Bienvenue dans un monde de vieux
Un Français sur trois aura plus de 60 ans en 2060 et le nombre de centenaires pourrait être multiplié par treize. Les dernières projections démographiques de l’Insee peuvent réjouir… ou faire peur.
- Un bébé photographié sur une feuille dans un zoo de Rotterdam. .REUTERS/Jerry Lampen -
La démographie est une science trop méconnue. L’Insee publie ses nouvelles projections de population à l’horizon 2060; tous les journaux font un titre sur le sujet, les radios en parlent, on interviewe une centenaire… et on ne parle plus du sujet jusqu’à la prochaine publication. Pourtant, de tous les changements en cours dans le monde actuel, ceux qui concernent la population sont certainement les plus importants. C’est bien de savoir que la population française peut dépasser 73 millions en 2060 et que le nombre de centenaires peut atteindre 200.000 à cette même date. Mais il faut savoir ce que cela implique et, surtout, il faut replacer ces chiffres dans leur contexte mondial.

- * Solde migratoire issu de la projection.
** Chiffre pour l’année 2059. Les projections s’arrêtent au 1er janvier 2060. Le solde naturel de l’année 2060, différence entre les naissances de 2060 et les décès de cette année n’est donc pas projeté.
Champ: France métropolitaine.
Sources: Insee, estimations de population et statistiques de l’état civil jusqu’en 2007 et projection de population 2007-2060.
Deux points sont à ne jamais oublier: la population mondiale croît à un rythme rapide et elle vieillit. Selon les dernières estimations des Nations Unies, le monde comptera plus de 9 milliards d’habitants en 2050 (selon le scénario central), contre 6,8 milliards en 2009 et 2,5 milliards en 1950. Il faudra nourrir, loger, éduquer, soigner ces milliards d’hommes et de femmes supplémentaires et leur fournir du travail. La tâche sera d’autant plus ardue que cette hausse de la population sera inégalement répartie et qu’elle s’accompagnera d’un vieillissement généralisé.
Pour résumer la situation, globalement, la population mondiale croît de 1,2% par an tandis que le nombre des plus de 60 ans progresse de 2,6% par an et celui des plus de 80 ans de 4%. Aujourd’hui, l’âge médian de la population mondiale est d’un peu plus de 28 ans, ce qui signifie que la moitié de la population a moins de 28 ans et que l’autre moitié a plus; en 2050, il devrait passer à 38 ans. Pour illustrer cette évolution, on peut rappeler que le Japon, le pays le plus vieux actuellement, a un âge médian de 44 ans. En 2050, les pays en développement auront une part de plus de 60 ans (un cinquième de la population) comparable à celle des pays développés aujourd’hui. Avec une différence: le vieillissement y sera plus rapide qu’il ne l’a été chez nous et ils auront moins de temps pour s’adapter. C’est ce qui explique la férocité avec laquelle la Chine défend ses intérêts sur la scène internationale: selon l’excellente formule en usage maintenant pour qualifier son comportement, elle souhaite être riche avant d’être vieille. Et chaque année compte: sa population active devrait arriver à un plateau dès 2015.
Ce vieillissement de la population est une chance et un défi. Une chance, parce que dans les pays européens, depuis la Seconde Guerre mondiale, on gagne entre deux et trois mois d’espérance de vie chaque année. Mais aussi un défi, parce que ce progrès a une contrepartie, que l’on mesure de façon très explicite avec le ratio de dépendance économique: il s’agit du rapport entre le nombre de moins de 20 ans et de plus de 60 ans au numérateur et le nombre de personnes d’âge actif (entre 20 et 59 ans) au dénominateur. En 2007, en France, ce rapport s’établissait à 86 %; en 2060, selon le scénario central de la projection, il pourrait atteindre 118%. Autrement dit, il y aurait plus d’une personne à charge pour une personne d’âge actif.
Évolution du ratio de dépendance économique

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Lecture: il y a, en 2007, 86 personnes d’âge
«inactif», (c’est-à-dire de moins de 20 ans ou de plus de 60 ans) pour
100 personnes d’âge «actif» (de 20 à 59 ans). Selon le scénario
central de la projection, ce ratio atteindrait 118 en 2060.
Champ: France métropolitaine.
Sources: Insee, estimations de population et projection de population 2007-2060.
Au niveau mondial, les Nations Unies calculent un rapport de soutien potentiel, qui donne le nombre de personnes âgées de 15 à 64 ans pour chaque personne âgée de 65 ans ou plus. Ce rapport était de 12 en 1950, 9 en 2009 et devrait tomber à 4 en 2050.
Pour les régimes de retraite, notamment les régimes par répartition, c’est un vrai problème. Il est évident que la retraite à 60 ans ne peut plus être la norme de référence dans nos pays (ce qui ne signifie pas que les manifestants contre la réforme Sarkozy soient dans l’erreur: on aurait pu imaginer d’autres façons de réformer et le débat annoncé maintenant pour 2013 pourrait déboucher sur un projet plus satisfaisant pour la majorité de la population). L’espérance de vie à la naissance pour les hommes était en France de 74,9 ans en 1999; elle est passée à 77,8 ans l’an dernier. Pour les femmes, elle est passée dans le même temps de 82,5 ans à 84,5 ans. Si l’on voulait faire de la provocation, on pourrait d’ailleurs dresser ce constat paradoxal: dans quatre pays sur dix, les femmes ont droit à une pension complète cinq ans avant les hommes alors qu’elles vivent généralement plus longtemps (ce fait a été relevé par les Nations Unies…).
Pyramide des âges en France en 2007 et 2060

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Champ: France métropolitaine.
Sources: Insee, estimations de population pour 2007 et projection de population 2007-2060 pour 2060.
La question des retraites est la plus évidente. Mais le vieillissement général de la population a bien d’autres implications. En fait, il a un impact sur pratiquement tous les problèmes économiques, qu’il s’agisse de l’investissement, de la croissance, de l’épargne, du marché du travail, de la consommation, etc. La question n’est pas de savoir si l’on va devoir travailler après 60 ans, elle est de savoir comment on va s’organiser pour cela, elle est d’imaginer les conséquences sur le déroulement de la carrière, la formation, les modes de vie, la transmission du patrimoine, etc. Ensuite commence à se poser la question de la dépendance et de son financement. Sur le plan politique aussi, les positions sur l’échiquier risquent de bouger beaucoup avec une population vieillissante composée de plus en plus majoritairement de propriétaires (préparer sa retraite, cela commence par réduire ses coûts fixes, dont le premier est le logement).
Enfin, un autre phénomène majeur est le basculement du monde dont on commence seulement à voir les premier signes en économie: en 2050, l’Europe compterait 691 millions d’habitants, contre 1,1 milliard pour l’ensemble du continent américain, près de 2 milliards pour l’Afrique et plus de 5 milliards pour l’Asie. A cet horizon, la population des pays les plus développés sera en hausse, mais seulement grâce à l’immigration. Et si la France peut, par son relatif dynamisme démographique, faire jeu égal avec l’Allemagne (qui reviendrait de 82,1 millions en 2009 à 70,5 millions en 2050), elle pèsera peu au milieu du siècle face à une Inde de 1,6 milliard d’habitants, à la Chine (1,4 milliard), aux Etats-Unis (404 millions), au Pakistan (335 millions), au Nigeria (289 millions), à l’Indonésie (288 millions), au Brésil (218 millions), alors qu’on attend aussi des chiffres de 222 millions au Bangladesh, 173 millions en Ethiopie, 147 millions au Congo, 146 millions aux Philippines, 129 millions en Egypte, 128 millions au Mexique, etc.
C’est sûr, on parlera encore beaucoup de démographie dans les prochaines années.
Gérard Horny
Mis à jour le 03/11/2010 à 10h56














































Toutefois, je me permets d'attirer votre attention sur le fait que tous les gens qui auront 50 ans et plus en 2060 sont déjà nés. On sait très bien combien ils sont. J'aurai 86 ans pour ma part... ou pas.
Des événements cataclysmiques peuvent naturellement se produire d'ici là, mais on ne peut, en tant que société, partir du principe que nous ne devons pas mettre en place les outils de traitement de ces questions en partant du postulat qu'ils vont se produire voire les provoquer pour éviter les ennuis.
Enfin, même si c'est un peu moins vrai de nos jours, les guerres, pour ne parler que de ça, ont tendance à augmenter le mortalité des hommes en âge de travailler et provoquer, parallèlement, une augmentation de la natalité en général et des hommes en particulier. Il n'y aura pas un baby-boomer pour me contredire. En revanche, on note depuis peu une légèrement augmentation de la mortalité infantile...
A suivre
Soit.
Maintenant que fait-on?
- On anticipe les conséquences possibles de ces projections? - On ne fait rien et on prie qu'il advienne une épidémie dans les 10 prochaines années, ou tout autre cataclysme imprévisible, qui rende ces prévisions obsolètes? - Au autre solution?
Pour présenter la question sous un autre angle, est-il plus logique d'agir en fonction de ce qui est prévisible (mais pas sur) ou en fonction de ce qui n'est pas prévisible (et pas sur non plus).
Une bonne stratégie doit être en phase avec le terme des enjeux. Agir sur des prévisisons à 5 ans révisées régulièrement est tout à fait valable pour des stratégies à moyen terme. Les enjeux démographiques sont des enjeux de long terme et necessitent donc des stratégies de long terme elles même fondées sur des prévisions à long terme.
Un ligne TGV par exemple met 10 ans entre le premier dessin et sa mise en service et doit être dimensionnées en fonction des besoins estimés pendant au moins 20 ans.
La démographie et les adaptations nécessaires de la société au vieillissement de la population sont du même ordre. N'oublions pas qu'il ne s'agit pas ici des retraites, qui ne sont que la partie emmergée de la problématique. Il s'agit de préparer la société à une organisation complètement différente des rapports humains. Donc oui, une vision à 30 ans ou 50 ans ne me semble pas irréaliste.
La logique est bien d'agir en fonction de ce qui est prévisible tout en sachant que les prévisions ne sont pas ceraines.
Aujourd hui on pose la question : qu obtient on sans santé , ni fortune ? Rien , ou peut être rien d économiquement souhaitable. C est un programme politique en soit, qui risque de ne satisfaire ni les vieux , ni les jeunes .
Il vaudrait mieux créer plutot un monde ou fortune passe santé, que ce dernier , je suis sur qu il aura plus d élécteurs, les solutions sont d ailleurs déjà disponibles . Ou alors inventer une cure de jouvence administrable à des milliards de quadragénaires, mais il risque d y avoir plus de boulot que dans la précédente proposition, sans compter le temps que cela peut prendre.
Seulement ? Non. J'ai 43 ans et aussi loin que je me souvienne, il était inéluctable que l'Asie soit si importante et que l'on serait nombreux en 2050 (et encore, les prévisions des années 80, j'en parle pas.) Après, il peut y avoir des catastrophes, naturelle ou ... Et qu'est-ce qu'on peut faire ? Ben arrêter de se focaliser sur des problèmes macro-phynancier, et sérieusement se poser la question du partage, tout simplement. Éducation, valorisation de soi donc des autres, ne pas jeter l'opprobre sur le travail public, pour le public, mais bien au contraire le valoriser, le partager. C'est pas compliqué. C'est juste une volonté politique. Si l'argent est encore vecteur de l'échange à ce moment de notre histoire, qui le soit avec efficience, voyons !
Et donc que le problème n est plus de partager, mais de rationner ( toutes proportions gardées ), en attendant que nos courbes d espérance de vie redeviennent cohérente avec une économie moins opulente. L espérance de vie dans les pays de l Est avant la chute du mur de Berlin était inférieure a 70 ans , quand la notre flirtait avec les 80 + années. Je n ai pas de chiffres récents.
A moins qu interviennent quelques Deus ex machina : genre l acceuil des réfugiés des régions cotières ou insulaires inondées par la montée des océans , ou de guerres en tout genre, ( ca fonctionne d ailleurs déjà depuis quelques dizaines d années ) . Cela rajeunit les courbes démographiques , et rassure l économie ? Du tout bon, on est sur la bonne voie , même si personne ne nous l annonce encore , y a sans doute mieux encore à venir !
De toute manière faut pas trop compter sur la fécondité , les femmes doivent travailler de plus en plus pour entretenir l économie, et ne pas se retrouver plaquées à 50 balais par un jeune homme du même âge qu elles, et cela sans avoir accomplit entre temps autre chose que 2 ou 3 marmots pour s occuper.
Faire des gosses et les éduquer ? autant refiler le bébé à l Etat et ses acolytes, cela les intéresse aussi après tout , plus que nous , allez savoir pourquoi ?