10 questions sur l'affaire Karachi
Rétrocommissions, intermédiaires, comptes de campagnes, rivalités politiques... Comment une vente de sous-marins au Pakistan est devenue une affaire d’État.
- Nicolas Sarkozy et Edouard Balladur en 2002, REUTERS/Philippe Wojazer -
Un attentat terroriste, deux enquêtes judiciaires, deux Présidents et deux Premiers ministres cités, des intermédiaires et des structures financières opaques... L’affaire Karachi est devenue une affaire d’Etat au fil de quinze ans de non-dits.
Pour mieux la comprendre, Slate répond à dix grandes questions du dossier. Si, après la lecture de cet article, vous avez encore des interrogations sur l’état actuel de l’affaire, envoyez-les nous à infos[at]slate.fr et nous essayerons d’y répondre.
- 1. En quoi consistait le contrat signé entre la France et le Pakistan ?
- 2. Qu’est-ce qu’une commission et une rétrocommission?
- 3. Que s’est-il passé à Karachi le 8 mai 2002?
- 4. Comment est-on passé de la piste al-Qaida à la piste politico-financière?
- 5. Y a-t-il un lien entre l’arrêt du versement des commissions et l’attentat?
- 6. Quels sont les politiques cités dans le dossier et quelle est leur défense?
- 7. Quelle est la part des rivalités politiques dans l’affaire?
- 8. Comment Edouard Balladur a-t-il financé sa campagne en 1995?
- 9. De quelles options le gouvernement dispose-t-il pour faire éclaircir l'affaire?
- 10. Quelles sont les éventuelles suites pénales?
1. En quoi consistait le contrat signé entre la France et le Pakistan?
Le 21 septembre 1994, le ministre de la Défense d’Edouard Balladur, François Léotard, et son homologue pakistanais signent un contrat pour la vente de trois sous-marins de type Agosta 90-B à propulsion classique pour la somme de 5,41 milliards de francs (826 millions d'euros). Un accord qui hissait le Pakistan au troisième rang des importateurs de matériel militaire français, derrière Taïwan et l'Arabie saoudite.
Les gouvernements français et pakistanais ne sont pas seuls dans la transaction. La Direction des constructions navales
(DCN), qui dépend du ministère de la Défense, avait demandé dès 1992 à
la Société française d’exportation de matériel militaire et
aéronautique (Sofma), partiellement contrôlée par l’Etat et chargée
d'exporter les marchandises militaires françaises, de convaincre les
responsables pakistanais d'acheter ses sous-marins plutôt que ceux des
pays concurrents. La Sofma touche pour cela une commission légale de
6,25% du montant total (330 millions de francs environ).
En
juin 1994 vont ensuite arriver dans le dossier deux intermédiaires
supplémentaires, à deux mois seulement de la signature attendue du
contrat et alors que les négociations ont déjà abouti, ce qui est très
inhabituel: les hommes d’affaires libanais Ziad Takieddine et Abdulrahman el-Assir, surnommés le «réseau K». Alors qu’ils ne «font que peu de choses concrètes»
pour la transaction, ils touchent à travers leur société offshore Mercor 4%
de commission sur la vente des sous-marins (220 millions de francs).
Officiellement, les deux intermédiaires, qui sont aussi associés à l’époque à l’énorme contrat Sawari II (vente de trois frégates à l’Arabie saoudite pour 23 milliards de francs), doivent verser des commissions au pouvoir politique et militaire pakistanais avec une partie de cet argent, rôle que la Sofma est pourtant déjà censée remplir. Ils ne toucheront au final «que» 85% de leur dû (soit environ 33 millions de francs de moins que prévu), le gouvernement français suivant (Chirac vient d'être élu) décidant en 1995 d’arrêter de verser les commissions qui leur avaient été promises pour le contrat Agosta et de rompre l’accord avec eux sur Sawari II. Les versements aux officiels pakistanais via la Sofma se poursuivront en revanche jusqu’en 2001.
2. Qu’est-ce qu’une commission et une rétrocommission?
Une
commission est une somme d’argent versée, dans le cadre de la
conclusion d’un contrat, à un intermédiaire qui a facilité le contact
entre l’acheteur et le vendeur. Dans le cadre d’un contrat
international, quand une partie des commissions revient dans le pays
d’origine vers des personnes impliquées plus ou moins largement dans sa conclusion, on parle de
rétrocommissions.
Une
pratique qui a notamment été évoquée dans l’affaire de la fourniture de
frégates Lafayette à Taïwan au début des années 1990 (contrats Bravo), qui s’est conclue par
un non-lieu. Légales en France au moment de la conclusion du contrat
Agosta (sous l’intitulé de «frais commerciaux exceptionnels»,
déductibles fiscalement par les entreprises), les commissions sont
désormais très encadrées depuis l’adaptation dans le droit français, en
2000, d’une convention OCDE de 1997 dont le but était notamment de
lutter contre la corruption d’agents publics à l’étranger. Les
rétrocommissions, elles, ont toujours été illégales.
3. Que s’est-il passé à Karachi le 8 mai 2002?
Le
8 mai 2002, un kamikaze au volant d’un faux taxi se fait exploser
contre un bus de la marine pakistanaise devant l’hôtel Sheraton de
Karachi, la plus grande ville du Pakistan, faisant quatorze morts et
douze blessés. Onze employés français de la DCN, qui participaient à la
construction d’un des sous-marins Agosta vendus par la France, figurent
parmi les victimes: le bus devait les emmener à la base navale.
L’attentat survient alors que les extrémistes islamistes multiplient les attentats au Pakistan pour punir le régime du général Pervez Musharraf,
qui a «choisi» après les attentats du 11 septembre 2001 l'alignement
sur Washington et donc l'abandon des talibans afghans. Al-Qaida, qui a
enlevé et exécuté le journaliste du Wall Street Journal Daniel Pearl
quelques semaines plus tôt, est mis en cause: on évoque la volonté de
viser des occidentaux pour créer un climat de terreur, mais également
une réaction à la présence française en Afghanistan. Le 12 novembre
2002, Oussama ben Laden lui-même salue l'attentat dans un message, mais
ne le revendique pas.
L'attentat
ne sera d’ailleurs au final jamais revendiqué et son commanditaire
reste aujourd’hui inconnu. Deux membres présumés du groupe extrémiste
islamiste Harkatul Mujahideen al-Aalmi ont été condamnés en 2003
par un tribunal anti-terroriste siégeant à Karachi, mais la haute Cour
du Sind a ordonné en mai 2009 la libération des deux hommes «par manque de preuves».
Dans le cadre de la lutte sélective engagée par les autorités
pakistanaises contre les extrémistes islamistes, plusieurs libérations
controversées ont eu lieu à cette époque.
4. Comment est-on passé de la piste al-Qaida à la piste politico-financière?
Le
27 mai 2002, dix-neuf jours après l'attentat, une information
judiciaire est ouverte en France et confiée au juge antiterroriste
parisien Jean-Louis Bruguière. Ce dernier quittera la magistrature en
2007, notamment pour se lancer en politique, en se présentant comme
candidat UMP aux élections législatives dans le Lot-et-Garonne (il sera
battu). Aujourd’hui, il estime toujours que «la clé de l'attentat n'est pas à Paris», même s'il admet des limites dans l'enquête pakistanaise.
Un
nouveau juge antiterroriste, Marc Trévidic, reprend après lui le
dossier Karachi. Au printemps 2008, une perquisition policière menée
dans le cadre d'une affaire financière visant la DCN lui permet de mettre la main sur un document secret saisi dans le bureau d’un dirigeant des arsenaux d'Etat, Gérard-Philippe Menayas, qui relance le dossier.
Cette
note, datée du 11 septembre 2002, non signée mais publiée sous le nom
de code «Nautilus», résume les conclusions d’une mission de
renseignement commandée par la DCN dans les mois qui ont suivi
l’attentat de Karachi à Claude Thévenet, ancien agent de la direction
de la surveillance du territoire (DST) reconverti dans le privé, le
tout en marge de la justice. Ce rapport, censé rester confidentiel,
s'appuie sur des sources libanaises comme sur les services secrets
britanniques pour conclure que l'attentat de Karachi n'est pas lié à
al-Qaida, mais à l'arrêt du versement de commissions par la France dans
le cadre du contrat Agosta.
«Après
de nombreux contacts, tant en Europe qu’au Pakistan, nous parvenons à
la conclusion que l’attentat de Karachi a été réalisé grâce à des
complicités au sein de l’armée», écrit le rapport, ajoutant que «les
personnalités militaires ayant instrumentalisé le groupe islamiste qui
a mené à bien l’action poursuivaient un but financier»: le versement de «commissions non honorées» sur la vente des sous-marins.
Le
18 juin 2009, Marc Trévidic réunit à Paris les familles françaises des
victimes, accompagnées de leur avocat, Me Olivier Morice. Il leur
explique alors que la nouvelle piste politico-financière est «cruellement logique» et qu'elle est «la seule piste crédible», et se plaint également des entraves qu'il rencontre dans son enquête.
Me
Morice, lui, explique alors que l’arrêt du versement des commissions
était lié à l’hypothèse de rétrocommissions destinées à alimenter la
campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995. Et ouvre un second
front judiciaire, en décembre 2009, en portant notamment plainte pour
corruption contre le club politique de l’ancien Premier ministre et en
accusant Nicolas Sarkozy d’être «au coeur» de l’affaire. Fin août 2010,
une information judiciaire est confiée au juge Renaud Van Ruymbeke sur
des faits d’entrave à la justice et de faux témoignage, avant d’être
élargie par le magistrat en octobre aux soupçons de rétrocommissions.
Depuis,
l’affaire Karachi tourne autour de deux procédures: celle du juge
Trévidic sur les causes de l’attentat du 8 mai 2002 et celle du juge
Van Ruymbeke sur les soupçons de financement politique illégal.
5. Y a-t-il un lien entre l’arrêt du versement des commissions et l’attentat?
Rien ne le prouve formellement. L’hypothèse est développée dans le rapport Nautilus et soutenue par le juge Trévidic et les familles des victimes, mais contestée par le parquet de Paris ainsi que par certains acteurs du dossier, qui pointent notamment le long délai entre l’arrêt supposé des versements et l’attentat (1995-2002). Le site Mediapart rapportait ainsi le 19 novembre 2010 que Michel Mazens, l'ancien président de la Société française d'exportation de systèmes avancés (Sofresa), aurait fait part du lien entre les deux événements dans sa déposition au juge Van Ruymbeke, mais quelques jours plus tard, Mazens a fermement démenti l’interprétation de ses propos: «L'attentat s'est déroulé longtemps après cet épisode. A mon sens, il n'y a pas de lien entre les deux. Je n'ai jamais reçu la moindre information qui m'aurais permis de le penser.»
Autre élément qui va à l’encontre de cette thèse: seules les commissions du «réseau K» ont été arrêtées en 1996, et ce alors qu’elles avaient déjà été payées à hauteur de 85%. Au total, la France a donc payé 517 milions d’euros sur les 550 qu’elle avait promis (330 à la Sofma et 220 aux intermédiaires libanais).
6.Qui sont les politiques cités dans le dossier?
Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy, Renaud Donnedieu de Vabres, François Léotard, Nicolas Bazire... De nombreux hommes politiques ont été cités dans les différents volets de l'affaire, qui connaît régulièrement de nouveaux rebondissements alors que l'élection présidentielle approche. Certains ont été mis en garde à vue ou en examen, d'autres simplement entendus par la justice, cités dans la mission d'information de l'Assemblée nationale ou dans des pièces du dossier judiciaire. Slate vous aide à y voir plus clair avec ce récapitulatif de tous les hommes politiques liés de près ou de loin à l’affaire, les raisons pour lesquelles leur nom lui est accolé et leurs lignes de défense (cliquez-sur l'image ci-dessous).
7. Quelle est la part des rivalités politiques dans l’affaire?
Au même titre que l’affaire Clearstream (durant laquelle Nicolas Sarkozy reprochait à Dominique de Villepin de ne pas l’avoir informé de sa présence sur de faux listings de la chambre de compensation luxembourgeoise), l’affaire Karachi reflète la persistance dans la majorité des déchirures du RPR dans les années 1990. En arrivant au pouvoir en 1995, Jacques Chirac aurait voulu assécher le «trésor de Balladur» pour punir l’ancien Premier ministre, son complice du temps du cabinet Pompidou, de s’être présenté à la présidentielle alors qu’il l’avait envoyé à Matignon en 1993 pour lui permettre de «s’économiser» après son expérience malheureuse de la première cohabitation.
Dominique de Villepin s'est longtemps montré offensif envers Nicolas Sarkozy, comme en écho à la rivalité qui opposa les deux hommes durant la campagne de 1995: l’ancien Premier ministre reprochait alors à l’actuel président d'avoir fait fuiter dans la presse des informations sur une juteuse plus-value réalisée par Bernadette Chirac sur la vente d'un terrain à Vigneux-sur-Seine (Essonne) et lui attribuait un contrôle fiscal exercé en 1994 sur son père Xavier, alors sénateur des Français de l'étranger. Mais en décembre 2011, au moment d'annoncer à la surprise générale sa candidature à l'élection présidentielle, Dominique de Villepin affirme avoir «pardonné» à Nicolas Sarkozy et n'avoir «aucune forme de diférent» avec ce dernier.
8. Comment Edouard Balladur a-t-il financé sa campagne en 1995?
Pour se défendre face aux accusations de financement illégal, Edouard Balladur a notamment argué de la validation de ses comptes de campagne, le 11 octobre 1995, par le Conseil constitutionnel, présidé à l’époque par Roland Dumas.
Mais selon des informations rapportées par Mediapart et l’AFP en octobre 2011 après une perquisition de la Brigade centrale de lutte contre la corruption de Nanterre, les rapporteurs du Conseil auraient, sans être suivis par les Sages, prôné le rejet pur et simple des comptes en raison de «dons en espèces sans justificatifs [...] enregistrés comme des dons de personnes physiques», dont notamment un versement de 10,15 millions de francs en grosses coupures, opéré trois jours après l’élimination d’Edouard Balladur au premier tour, le 26 avril 1995.
Jacques Robert, alors membre du Conseil d’Etat, a déclaré le 1er décembre 2011 dans un entretien au Parisien:
«Comme tous les dossiers électoraux, celui d’Edouard Balladur a été examiné par trois conseillers rapporteurs détachés auprès de nous par la Cour des comptes et le Conseil d’Etat. Leur rapport […] était sans équivoque: les comptes du candidat Balladur accusaient 10 millions de francs de recettes d’origine inconnue. Ils étaient donc irréguliers. […] L’explication selon laquelle ces 10 millions provenaient de la vente de tee-shirts, esquissée par son trésorier, ne tenait pas la route. C’était une somme énorme. On s’est tous dit que Balladur se fichait de nous.»
Une ligne de défense dont la crédibilité est de plus en plus contestée, alors qu’il ressort des perquisitions et gardes à vues effectuées par la police que des fonds secrets ont bien été utilisés pour aider au financement de la campagne d’Edouard Balladur, notamment pour rémunérer des responsables de la campagne comme Frédéric Aucher. Responsables qui ont eux-mêmes émis des doutes sur la possibilité de financer une campagne avec la vente de gadgets.
Face aux sommes en liquide suspectes, Roland Dumas rappelle à ses collègues du Conseil que les comptes de Jacques Chirac présentent aussi des recettes injustifiées et met en garde: «Peut-on prendre le risque d'annuler l'élection présidentielle et de s'opposer, nous, Conseil constitutionnel, à des millions d'électeurs et ainsi remettre en cause la démocratie?» Selon Le Monde, si les comptes ont fini par être validés, cela n'a été que par cinq voix –celles des conseillers nommés par la droite et de Roland Dumas– contre quatre.
9. De quelles options le gouvernement dispose-t-il pour faire éclaircir l'affaire?
Déclassifier des documents
De nombreux documents relatifs au dossier Karachi bénéficient d’un des trois niveaux de classification («très secret défense», «secret défense», «confidentiel défense»), la mise en application du premier dépendant de Matignon et celle des deux autres des ministères. Des documents ont déjà été déclassifiés et transmis à la justice, mais deux demandes sont actuellement en cours pour en obtenir d’autres.
Le juge Van Ruymbeke, qui souhaitait perquisitionner dans les locaux de la DGSE pour obtenir des pièces sur une enquête menée en 1995 sur les rétrocommissions, dont notamment des écoutes réalisées sur l’entourage de François Léotard, s’est vu refuser ce droit par Matignon après avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN): en revanche, le gouvernement n’a pas exclu qu’il obtienne la déclassification des documents recherchés si la CCSDN donne un avis favorable. Le juge Trévidic, qui s’était vu refuser des documents par Hervé Morin sans avis de la CCSDN (notamment un rapport rédigé par Dominique Castellan, chargé de la «promotion» des activités de DCN à l’étranger), pourrait, selon le nouveau ministre de la Défense Alain Juppé, les obtenir si celle-ci donne un avis favorable.
Demander l’ouverture des archives du Conseil constitutionnel sur les comptes de campagne de 1995
Depuis la loi organique du 15 juillet 2008, le délai de communication au grand public des archives du Conseil constitutionnel est fixé à vingt-cinq ans après la décision, rendant théoriquement impossible l’accès aux débats de 1995 avant 2020. Cependant, l’article 213-3 du Code du patrimoine autorise une communication anticipée sur demande du service des archives (qui dépendent du ministère de la Culture) si le Conseil constitutionnel donne son accord.
Permettre la création d’une nouvelle mission d’information
Une mission d’information parlementaire a été créée en octobre 2009 sur les «circonstances entourant l’attentat du 8 mai 2002 à Karachi», avec pour président l’UMP Yves Fromion et pour rapporteur le député-maire PS de Cherbourg Bernard Cazeneuve. Elle a remis en mai 2010 un rapport distinguant trois pistes (la piste islamiste, la piste politico-financière, la piste d’un règlement de compte indo-pakistanais) mais faisant état de «blocages absolus» de l’exécutif. Les députés PS ont réclamé une nouvelle mission en arguant de la possibilité d’apparition de documents supplémentaires, mais cette demande a été rejetée par le président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer.
Permettre la création d’une commission d’enquête parlementaire
Les missions d’informations disposent de prérogatives réduites par rapport aux commissions d’enquête, qui peuvent notamment forcer à comparaître des personnes sous serment et se faire communiquer de nombreux documents. Théoriquement, une commission d’enquête est impossible quand des poursuites judiciaires sont en cours dans le même dossier, mais Bernard Cazeneuve, citant l’exemple de la commission créée en 1994 sur le scandale du Crédit Lyonnais, estime que cette règle peut être interprétée avec «souplesse» pourvu qu’existe «un consensus fort» des parlementaires «sur l’objet d’une telle commission». Un consensus difficile à faire émerger sans instruction expresse du gouvernement, alors qu’Yves Frémion a exprimé de nombreuses réserves sur le rapport de Bernard Cazeneuve.
10. Quelles sont les éventuelles suites pénales?
Si
la justice parvient à établir un lien entre l'arrêt des versements des
commissions et l'attentat représailles de Karachi, que risquent les
autorités politiques de l'époque? A la suite des récentes déclarations de
Charles Millon et Michel Mazens tendant à accréditer ce lien, les
familles de victimes ont envisagé de porter plainte pour «homicide
involontaire» et «atteinte à la vie d'autrui» contre Jacques Chirac et
Dominique de Villepin. Mais après l'intervention de ce dernier sur TF1 le 19 novembre 2010
annonçant qu'il souhaitait être entendu comme témoin par le juge Van
Ruymbeke (ce qui a été fait le 25 novembre), les familles ont décidé de surseoir à leur plainte, en
attendant de futurs développements.
Dans
le volet rétrocommissions, le parquet de Paris a estimé que les faits
de corruption sont prescrits mais, le 22 janvier 2010, le procureur de
Paris Jean-Claude Marin a fini par ouvrir une enquête préliminaire
contre d’éventuels faits d’«abus de bien sociaux». Un bras de fer s'est
ensuite engagé alors entre le parquet et Renaud Van Ruymbeke,
aboutissant à l’arrivée du juge dans le dossier à l’automne. Mais pour
le procureur Marin, Van Ruymbeke est
supposé enquêter uniquement sur les soupçons d'«entrave à la justice»
envers la DCN qui aurait dissimulé des preuves (notamment le rapport
«Nautilus»), ainsi que sur d'éventuels faux témoignages de Jean-Marie
Boivin, l’ancien patron de Heine. Van Ruymbeke, qui a dû par le passé capituler devant le secret-défense dans le cadre de l’affaire des frégates de Taïwan, entend lui cette fois instruire tous azimuts et notamment sur d'éventuels faits de corruption.
Son enquête est néanmoins menacée d'annulation à la suite d'un appel du parquet devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. En attendant la décision de la chambre, le juge continue de travailler, mais en prenant le risque d'une invalidation générale ultérieure. Et s’il a déjà entendu Charles Millon et Dominique de Villepin, il ne pourra pas entendre, convoquer ou poursuivre dans ce dossier Nicolas Sarkozy: le statut pénal du chef de l'Etat et son immunité proclamée par l'article 67 de la Constitution le protègent de toute action judiciaire le temps de son mandat.
Jean-Marie Pottier, Bastien Bonnefous et Grégoire Fleurot
Mis à jour le 09/01/2012 à 16h32





































Le Karachigate est étroitement lié à l'affaire Clearstream et à l'affaire connexe des Frégates Lafayette. Entre autre.
Le mot-clef est "corruption".
Maintenant "rétro-commissions" ou non, financement indélicat de campagne électorale ou non, les citoyennes et les citoyens d'une grande démocratie ont un droit inaliénable à savoir comment sont utilisés les fonds publics réunis grâce à leurs contributions. Ainsi de connaître les destinataires ultimes de leur précieux argent si difficilement gagné mais si promptement accaparé par le Trésor public.
Et c'est le rôle du Parlement d'exercer son contrôle sur l'action du gouvernement. Et c'est le rôle de l'institution judiciaire de décider s'il y a eu, oui ou non, infraction pénale ici ou là. De noter les multiples obstacles dressés face à la légitime quêtede vérité.
Aussi appartient-il alors aux électeurs-contribuables d'exercer leur droit de savoir auprès de leurs élus.
La Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 en son article 15 dispose que:« La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. » Alors, oui, le Peuple français veut la vérité, toute la vérité, rien que la vérité sur les affaires Karachigate, Clearstream, Frégates Lafayette et autres. Car, dire non à la corruption, c'est dire oui au redressement national, oui au développement durable, oui à une société d'équité.
Source: http://justicecontrelacorruption.blogspot.com/
Cette hypothèse pourrait être validée par la déclaration de Frédéric Bauer, l'homme chargé de stopper les commissions su réseau K, cité par Rue89 : « S'il y avait un lien entre les commissions et l'attentat, ce sont celles de Sawari. » Une piste qu'on retrouve à la page 106 du rapport parlementaire de Bernard Cazeneuve, qui est aussi évoquée par Paris Match, de manière plus précise, en citant Cheikh Ali Ben Mussallam (propriétaire du palace parisien Prince de Galles à l'époque) comme victime numéro 1 de ce grand ménage. D’une part en raison des sommes en jeu, bien plus importantes dans Sawari 2 que dans Agosta. Ensuite parce que le Saoudien n’avait alors reçu qu’une petite partie de ses « frais commerciaux ». Tandis que Mercor Finance, la société panaméenne des intermédiaires du contrat Agosta, avait déjà encaissé 85 % des commissions prévues. Autre élément à charge, Cheikh Ali est aussi cité par une note de l’administration américaine du Trésor qui le désigne comme l’un des pourvoyeurs de fonds d’Oussama Ben Laden quand celui-ci combattait contre les Russes en Afghanistan.
Il faut se souvenir que c'est Chirac qui a fait annuler la commission Sawari 2 de Ben Mussalam, provoquant la fureur de celui-ci, et après la visite de Chirac à Ryad, la disgrâce de Ben Mussalam…
Il faut aussi se souvenir que Balladur a rencontré 4 fois Ben Mussalam en 94/95 (une première, jamais un 1er ministre ne s'était mouillé a rencontrer directement un intermédiaire)… et que la commission de ce dernier (pour sawari 2) dépassait largement ce qui était en usage (8 % au lieu de 2 %).
Enfin, il y a peut-être eut convergence d'intérêt entre Bin Mussalam (soucieux de récuperer son argent) et l'ISI pakistanaise (voulant se venger de la France) : Chirac avait annulé la vente de mirages 2000 au Pakistan (96-98), sous la pression de l'Inde. Pendant le conflit de Kargil (1999) l'aviation indienne équipée de Mirage 2000 avait eu l'avantage sur le Pakistan. De plus, Chirac avait aussi vendu des sous-marins aux Indiens en 2001 (déclaration de Devedjian).
Enfin, ceci aurait put être avalisé par Musharraf, qui a puni les intermédiaires de son rival Zardari qui avaient touché des commissions françaises (dont l’amiral Mansur ul-Haq qui après avoir été extradé des USA sous la pression de Musharraf a remboursé 7,5 millions de $). Pourquoi ne pas punir aussi les français ?
Tout ceci pourrait expliquer "le chantage" évoqué par Chirac à Cherbourg lors de cérémonie d'hommage aux victimes en 2002. Ne pourait-on pas imaginer que ce fut un chantage de Ben Musallam pour récuperer son argent ?
C'est étonnant comme à l'issue d'un article très factuel qui cherche à faire la part des faits et des déclarations dans une affaire dramatique et complexe, vous exigez des réponses à une question que le dossier n'a jamais soulevé. "A moins qu'il ne soit prouvé que ni François Mitterrand, ni Lionel Jospin, n'ont été, à aucun moment concernés, ni de près, ni de loin, par ces contrats, ce que l'article ne dit pas." L'article doit-il faire la liste de tous ceux qui ne sont pas concernés par cette affaire mais qui auraient pu l'être, des américains qui n'étaient sans doute pas enchantés que la France vende des armes au Pakistan, aux indiens qui voyaient probablement ces sous-matins d'un mauvais oeil, en passant par les extraterrestres qui hantent nombre de forum? Supposons maintenant que la justice arrive à se saisir des pièces qu'on refuse de lui communiquer. La responsabilité ou non des acteurs mis en cause dans cette affaire pourra être établie. Peut-être même saurons nous un jour s'il y a un lien entre l'interruption du versement des commissions et la mort de 11 français au Pakistan. Mais si à aucun moment les documents et les témoignages n'évoquent Mitterrand ou Jospin, comment prouver qu'ils ne sont pas concernés? La justice ne va jamais répondre à votre question, et vous y verrez la confirmation de votre croyance. C'est ce qui fait toute la beauté d'une rumeur.
On aimerait bien vous croire mais votre technique a un nom, c'est un leurre ou sur un forum un troll.Vous êtes découverte, assumez cette technique ... Comme cela vous a été répondu, cet article parfaitement clair ne cite jusqu'à ce jour aucune personnalité de gauche (comme d'ailleurs tous les autres articles sur ce sujet) par contre il mouille, à mort, quasiment toute la droite. Alors vous faites une tentative...Ce serait si chouette si cela pouvait un peu relâcher la pression sur cette droite maudite (en matière "d'affaires" crapoteuses, il s'entend, balladuriens valant bien les chiraquiens en matière de pratiques palermitaines...).
Puisque vous posez cette question : "A moins qu'il ne soit prouvé que ni François Mitterrand, ni Lionel Jospin, n'ont été, à aucun moment concernés, ni de près, ni de loin, par ces contrats, ce que l'article ne dit pas.", pourquoi ne demandez vous pas, en loucedé :
- Si Pierre Mendès-France, - Si guy Mollet, - Si Jean Jaurès, - Si Jules Guesde
ne sont pas de près ou de loin mêlé aux rétro-commission d'Agosta et de Sawari2 ?
Et si on ne vous répond pas vous avez la réponse : ils y sont mêlés et grave !
« Le plus grand dérèglement de l'esprit, c'est de croire les choses parce qu'on veut qu'elles soient, et non parce qu'on a vu qu'elles sont en effet".
Bossuet
"L'affaire Karachi" qui doit son nom à un attentat perpétré en 2002, ayant provoqué la mort de quinze personnes dont onze Français, finit par sortir en 2010, UNIQUEMENT à cause de l'acharnement des familles des victimes qui veulent savoir la vérité sur la mort de leurs proches. C'est parce qu'il a des présomptions, non vérifiées pour l'instant, que cette affaire serait liée à une autre affaire, celles des contrats de vente de trois sous-marins Agosta au Pakistan, ayant donné lieu au paiement de commissions (légales) avec une présomption, non vérifiée pour l'instant, de paiement de rétrocommissions (illégales)qui auraient servi à payer la campagne des présidentielles d'Edouard Balladur, non vérifié pour l'instant. Le contrat Agosta ayant été signé alors que François Mitterrand était président de la République - 85% des commissions ayant déjà été payées quand Chirac arrive à la présidence en 1995 et décide d'en suspendre le paiement - l'arrivée de Lionel Jospin comme premier ministre en 1997, n'ayant pas donné lieu à enquête sur les rétrocommissions, il ne me semble pas déplacé - puisqu'on n'en est encore qu'aux questionnements - de me demander si Mitterrand et Jospin ont eu à connaître, ou pas, de ces contrats et de leurs modalités(commissions et rétrocommissions). Le troll vous salue bien.
Il vous est expliqué en long en large et en travers que c'est l'équipe Ballamou qui a tout négocié...y compris pour SawariII.
Peine perdue...
Jamais le nom de Tonton n'a été prononcé. Vous avancez le nom de Jospin, à cette époque il n'avait plus de responsabilités à la tête du PS et il ne devait pas être candidat c'était J. Delors qui était plébiscité et ce n'est que très près de la présidentielle qu'il a passé la tête dans la porte.
Votre insinuation est visiblement, à ce stade, malveillante...vous vous êtes fait taper sur les doigts, assumez de grâce au lieu de chercher des explications plus que filandreuses à ce stade.
Allez une dernière citation pour la route : « Les convictions sont des ennemies de la vérité plus dangereuses que les mensonges. » Nietzsche
et visiblement vos insinuations sentent bigrement "les éléments de langage" OUMP avec un fort fumet du regretté Reupeureu ("regretté" pour la légèreté et la subtilité de l'analyse et du discours des militants...défense de rire)
Qui vous empêche de poser des questions ? Personne de toute évidence.
Par contre si vous posez des questions stupides ou malveillantes souffrez qu'on vous le dise sans que vous ne voyez forcément un complot.
Je vous rassure avant que vous ne vous sentiez entourée de complots et de complotistes : Mitterrand n'est en rien dans l'assassinat d'Henri IV pas plus que ce n'est lui qui a cassé le vase de Soissons.
Et si on ne vous répond pas automatiquement avec force dénégations et devant huissier pour l'assassinat de Jaurès cela ne voudrait pas automatiquement dire que c'est lié à un complot manigancé par une sous-tendance socialo à la botte de ce fourbe de Mitterrand.
Pour ce qui est des citations, j'en aurais bien une mais je crains que vous ne la trouviez désobligeante...On attendra donc.
Allez sans rancune : on est un petit nombre a compris vos méthodes, ne nous en voulez pas...C'est le jeu, vous avez tenté, vous avez perdu : soyez fair-play..mais qu'on ne vous y reprenne plus !
Certes, il y avait de l'ironie mais, je vous le garantis, rien que de l'ironie.
Vous ne trouvez pas que c'est quand même un peu pathétique :
- d'inventer une censure, - d'inventer ensuite des invectives et de menaces à peine voilées,
là où il n'y a que de l'ironie vis à vis de techniques tellement vues et revues sur le web,
pour ensuite, comme celui qui cafte en CM2, dire "M'sieur le modérateur, M'sieur le modérateur regardez comme on est méchant avec moi".
Cette manière de s'inventer des ennemis et des dangers, de voir des suspects là où il n'y en a pas (là je parle de cet article), doit avoir un nom.
Ironiser même là-dessus me lasse. Je vais donc vous laisser à vos combat contre des ombres, en vous souhaitant, que comme en CM2, que le modérateur vienne à votre secours, car là vous semblez quand même à court d'arguments et un peu en perdition.
Dans l'état actuel de la vie politique française, un grand coup de balai semble nécessaire pour croire a nouveau en nos hommes politiques.La moralisation de la vie politique est indispensable. Ces affaires à répétition, avérées ou non pourrissent l'état de notre démocratie et favorise malheureusement les extrême et le sentiment du"tous pourris".
Je trouve tout cela désolant et inquiétant dans quant aux résultats de l'élection présidentielle à venir.