Monde

Le renseignement américain, un Etat dans l'Etat

Temps de lecture : 2 min

Avec plus de 80 milliards de dollars de budget, ces services représentent l'équivalent de la 61e économie du monde. Un coût qui pourrait facilement être réduit.

Le siège de la CIA à Langley (Virginie). REUTERS/Jason Reed.
Le siège de la CIA à Langley (Virginie). REUTERS/Jason Reed.

Le gouvernement américain a révélé que le budget total de ses services de renseignements se monte à 80,1 milliards de dollars (j’ai été très surpris de voir l’ampleur de la part militaire de ce budget -27 milliards. Je suppose qu’une grande partie est consacrée aux satellites, qui sont sans doute la part du budget de la défense la plus négligée par les journalistes). Cela signifie que le service des renseignements dans sa totalité gère la 61ème économie du monde, plus importante que celle de chacun des pays suivants, si l’on se réfère aux estimations du FMI des PIB nominaux pour 2009:

  • l’Angola
  • la Croatie
  • l’Irak
  • la Libye
  • l’Équateur
  • le Soudan
  • la Syrie
  • le Luxembourg
  • la Biélorussie
  • la Slovénie
  • la Bulgarie
  • la République dominicaine
  • le sultanat d’Oman
  • la Tunisie
  • la Serbie
  • le Sri Lanka
  • le Guatemala
  • la Lituanie
  • le Liban
  • le Myanmar
  • l’Ouzbékistan
  • l’Éthiopie
  • l’Uruguay
  • le Kenya
  • le Costa Rica
  • la Lettonie


Peut-être la CIA et la NSA [l'agence de sécurité nationale, ndlr] devraient-elles demander leur propre siège à l’Onu, comme Staline l’avait fait pour certaines républiques soviétiques après la Seconde Guerre mondiale. Mais alors la DIA [l'agence du renseignement pour la défense, ndlr] en réclamerait un aussi… Les dépenses du service des renseignements militaires des États-Unis sont à elles seules supérieures aux économies du Panama, du Yémen ou de la Jordanie -ce qui me rappelle la vieille plaisanterie qui a cours chez les journalistes, selon laquelle ce dernier pays est une filiale détenue en propriété exclusive par les renseignements américains. Plaisanterie mise à part, j’ai l’intime conviction que nous pourrions réduire de moitié les dépenses des services de renseignements sans y perdre beaucoup en termes de sécurité. La question étant: quelle moitié sacrifier?

Thomas E. Ricks

Traduit par Bérengère Viennot

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