Culture

Ras la jupe, la réponse de l'auteur

Jonathan Schel, mis à jour le 31.03.2009 à 14 h 57

Schel réagit aux commentaires

Crédit photo; Isabelle Adjani au Prix de l'Arc de Triomphe / REUTERS

Crédit photo; Isabelle Adjani au Prix de l'Arc de Triomphe / REUTERS

Le film «La Journée de la jupe» fait réagir. Sur Slate.fr, l'article Pourquoi je n'ai pas vraiment aimé «La journée de la jupe», a suscité de nombreux commentaires; Jonathan Schel, son auteur répond aux internautes:

Je ne vais pas rentrer dans un débat sur l'éducation, simplement réagir sur trois points:

- La question de la critique de cinéma, d'abord. «Vous avez regardé un film ou mené une enquête sur l'écriture, la réalisation?», écrit Cinaih. Mener une enquête sur un film, décrypter les intentions qui l'animent et la façon dont le réalisateur les met en œuvre, voilà à mon sens une bonne définition du travail du critique. Donner un avis sur un film c'est forcément engager sa subjectivité. Il y aura toujours des gens d'accord et d'autres pas, c'est la règle du jeu. Au-delà du côté «j'aime, j'aime pas», une critique se doit d'offrir une lecture, une analyse, avec laquelle on peut être en désaccord mais qui donne quoiqu'il arrive matière à réflexion.

- L'argument «vous n'êtes pas prof donc vous ne pouvez pas juger» me paraît discutable. Faut-il être cow-boy ou Indien pour réagir à un western? «La Journée de la jupe» est un film, une œuvre de fiction, on peut y réagir comme spectateur ou comme critique, pourquoi l'ancrage social serait-il une barrière?

- La question du regard que pose le film sur la banlieue, ensuite. Ce qui me semble être une perspective raciste, ce n'est absolument pas le fait que le méchant soit noir; c'est que le personnage noir soit la seule incarnation au sein du film de ce qui ne va pas en banlieue (j'éprouverais la même réticence si une petite fille blonde ou un skinhead - pour reprendre les exemples utilisés par les internautes - étaient érigés en symboles). La transformation d'un individu singulier en archétype pose problème à mon sens.

Je tire en tous cas de l'abondance de vos réactions une certitude: «La Journée de la jupe» a touché un point sensible, une tendance sociale forte. Et on peut reconnaître à Jean-Paul Lilienfeld le talent d'avoir su capter ainsi l'attention collective.

Jonathan Schel

Crédit photo; Isabelle Adjani au Prix de l'Arc de Triomphe / REUTERS

Jonathan Schel
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