaire" !
En outre, l'économie de l'Allemagne, comme vous le savez, est fortement exportatrice, avec un moteur de la consommation intérieure structurellement anémié, ce qui fait que leur économie, c'est nous qui la leur finançons (l'Europe et principalement la France, premier partenaire), sans que ça leur coûte grand-chose puisqu'ils ne nous achètent rien ! Dans une Union Européenne où les pays ne sont pas censés se faire une guerre économique, mais plutôt être coopératifs, sinon "solidaires" (comment dit-on "gros mot" en allemand ?) , cette situation leur impose quelques responsabilités ! "
Tiens tiens….On nous a vendu l’Euro en nous racontant que grâce à cette nouvelle monnaie notre prospérité serait mieux assurée, et ensuite on utilise l’Euro comme argument contre les augmentations de salaire.. Cela s’appelle une escroquerie.
« La dette, publique ou privée est devenue une drogue pour masquer et oublier les vrais problèmes. Elle permet de financer l’immobilier, grand consommateur de main-d'œuvre peu qualifiée »
Ce serait une excellente chose, une véritable bénédiction si c’était vrai, car la France souffre à la fois d’une terrible pénurie de logements, d’un chômage massif et de salaires misérables, frappant plus encore, justement, la main-d'œuvre peu qualifiée.
Hélas, mille fois hélas, ce n’est pas vrai.
D'abord, la pénurie de logements n'est pas, mais alors pas du tout, un faux problème : c'est le fléau social numéro 1 qui ravage notre pays, avant même le chômage non indemnisé.
Ensuite, comme les normes d’urbanismes malthusiennes (sites classés, surfaces inconstructibles, hauteurs limites de construction, densités maximales d’occupation des sols, etc…) interdisent à l’industrie du bâtiment de produire les millions de logements qui manquent, principalement dans les grandes villes, pour résorber la pénurie, le crédit immobilier est intégralement capté par la spéculation immobilière financière stérile, voire nuisible, et non par l’activité créatrice de richesse et de croissance de l’industrie du bâtiment, en réalité exsangue dans notre pays.
« elle finance (la dette) les prestations sociales de toute nature; elle finance la consommation pour maintenir un certain niveau d’activité. De plus, elle finance une consommation qui est largement importée, et pas seulement entre pays de la zone euro. »
Non, non, et non !!!
Non, les cadeaux aux riches ne sont pas des prestations sociales. Non, les cadeaux aux riches ne financent pas la consommation, ils alimentent la spéculation Non, les cadeaux aux riches ne soutiennent pas l’activité.
« On voit encore la France subventionner le travail peu qualifié, mais cependant cher à cause du smic, le tout financé par la dette. En clair la dette publique finance la consommation. »
Certes, subventionner le travail (qualifié ou non) est aberrant : la raison d’être du travail est de créer de la richesse, pas d’en détruire. Et ceux qui racontent qu’il vaut mieux subventionner un emploi non rentable qu’indemniser un chômeur, ce serait une question de bon sens, sont des ânes, bien entendu.
Mais soutenir que le smic serait trop cher, c’est oublier que la rémunération du travail doit suffire pour assurer la conservation et la reproduction de la force de travail.
Tout travail rémunéré en dessous ne créé pas de richesse, il en détruit ! (raison pour laquelle il doit être subventionné par divers dispositifs : allocations familiales, prime pour l’emploi, cumul salaire/indemnisation du chômage ou RSA sous le prétexte surréaliste de ne pas décourager la demande de travail, etc…)
Le SMIC n’est certainement pas trop cher, loin de là.
« Comme l’a dit Gérard Longuet, il faut choisir entre les 35 heures et l’euro. »
Si c’était vrai, il faudrait choisir les 35 heures sans hésitation, car l’euro était censé au contraire nous aider à nous appauvrir moins vite et à perdre moins d’emplois.
Utiliser l’euro comme prétexte pour aggraver le chômage et la pauvreté n’est donc qu’une trahison.
« Il faut convaincre les peuples que c’est dans leur intérêt d’aider leurs voisins moins favorisés alors que rien ne les y oblige. »
Théoriquement il y faudrait encore beaucoup de propagande. Mais en pratique on se passe de l’assentiment des peuples quand on impose aux pauvres des pays riches (Allemagne par exemple) de se sacrifier pour les riches des pays pauvres (Grèce, Irlande…)
Car c’est bien de cela qu’il s’agit en réalité.
« Cela veut dire se préparer à accepter des abandons de souveraineté significatifs. Cela veut dire inverser la tendance des dernières années. Pour moi, cela devrait être l’enjeu des grandes campagnes électorales à venir dans les deux pays. En le disant, je suis conscient que c’est malheureusement un message que les électeurs ne peuvent pas entendre aujourd’hui, d’autant plus que cela fait des années qu’on leur dit le contraire.»
Visiblement, nous n’avons pas vécu dans le même pays ces vingt dernières années. Peut-être l’auteur débarque-t-il d’une autre dimension ?
« Le vrai test viendra si l’Espagne ou l’Italie n’arrivent plus à se financer dans des conditions acceptables, ou si la Grèce et/ou l’Irlande sont en défaut. »
Non Monsieur Jean-Pierre Rodier, emprunter aux riches l’argent dont on leur fait cadeau, ce n’est pas se financer, mais se suicider.
Rien n’oblige aucun pays européen à continuer dans cette voie. Tous peuvent, s’ils le veulent, retrouver un budget équilibré du jour au lendemain simplement en revenant à la politique fiscale des années 1960 ou 1970.
Ne pas faire payer à quelqu'un plus de 50% de ses revenus serait donc "un cadeau" qu'on lui fait? Un braqueur de banque qui ne part qu'avec 50% de la caisse aurait-il donc fait "un cadeau" à la banque du reste?
Si vous voulez vraiment discuter ces questions importantes arrêtez avec ces rengaines enfantines.
Arrêtez aussi de parler d'Irlande et de la Grèce (où j'habite) comme des "pays pauvres". A côté des Mali de ce monde ce sont des pays millionnaires. Mais ils ont spéculé cupidement sur l'immobilier avec de l'argent qu'ils n'avait pas (l'Irlande) et payé des fonctionnaires à ne rien faire (la Grèce)tout en se plaignant de l'arrivée des immigrés (eux pauvres par contre) dont il fallait pour faire le travail que le Grec moyen ne daignait plus faire .
L'Allemagne, sobre et bosseuse, a raison de s'en plaindre.
1/ Avant l’Euro la Grèce avait une forte inflation ce qui permettait des augmentations de salaire « nominales », pas réelles. Si les salaires augmentent de 10%, mais l’inflation de 15%, on a une baisse du pouvoir d’achat. Avec l’Euro, et une faible inflation, on ne peut plus obtenir les mêmes augmentations de salaire.
2/ L’investissement dans l’immobilier est très utile pour permettre les emplois d’aujourd’hui. Mais les emplois de demain seront assurés par les investissements dans l’économie de la connaissance, dans la R&D. Il faut donc un bon équilibre entre les 2.
3/ Depuis 10 ans, 3 % de déficit créent une croissance de 1%, soit un appauvrissement de 2% (en simplifiant).
4/ Le SMIC est à la fois trop cher et pas assez rémunérateur : 1000 Euros pour vivre par mois, ce n’est pas beaucoup pour les Smicards. Mais payer 2000 Euros (charges comprises) pour un travail non qualifié, c’est en effet trop cher. C’est pourquoi l’état subventionne une partie de la différence, entre autre grâce à la dette…
5/ Revenir à la politique fiscale des années 60 et 70 c’est réduire le niveau des impôts et prélèvement. C’est aussi réduire le niveau des retraites et de la couverture sociale. Pourquoi pas, mais ça me semble un peu extrême.
Ce n'est pas faux.
Mais ce Monsieur oublie que la moitié de la dette française est detenue par des étrangers et que de plus le reste est surtout détenu par les classes moyennes au travers de l'assurance vie... exonérée d'impôts.
Si 20 millions de français ont 20 000 Euros d'assurance vie, alors ça représente 400 Milliards de prêt à l'état français, soit environ 50% de la dette domestique.
Pour le reste, comme les 35 heures par exemple, on peut être pour ou contre. Mais on ne peut que constater que cette mesure sociale n'a pas été financée par en augmentation suffisante de la richesse (le PIB) et qu'en conséquences, sa durée de vie est malheureusement limitée par le mur de la dette.
Formation, R&D, environnement fiscal et culturel, mobilité des travailleurs... Sincèrement, vous pouvez m'expliquer en quoi revenir sur les 35 heures changera quelquechose sur ces sujets ? Quel est le cheminement logique qui permet d'aller de l'un à l'autre, hormis l'incantation ?
Quand au rapport coût du travail / productivité Vous considérez qu'augmenter le nombre d'heure travaillées va faire diminuer leur coût horaire ? Vous compter ne pas payer ces nouvelles heures de travail ?
LONGUET est clair : travailler plus sans gagner plus, c'est son programme et visiblement celui de COPE ou M. RODIER. Ils pensent qu'en étant plus compétitifs, nous gagnerons des parts de marché. Ils oublient que la taille du marché dépend aussi de la distribution des salaires notamment dans l'UE qui est le premier marché mondial. Ils oublient donc la question essentielle : produire plus, OK , mais pour quoi faire???
Moi aussi je suis excédé par cette propagande continuelle contre les 35 heures et contre la retraite à 60 ans.
Il y a en France entre 6 et 7 millions de chômeurs, mais ce n'est toujours pas assez pour certains, qui réclament à cor et à cri que le travail soit réparti d'une manière encore plus inique, au profit d'un nombre de travailleurs encore plus petit.
Le fond du problème, c'est que le chômage des jeunes ne coûte rien : ils n'ont droit à aucune indemnisation, pas même au RSA.
On n'en sortira que quand tous les chômeurs de notre pays, quel que soit leur âge et leur ancienneté, pourront prétendre à une indemnisation (décente, sinon cela ne servira à rien)
Tant que le chômage des jeunes ne coûtera rien, on continuera à s'en servir comme solution à tous les problèmes.
Quand le chômage des jeunes coûtera enfin ce qu'il devrait coûter, c'est à dire des dizaines de milliards d'Euros pas an, alors seulement il sera traité comme le problème, la plaie qu'il est pour le peuple français.
Et alors, on sera enfin débarrassé de ces attaques incessantes contre l'assurance vieillesse et la réduction du temps de travail.
Car alors seulement on ne pourra plus faire d'économie en augmentant la durée hebdomadaire du travail ou la durée de cotisation.
Tour ce qu'on aura gagné d'un côté, on le reperdra de l'autre sur l'indemnisation du chômage des jeunes, et cela n'intéressera plus le gouvernement.
Le cauchemar ne cessera pas avant.
Bien sur, l'Allemagne porte sa part de responsabilites (TVA sociale) dans le divergence extreme a l'interieur de la zone euro (on ne peut pas seulement se redresser grace a la ruine de ses voisins), mais la responsabilite principale est avec nos dirigeants en France et leurs politiques Reaganniens. Apres tout, rien n'empechait la France de suivre l'exemple Allemand si ce n'est l'inculture economique de nos dirigeants (ou ses interets de classe?)(les Allemands n'ont pas un gouvernement gauchiste que je sache, il s'agit simplement de proteger les interets de leur population).
Les actions correctives a prendre sont donc faciles a voir (convergence avec l'Allemagne). Quant aux 35 heures de Mrs Rodier et consorts, 2 remarques: - Les Allemands travaillent moins que les Francais - Il y a abondance (et meme exces) de resources inutilisees en France. Cela aurait le meme effet que l'exemption des heures supp: plus d'exclusion et un effet encore plus devastateurs pour nos jeunes generations.
Il restera toujours un handicap competitif (a court moyen terme) a la France: sa natalite coute cher puisqu'avant d'etre productifs, les enfants coutent beaucoup d'argent. La voie actuelle choisie, avec le chomage croissant des jeunes, et la degradation de l'education degradera a long terme la qualite de ses forces de travail et mene au gouffre. C'est aussi pourquoi le retard obligatoire du depart a la retraite est imbecile alors qu'une petite dose de TVA sociale (disons 1.5% menant a 21% comme l'Allemagne) aurait assure une distribution repartie sur tous proportionnelle a leur consommation et permis d'offrir une flexibilite de 60 a 67 ans (sans parler de la facilite de la mise en oeuvre). Mais, bon, il faudrait un peu penser en dehors de la boite Reagannienne... (je n'ose qualifier la baisse de TVA sur les restos,...purement electoraliste et desastreuse. Comment voulez vous etre credible avec les Allemands?)
« Ne pas faire payer à quelqu'un plus de 50% de ses revenus serait donc "un cadeau" qu'on lui fait? »
Ne vous laissez pas intoxiquer par le gouvernement. On est très loin de 50 %, et les pauvres sont imposés beaucoup plus lourdement que les riches dans notre pays. Exemple :
http://www.liberation.fr/economie/0101646656-liliane-bettencourt-paie-t-elle-des-impots
Pendant ce temps les impôts indirects, qui frappent proportionnellement plus les pauvres que les riches, atteignent des taux très supérieurs à 50 % : le tabac, par exemple, était déjà taxé à 300 % en 2001 (le gouvernement préférait dire que les taxes représentaient 75 % du prix du paquet) Combien aujourd’hui ? 600, 700 % ?
http://www.tabacs-a-vendre.com/fr/historique.htm
L’essence, elle, est taxée à 400 % :
http://www.forum-auto.com/automobile-pratique/section1/sujet339550.htm
Bonjour Constructif
« L’investissement dans l’immobilier est très utile pour permettre les emplois d’aujourd’hui. Mais les emplois de demain seront assurés par les investissements dans l’économie de la connaissance, dans la R&D. Il faut donc un bon équilibre entre les 2. »
Cela ne marchera pas. Tant que la construction de logements en ville restera interdite, le crédit immobilier (et la spéculation) capteront et détruiront toute création de richesse monétaire (cela signifie simplement que les ménages, désespérés, consacrent tout supplément de revenu à cette quête pathétique)
Les « emplois de demain » ne seront pas créés tant que la pénurie de logements ne sera pas résorbée.
« Depuis 10 ans, 3 % de déficit créent une croissance de 1%, soit un appauvrissement de 2% (en simplifiant). » vous simplifiez trop, il n’y a pas de relation directe entre déficit public et croissance économique, de nombreux autres facteurs interviennent.
Par exemple, avec 3 % de déficit on pourrait peut-être avoir 6 % de croissance, ou plus, si on abolissait les normes d’urbanisme malthusiennes.
« Revenir à la politique fiscale des années 60 et 70 c’est réduire le niveau des impôts et prélèvement. »
Vous ne confondriez pas les impôts directs avec les impôts indirects, par hasard ?
En France la tranche supérieure de l’IRPP s’élevait encore à 75 % en 1980.
http://www.monde-diplomatique.fr/mav/99/PIRONET/16842
« C’est aussi réduire le niveau des retraites et de la couverture sociale »
Pas en France, en tout cas. Nous en sommes déjà à la 3ème étape du démantèlement de l’assurance vieillesse.
Quand à l’assurance maladie, elle ne se porte guère mieux. Après des décennies de déremboursements, forfaits, tickets modérateurs, etc, si vous n’avez pas de mutuelle (et elles sont très chères) vous ne pouvez pas vous soigner correctement.
« Ne pas faire payer à quelqu'un plus de 50% de ses revenus serait donc "un cadeau" qu'on lui fait? »
Ne vous laissez pas intoxiquer par le gouvernement. On est très loin de 50 %, et les pauvres sont imposés beaucoup plus lourdement que les riches dans notre pays. Exemple :
http://www.liberation.fr/economie/0101646656-liliane-bettencourt-paie-t-elle-des-impots
Pendant ce temps les impôts indirects, qui frappent proportionnellement plus les pauvres que les riches, atteignent des taux très supérieurs à 50 % : le tabac, par exemple, était déjà taxé à 300 % en 2001 (le gouvernement préférait dire que les taxes représentaient 75 % du prix du paquet) Combien aujourd’hui ? 600, 700 % ?
http://www.tabacs-a-vendre.com/fr/historique.htm
L’essence, elle, est taxée à 400 % :
http://www.forum-auto.com/automobile-pratique/section1/sujet339550.htm
Bonjour Constructif
« L’investissement dans l’immobilier est très utile pour permettre les emplois d’aujourd’hui. Mais les emplois de demain seront assurés par les investissements dans l’économie de la connaissance, dans la R&D. Il faut donc un bon équilibre entre les 2. »
Cela ne marchera pas. Tant que la construction de logements en ville restera interdite, le crédit immobilier (et la spéculation) capteront et détruiront toute création de richesse monétaire (cela signifie simplement que les ménages, désespérés, consacrent tout supplément de revenu à cette quête pathétique)
Les « emplois de demain » ne seront pas créés tant que la pénurie de logements ne sera pas résorbée.
« Depuis 10 ans, 3 % de déficit créent une croissance de 1%, soit un appauvrissement de 2% (en simplifiant). » vous simplifiez trop, il n’y a pas de relation directe entre déficit public et croissance économique, de nombreux autres facteurs interviennent.
Par exemple, avec 3 % de déficit on pourrait peut-être avoir 6 % de croissance, ou plus, si on abolissait les normes d’urbanisme malthusiennes.
« Revenir à la politique fiscale des années 60 et 70 c’est réduire le niveau des impôts et prélèvement. »
Vous ne confondriez pas les impôts directs avec les impôts indirects, par hasard ?
En France la tranche supérieure de l’IRPP s’élevait encore à 75 % en 1980. http://www.monde-diplomatique.fr/mav/99/PIRONET/16842
« C’est aussi réduire le niveau des retraites et de la couverture sociale »
Pas en France, en tout cas. Nous en sommes déjà à la 3ème étape du démantèlement de l’assurance vieillesse.
Quand à l’assurance maladie, elle ne se porte guère mieux. Après des décennies de déremboursements, forfaits, tickets modérateurs, etc, si vous n’avez pas de mutuelle (et elles sont très chères) vous ne pouvez pas vous soigner correctement.
Puis le fait de ne pas imposer les revenus d'un foyer sur deux serait-il un cadeau? Non, c'est une décision basée sur un certain sens de justice sociale avec laquelle on peut être d'accord ou non. Certains, même de gauche, pense que c'est une mauvaise décision. Moi non.
De même, imposer moins les 'Assurance Vie' (qui n'assure, disons en passant, rien du tout) cherche à encourager l'épargne des classes moyennes. En quoi serait-ce un « cadeau? D'abord, les 'Assurance Vie' SONT imposées, mais moins que l'IR, et le cas échéant, re-empruntées par les gouvernement (et autres) aux taux du jour. Et alors? N'oublions pas que le capital épargné est le fruit d'un travail, en France, DEJA imposé une fois!
Arrêtons donc ces appels hystériques émis par des anciens soixante-huitards (je ne vous, constructif, compte pas parmi eux!) en fauteuil confortable et revenons à une discussion sérieuse.
Il y a de quoi faire en France et ailleurs en matière d'imposition. Tout d'abord dans le domaine du travail. Les charges sociales ne sont pas autre chose qu'une taxe sur le travail (déguisée en 'contributions' et pour tout compliquer divisée - c'est risible- entre 'contributions du salarié' et 'contributions patronale'!)
La réalité est que le salarié est volé d'un tiers des ses vrais gains, ou vu du côté employeur, le coût salariale est majoré de 70% (les C/S en moyenne représentent 70% du salaire net). C'est n'est autre chose qu'une taxe sur le fait de travailler.
En période de chômage chronique, d'absence de croissance, est-il intelligent de taxer l'emploi? Évidemment non et d'autres solutions sont admissibles :
Un très grand élargissement de la CSG par exemple où très justement l'ensemble de la société contribuerait aux dépenses sociales.
Puis une augmentation de TVA (hors la catégorie des produits de nécessité). La TVA est déjà la plus grande source de revenus des gouvernements français (une invention brillante française) qui ne taxe que ceux qui dépensent.
Finalement une hausse très importante des taxes sur le fuel, notamment l'essence et le diesel (avec dérogations pour le chauffage des moins munis) et sur le tabac et l'alcool (avec dérogations pour personne).
Résultats : une très grande augmentation du pouvoir d'achat (et le droit de décider où et comment on dépense ses gains), une taxe sur les achats qui concernerait surtout ceux qui veulent et peuvent acheter, et des revenus qui pénaliseraient des produits nocifs, voire dangereux.
Quant aux 35 heures, je partage votre avis. Aucun autre pays au monde ne s'est permis ce luxe et je suppose qu'il y a de bonnes raisons économiques pour cela. Je suis pour le partage de la richesse des loisirs. Mais pour cela d'abord il faut la richesse!
Cordialement,
Merci de votre réponse.
Je suis d'accord avec vous, je forçais un peu (beaucoup !) le trait en disant que l'Allemagne ne nous achetait rien, mais je maintiens mon analyse, qui n'est d'ailleurs pas seulement la mienne mais celle de beaucoup d'économistes et de gouvernements (mais vous allez me répondre que pour ces gouvernements, c'est l'hommage rendu du vice à la vertu !): l'Allemagne ne stimule pas assez son marché intérieur, et pourrait très bien acheter davantage chez ses voisins. Que je sache, elle ne fabrique pas tout et mieux que tout le monde, si ? Allez, on peut bien essayer de lui fourguer davantage de sacs Vuitton.
Plus sérieusement, cette stimulation serait même dans son intérêt. L'exemple récent le prouve: son épargne a été dirigée vers les pays d'Europe du Sud, et avec les événements actuels on ne peut pas dire que cela a été une très bonne affaire ! Donc, ok pour les excédents de comptes courants, mais soit elle dirige mieux son épargne, et donc ses investissements, soit elle augmente sa consommation intérieure. Et est-ce une si mauvaise idée d'avoir deux moteurs (exportation et consommation) plutôt qu'un ?
Sinon, je suis tout à fait d'accord avec la dernière partie de votre réponse sur notre politique industrielle.
Bien cordialement,
Marc
« En quoi le fait de ne pas imposer une catégorie quelconque est-il un « cadeau »? On ne peut taxer, après tout, que ce que le citoyen a gagné de son labeur. »
Vous n’êtes quand même pas naïf à ce point ?
Depuis quand devient on riche en travaillant dans notre pays ?
Liliane Bettencourt s’est bien gardée de jamais travailler dans sa vie, sinon elle ne serait pas devenue la femme la plus riche de France !
« N'oublions pas que le capital épargné est le fruit d'un travail, en France, DEJA imposé une fois! »
Vous semblez ignorer que les revenus du capital aussi peuvent être épargnés.
Plus grave, le fait que le travailleurs qui ne gagne pas assez pour pouvoir épargner soit obligé de payer de la TVA et une infinité d’autres taxes parfois monstrueuses, parfois arbitraires, alors qu’il a DÉJÀ été imposé, lui aussi, sur les revenus de son travail ne semble pas vous choquer ! Etrange.
Maintenant si vous êtes favorable à un bouclier fiscal à 50 % qui ne protège que les revenus du travail, je signe sans hésitation (c’est le gouvernement qui ne signera pas)
« La réalité est que le salarié est volé d'un tiers des ses vrais gains, ou vu du côté employeur, le coût salariale est majoré de 70% (les C/S en moyenne représentent 70% du salaire net). C'est n'est autre chose qu'une taxe sur le fait de travailler. »
Pas forcément ! Tout dépend de ce à quoi servent les diverses contributions.
Par exemple, seuls les femmes qui travaillent ont droit aux indemnités journalières maternité, il est donc normal que celles qui ne travaillent pas ne les financent pas.
Par contre, tout le monde a droit aux allocations familiales, il n’est donc pas normal qu’elles soient financées par des cotisations assises sur le travail.
Je crois qu’on pourrait désidéologiser le débat sur la TVA « sociale » en examinant chaque cotisations sur ce critère.
« Finalement une hausse très importante des taxes sur le fuel, notamment l'essence et le diesel (avec dérogations pour le chauffage des moins munis) et sur le tabac et l'alcool (avec dérogations pour personne) »
Les riches peuvent se passer complètement de fuel s’ils le veulent, ils ont les moyens d’investir ce qu’il faut dans l’isolation, le photovoltaïque, etc ? Soit votre taxe ne rapportera rien, soit elle ne frappera que les pauvres.
Même chose pour l’essence : seuls les riches peuvent s’en passer, car eux seuls peuvent payer les loyers monstrueux des centres villes, les seuls endroits où on peut vivre sans voiture.
Quant au tabac et à l’alcool, vous n’avez pas remarqué que l’hypertaxation produit les mêmes effets que la prohibition ? Qu’elle fait le lit du crime organisé ?
Qu’à cause des taxes monstrueuses appliquées sur le tabac depuis Raffarin les français sont devenu un peuple de fraudeurs et de contrebandiers ?
Déjà en Angleterre les drogues légales coûtent aussi cher que les drogues illégales. Si la maîtresse de maison vous propose de choisir entre une ligne de coke et un verre de whisky, vous lui faites faire des économies en choisissant la poudre.
Dans ces conditions le crime organisé ne devrait plus tarder à reprendre en main le commerce des drogues « légales »
« Résultats : une très grande augmentation du pouvoir d'achat (et le droit de décider où et comment on dépense ses gains), une taxe sur les achats qui concernerait surtout ceux qui veulent et peuvent acheter, et des revenus qui pénaliseraient des produits nocifs, voire dangereux. »
Une très grande augmentation du pouvoir d'achat ?
Vous croyez vraiment que les patrons français accepteront de restituer au consommateur ou au travailleur les économies réalisées sur les charges salariales, qu’ils ne s’arrangeront pas pour les empocher eux-mêmes intégralement ? Cela fait combien de temps que vous avez débarqué de la planète Mars ?
« Quant aux 35 heures, je partage votre avis. Aucun autre pays au monde ne s'est permis ce luxe et je suppose qu'il y a de bonnes raisons économiques pour cela. »
L’Allemagne, justement, avait précédé la France, figurez vous.(nombreux accords sur les 35, voire les 32 heures, parfois moins) Même que le patronat allemand hurlait à la distorsion de concurrence contre la France qui en était encore à 39 heures.
« Je suis pour le partage de la richesse des loisirs. Mais pour cela d'abord il faut la richesse! »
Vous n’avez rien compris. Baisser la durée hebdomadaire du travail ne sert pas à créer des loisirs (et n’en créé pas) mais à répartir le travail d’une manière un peu moins injuste.
Cordialement.
Au fait à quoi faites vous allusion, concrètement, quand vous dites que les fonctionnaires grecs sont payés à ne rien faire ?
Les enfants n'apprennent pas à lire à l'école, les malades ne sont pas soignés dans les hôpitaux, les routes ne sont pas bitumées ?
Ou ce sont seulement les agents du fisc qui "oublient" de percevoir les impôts et de redresser les fraudeurs ?
Vous me demandez « Depuis quand devient on riche en travaillant dans notre pays ? ». Eh bien, depuis toujours, mais pas toujours en travaillant je vous l'accorde. Comme partout.
Moi-même, fils d'ouvrier, éduqué au lycée du coin en Angleterre, boursier, licencié es-lettres à l'université de Londres, cadre international, bilingue anglais/français (mais non sans faire des fautes dans les deux!), j'ai réussi à devenir passablement riche en France en créant une entreprise qui aujourd'hui emploie plus de 300 salariés.
Les ingrédients sont simples. Du travail, un brin d'intelligence, un bon projet et une bonne banque (mais si, il y a de bonnes banques en France qui m'ont beaucoup aidé lors de mes débuts et après).
Désolé si mon cas ne correspond pas à vos modèles de société mais c'est comme ça. D'ailleurs en France et ailleurs nous sommes des millions à faire ainsi.
Votre fixation sur la lutte des classes et les écarts entre riches et pauvres semble vous empêcher de voir clair dans vos analyses de société.
« Vous semblez ignorer que les revenus du capital aussi peuvent être épargnés. » Et alors?
« Plus grave, le fait que le travailleurs qui ne gagne pas assez pour pouvoir épargner soit obligé de payer de la TVA et une infinité d’autres taxes parfois monstrueuses, parfois arbitraires, alors qu’il a DÉJÀ été imposé, lui aussi, sur les revenus de son travail ne semble pas vous choquer ! »
Vous semblez oublier qu'un foyer sur deux ne paie pas l'IR. Cela ne me choque pas d'ailleurs. La TVA sur les produits de nécessité est de 5,5% ce qui me paraît normal. Si l'on ne veut pas payer les taux plus élevés on a l'option de ne pas acheter les produits concernés (je suis pour le taux de 5,5% sur le gaz, l'électricité et l'eau).
Je maintien que les charges sociales sont une taxe sur l'emploi et une absurdité en nos jours de délocalisations et de chômage. L'attribution de ces charges à des rubriques précises comme les congés de maternité, que vous citez, ne change rien de ce constat.
Aux syndicats et aux salariés d'assurer que l'abolition de ces charges se traduisent par de réelles hausses de salaire Mais votre aveuglement du genre 'tous les patrons sont des voleurs' vous empêche même d'envisager une telle révolution.
Ah si seulement vous autres socialistes étaient moins conservateurs!
Je suis surpris de voir votre réaction énergétique contre un une augmentation importante du CSG (création de Rocard) et des taxes très élevés sur les produits polluants et même toxiques. Ces derniers coûtent plus cher à la société que les taxes qu'ils supportent – sans parler du misère des malades et de leurs famille que j'ai eu l'occasion de voir moi-même de très près ces derniers temps .
Mais, voyez-vous, je ne considère pas comme pauvre, vraiment pauvre comme j'ai été dans ma jeunesse, quelqu'un qui a une voiture (sauf pour son travail), qui fume et qui boit de l'alcool de façon significative. Ceux-là sont pour moi les classes moyennes.
Ce qui me mène à croire, cher recap59 (je peux me tromper), que vous êtes encore un de ces socialistes qui ne connaît pas personnellement la pauvreté, la vraie pauvreté, mais qui ne le connaît que via les média ou dans des livres.
Ce qui vous permet de vociférer sous couvert de votre prête-nom contre ceux qui se lèvent tôt sans trop vous lever vous-même de votre fauteuil confortable.
Cordialement,
PS En ce qui concerne les fonctionnaires grecs, je vous fais remarquer que c'est le gouvernement socialiste actuel qui a eu le courage de dire (ce que tout le monde ici en Grèce sait) que 4 fonctionnaires sur 5 ne servent à rien et ne seront pas remplacés. Désolé encore.
« Je maintien que les charges sociales sont une taxe sur l'emploi et une absurdité en nos jours de délocalisations et de chômage. L'attribution de ces charges à des rubriques précises comme les congés de maternité, que vous citez, ne change rien de ce constat. »
Vous voulez donc faire financer par les chômeurs des prestations réservées à ceux qui ont un travail ?
(indemnités journalières maladie, maternité, accident du travail, retraites pour la part excédant le minimum vieillesse)
Si la taxation du travail vous choque, vous trouverez des cibles autrement plus légitimes.
Les licences des taxis et débits de boissons, les charges de notaire et autres professions à accès réglementé, la propriété intellectuelle…autant d’entraves à la liberté du travail !
Je ne doute pas que soyez aussi indigné par les normes d’urbanisme malthusiennes, qui cumulent tout ce que les libéraux disent avoir en horreur : violation du droit de propriété (vous n’avez pas le droit de faire ce que vous voulez sur votre propre terrain) de la liberté du commerce, de la liberté d’entreprendre et de la liberté du travail !
« Aux syndicats et aux salariés d'assurer que l'abolition de ces charges se traduisent par de réelles hausses de salaire »
Où est alors la baisse du coût du travail que vous attendez de cette mesure ?
« Je suis surpris de voir votre réaction énergétique contre un une augmentation importante du CSG (création de Rocard)»
Je suis favorable à la CSG, justement parce qu’elle ne frappe pas que les revenus du travail
« et des taxes très élevés sur les produits polluants et même toxiques. Ces derniers coûtent plus cher à la société que les taxes qu'ils supportent – sans parler du misère des malades et de leurs famille que j'ai eu l'occasion de voir moi-même de très près ces derniers temps ».
Les taxes sur le tabac sont déjà plus que très élevées, elles le sont trop. Leur rendement devient décroissant quand la contrebande explose.
Celles qui frappent l’alcool pourraient être relevées un peu, mais les vignerons ne voudront jamais. Ce sont des entrepreneurs comme vous, mais ils ne font pas semblant de croire que les impôts indirects ne nuisent pas à l’activité économique.
Quant aux produits polluants comme le bisphénol A, ils ne devraient pas être taxés (sinon l’État ne voudra jamais les interdire) mais interdits.
« Mais, voyez-vous, je ne considère pas comme pauvre, vraiment pauvre comme j'ai été dans ma jeunesse, quelqu'un qui a une voiture (sauf pour son travail), qui fume et qui boit de l'alcool de façon significative. Ceux-là sont pour moi les classes moyennes. »
Désolé, mais il est établi que la pauvreté est un facteur de risque important aussi bien pour le tabagisme que pour l’alcoolisme. Vous n’avez pas dû être pauvre bien longtemps dans votre jeunesse si vous n’avez pas remarqué que les pauvres fument et boivent plus (certes moins bien) que les autres classes sociales. On ne lutte pas contre l’alcoolisme ou le tabagisme en matraquant les pauvres, puisque cela diminue leurs chances de sortir de la pauvreté.
« Ce qui me mène à croire, cher recap59 (je peux me tromper), que vous êtes encore un de ces socialistes qui ne connaît pas personnellement la pauvreté, la vraie pauvreté, mais qui ne le connaît que via les média ou dans des livres. »
J’ai connu aussi la vraie pauvreté dans ma jeunesse, et j’en ai retenu une leçon que je n’oublierais jamais : tant que vous ne coûtez rien à l’État, il fait passer tout le monde devant vous, et vous n’avez aucune chance de trouver du travail, ou même une formation.
Du jour où j’ai enfin eu droit au RMI, je suis subitement devenu prioritaire, tout s’est débloqué miraculeusement.
« PS En ce qui concerne les fonctionnaires grecs, je vous fais remarquer que c'est le gouvernement socialiste actuel qui a eu le courage de dire (ce que tout le monde ici en Grèce sait) que 4 fonctionnaires sur 5 ne servent à rien et ne seront pas remplacés. Désolé encore. »
Ne soyez pas désolé, je ne suis pas socialiste et je ne me fais aucune illusion sur eux. Ils ont commencé à trahir leurs promesses dés 1981. Je ne crois pas un mot de leur propagande, dont ils ont d’ailleurs emprunté une bonne partie à la droite.
Par exemple, pour qu’il soit possible que 4 fonctionnaires sur 5 ne servent à rien, il faut imaginer que les fonctionnaires qui ne servent à rien soient à eux seuls 4 fois plus nombreux que les instituteurs, les infirmières, les policiers et les cantonniers réunis !
Cordialement,
1) Création d'un "euro courant" pour l'usage des citoyens dans la vie réelle, et d'un "euro financier" pour l'argent sale en provenance des paradis fiscaux, de la spéculation financière etc... La conversion de ce dernier étant lié au passage devant une commission très pointilleuse et incorruptible... Il y a déjà ce genre de distinction en Chine, et cela s'est pratiqué en Europe en 1945 pour les lessiveuses pleines de l'argent du marché noir...
2) A défaut d'interdire les licenciements ou de résorber le chômage, élévation du RSA presque au niveau du SMIG, création d'un minimum vital pour tous, financé par un niveau d'impôts "spoliateur" pour les hauts revenus.
3)(Re)Création de Services Publics correspondants à tous les besoins essentiels de la population...
4) Comment imposer tout cela ? Il faudrait le faire au même moment pour toute l'Europe, la seule solution démocratique serait donc les élections du Parlement Européens... A part cela, grève générale, soulèvement populaire ou coup d'états militaires... Utopie ? Il y a eu 1789, 1917 (Russie) et 1989 (Berlin) et si vous n'êtes pas sages, je vous parlerai de l'entrée des Khmers Rouges à Phnom Penh... C'est ce qui arrive aux dirigeants qui restent trop longtemps sourds aux souffrances de leur population...