Interdire toute critique des religions
Halte à la liberté d'expression.
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Un mois avant la conférence de Durban II contre le racisme, les pays musulmans ont fait voter au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, une résolution condamnant la «diffamation des religions». La critique des religions sera-t-elle bientôt interdite et punie par le droit international?
La question se pose avec insistance devant l'obstination de certains pays musulmans, parmi les moins tolérants, à vouloir faire aboutir devant les Nations-Unies, une législation pour «combattre efficacement», notamment dans les médias, «la diffamation et l'incitation à la haine des religions en général, de l'islam et des musulmans en particulier». Sur ce thème, une fracture est en train de naître, opposant les pays musulmans à l'Occident qui dénonce, dans ce concept de «diffamation des religions», un voile pudique destiné à cacher de nouvelles discriminations contre les minorités religieuses et à justifier des atteintes à la liberté d'expression des croyants.
Présentée par le Pakistan et soutenue par l'Organisation de la conférence islamique (OCI), une résolution a été examinée le 26 mars à Genève au Conseil des droits de l'homme de l'ONU et adoptée par une majorité de pays-membres. Ce texte s'inquiète des amalgames entre islam et terrorisme, des stéréotypes négatifs qui courent sur les religions et des incitations médiatiques à la haine religieuse, en particulier depuis le développement d'Internet. Il souligne que l'exercice de la liberté d'expression devrait entraîner des contreparties et supporter même des limitations. La diffamation des religions constitue, note la résolution, «une grave atteinte à la dignité humaine, conduisant à des restrictions de la liberté religieuse de ses adeptes, à une incitation à la haine religieuse et à la violence».
Cette motion a été votée par vingt-trois pays-membres des Nations-Unies: l'ensemble des pays musulmans, la Chine, la Russie, Cuba, l'Afrique du Sud et des «non-alignés» comme la Bolivie ou le Nicaragua. Onze se sont prononcés contre: les pays de l'Union européenne, la Suisse, le Canada, le Chili, etc. Treize se sont abstenus, dont l'Inde, le Japon, l'Argentine, etc.
Ce n'est pas la première fois que les pays musulmans, à coup de résolutions onusiennes, de déclarations ou conférences mondiales, font pression sur la communauté internationale pour tenter d'imposer ce concept de «diffamation des religions». Leur campagne avait pris une vigueur nouvelle après les attentats du 11 septembre 2001 et la puissante vague d'islamophobie qui s'en était suivie. Pour eux, l'islam est la victime d'une stigmatisation croissante dans l'opinion mondiale, tenue pour responsable de l'assassinat par des fanatiques, du réalisateur néerlandais d'extrême-droite Theo Van Gogh en 2002; puis de «l'affaire des caricatures» de Mahomet, partie de la presse danoise en 2005, au retentissement considérable dans tous les pays musulmans.
Le «lit de l'intolérance»
Quelle chance cette campagne contre la «diffamation des religions» a-t-elle un jour d'aboutir?
Reprenons les termes de la controverse qui vient d'éclater aux Nations-Unies. Sous les apparences de la bonne foi et de la liberté des croyants, cette notion de diffamation des religions est plus qu'ambigüe. Ses adversaires dénoncent un concept qui, d'abord, n'a aucune base «dans le droit national ou international» et qui est en contradiction avec le principe même des droits de l'homme: celui-ci protège les individus contre les violences et non pas les croyances contre un examen critique. Ils redoutent ensuite, que l'ONU soit utilisée dans cette affaire pour légitimer les lois anti-blasphème qui existent dans des pays comme l'Afghanistan, le Pakistan, l'Egypte ou l'Arabie Saoudite; pour restreindre la liberté de religion, d'expression et de presse, pour réduire au silence les dissidents et les minorités religieuses.
Il n'appartient pas aux Nations-Unies de discuter de la «diffamation des religions», expliquait Terry Cormier, représentant du Canada, pour justifier le vote de son pays hostile à la résolution musulmane du 26 mars. Le principal reproche adressé au texte est de ne pas distinguer entre la «critique de la religion » (légitime au regard des droits de l'homme et saine pour la démocratie) et la «haine des croyants ». «On ne doit pas mélanger discrimination et diffamation », observait l'Allemand Konrad Scharinger, au nom de l'Union européenne. « La discrimination est couverte par les législations nationales et par le Pacte international sur les droits civils et politiques qui prohibe fermement toute incitation à la haine religieuse. L'Europe condamne l'islamophobie, la christianophobie et la violence envers les autres religions, mais elle pense qu'il n'y a pas lieu de protéger une religion en particulier».
A la veille du vote des Nations-Unies, un collectif de 183 organisations non-gouvernementales (ONG), représentant quelque 46 pays, avait mobilisé les membres de l'ONU contre un projet de résolution qui cherche «à restreindre, et non à promouvoir» la liberté d'expression. Pour l'une d'elle, l'International Humanist and Ethical Union (IHEU), ce texte est inutile et dangereux: «Au lieu de protéger les musulmans de la haine, il risque d'exacerber les tensions entre les communautés religieuses»
Position partagée par le parlementaire américain Trent Franks, co-président du Caucus international pour la liberté de religion au Congrès: «Présenté comme protégeant la pratique religieuse et la tolérance, le concept de diffamation des religions fait, en réalité, de lit de l'intolérance. Il donne le droit aux extrémistes religieux et aux gouvernements répressifs de supprimer toute critique de la religion dominante. Beaucoup de pays qui promeuvent ce concept criminalisent la diffamation, le dénigrement, l'insulte et le blasphème de l'islam.»
La droit au blasphème
En effet, dans les pays qui répriment le blasphème, insulter l'islam ou son Prophète est passible de la peine de mort. En Egypte, un bloggeur Abdel Kareem Amer Soliman a été récemment condamné à quatre ans de prison pour avoir prétendument insulté l'islam. Un professeur de l'Université du Caire a été déclaré «apostat» pour avoir exhorté ses étudiants à interpréter certains passages du Coran de façon métaphorique. En Iran, un académicien a été condamné à mort pour avoir appelé à la réforme de l'islam. La liste est longue.
Outre le cas des dissidents, comment ce concept de «diffamation des religions» pourrait-il aider en quoique ce soit des minorités religieuses, souvent mal traitées par la religion dominante? A preuve, les violences qui ont éclaté en 2008 dans l'Etat indien de l'Orissa contre des chrétiens accusés d'avoir voulu convertir des hindous. Ou l'interdiction de la minorité bahaïe en Iran, qui a subi l'an dernier de nouveaux emprisonnements. Ou les persécutions en Chine contre les Tibétains ou les adeptes du Falung Gong. «Toute religion dominante peut être considérée comme la ... diffamation d'une autre», analyse à Genève une commentatrice de la Foi bahaïe. «Ce concept, vague et mal défini, est donc une entrave à la liberté de religion. Pour nous, la meilleure riposte à l'attaque contre les religions est le droit de réponse des personnes concernées, ce que les Bahaïs en Iran ne peuvent pas faire».
Le Vatican a rejoint ces positions. Mgr Silvano Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies à Genève, s'est également élevé contre la résolution votée par les pays musulmans. Pour lui, selon Radio-Vatican, «si l'on commence à ouvrir la porte à un concept de diffamation qui s'applique aux idées, par la suite, d'une façon ou d'une autre, l'Etat finira par décider quand une religion est diffamée ou pas, et cela, au bout du compte, porte atteinte à la liberté religieuse».
En 2008, l'Organisation de la conférence islamique (OCI) avait déjà obtenu que le rapporteur spécial sur la liberté d'expression du Conseil des droits de l'homme informe l'ONU de tout dérapage qui constituerait un acte de discrimination raciale ou religieuse.
Et si la notion de «diffamation des religions» n'a pas été retenue, (sous la pression des Occidentaux), dans le projet de déclaration finale de la conférence dite de «Durban II» contre le racisme, qui aura lieu à Genève du 20 au 24 avril, il ne fait guère de doute que l'islamophobie et cet arrière-plan politique sera à nouveau d'être très présent lors de cette conférence qui, dans sa première édition de 2001, avait abouti à une violente condamnation de la politique ...israélienne vis-à-vis des pays arabes et musulmans.
Henri Tincq
Photo ReutersMis à jour le 20/04/2009 à 9h33



















































Nous avons mis le doigt les premiers dans l'engrenage lorsque, pour contrer des discours assurément ignobles (négationnisme, racisme, homophobie), nous avons commencé à règlementer et à rogner la liberté d'expression. Le mouvement malheureusement ne fait que commencer.
Question : comment définir une religion ? En dehors de la boutade "Une religion est une secte qui a réussi" nous n'avons que peu d'indicateurs objectifs. Tout peut-être religion pour celui qui y croit.
Voilà donc que s'ouvre la voie pour toutes les sectes qui bien entendu vont se précipiter dans les recours judiciaires à la moindre critique. Nos amis créationnistes ne seront sans doute pas en reste pour protester contre la critique de la religion que constitue la théorie de l'évolution, la majorité de la philosophie sera, bien entendu, à éradiquer car s'opposant aux thèses religieuses de même qu'une bonne partie de la science. L'exercice de la médecine sera pour certains intolérable, l'usage d'un appareil quel qu'il soit certain jour de la semaine une injure pour les autres, manger de la viande ou du poisson une horreur aux yeux des hindouhistes etc.
Ne pourrions nous pas tenter d'inverser cette spirale en remettant en place les libertés d'opinion et d'expression les plus absolues comme cela est garanti aux États-Unis par exemple. Certes, il restera encore et toujours à argumenter contre les crétins de toute sorte...
Je m'inscris en faux avec les allégations de Spirale qui met créationnistes et islamistes dans le même panier.
Les créationnistes ne sont pas membres d'une religion. Ce sont certes des croyants, mais des scientifiques qui prétendent qu'il peut y avoir une autre lecture de l'univers que celle défendue par les évolutionnistes. A propos d'embargo sur la pensée, il apparaît nettement que ce soit, eux, les créationnistes, qui en sont, en france et en Europe (mais plus en France qu'ailleurs) les victimes premières au nom de la sacro sainte laïcité. Jusqu'à présent, Ce sont les "évolutionnistes laïcards athées matérialistes" qui ont pratiqué ce qu'ils craignent de voir promu de la part des islamistes, à l'égard des créationnistes. Au point que le magazine "le Nouvel obs," dans un hors-série complet d'il y a quelques années a fait tout un dossier, contre eux, avec en annexe une pétiont, sans qu'une seule ligne ne donne à un seul créationniste l'occasion de s'exprimer.
Je ne suis partisan de l'attitude ni des uns ni des autres et j'ai plusiuers preuves de ce que j'avance au sujet des scientifiques créationnistes ,dont certains ont été gentiment mis de côté dans les institutions dans lesquels ils travaillaient, quoi qu'étant bardés de doctorats aussi bien que leurs collègues.
L'intolérance et le fanatisme ne sont pas que d'un côté, loin s'en faut...
Ce genre de loi existe chez nous. Ce sont les lois du communiste Gayssot.
Elles ont même été adoptées, autant qu'il m'en souvienne avec un large consensus plein d'allégresse, les opposants osant à peine s'exprimer de peur d'être cloués au pilori.
Seuls quelques historiens ont protesté en écrivant des tribunes dans la presse, qui n'ont pas du tout été relayées par les grands médias.
Et le tour était joué !
J'ai du mal à comprendre comment est-on arrivé à une situation ou des pays qui refusent toute REEL démocratie puissent vouloir faire voter des résolutions internationales.
Venant des pays musulmans qui n'acceptent aucune minorité religieuse et qui les répriment, je trouve cela absolument déconcertant.
Jusqu'à quand les démocraties accepteront de se faire avoir? N'ont-ils pas déjà compris que les intérêts économiques que peuvent leurs procurer ces pays leurs coûteront beaucoup plus sur le long terme?
Je serai curieux de "fouiner" un petit peu et de découvrir ce que les pays islamiques disent et font des autres religions et minorités religieuses.!! ATTENTION ATTENTION
Quand les religions prennent le pas, on recommence à penser en terme de couleurs, de race, de lois à suivre sous prétexte d'histoire qui ont eu lieu des millénaires auparavant, de personnes à executer (juger par des hommes pourtant) au nom de dieux.
Que peut-on lui mettre sur le dos à se pauvre dieu !!!
Il est peut-être temps de réagir ou de se préparer à voir d'autres horreurs dans ce monde. Est-ce que ce serait cyclique? Tous les cinquante ou cent ans, une guerre pour calmer, résorber et crever l'abscès dont personne n'ose s'occuper? Que font nos dirigeants?
Ceux qui se croient en dehors de ces problèmes n'ont pas encore compris que cela les rattrapera. Il ya (excuser-moi pour l'imprécision) eu 50 millions de victimes lors de la deuxième guerre mondiale, tout le monde a été touché, pauvre et riche, petit et grand.
C'est avec un grand soupir que j'écris ces mots car je suis persuadé, au vu de la médicrité des dirigeants de la planéte à se soucier des soucis autres que leurs budgets et finances, que je verrai durant les prochains trente ans de "sales choses".
EH oui, je suis un "jeune" et j'ai beaucoup de rancoeur envers nos pères qui n'ont rien appris du passé et nous laissent une planéte prête à se taper dessus. D'empêcher la critique des religions en est les prémisses.
Bonne journée à tous.
L'obstination aboutit en général à un effet contraire à celui souhaité ( - à moins que ce ne soit l'objectif recherché et dans ce cas, pourquoi ? - ). Il suffit de voir le fossé qui se creuse entre salariés et patrons des grandes entreprises à cause des mécontentements face à leurs comportements obstinés concernant leurs rémunérations.
Combattre efficacement, notamment dans les médias … Dans quels médias ? Ceux des dits pays " obstinés " ? Faut-il une loi pour un problème qui leur serait interne ? Dans les médias des autres pays ? N'est-ce pas de l'ingérence de leur part ?
« … la diffamation et l'incitation à la haine des religions en général, de l'islam et des musulmans en particulier». D'une part, les religions qui s'estiment atteintes ne sont-elles pas aptes à se défendre seule (sans une loi et donc un contrôle international sur leurs actions) ? D'autre part, les musulmans en particuliers, n'est-ce pas se poser en victime ?
L'amalgame est une pratique courante et vite fait ; il touche tous les sujets possibles. Il suffit de relire certaines réactions suscitées par l'action de Benoît XVI vis-à-vis des catholiques intégristes.
Quand à la diffamation, le simple fait pour un athée (c'est un choix et c'est donc sa " religion ") constitue pour un croyant un blasphème et une diffamation. Va-t-on poursuivre tous les athées de la terre et supprimer tous les écrits qu'ils ont pu rédiger pour les plus célèbres d'entre eux ?
Alors que l'urgence est ailleurs, certains en sont encore à discuter du sexe des anges !
Que d'énergie perdue en agitations stériles.
Sommes-nous en 2009 ? L'espèce humaine n'est-elle pas encore assez évoluée pour se permettre de vivre sans religion ? Ce serait si simple si la notion de "religion" était gommée, rendue inexistante juridiquement... N'être pas capable de vivre sur cette terre sans s'allonger plusieurs fois par jour pour "prier" ou faire semblant parce que vous y êtes obligés, c'est cela le crime !!!!
Vivre sans système religeux instituionnalisé, oui...
Mais vous confondez les prétentions de ce système avec Dieu. La conscience que nous ne sommes ni le début et la fin de tout en tant qu'être humain ne peut être extripée de nous, puisque conforme à la réalité. Non, l'évolution de la pensée ne consiste pas à gommer Dieu, mais à Le reédécouvrir tel qu'Il est sous le fatras de toutes les doctrines que l'on a érigé en système tout au long de l'histoire en son nom. l'athéisme a fait la preuve qu'il n'est pas un système de pensée meilleure que les religions dominatrices.
Que faites-vous avec ceux qui, obstinément, ont la convictiopn intime que Dieu existe ? Vous les faites taire comment ? ???
Lisez la Bible. Vous verrez que ceux qui ont causé le plus de tort à la cause de Dieu et qui ont décidé de la mort de Jésus étaient les représentants des systèmes religieux de l'époque. C'est pourquoi faire la différence entre religion et Dieu est vital.
Le texte ci-dessous n'est pas de moi mais j'en partage le fond. Il a été adressé à Nicolas SARKOZY. Cette conférence, sous des dehors au départ bienveillants est devenu le ferment de tensions religieuses à venir. Le tout cautionné par l'ONU ...
Texte repris :
Présidé par la Lybie et vice-présidé par l’Iran, le Comité Préparatoire institué pour la finalisation du projet de déclaration se livre à un véritable détournement du concept de protection des droits de l’homme pour tenter :
a) d’imposer, au nom de la prétendue liberté religieuse, la supériorité d’une religion - l’Islam – sur toutes les autres religions et sur tous les mouvements d’idées en exigeant notamment l’établissement d’un délit de blasphème en contradiction ouverte avec la liberté absolue de conscience et la liberté d’expression ;
b) d’institutionnaliser l’antisémitisme au sein de la Conférence de l’ONU en mettant ouvertement et systématiquement en accusation l’Etat d’Israël par des thématiques racistes n’ayant aucun rapport avec le libre examen critique de la politique étrangère d’un Etat membre de l’ONU ;
c) de promouvoir des thèses sexistes, hostiles aux droits des femmes et contestant en particulier leur droit à l’émancipation ;
d) de refuser la condamnation des Etats qui pratiquent la discrimination, voire la répression, au sein de leur propre société ;
f) de rejeter l’universalité des droits de l’homme au profit d’un communautarisme exacerbé qui devrait tenir compte des « spécificités culturelles » pour mieux discriminer entre les catégories de citoyens.
Après le retrait du Canada et d’Israël de ce processus, l’Administration OBAMA a annoncé à son tour son retrait et sa participation en tant que simple observateur à la Conférence de l’ONU à Genève.
Devant la gravité de la situation, il est demandé à Monsieur le Président de la République d'agir pour que les pays membres de l’Union européenne refusent également de cautionner cette mascarade et s’abstiennent de participer à la Conférence de Genève autrement qu’en tant qu’observateurs.
En cette période de célébration du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la France doit vigoureusement dénoncer l’orientation de la Conférence dite de « Durban II » à Genève et peser de tout son poids pour stopper cette dérive inacceptable au sein des instances de l’ONU.
« Une grave atteinte à la dignité humaine, conduisant à des restrictions de la liberté religieuse de ses adeptes, à une incitation à la haine religieuse et à la violence».
La résolution se sert du principe de « la dignité humaine » comme d’un paravent, parce que le principe faisant référence à la « dignité humaine » ne souffre d’aucune contestation possible, d’aucune dérogation possible, on ne peut transiger avec ce qui porte atteinte avec ce principe. Ce qui est particulièrement détestable et pervers dans cette tentative de résolution, c’est d’utiliser ce principe comme une arme, pour qu’une religion, un dogme, soit autorisé à utiliser ses propres pratiques dont certains aspects sont contraires au principe de dignité humaine.
Ainsi donc, l’atteinte à la dignité humaine, conduirait à des restrictions de la liberté de culte pour ses adeptes et pourrait éventuellement conduire à la violence et la haine religieuse. Cette résolution n’a pas été émise par un consensus de cultes, elle ne concerne que le point de vue unique, d’une religion.
Cette affaire montre comment certains peuvent utiliser, manipuler la démocratie, avec ses règles, ses lois, ses principes, pour servir leur propre dogme, leur propre intolérance et restreindre la liberté des autres. Il ne s’agit pas ici, simplement de la critique, du blasphème ou de la diffamation à l’égard de telle ou telle religion, pas plus qu’une atteinte à la liberté d’expression, non, il s’agit d’une attaque de plus à la Liberté qu’a chaque individu à vivre en paix, quelque soit sa croyance ou non, son appartenance à un groupe ou non.
Cela pourrait se résumer à une dictature qui demande à la démocratie de l’autoriser à être une dictature, ou dans le cadre cette résolution, ce n’est qu’une demande de tolérance, pour plus intolérances !
La liberté se mérite, c’est pour cela qu’il faut la défendre sans compromissions !
J'ignore ce qu'il en est des intentions cachées des uns ou des autres et on a bien raison de prévenir les abus en tous genres.
Cependant il est quand même inquiétant de voir assimiler diffamation et esprit critique. L'assimilation est faite ici dans l'article avant même d'être faites par d'autres comme on le craint. Il est vrai que la confusion entre esprit critique et esprit de critique légitime une mauvaise foi qui passe du coup pour une vertu démocratique, dans notre pays notamment. De là à penser sans vergogne que diffammer serait un acte de vertu républicaine il n'y a qu'un pas qui a été vite franchi notamment à l'égard de toutes les religions et aussi de tout ce qui n'est pas la religion républicaine.
Ne pensons pas que cette expression « religion républicaine » soit un euphémisme c'est bel et bien ce qui a été construit, voulu il n'y a pas si longtemps et dont toutes nos institutions (qui sont au bout du rouleau) ont été alors édifiées en conséquence.
Il ne faudrait pas que, aveuglés par la brillance de l'idée, soit confondue aussi la liberté comme position responsable tenue par un acte libre et « liberté de nuire » revendiquée lorsqu'il y a une sorte de délinquance implicite à justifier. Délinquance par rappprt à la loi commune, par rapport au droit des autres, ou brutalités exercées vis-à-vis des autres.
Nous, si intelligents, devrions savoir que les agressions mentales sont aussi meurtières sauf à penser que les hommes ne sont que des corps matériels et que leurs états d'âme sont des états du cerveau.
D'ailleurs nous devrions savoir que les mots ne sont pas le Sens. Par exemple c'est au nom de la démocratie que le massacre des Tutsi a été possible comme l'analysait un membre de la Commission Quilès en son temps. Il faut donc cesser de se cacher derrière des formules et en venir à préciser le Sens comme avec la « laïcité positive » par exemple.
Il est aussi intéressant de comprendre ce que International Humaniste and Ethical Union veut dire. Voilà ce qu'en dit le site.
International Humaniste and Ethical Union is the world union of over 100 Humanist, rationalist, secular, ethical culture, atheist and freethought organizations in more than 40 countries.
A titre d'exercice de l'esprit critique je m'étonne que ce mouvement se qualifie d'humaniste alors qu'il prône des principes qui relèvent de l'antihumanisme théorique.
Quand aux déclarations de l'ONU on peut noter que la déclaration universelle des droits de l'homme n'est pas une loi formelle qui interdit ou oblige mais une déclaration d'intention qui indique dans quel Sens il est souhaitable d'aller.
Je ne vois pas comment ne pas souhaiter que ne soient pas encouragées diffamations comme liberté de nuire à l'égard des religions comme de toutes autres croyances, mêmes se jugeant détentrices d'une vérité absolue (la science par exemple). Il serait bien naïf ou pire de penser que de telles agressions puisse laisser indemnes les tenants de telle ou telle et ceux qui éprouvent une compassion à leur égard.
C'est donc pour ne pas porter atteinte à la dignité et à l'intégrité des hommes que la diffamation et la liberté de nuire doivent être stigmatisées et l'esprit critique lui encouragé.
Et s'il faut en préciser le Sens pour éviter des abus de Sens que ne le fait-on? A moins que ce ne soit pour ne pas en embarraser certains qui voudraient en garder l'exercice pour leur compte.
« D'ailleurs nous devrions savoir que les mots ne sont pas le Sens. Par exemple c'est au nom de la démocratie que le massacre des Tutsi a été possible comme l'analysait un membre de la Commission Quilès en son temps. Il faut donc cesser de se cacher derrière des formules et en venir à préciser le Sens comme avec la « laïcité positive » par exemple. »
Non, c’est le sens des mots qui est tronqué, la sémantique défini parfaitement le Sens ! Vous pointez cependant un autre aspect de la déformation du mot et de son utilisation dans un Sens qui ne relève pas de la sémantique, l’utilisation à d’autres fins que le Sens du mot au travers une expression : Au nom de…
C’est bien « au nom de » quelque chose qu’a eu lieu le massacre dont vous parlez, comme tant d’autres au cours de l’histoire de l’humanité, « au nom de » n'est que le prétexte, la justification des massacres, mais ce n’est pas à cause de la sémantique du mot « démocratie », mais de l’utilisation que l’on peut en faire en altérant son Sens réel.
Pourquoi rajouter « positive » à laïcité ? La sémantique du mot « Laïcité » est claire et ne doit souffrir d’aucune qualification supplémentaire pour en définir le Sens, elle n’est pas positive ou négative, elle est neutre, son sens définit un principe de séparation dans l'État de la société civile et de la société religieuse.
Le paradoxe c’est que vous exprimez le fait qu’il ne faut pas se cacher derrière une formule, et comme exemple vous donnez une formule, « laïcité positive ».
C’est un contre Sens vous ne trouvez pas ?
Cordialement et bonne journée
Cet article de H. Tincq fait suite à celui de Christopher Hitchens publié dans Slate.fr sur la fameuse résolution onusienne à méditer et qui brandit le bâton de l’anathème contre les « mauvais penseurs ». Hitchens nous incitait à aller fouiller dans les archives de l’ONU et d’accéder à l’occasion à l’annexe de « l’OIC observatory report on islamophobia ». Cet opuscule de l’organisation de la Conférence Islamique mis en circulation par les bons soins du Haut commissaire des Nations. Ce pensum de bigots musulmans mérite déjà une lecture pour tous afin de bien appréhender le vent d’ouverture qui souffle dans l’univers islamique.
Ce qui est le plus inquiétant, bien que n’étant pas totalement surprenant, c’est de retrouver dans ceux qui ont adopté la motion les « grandes démocraties » comme la Chine, la Russie et Cuba pour ne citer les plus brillants exemples de démocrates. Une nouvelle alliance « du sabre et du goupilllon », adaptée à la sauce nouvelle. Comment des pays refusant toute démocratie et brillant par le nom respect de la nature humaine peuvent-ils avoir l’outrecuidance de susciter de telles résolutions et quelle misère de trouver quelques onusiens serviles pour voter des résolutions internationales de cette nature…Qu’ils continuent, plus ils sombreront dans l’outrance plus ils susciteront le rejet…..et provoqueront le réveil salutaire des athées militants.
Technique vieille comme le monde, les coupables et persécuteurs, marchands de fatwas et d’anathèmes se posent en persécutés. Experts en autocritique, il est posé en préambule dans leur pensum que l’islam religion de paix et de tolérance, affirme la modération et l’équilibre et exclut toutes les formes d’extrémisme et de terrorisme (sic) ; bien sûr ça ne se discute pas. Il n’y a rien à voir, nous sommes bons et miséricordieux. Un point c’est tout....On perçoit toute la finesse théologique et le sens aigu du dialogue. Tout questionnement au-delà de cette déclaration fait sombrer le libre penseur, l’athée et le sceptique peut portés à gober sans rechigner les livres fondateurs des monothéismes et leur pensée magique (Coran), dans l'offense et « l’islamophobie ». Pourquoi la seule "islamophobie"? Les libres penseurs critiques vont rapidement accroître leurs tares en se trouvant taxés « de christianophobie » et « de judéophobie » (Bible et Torah) pour se limiter aux monothéismes en forte compétition et en voulant rester oecuméniques....et en ne voulant pas aller au delà vers officines sectaires diverses qui ne vont pas tarder à réclamer , elles aussi, une protection. Ce concept de diffamation des religions nous renvoie au Moyen-Age et ouvre la porte à tous les abus des religions et des théocraties qui les manipulent. La religion reste le plus sérieux opium des peuples. Je croyais que nous étions entrés dans le 21ième siècle...et on nous renvoie au Ténèbres. La vigilance est de règle.
La résolution onusienne, elle-même, mérite également lecture (19 paragraphes). Le texte en jargon onusien prône la lutte contre la xénophobie et l’intolérance et incite à la fois à multiplier les contacts et approfondir le dialogue entre religions, les hommes et les femmes (oubliées). Il est bien difficile d’être en désaccord avec certains paragraphes de cette résolution pour un démocrate, tolérant et libre penseur. Mais, à l’occasion, on découvre un traitement spécial pour l'islam. Il est souligné qu'il faut aussi condamner les campagnes contre la haine et l’intolérance de l’Islam et la discrimination à l’égard des musulmans. Modèles de tolérance et d’ouverture au monde et à celui de la science, en particulier, comme chacun sait. Pas de considérations pour les autres monothéistes persécutés alors ! Le jargon ampoulé de la bureaucratie onusienne masque mal les tergiversations et hypocrisies d’une institution qui nous a habitués à des reniements répétés tout au long de son histoire. Où commencent la haine et l’intolérance vis-à-vis de l’islam ? Pourquoi le seul islam fait-il l’objet d’un traitement spécial ? Il ne faudrait pas sous couvert « d’islamophobie » caser tout questionneur du contenu du Coran dans le camp des nazillons à crâné rasé véhiculeurs de haine ; trop facile et assez pitoyable procédé.
La considération, le respect, ça se mérite.
J’attends les manifestations de cohortes de « bons » pratiquants, défenseurs d’un islam dit éclairé ou critique. Ils restent discrets, complices ou coupables de négligences. Reveillez- vous pour défendre votre religion au lieu d'essayer de faire diaboliser les antireligieux. Fréquentez les antireligieux pour aérer vos neurones. N'hésitez pas à confronter vos croyances aux incroyants. Et, surtout, faites du bruit pour attirer autant l'attention et susciter le respect que vous croyez acquérir par des textes coercitifs. Proposez de meilleurs arguments que les talibans et les islamistes décérébrés/décérébreurs de toutes obédiences qui fleurissent de Gaza au Pakistan pour accéder à respect et crédibilité. Faites un peu de ménage dans votre maison déjà bien fissurée avant de prétendre à des traitements particularistes irrecevables.
« La sémantique défini parfaitement le Sens »
« déformation du mot et de son utilisation dans un Sens qui ne relève pas de la sémantique. »
Ces formulations relèvent d'une sémantique totalitaire. En effet il n'y a pas autrement de relation univoque entre le sens ou le Sens et le mot. Un mot peut avoir plusieurs sens selon les conditions de son usage, qu'elle soit circonstantielles ou culturelles.
Si ce n'était pas le cas par exemple le mot sens ne devrait avoir qu'un sens et le littré nous en donne 32 acceptions.
Pourquoi totalitaire? Parce que votre thèse ne laisse place ni au discernement du Sens (effet de conscience personnelle) ni au choix de Sens (position éthique) ni à la responsabilité de l'engagement (comportements, modes d'action).
Quelle « autorité » fixe définitivement le sens (ou Sens ) des mots? Cette sémantique absolutise ce qui relève de la liberté individuelle et collective et en cela fixe le monde dans ce qui n'est qu'un point de vue.
Au contraire les mots ont UNE infinité de Sens et ce sont les usages qui privilégient tel ou tel selon les moments et les époques et selon les engagements.
Concernant la laïcité positive. L'expression est un indicateur qui réclame au lecteur d'aller y voir sur le sens que cela pourrait prendre et en tout cas lui dit qu'il y a plusieurs Sens à la laïcité et qu'il est de son choix, de sa liberté et de sa responsabilité de prendre position.
Ainsi, si je suggère que cela ait tel ou tel Sens c'est une position, un engagement, un acte de liberté et pas la répétition d'une sémantique totalitaire.
De ce fait votre définition comme toute autre peut être soumise à « l'esprit critique » comme aussi bien la formule « laïcité positive » (il serait bien utile de
s'interroger sur le(s) Sens de « esprit critique » surtout dans le contexte d'une confusion possible avec diffamation)
Ainsi là où il n'y a pas de religion il ne peut y avoir de laïcité selon votre définition (rien à séparer). La laïcité ne serait qu'une défense contre les religions? N'y en aurait-il pas une définition « positive ». Lorsqu'il s'agit de religion républicaine comme cela a été clairement voulu et même établi dans l'éducation nationale il y a un siècle, lorsqu'il s'agit de religion de la science comme même ici quelqu'un a pu s'en semble-t-il s'en réclamer, que devient la laïcité selon votre définition?
Alors j'y vais d'une définition qui suggère un autre Sens « la laïcité est la liberté de religion et de croyance dont l'expression publique doit être soumise aux règles de la démocratie ». Définition positive puisque c'est une liberté, définition restrictive puisque d'usage limité à la liberté des autres.
Nota : le terme de Sens subsume l'ensemble des acceptions du terme de sens dont celles que l'on peut qualifier de sémantiques. Il existe des analyses de Sens qui mettent en évidence tout un ensemble de Sens que peut prendre un mot comme laïcité ou tout autre chose soumise au discernement.
Dites-moi, c'est bien beau tout cela; il y a eu durban 1, ces jours-ci Durban 2, y aura-t-il un Durban 3, avec qui en vedette ?
Moi j'y comprends rien à cette histoire durbanesque: Il y a l ONU, les musulmans, les cathos, les uns, les autres. Il y en a qui y vont, d'autres qui boudent. La France dépêche un p'tiot ambassadeur quand Marmeladenijad se déplace en personne, Ségolène prépare déjà un pardon opportuniste nous dit-on ...mais bon,
Il n' y aurait pas dans le coin un journaliste clair, concis, synthétique, non partisan, objectif; bref un vrai journaliste qui pourrait m'expliquer tout ce qui se trame à Durban relocalisé Genève. Visiblement, c'est important mais pourquoi?
Merci d'avance,
Cordialement,
Sujet ô combien sensible et qui ne souffre pas le compromis.
La Terre n'est quand même pas le centre de l'Univers
et l'humanité n'y pèse pas lourd. La cause du tout,
si tant est qu'elle soit, n'est toujours pas évidente.
Le préalable étant posé, en attente de faits nouveaux,
une fois de plus, la présentation n'est-elle pas alarmiste
à souhait, alors que précisément la vague rigoriste
est sur le recul ? Le conseil, s'il est recevable,
est donc de lire attentivement tenants et aboutissants
des articles aux titres à mécaniques ronflantes
pour se garder des faux semblants
et erreurs d'interprétation.
A rapprocher de l'entretien avec Bernard-Henri Lévy
au titre, lui aussi, glaçant.
En tout cas, grande reconnaissance et soutien sans faille
aux délégué(e)s en première ligne de l'éternel combat
pour la défense des valeurs de savoir et de tolérance
grâce auxquel(le)s il est encore possible de gloser
sur la forme de l'opposition à la chape du dogme.