Messieurs les patrons, embauchez vos femmes!
Dans les hautes sphères, le monde économique reste trop masculin alors que les femmes sont par nature sensibles aux thèmes de demain.
- REUTERS/Baz Ratner -
C’est le triste constat d’une journaliste économique qui se rend toutes les semaines à des conférences, des débats, des forums, qui écoute les plus éminents dirigeants et les talentueux entrepreneurs français mais qui voit bien que rien ne bouge. Le monde économique reste un monde d’hommes, exclusivement. Tous ces sommets en hauts lieux ne sont qu’une marée noire de costumes-cravates. Ils discutent entre eux des problèmes de ce monde, ils ont des solutions, ils mettent du coeur à l’ouvrage pour développer leur entreprise ou leur projet, mais ils restent entre eux, entre hommes.
Vous me direz: «Rien de nouveau sous le soleil». Et vous aurez raison. Mais intuitivement, on peut tout de même se demander si ce déséquilibre n’est pas sans incidence sur le monde des affaires. Qu’une seule partie de la population gère l’ensemble de l’économie du pays ne peut constituer un optimum économique. Comprenez que les problèmes en France ne peuvent être résolus sans que l’autre partie de la population soit représentée, c’est-à-dire les femmes. Alors, où sont-elles? Qu’en faites-vous, Messieurs les dirigeants, hommes d’entreprise, après les avoir rencontrées, épousées?
Invariablement absentes
J’entends toujours la même rengaine. Tout le monde déplore cette absence. Les femmes manquent à l’appel. Les débats sur les enjeux économiques sont invariablement vides de professionnelles aguerries. Parfois, je devine la fierté discrète de l’organisateur d’un événement lorsque celui-ci compte une femme parmi ses invités et c’est quasiment la gloire quand elles constituent la majorité des personnalités interrogées. Les femmes ne sont donc pas a priori les malvenues.
J’ai de la peine pourtant, car dans les grandes salles de conférences, là où la vie économique est débattue, les femmes présentes sont, le plus souvent, les hôtesses d’accueil en uniforme. Je vois ces jeunes filles longer la salle, le micro à la main, le sourire aux lèvres en attendant qu’un auditeur les hèle pour poser sa question. Oui, j’ai de la peine, car je connais comme tout le monde les statistiques. On sait que les femmes en France font autant d’études que les hommes, sinon de meilleures. On a établi l’année dernière un projet sur la parité dans les conseils d’administration. Mais je ne vois rien bouger. Je vois toujours les mêmes têtes, toujours les mêmes hommes, toujours les mêmes ambiances et toujours les mêmes remarques. Mais une question me taraude: pourquoi n’embauchez-vous pas vos femmes? Elles ont dû faire les mêmes études que vous, ou avoir un niveau de formation quasi-équivalent, alors qu’en faites-vous ensuite? Pourquoi ne sont-elles pas aussi sur l’estrade à donner leur point de vue, raconter leur succès, leur échec? Pourquoi sont-elles invariablement absentes de la scène économique?
La femme d’affaires ennuie
Je sais bien, je noircis le trait. Le pouvoir économique a déjà ouvert ses portes, on compte quelques femmes illustres et reconnues dans le monde des affaires. Mais elles restent marginales. Et puis pour parler vrai, avez-vous rencontré une femme dirigeante charismatique? Les femmes savent travailler, mais ne savent pas parler. Rares sont celles à pouvoir se vendre, à manier l’humour en public, à séduire par leurs propos. La femme française est cantonnée à être belle la plupart du temps, bien diplômée quand elle en a eu les moyens, efficace dans son travail, mais professionnellement pas sexy. On n’a pas envie de sa présence ni dans les instances de direction, ni dans les débats car elle a beaucoup de mal à «passer» et à «faire son réseau» parmi ce monde d’hommes. La femme au potentiel économique ennuie.
Ensuite, parlons vrai, hommes et femmes admettent, sous le sceau du secret, préférer avoir un responsable masculin. Mais là encore, compte tenu du peu de femmes dans les hautes sphères des affaires, cette méfiance vis-à-vis de la femme «hiérarchique» touche davantage le domaine des croyances et des peurs collectives.
Thèmes de demain
Alors oui, il va falloir revoir ces handicaps majeurs qui empêchent les femmes de faire partie des grands de ce monde. Les dirigeants doivent se rendre compte que si leur analyse sur la situation économique est fondée, reste qu’elle ne peut être qu’imparfaite. Les problèmes de croissance actuels ne peuvent être décorrélés du manque de parité en France. Les femmes ont depuis bien longtemps accès à la même éducation, à la même formation que les hommes. Alors, à quoi bon dépenser la manne publique pour former ces jeunes personnes à ne pas pouvoir mettre ensuite à profit leur potentiel?
Enfin, le monde évolue. Avec la génération Y, les dirigeants ne se
rasent plus et portent des couleurs claires. Pour autant, si la forme
change, le fond reste le même. La sphère économique et financière est
concentrée sur le court terme, la plus-value immédiate, la rentabilité à
court terme. Le manque de vision à long terme est prégnant. Or, les
femmes sont par nature sensibles aux thèmes de demain, avec
l’environnement, l’économie éthique, l’écologie, le vieillissement de la
population, la protection des générations futures. Quel gâchis que de
les laisser sur le bas-côté!
Stéphanie Villers
Mis à jour le 14/01/2011 à 14h14













































Poussons plus loin cette réflexion...
Il y a des hommes qui ne veulent pas qu'une femme, et sans doute encore moins "leur" femme ne soit trop visible dans leur entreprise. Si si, pouvons-nous entendre... Évidemment! secrétaire, bien dans la paperasserie. Elle aura, sans doute aussi, convaincu un imbécile à prendre la bonne décision qui sera toujours celle du bonhomme.
La femme de ma vie a ses envies et moi les miennes. Si un jour nous devons travailler ensemble, nous serons deux sans hirarchie. "Naturellement", l'organisation c'est elle, les décisions se prendrons à deux et je fais confiance à la combinaison de nos compétences et sensibilités pour faire un bon "patron" :-)
Donc messieurs, la culotte ne se voit pas, la voiture ne fait pas l'homme et le fauteuil est le reste d'un trone qui fini en chaise trouée :-)
Cordialement. Michel
Aujourd'hui un cadre dirigeant, un haut responsable dans une grande entreprise ou dans un institution publique, cela correspond à un profil simple : une grande école / école de commerce / école d'ingénieur il y a trente quarante ans, puis trente quarante ans d'expérience professionnelle.
Combien de femmes ont un cv correspondant ? Pour combien d'hommes ?
S'offusquer de la sous représentation des femmes dans les postes à bac +5 au motif qu'elles serait aujourd'hui majoritaires dans les études à bac +5 est un non sens.
Oui, le marché du travail des élites est sexuellement très inégal. Mais si le sexisme actuel a probablement encore une influence, l'essentiel du problème est hérité de l'époque où les gens en âge de diriger le système aujourd'hui ont fait leur études.
Le temps de la formation et de l'expérience professionnelle est long. Et on ne pourra juger le marché du travail et les drh sexistes qu'à partir du moment où le marché des élites ne sera pas plus équilibré dans une quarantaines d'années. La situation à un instant T n'étant que le résultat d'un processus.
Hormis cela, il n'en reste pas moins que devenir un compétiteur n'est pas une chose aisée quand tout vous est offert. Que les jeunes et jolies hôtesses pour lesquelles vous avez visiblement de la pitié ne parviennent souvent pas à aller plus loin est aussi le résultat de la capacité qu'on toujours eu leur beaux yeux de leur obtenir ce qu'elles désiraient. Quand leurs camarades garçons et filles moins gâtées ont du se battre pour l'avoir. Quand elles n'ont pas subi la même pression à l'échec.
Alors pourquoi les dirigeants ne le font-ils pas plus ?
Ne se sentent-ils pas capables de fédérer un groupe de personnes si différentes ?
Ont-ils peur de devoir remettre en cause leur propre manière de voir le monde ?
Marianne
Continuez dans le "c'est la faute à les autres" en alternance avec "les mecs sont tous des *bip*", les filles : vous n'êtes pas prêtes de vous en sortir!
Vive l'egalite des sexes a la Francaise!