La guerre des monnaies n'aura pas lieu
Les gouvernements proclament vouloir éviter une guerre des monnaies qui serait dommageable pour tous. Tant mieux. Mais il faut s'attaquer aux racines du mal: les déséquilibres commerciaux.
- Euro destruction/Makusram via Flickr License by -
Des bonnes nouvelles vraiment? Le monde va-t-il réussir à s'épargner une quatrième crise: la crise des changes après la crise de la finance, la crise économique et la crise de l'emploi? En ces temps où l'on doute de la qualité de la reprise en Amérique et en Europe, il faut y croire. Il faut s'accrocher à l'affirmation de Christine Lagarde («Les Echos» du 26 octobre) selon laquelle: «l'esprit de coopération» a été retrouvé au G20, lors de la réunion des ministres des Finances en Corée.
La veille encore, les roulements des tambours de guerre allaient grossissant. En Amérique, les cris s'élevaient pour dénoncer une Chine «manipulatrice de sa monnaie» et des lois de rétorsion avaient pris leur place dans l'agenda du Congrès. Au Brésil, en Thaïlande, en Corée du Sud, une restriction des mouvements de capitaux a été décidée pour éviter un emballement des devises locales. Et partout montaient, et montent encore, les angoisses d'un monde trop ouvert qui détruit les emplois et ruine la classe moyenne. Le protectionnisme, que les responsables du G20 ont repoussé unanimement depuis le début de la crise, faisait son retour par la fenêtre monétaire: la «triche» pour dévaluer, gagner en compétitivité et gonfler leurs exports, c'est-à-dire leurs emplois au détriment des autres.
C'est fini? Pas de guerre des monnaies? On veut y croire puisque tout le monde y perdrait. Les gouvernements disent renoncer à la guerre et aux dévaluations compétitives. En gros, cela se traduira par une baisse progressive du dollar et, si les Chinois ne mentent pas, par une réévaluation du yuan. Si ce jeu de l'unité du G20 dure, les fluctuations des marchés autour de ces tendances pourraient être lissées, comme le note Laurence Boone de Barclays Capital, et cet ordonnancement évitera peut-être les pires mouvements spéculatifs, très meurtriers pour les entreprises.
Voilà beaucoup de si… Mais dans la catégorie des bonnes nouvelles, il faut ranger la déclaration, à la sortie du G20, des Américains et des Chinois qui disent avoir trouvé un compromis pour réduire progressivement leur déséquilibre commercial, trop de déficit ici, trop d'excédent là. Si les actes suivent les paroles, les gouvernements s'attaqueraient ici non pas seulement aux monnaies, «la surface» comme l'a dit un responsable de la Banque de Chine, mais à la racine de la crise. Car ce sont ces déséquilibres commerciaux qui sont à l'origine de tout le mal. Ils ont poussé la planète économique dans une spirale infernale désormais bien connue: les ménages américains vivent à crédit, les Chinois les financent en achetant leurs emprunts, Pékin garde cet argent et accumule des dollars (2.500 milliards actuellement), cette masse de liquidités inonde la planète, «crée de la monnaie», ce qui fait descendre les taux d'intérêt, les Américains trouvent à emprunter moins cher pour surconsommer, etc...
Comment arrêter cette spirale? La première piste est d'installer un système de surveillance des déficits, au sein du Fonds monétaire international, dont c'est le rôle, en le dotant d'une voix qui porte. Dans la crise, le FMI a restauré une crédibilité en prônant une relance concertée mondiale mais ce n'est qu'un bout du chemin. Il lui faut convaincre la Chine et toute l'Asie qu'accumuler des réserves de dollars, comme ils le font depuis la crise asiatique de 1997, n'est pas du meilleur effet pour la croissance mondiale. Ils feraient mieux de consommer cet argent, donc de viser à réduire leurs excédents commerciaux et non pas le contraire. La réforme du FMI, qui est menée en parallèle, est fondamentale pour faire entrer au conseil les pays émergents, leur donner voix au chapitre, bref pour les amener à participer en responsabilité à la gestion du monde.
Ensuite? Le FMI devra faire des propositions au printemps pour aller plus loin dans la réforme du système monétaire international. Les Droits de tirages spéciaux (DTS) peuvent-ils retrouver une place, comme les Chinois l'ont évoqué? Il faudrait en réinventer les mécanismes, selon Jean Pisani-Ferry et Agnès Benassy-Quéré («L'Economie mondiale 2011», Cepii). Reste à s'accommoder d'un système multipolaire (dollar, euro, yuan, yen) en espérant vite réduire les trop grands déséquilibres entre régions. En clair, ôter les motifs de guerre aux grands fauteurs: l'Amérique doit produire plus et la Chine consommer plus. La Maison-Blanche a évoqué une barre de 4 % du PIB pour un déficit ou un excédent commercial. C'est aller dans la bonne direction. Si ensuite le FMI pouvait affiner cette directive, fixer des cibles des taux de change et faire la police…
Eric Le Boucher
Cette chronique est également paru dans les Echos
Photo: Euro destruction/Makusram via Flickr License by















































... Bon, ben tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes! pas de guerre des monnaies!...mais des cadavres partout!
Dans 30 ans, le mot communication aura aussi mauvaise presse que le mot propagande...en attendant, que ne faut il pas entendre!
La Chine manipule sa monnaie. Comment un pays qui se developpe aussi rapidement que la Chine peut-il garder sa monnaie dans des marges aussi etroites--2% d'augmentation face au dollar en 2ans! La Chine achete des dollars a tour de bras (2.400milliards de reserves etrangeres) pour garder artificiellement sa monnaie competitive. Plus besoin de droits de douane ou quotas... en gardant une monnaie si basse, la Chine subventionne ses exports et rend les imports plus chers. Personne ne dit rien, vous non-plus. Elle exacerbe les chomages Americains et Europeens.
Et si les USA et l'Europe imposaient des frais sur les imports Chinois en reponse a ces subventions cachees... et alors? Vous ne demontrez pas en quoi cela ferait exploser l'economie. Que les Chinois vendent leurs devises, cela n'avantagerait que les exports Occidentaux.
Mieux, cela reequilibrerait les echanges, reduisant du meme coup le chomage Americain(et Allemand). Meme la Chine en tirerait des benefices; en augmentant la valeur du Renminbi, ce sont les Chinois qui pourraient consommer plus et devenir un moteur de l'economie Chinoise.
"Chinois les financent en achetant leurs emprunts, Pékin garde cet argent et accumule des dollars (2.500 milliards actuellement), cette masse de liquidités inonde la planète, «crée de la monnaie», ce qui fait descendre les taux d'intérêt, les Américains trouvent à emprunter moins cher pour surconsommer, etc..."
-"Chinois les financent en achetant leurs emprunts, Pékin garde cet argent et accumule des dollars"
Acheter un emprunt cela revient a preter de l'argent, c'est a dire a debourser d'abord, si l'emprunt s'achete et se vend en dollars alors l'accumulation des vrais dollars est plutot lente puisque l'on ne rentre que benefice de l'emprunt (argent rembourse-argent preté).
-"cette masse de liquidités inonde la planète, «crée de la monnaie» "
Et quelques lignes plus bas
"Il lui faut convaincre la Chine et toute l'Asie qu'accumuler des réserves de dollars, comme ils le font depuis la crise asiatique de 1997, n'est pas du meilleur effet pour la croissance mondiale."
Il faudrait savoir ! Vous reprochez a la chine de preter de l'argent aux USA et en meme temps d'economiser !
-"cette masse de liquidités inonde la planète, «crée de la monnaie», ce qui fait descendre les taux d'intérêt"
Cette phrase aussi m'echappe, je crois comprendre que c'est la Fed qui fixe des taux deliberement bas pour essayer de faire repartir son economie. Sauf que de la main gauche elle imprime des dollars a tour de bras pour rembourser ses emprunts ce qui devrait creer de l'inflation et mecaniquement augmenter les taux d'interets (si l'argent se devalue, aucun interet de preter a taux bas)
En fin de compte je ne comprends pas de quoi on accuse la chine, et je ne vois qu'une chose, le dollar va se devaluer, et c'est surtout les chinois qui vont en payer le prix et c'est normal vu qu'ils l'on tenu artificiellement haut par rapport au Yuan.