Économie

L’idée-zombie n°3: l'équilibre général dynamique et stochastique

Temps de lecture : 2 min

Deux ans ont passé depuis la fin de la crise financière mondiale. L’économie américaine a échappé au désastre. Le cours du Dow Jones est aujourd’hui proche de son niveau d’avant-crise. Mais les théories qui ont provoqué cette catastrophe sont toujours là, tapies dans les ombres…

Alan Greenspan, REUTERS/Kevin Lamarque
Alan Greenspan, REUTERS/Kevin Lamarque

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C'est l’idée selon laquelle l’analyse «macroéconomique» ne devrait pas tenir compte de réalités observables, comme les booms et les effondrements du marché, et qu’elle devrait se concentrer exclusivement sur conséquences théoriques de l’optimisation des comportements des consommateurs, des entreprises et des employés parfaitement raisonnables (ou presque).

La macroéconomie de l’EGDS est née des cendres de la synthèse économique, qui guidait les politiques publiques dans les décennies ayant suivi la seconde Guerre Mondiale; ensemble fait de macroéconomie keynésienne et de microéconomie néoclassique. Au lendemain de la stagflation des années 1970, les critiques de John Maynard Keynes (comme Robert Lucas, économiste à l’université de Chicago) ont affirmé que l’analyse macroéconomique de l’emploi et de l’inflation ne pouvait fonctionner que si elle s’appuyait sur les fondations microéconomiques déjà utilisées pour analyser les marchés individuels, et la façon dont ces marchés interagissaient pour créer un équilibre général.

Le résultat fut d’une beauté saisissante; l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, l’a même comparé à un haïku. En apportant quelques modifications au modèle, il était possible de représenter les booms et les récessions – sur l’échelle en vigueur à l’époque de la grande modération, certes bien modeste – et de soutenir la politique monétaire.

Mais quand la crise est arrivée, toutes ces belles subtilités se sont avérées inutiles. Non seulement les modèles élaborés par l’EGDS n’ont pas vu venir le désastre, mais ils n’ont rien apporté au débat entourant les mesures à adopter pour en venir à bout – qui ne faisaient pourtant appel qu’à des modèles keynésiens classiques, expliqués par de simples graphiques (comme on peut en trouver dans les manuels d’initiation à l’économie).

L’économiste Paul Krugman (entre autres spécialistes) a écrit que la profession avait confondu beauté et vérité. L’analyse macroéconomique doit être plus réaliste, même s’il elle doit sacrifier un peu de sa rigueur pour y parvenir. Mais il est bien difficile de contraindre un tel poids lourd de la recherche universitaire à faire demi-tour; l’EGDS a donc continué sur sa lancée, sans jamais avoir à répondre de ses échecs. Selon Google Scholar, 2.600 articles de recherche consacrés à la macroéconomie de l’EGDS ont été publiés depuis 2009; et ce n’est qu’un début. »»» LIRE LA SUITE

John Quiggin

Traduit par Jean-Clément Nau


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4. L’hypothèse du ruissellement

L’idée selon laquelle les politiques qui profitent aux riches finiront par avantager les plus défavorisés. Lire la suite...

5. Privatisation

L’idée selon laquelle toute fonction remplie par le gouvernement pourrait être assurée de manière plus efficace par une société privée. Lire la suite...

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